CHAPITRE ONZIÈME
Louise Lateau ne peut pas être accusée de supercherie.
Depuis saint François d'Assise jusqu'à nos jours, TEglise catholique a enregistré dans ses annales nombre de saints qui ont été honorés de la stigmatisation avec extases, et en dehors des saints officiels, on possède l'histoire d'un grand nombre de personnes d'une haute piété qui ont reçu la même faveur. L'Eglise a sur ce sujet tout un enseignement qui relève de la théologie mystique ; elle a tracé des règles sévères pour discerner en pareil cas le vrai du faux, le surnaturel divin de la fraude pieuse.
Le fait de Louise Lateau peut être assimilé à tous ces faits extraordinaires. JPar sa stigmatisation et ses extases, Louise vient se ranger à côté de saint François d'Assise, de sainte Catherine de Sienne, de la B. Lucie de Narni, et de nos jours à côté de Catherine Emmerich et de Marie de Moerl, la célèbre stigmatisée du Tyrol.
Il s'agit seulement de savoir si, dans le fait de
Louise, il y a simulation ou, pour parler le langage théologique^ fraude pieuse : toute la question est là. S'il n'y a pas simulation, nous sommes ici en présence du surnaturel, parce que, d'un autre côté, la médecine est impuissante adonner la raison de pareil fait. S'il y a simulation, Louise Lateau doit être rangée parmi ces hypocrites et ces fourbes qui, plus d'une fois, ont tenté d'exploiter la piété et la crédulité publiques ; mais à Dieu ne plaise qu'il en soit ainsi de Louise Lateau d^Bois-d'Haine !
A priori^ Louise ne doit pas être considérée comme fourbe à raison de ses antécédents .où bril* lent le bon renom, la piété, Tinnocence des mœurs et la charité héroïque.
PeutpOR supposer qu'une jeune fille qui est allée bravét le choléra à l'âge de seize ans, alors que tous k fuyaient, ait pu rêver deux ans plus tard de se fatire passeif d'abord pour stigmatisée, puis, quel* qttes mois après, pour extatique et stigmatisée tout à la fois ? Pouarqiloi se serait-eUe imposé chaque vendredi des soufiErances réelles ? et voilà bientôt éinq ans que cela dure.
Où aurait-elle pris d'ailleurs l'idée de la stigma^ tisation et des extases, elle qui sait à peine lire et qui. n'a jamais lu que V Imitation dk Jéms- Christ et son mani*el du tiers-ordre ? et en admettant qu'elle ait entendu raconter à l'église ou autre part les extases et la stigmatisation de saint François d'Âs-« sise, comment, sur une simple indication faite nécessairement sans détails précis, aurait-elle pu arriver à reproduire d'emblée si parfaitement les deux accidents principaux qui con*titnetit ce dèu-
ble miracle, à simuler en particulier Textase arec toutes ses splendeurs et ses évolutions ? Et surtout elle n'aurait jamais dû songer au procédé ampullaire pour simuler leshémorrhagies : c'était bien le dernier procédé à employer, le plus inefficace pour produire des pertes de sang. Il était bien plus simple de prendre un instrument piquant ou tranchant, et de se faire des plaies sanglantes, eomme cela est arrivé quelquefois en cas de fraude pieuse.
Il suffit de voir Louise Lateau une seule fois et de eonverseï: avec elle pour être convaincu de Tabsence de toute simulation de sa paît. Pour Taccomplissement de toute cette mise en scène, il faudrait encore que sa mère et ses deux sœurs fussent de connivence avec elle : mais on n'a qu'à pénétrer dans l'intérieur de cette famille et à causer un instant avec ces femmes simples et modestes, pour arriver de suite aune conviction opposée. Ni l'inté* rêt de Vanité, ni Tinlérêt matériel ne peuvent être mis ici en cause pour Louise et les siens. Ces quatre femmes vivent au jour le jour d'un travail peu lucratif, On leur a offert maintes fois de l'argent ; elles ont tout refusé, i\e demandant que le silence et' l'obscurité, et réclamant avant tout leur U'« berté (1). .
()) Si la famille Lateau avait voulu, je ne dis pas faire une spé* culation boutçuse^ mais profiler, daos une mesure peut-être iégitijse, de i'empressomeat qui s'est produit autour de ces faits extraordinaires, elle serait aujourd'hui dans l'aisance. Or, tout le monde sait qu^elle vit toujours dans la même pauvreté beto* gneose...
Louise a reçu dMlustres Visites au^Èquellçales ckcdfislooces m'ont
Dans Thypothèse de fraude pieuse, Louise, pour mieux jouer son rôle, devrait donner dans Texal-
fait assister. Sayez-Tous le seul bénéfice que sa prétendue yanité ait chercbé à en retirer? Ce fut l'autorisation de rentrer dans sa retraite et d'être soustraite le vendredi à la vue du public. Eh bien^ je le demande à la bonne foi des lecteurs, sont*ce là dea manœuvres auxquelles la vanité aurait jamais recours?..,
A une époque où les curieux et surtout les médecins étalent encore admis, sans trop de difficultés^ près de Louise, an mois de ' janvier i869^ sa mère, fort importunée de ces visites sans cesse ré« pétées, avait demandé qu'au moins on lui donnât une semaine de répit, et il avait été convenu que le vendredi sdivant personne ne gérait admis dans la maison. Or, il arriva précisément que la prin* cesse G. de Grol se présenta pour voir la stigmatisée. Elle trouva la porte close : elle sollicita longtemps entré 3 dd la maison, se nomma, produisit des lettres de recommandation. Toutes ses ins* tances furent déclinées avec une politesse respectueuse et une fermeté insurmontable. Elle dut s*en retourner sans avoir va la jeuQi! personne.
Une circonstance inopinée, comme il s'en présente souvent dans la vie du médecin, m*avait amené ce vendredi dans une localité peu distante de Bois-d*Haine. Il avait été bien convenu que, paa plus que les autres, je ne me présenterais ce jour-là ; mais Toccasion était belle, et ma curiosité était excitée par cAtte circonstance que, personne ne devant être reçu, je prendrais Louise absolument au dépourvu ; je me présentai donc une heure après la princesse de Grol; l'entrée de la maison qui ne m*était jamais refusée me fut accordée sans aucune difficulté. Or, voici ce que Je constatai : non-seulement les phénomènes habituels s'étaient prd« duits dans la solitude comme devant les foules, l'extase dans sa plénitude, les stigmates dans l'abondance de leur écoulement, mais il se présentait un fait extraordinaire qui se montrait seulement pour la seconde fois, que je n'avais pas encore vu et dont peu de personnes avaient été témoins à sa première apparition, je veux parler de la couronne saignante du front.
On ne joue pas Ja comédie pour les murailles. N'est-il pas évident •que, si la pièce avait été préparée etsuitout si on y avait ajouté -cette scène importante de la couronne d'épines, on n'aurait pas repoussé les spectateurs? N'était-ce pas, dans celte hypothèse, une bonne fortune inespérée que Farrivée de ce témoin qui semblait <)eseendre toat exprès des sommets de la société pour voir et
tation mystique ou une espèce de bigoterie: simulant des souffrances, elle devrait les exagérer : il n'en est rien. Cette jeune fille est simple, candide, pleine de réserve et de droiture. Elle ne parle jamais de sa maladie extraordinaire, répond aux questions qu'on lui adresse et ne va pas au-delà. Pleine de modestie et d^humilité, loin de faire parade dQ piété, elle n'c^ pas. même de piété communicative. Sans instruction, elle est aussi sans imagination et sans enthousiasme. Quant à ses souffrances locales, elle en précise le degré et la place exactement, disant si elle souffre ou ne souffre pas à l'endroit indiqué : elle ne m'a jamais accusé de violentes douleurs, et j'avoue que je m'attendais à leur trouver un caractère de plus grande acuité.
11 n'y a réellement rien qui puisse faire soupçonner d'avance chez Louise le cas de fraude pieuse ; mais il faut aller plus avant et débattre à fond la question sur le terrain même des extases et de la stigmatisation.
Louise Lateau peut-elle être accusée sérieusement de simuler ses extases ?
Il est impossible que l'on puisse soutenir cette thèse pour une foule de raisons, ^
répéter ensuite, dans le plas grand' monde, le récit de ces faits extraordinaires !
Voici en qaelque sorte le complément de ce fait. La princesse de Grol» admise avec d'autres visiteurs aune autre époque, éprouva le désir de reproduire pendant ie ravissement la figure idéaliâée de Textatique. Cette dame qui dessine admirablement, se mit à tailler son crayon. L'une des sœurs s'approcha d'elle vivement et lui dit : • Madame, cela ne peut se faire. Nous avons promis à notre sœur de ne jamais permettre qu*on fasse son portrait. » Le portrait ne fut pas commencé. (D' Lefebvre.)
Je mets d'abord en fait qme tout homme qui aura aiftsisté aux extases de la jeune fille, en sortira aVec la conviction profonde qu'elle ne peut simuler uq pareil état. Il suffit de les avoir vues pour croire à leur réalité.
Dans l'hypothèse de fraude pieuse, il lui serait physiologiquement de toute impossibilité de conserver, immobile, des heures entières ou des fractions d'heure, certaines attitudes qu'elle prend en dehors de toutes les lois de l'équilibre et que j'ai longuement décrites. Il en est de même des mouveinents que je lui ai vu exécuter, eft qui sont la plupart contre toutes les règles physiologiques. En outre , si Louise simulait, comment pourrait-elle chaque vendredi tenir pendant plus de quatre on cinq heures de suite ses yeux continuellement convulsés en haut et du côté droit î
Ajouter que Louise, ainsi qu*il résulte de l'enquête et de mel5 propres expérîments, a toujours résisté pendant l'extase à tous les agents extérieurs, se laissant pincer, piquer, cautériser, brûler, électriser, sans témoigner la moindre sensibilité.
Les actes précédents, comme poses et mourements, sont, il est vrai, du domaine de la volonté; mais il existe pendant l'extase trois phénomènes principaux qu'il est impossible à la jeune fille de produire à volonté, parce qu'ils sont complètement hors de ^n domaine : c'est premièrement l'état dn pouls qui ç'élève peu à peu jusqu'à 130 pulsations, puis la diminution du nombre deâ respirations (jni tombent à 10 pu 12, et enfin le refroidissement progressif si notable qui arrive jusqu'au froid du
raarbre : trois phénomènes tout à fait insimulables. Il n'est en la puissance de personne au monde de se donner pendant plusieurs heures de suite une élévation du pouls aussi considérable, un abaissement de température aussi notable et une diminution de moitié du nombre des actes respiratoires. Notez encore ce fait si remarquable de là coïncidence de rabaissement de la respiration avec Télévation du pouls, ce qui est contré toutes les règles de la phy-r biologie pathologique,
Louise sort, immédiatement de Textase la plus profonde à la simple voix qui la rappelle^ que oe soit un prêtre, un directeur, un grand-vicaire ou un évêque, pourvu qu'il ait autorité spirituelle sur la jeune fille, ou que ce soit môme un laïque ayant reçu délégation à cet effet. Ceci posé, comment expliquer, dans l'hypothèse de fraude pieuse, que Louise ait pu avoir Tidée de pousser la simulation jusqu'à ce point, elle qui est d'une ignorance complète en théologie mystique et qui ne connaissait certainement pas d'avance l'application du rappel dans l'extase ? Je suis obligé d'avouer modestement pour mon compte que c'est à Boia-d'Haine que j'ai été mis au courant pour la première fois de ce fait extraordinaire.
Au rappel il faut ajouter les expéflences si décisives et si complètes des objets bénits^ des reliques^ des chants et des prières. Je n'ai pas. besoin d'in* sister sur la valeur de ces faits prodigieux : ils sont à eux seuls la preuve la plus forte que Louise est dans l'impossibilité morale, physiologique et matérielle de simuler les extases»
Secondement^ Louise Lateau peut-elle être accusée de simuler la stigmatisation?
Pour simuler les stigmates, il faut supposer de la part de Louise ou d'une main étrangère l'applica^ tion d'une substance vésicante ou caustique aux lieux d'élection : or, cette hypothèse est de tous points inadmissible par les raisons suivantes.
Il suffit d'avoir vu et examiné ces stigmates, pour rester convaincu qu'ils ne sontpoint artificiels: l'œil exercé d'un médecin ne saurait s'y tromper.
Vu le nombre et la qualité des témoins^ tous intéressés à découvrir la fraude, vu la répétition et la variété des expériences contradictoires, une fraude aussi grossière eût été découverte depuis longtemps, si elle avçiit existé. Des gants rigoureusement scellés* ont été appliqués aux extrémités, et le sang a coulé tout de même. Des stigmates artificiels ont été établis à côté des lieux d'élection, et il n'y a pas eu d'hémorrhagie. Analyse chimique et microscopique, tout a été employé par la commis* sion d'enquête sous la direction savante du professeur Lefebvre, et l'on n'a pu trouver aucune trace tle substance vésicante ou caustique. *
Dans l'hypothèse de l'application de cantharides» les ampoules etleur liquide en conserveraient l'odeur • caractéristique ; or, les ampoules sont inodores. On retrouverait à l'œil nu ou armé des traces de paillettes cantharidiennes : or, l'on ne yoit rien pas même à l'aide d'une forte loupe. Les cantharides agissent ordinairement dans l'espace de six heures, déterminant une vésication en rapport avec la surface couverte par la substance. Chez la stigmatisée,
l'ampoule met près de 48 heures à se développer en grandissant peu à peu sous les yeux de Tobservaleur.
Si un topique quelconque est employé pour produire les stigmates, comment expliquer leur position invariable et symétrique sur les mêmes espaces interosseux des quatre membres, la correspondance dés centres des deux stigmates pour chaque extrémité, leur forme si régulière, ovoide ou circulaire ? Est-ce que la maiu de Louise ou de ses proches serait assez habile pour arriver à cette précision presque mathématique de forme, de position et de grandeur? La substance vésicante ou caustique fuserait nécessairement plus d'une fois en dehors des lieux d'élection et détruirait forcément cette symétrie si remarquable des stigmates.
Dans cette même hypothèse, ces applications répétées chaque semaine auraient dû depuis longtemps altérer la peau, détruire le derme, amener de la suppuration et tout un travail cicatriciel; et cependant les stigmates se dessèchent à jour fixe avec une promptitude remarquable, sans purulence comme sans cicatrice ; la peau reste lisse, ne conservant qu'un peu de rougeur dans les jours intercalaircss. Or, ce fait reste inexplicable dans la supposition d'une substance vésicante ou caustique.
Et les hémorrhagies de chaque vendredi, com« ment les expliquer dans l'hypothèse de substances vésicantes ou caustiques? Leur emploi est la négation de la possibilité de ces hémorrhagies. Avec ces substances ou même avec un liquide bouillant, on peut, il est vrai, produire des ampoules, mais ja-
mais des ampoules suivies d'écouleuient de sang.
Si les hémorrhagies sont inexplicables par ce procédé, on peut encore moins les attribuer à l'usage d'inslruments piquants ou tranchants, tes érosions superficielles du derme que Ton a constatées plusieurs fois sous les ampoules n*ont aucun des caractères de ce genre de plaies. D'autre part, les hémorrhagies chez Louise ont lieu aussi, lors même qu'il n'y a pas érosion de la peau sous les ampoulos, sans parler de la couronne sanglante où Ton n'a jamais yn d'ampoules ni d'érosions. L'emploi de tout instrument est contredit par le dessèchement rapide des stigmates; s'il en était ainsi, grèce à ces applications mécaniques faifc"s chaque vendredi, la peau serait à cette heure, aux lieux d'élections, criblée de cicatrices indélébiles. Depuis le 24 avril 1868, une fraude aussi grossière eût été facilement découverte.
Donc Louise Lateau ne simule pas plus ses stigmates qu'elle ne simule ses extases ; partant, l'hypothèse de fraude pieuse doit être rejetée.
Depuis plus de quatre ans, la chaumière de Louise a reçu une foule de visiteurs appartenant la plupart aux classes élevées et instruites de la société, et parmi eux, un grand nombre do médecins catholiques ou libres-penseurs. Or, parmi tous ces témoins, il ne s^'est pas élevé une seule voix pour contester lu vérité des faits de Bois-dTIaine. Lorsque M. Lefebvre a communiqué à l'Académie royale de médecine de Bruxelles, dont il est membre, ses éminents confrères n'ont pas mémo songé à soulevCif la question de fraude. La science, représentée par
les professeurs distingués des universités de Louvain et de Liège, avait passé par Bois-d'Haîne : c'était une garantie suffisante contre toute surprise ou erreur. Mais une garantie morale bien supérieure, c'a été la présence même à Bois-d'Haîne, le vendredi ^aint 1869, du vénérable évêque de Tournai, prélat plein de science 'et de prudence, sur qui pesait en somme toute la responsabilité d'un fait soumis à sa juridiction.
Les faits extraordinaires présentés par la jeune fille ont reçu aussi le baptême de la foi populaire. On doit se rappeler qu'un procureur du roi quelconque prit un jour la fantaisie, nonobstant l'enquête épiscopale> d'en faire faire une à son compte par un brigadier de gendarmerie. Or, il arriva que ce sous-officier délégué à l'effet de constater le cas de fraude ou de supercherie, une fois admis à cette représentation merveilleuse de la Passion, fut stupéfait d'admiration et se retira croyant et convaincu. Il y avait aussi un centurion-au pied du Calvaire. Videns autem centurio, quod factura erat^ glorificavit Deunijdicens : Vere hic homojusius erat,
La sincérité de Louise n'a jamais été suspectée dans la question de l'abstinence par les nombreuses personnes qui la voient habituellement. Elle ne trompe pas au sujet dos stigmates et des extases 2 pourquoi s'amuserait-elle à le faire sur un seul pbint? Après tant de preuves morales, qu'est-il besoin de preuves matérielles? Sans doute une démonstration rigoureuse du fait n'eût pas nui : je l'ai même conseillée^ pour ne pas laisser debout la plus petite objection contre un fait merveilleux
— iOA —
Qoui je suis^ pour mon comple, parfaitement convaincu. Mais il faudrait pour cela séquestrer Louise en deliors ou au dedans de sa famille pendant une ou deux semaines : cette expérimentation est-elle tellement nécessaire qu'on ait le droit de violer ainsi la liberté de la respectable famille Lateau? A coup sur, la* mère y consentirait difficilement. Mgr révêqué de Tournai, qui vient de mourir, a rendu un bel hommage à la véracité de Tjouise dans cette question d'abstinence. La jeune fille» souvent interrogée sur ce point, a toujours» répondu qu'elle était prête à l'affirmer sous la foi du serment, et comme on priait Monseigneur de vouloir bien le lui déférer à ce sujet, Sa Grandeur répondit : Je rCexige pas ce serment de Louise^ je la crois sur parole^ sa parole me suf/ii.