GI
-'Suivent deux certiticats de M. l'abbé A... et de M. de.., .vicaire général.
Comme les vertus sont la marque infaillible de la sainteté, nous pouvons et nous devons rendre ce témoignage à feue sœur saint Bernard de la Croix, que nous avons souvent admiré sa simplicité^ son obéissance et 'son zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Aussi avec quel saisissement nous avons vu plusieurs fois ses stigmates rendant le sang en abondance, surtout à la tête!... nous aimions à y considérer une vive image de Jésus couronné d'épines; M. B..., actuellement économe à ..., M. C..., mademoiselle D..., à qui nous avons procuré ce spectacle, ont partagé notre émotion à cette vue ; nous avons été témoin de sa paix profonde dans sa dernière maladie; elle nous demanda à employer le silence de la nuit à l'oraison et nous ne manquâmes pas de lui recommander notre souvenir auprès du divin Époux; Puisse sa pieuse mémoire encourager ses sœurs à pratiquer avec soin et fidélité la sainte oraison, école unique de la sainteté religieuse, afin d'y puiser l'esprit religieux et la grâce d'une vie selon le cœur adorable de Jésus. Amen. — Nous ajoutons que ce récit, que nous avons lu attentivement, nous a paru conforme à la vérité, attendu la connaissance que nous avons des ,faits y contenus.
Ce 27 décembre iSol.
Je joins très-volontiers mes attestations à celles de M. Tabbé A..., chanoine et vicaire général de....
Ja puis certifier avoir été témoin des soufiraBceg extraordinaires de sœur Bernard de la Groix« Il m*% ^é iQipoMible de douter un seul instant qu'elles ne ^sMAt surnaturelles. J'ai vu souvent le sang coular de sa tête avec une violence extraordinaire, et je ne crois pas qu'il ft^t possible d'assigner à cela une cause naturelle. J'ai vu également les stigmates parfaitement marqués aux pieds et aux mains. J'ai au#si acquis la certitude, d'après toutes les règles données pour ces sortes de cas, qu*il ne pouvait y avoir ni supercherie ni illusion. L'humilité et l'obéissance de cette sainte religieuse étaient incomparables et n'étaient égalées que par sa charité et son zèle pour le salut des^âmes. C'est ce que je me plais à certifier, pnisque Dieu a permis que je fusse appelé à la diriger au moins de temps en temps. 7 féyrier J852.
S . de ... , vicaire général.
MARIE-ROSA ANDRIANI,
Cette notice m'a été envoyée par le R. P. de Pace, âiréctenr actnel de Palma. Il a dirigé pendant longtemps Marîe-Rosa, et écrit sa vie qu'il se propose de publier. On m'& montré à Cria les nombreux instruments de pétdtence dont elle se servait sa vie durant. J'ai vu entre autres une discipline en fil de fer armée d'une quantité de longues épiugles acérées; une croix en laiton de vingt centimètres environ, toute garnie de clous de plus d'un centimètre de longueur. Cette servante de Dieu qui s'était offerte en victime, l'avait portée sur elle une grande partie de sa vie : l'instrument avait fini par s'incarner dans les chairs, J*ai vu, en outre, cinq longues aiguilles en fer d'un pied de long et d'une à deux lignes de diamètre, avec lesquelles elle s'était traversé la poitrine de part en part.
La vénérable servante de Dieu naquit à Francavilla, le 22 janvier 1786, de Pierre Oronzo Andriani et d'Anne-Madeleine Cervallo. Le 23 du même mois, elle fût baptisée dans l'église collégiale et confirmée le 2 février 1790 par Mgr Kalefati, évêque d'Oria.
En croissant en âge, Rosa, inspirée par la trèssainte Vierge, aspira toujours à la vie du clottre. Elle demanda donc à ses parents d'entrer au 'mo-
nasière des Clarisses, mais elle ne put robtenir d'eux. Elle sollicita alors la permission d'être agrégée au tiers-ordre des Mineurs Conventuels de Saint-François qui se trouvaient à Francavilla, et fut reçue le 19 avril 1808 par le Père Joseph Gerardi, qui était provincial de la province de Bari.
A 1 âge de cinq ans, Rosa avait été atteinte d'une variole des plus intenses. Voj ant tout son corps devenu une plaie, poussée par la grâce, elle se mit à méditer Jésus crucifié, et fut prise du vif désir de porter sur elle-même ses plaies sacrées. Elle n'obtint que de Ips avoir à l'intérieur, et elle commença alors à éprouver en elle-même les douleurs des cinq plaies et les douleurs de Marie. Avec le temps, ces douleurs arrivèrent à se manifester par un petit stigmate extérieur, mais seulement aux fêtes de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère. Peu à peu la représentation des plaies devint plus marquée, et au mois de juin 1820, dans l'octave de la Fête-Dieu, les cinq plaies apparurent entièrement aux mains, aux pieds et au côté. Rosa pria alors ardemment le Seigneur de faire disparaître ces plaies et de les tenir cachées : ce qu'elle ne put obtenir; elles restèrent ouvertes jusqu'à sa mort. Le 8 de ce même mois, jour consacré au Sacré Cœur de Jésus, Rosa eut dans la soirée, au milieu d'un profond recueillement, une vision purement intellectuelle. Le Seigneur lui apparut en compagnie de sa sainte Mère. Elle se sentit arracher le cœur et le confia à Marie pour le garder.
Alors le Seigneur lui ordonna de se préparer, en correspondance de son amour, à un martyre des
plus atroces et sans consolation. Elle alla trouver son directeur, le Père Maître Jean-Bâp liste, Iiispa* gnol, ex-provincial des Conventuels, et lui raconta les communications célestes dont elle avait été l'objet, en lui assurant qu'elle était disposée à supporter tous les tourments. Le confesseur^ de son côté, comprit tout ce qu'elle aurait à souffrir, et la réconforta en lui ordonnant par obéissance de s'offrir victime pour les péchés du monde, comme son époux Jésus-Christ.
Au milieu de cette même nuit, le divin Epoux crucifié lui apparut avec cinq rayons de feu des plus brillants, lui transperça les mains, les pieds et le côté en ouvrant les plaies. Rosa resta comme morte et sans vie. Le directeur, le jour suivant, examina minutieusement les plaies et les trouva transpercées de part en part et répandant un sang vif. Les plaies des pieds semblaient plus considérables, parce que, outre les ouvertures, tout le dos était livide et de couleur violette. La plaie du côté lui occasionnait des douleurs cruelles; elle les ressentait jusque dans l'épaule. Rosa pouvait dire comme l'Apôtre : «Stigmata Domini Jesu in corpore meo porto. » (AdGal., YI, 17.)
Outre ces plaies qui restèrent permanentes et visibles, on voyait sortir du sang de l'angle interne des yeux, surtout du côté droit. Tout cela marchait de concert avec le couronnement d'épines qu'elle sentait à l'intérieur et qui s'exprimait souvent à l'extérieur. A ce propos, Rosa expliqua à son directeur que le sang qui sortait des yeux n'était pas tant l'effet du couronnement d'épines que de ce
qu elle reposait la tête sur Tarbre de la croix dont die sentût le poids immense sur les épaules; il Im semblait qu'une épine piquante lui traversait la tète en pénétrant jusqu'à ToBil.
£n résumé, depuis Tâge de cinq ans, à Toccasioû de sa variole, Rosa commença à sentir les douleurs des cinq plaies à Tintérieur, et les stigmates n'ap^ parurent qu'aux principales fêtes de Jésus et de Marte; mais, à partir du 8 juin. 1820, les plai^ furent ouvertes et persistèrent jusqu'à sa mort^ comme elleii ont été décrites. Depuis ce martyre, le ligueur enrichit toujours de plus en plus -sa servante de faveurs et de dons admirables; elle souffrit des douleurs et des tourments à faire frisson* . Ber. Pleine d'amour pour la séraphique sainte Thérèse dont elle désirait imiter les vertus, le i8 octobre 1824, jour de la fête de la Sainte, Rosa fut enlevée en extase, et un séraphin lui perça le cœur avec le dard du divin amour, et depuis lors cette opération se renouvela tous les ans. Alors il arrivait un fait singulier : Rosa arrachait de sa poitrine des os tout chauds. Quelques-uns ont été conservés jusqu'à présent.
Tombée malade le 2 août 1848, jour consacré à la Reine des Anges et célèbre par l'indulgence de la Portioncule, elle mourut le 10 septembre ^e la même année, le dimanche dédié au saint nom de Marie. Elle sut mourir avec le mérite de l'obéissance, comme cela est arrivé à tant d'autres saints. Elle expira à midi précis, et l'on entendit le tintement des cloches qui sonnaient sa gloire, conformément «m désir de son directeur^ en affirmation de la
sainteté de cette grande servante de Dieu, qui avait toujours vécu en martyre avec un sacrifice perpétuel pour le salut de ses frères. EUo vécut soixantedouze ans sept mois et vingt jours ; pendant vingthuit ans, elle fit un jeune perpétuel sans prendre aucune nourriture.