‹ Les steppes de la mer Caspienne: voyage dans la Russie méridionaleChapitre 56 sur 63 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

rim^e. —Ha (tic hé- Serai — 1( thoufoni'Kalë. — La valléo i - Le philosopha uns le ssToi

ours de repos S Siivast kermann, deux visites à ue sutfisaiits pour satis ristes, toujours en quét

mes donc un beau mal re nous Révastopol et pour Baglché-Séraî, 1"

pTitre ces deux localités à une chaîne de mon sages d'une admirable me nous le faisions alor le mai, pour apprécier

SS6 LES STEPPES I de cette fraîche et écU défaut de la mer, not que la ricliesse du sol offrir de plus séduis d'amandiers, de pom tapissaient tous les co vallées, des taillis rou leTcnt du midi nous; gards embrassaient, i que nous aurions bi mais les coteaux, les prairies, les villages 1 s'etlaçaient aussitôt pt ges, et le péréelatno; nous laissait à peine I

Malgré la chaleur le temps nous parut c par le charme d'une Khersonèse. Partout des tours à demi renv civilisation : puis, c( plus coquettes, s'épar le bord d'un torrent, plus loin au milieu d'i

A. Chouly, nous m pour visiter la mod< longtemps, et oii il m

Nous arrivâmes da les trois heures, briS' clatnoy, les yeux brûl

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poussière à ne pouvoir plus respirer. Qu'on Juge donc de Tineflable volupté avec laquelle nous prîmes possession d'un salon du palais, frais et sombre, garni de divans moelleux, et, chose surprenante, d'une table couverte de sorbets à la glace, de fruits, de pâtisseries, comme dans un conte de fée, sans qu'aucune figure importune fût là pour en atténuer le prix.

Une lettre du gouverneur de la Tauride était le talisman qui, en nous ouvrant les portes du palais, noua avait ménagé cette délicieuse surprise. Les ordres, donnés avec la précision militaire qui domine tous les actes de la vie privée et de la vie publique en Russie, avaient été exécutés de façon à ce que nous n'eussions pas le temps de manifester on désir dès notre entrée dans ce palais magique.

 la vérité, une telle réception était bien due à de pauvres voyageurs qui n'avaient avalé la poussière de la route qu'avec l'espoir de se reposer au séraï, seul but de leur voyage. On nous en avait raconté tant de merveilles, qu'amoureux comme nous l'étions de tout ce qui rappelle l'Orient, nous nous faisions une vraie fête de le visiter, et je dois ajouter que la réalité surpassa encore notre attente.

Situé au centre de la ville, au fond d'un vallon cerné par des collines d'inégale hauteur, le palais (séraï) occupe une enceinte considérable qu'entourent de hautes murailles, et une petite rivière profondément encaissée. Un poste, tenu par des invalides russes, garde le pont qui donne accès dans

aeo LES STRPPES liK LA UER CAS la principale cour. Celle-ci spacieuse peupliers d'Italie et de lilas, est orné mante fontaine turque, ombragée de q les. Son murmure mélancolique est avec la solitude qui régne dans toute palais. A droite, en entrant, sont d d'une grâce orientale, dont l'un, exclu serve aux voyageurs assez heureux l'entrée du palais, nous avait ouvert ses battants. A gauche sont la mosquée, les arbres du champ.ctes morts, qu'un i la cour.

Nous visitâmes d'abord le palais pn présentant dans son extérieur toute des demeure:^ orientales. Mais à défa d'harmonie dans les pai-ties, de laides peintures brillantes, des pavillons de si légère, qu'ils semblent à peine tenir l'éililice, et une profusion de grands brageant de tous côtés, lui donnent un ( mon avis, l'emporte de beaucoup sur systématique de nos résidences princif l'intérieur, c'est une page des Mille et i frant, non des fictions mensongère; ravissante réalité. Le premier veatib entrâmes, possède la célèbre fontaine qui sut inspirer de si beaux vers à Foi nom mélancolique lui vient de ce que 1< qui s'échappent comme à regret de leu:

entendre, en tombant sur le marbre d

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murmure si triste et si doux, qu'en les écoutant, on se sent saisi d*un trouble secret. Le vestibule, par son aspect sombre et mystérieux, augmente encore la propension de l'esprit à oublier le réel pour les rêves de l'imagination. De fines nattes égyptiennes amortissent le bruit des pas; les lambris sont couverts de sentences du Coran, écrites avec ces étranges carac* tères turcs, en or sur fond noir, qui semblent plutôt le produit capricieux de la fantaisie que l'expression de la pensée.

Du vestibule, nous pénétrâmes dans un salon spacieux, ayant un double rang de croisées qui sont ornées de vitraux représentant toutes sortes de scènes champêtres. Le plafond est élincelant de dorures, ainsi que les portes qui sont d'un fort beau travail. De larges divans en velours cramoisi régnent tout autour de' la pièce. Au milieu est un jet d'eau avec des gerbes éblouissantes retombant dans un large bassin de porphyre. Tout est magnifique dans celte salle; mais une chose assez bizarre, et qui rentre dans le caractère plein d'enfantillage des Orientaux, est la manière dont les murs sont peints. Tout ce que l'imagination la plus féconde peut inventer en fait d'îles, de villages, de ports de mer fantastiques, de châteaux fabuleux, se trouve pêle-mêle jeté sur les murs, sans que la perspective soit plus respectée que les règles de la géographie. Bien mieux : on a ménagé au dessus des portes, certaines niches oii sont rassemblés toutes sortes de jouets d'enfants, tels que des maisonnettes en bois

300 LES STEPPBS I de quelques pouces d de fruits, des modèle hommes faisant mille produits de la forêt f nouveau genre, placi puisse bien les exam fendues par des vitraj h ce que l'on nous ass fermer dans ce salo des objets d'un si ha d'esprit chez les Orien de leur intelligence, si linct du beau et le si h un haut degré. Pour cœur aux khans d'ave en considération du di sur le marbre, et du rares attenant au saloi

La salle du divan, possède un plafond ( finesse exquise; l'or, ments ont été prodif khans, environnés de conseil.

D'autres sa!ons, déi tures brillantes, furer curiosité. Mais l'appa Potoski absorba bien ta femme, par une fanti l'amour le plus violen

301 LES STEPPES DE Aucun son du dehors n( gazouillement des sourc sont les seuls bruits d Nous conipiames plus i nées dans les cours et viennent de la iqonlagi extrême.

llne tour assez élevée grillages s'élevant et s'al tinée uux femmes des l assister, sans être aperç jeunes Tatars. Au delà.

s'élève graduellement su la configuration peut se tonnoir. Mille bruits con horizon, arrivaient jusq soir où la nature s'empr mable : la voix des dei sonore du liaut des min de la prière, les bêleme les pâturages, les cris c divers, multipliés par I étaieut empreints de po

Après notre viaite do à la mosquée et au cha tombeaux de tous les k Tauride. Là, comme i l'art merveilleux qu'ont ser sous de fraîches imag il est diificile de se livi

BAGTCHÉ-SÉRAI SOS

respiraTit un air chargé de parfums, en écoutant le bruit de l'eau qui jaillit d'une fontaine, en suivant de petits sentiers bordés de violettes, conduisant à des bosquets d(\ lllas oit des tomlieaux, couverts de riches tapis et d'inscriptions fasliieuses, se cachent sous leurs grappes embaumées. On conviendra que tout cela ne peut guère assombrir l'imagination.

Le Tatar qui garde cette riante retraite de la mort, obéissant, sans s'en douter, au sentiment poétique que les Orientaux possèdent instinctivement, m'apporta un bouquet cueilli sur le tombeau d'une Géoi^ienne, l'épouse chérie du dernier khan. Ce don, aussi charmant que le souvenir de la jeune et belle princesse dont la dépouille reposait parmi les fleurs, me iit une vive impression. N'était-ce pas chose touchante que de voir un humble gardien du champ des morts comprendre que des tleurs, associées a la mémoire d'une jeune femme, ne pouvaient fitre indifférentes à une autre jeune femme? Il y avait là une exquise délicatesse de sentiment qui se refuse presque à l'analyse.

Quelques pavillons isolés contiennent les tombeaux des khans qui ont laissé de grands souvenirs & la postérité. Plus ornés que les autres, ils témoignent, par leur magniPicence et le soin avec lequel on les entretient, de la vénération relieieuse des Tatars. Des tapis, des cachemires, des lampes constamment allumées, des iijscriptions en lettres d'or, décorent ces monuments ne rappelant pourtant que des noms oubliés.

Tel est l'antique touchant plus trist parlemer complète bout de i demeure de la Gril tion, bie lieu, fut en Crim^ deRon h Saint-Pél Séraï un de rétabi jadis. D6 plus d'ui quets de Saint-Pél

Je ne | ser sous mée par arriver d nom de et commi nus, s'ét des mur:

Simphén quelques

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