‹ Les Streptocoques AnaérobiesChapitre 27 sur 42 · I. STREPTOCOCCUS Micros (Lewkowicz · texte numérisé non relu

I. STREPTOCOCCUS Micros (Lewkowicz

Comme nous l'avons annoncé dès l'introduction, nous désignerons sous ce nom, afin d'être conforme à la nomenclature binominale, le streptocoque anaérobie décrit par Lewkowicz en 1904 et pour lequel il avait proposé l'appellation illégitime de Str. anaërobius micros. (Devant supprimer un des deux noms spécifiques, nous avons conservé celui qui se rapporte au caractère morphologique sur lequel est fondée l’espèce).

Lewkowicz avait trouvé ce streptocoque dans la bouche des nourrissons ; il en donne une bonne description, le caractère dominant étant la remarquable pelitesse des gTains.

Jeannin (29) le retrouve dans Îles infections puerpérales. Le Gros (40) le cite dans sa monographie des streptoco-

ques. Il est décrit dans la plupart des traités de bactériologie français (*). : rar Nous avons trouvé deux souches facilement identifiables à Str. micros : la souche Pem (observ. XVIII) dans un crachat de gangrène pulmonaire aiguë ; la souche Lal (observ. XXXIII) dans les lothies d’une infection puerpérale. Nous avons pu ainsi figurer les caractères morphologiques (planche V) préciser les caractères culturaux (en particulier dans les glucides) — et quelques

(*). — Il est dit dans les traités : Retrouvé par LipPMANN, dans les voies biliaires. Il nous a été impossible de retrouver le travail de cet auteur, où un des streptocoques anaérobies qu’il a trouvés dans les voies biliaires a été identifié à Str. micros.

propriétés biologiques — (absence d’hér ut sine, sérum

anti- microbien, pouvoir pathogène).

Habitat : Comme les autres streptocoques anaérobies, il se trouve dans les cavités muqueuses.

A. MORPHOLOGIE

Coccus extrémement fin, Gram posilif, en longues chat- . nes dans les milieur liquides, colonisant en gélose profonde suivant la forme lenticulaire. (PI V.)

Forme et dimensions : Le coccus dans les cultures jeunes est-rond ou très légèrement ovale, il mesure de OC pu, 25 à 0 u, 4. C’est dire qu'il est difficile à observer. Dans les vieilles cultures, Lewkowicz a observé des formes bacillaires.

Les chaînettes en bouillon neutre peuvent avoir 20 éléments et plus. Elles sont ondulées, parfois interrompues par des pocci non colorables. |

Coloration : 11 se colore très bien par les RUES d’aniline, et reste coloré par la méthode de Gram.

Immobile et non cilié, non sporulé ; aucune coloration n’a pu mettre en évidence dans nos souches, la présence de capsules. Aussi ne voyons-nous pas à quoi correspond le « contour délicat, auréolé », que lui assigne Lewkowicz dans sa description, et dirons qu'il n’existe pas de capsule.

B. PHYSIOLOGIE

Mode : C’est un anaérobie extrêmement strict, ne poussant pas dans les milieux incomplètement désaérés et tués par contact avec l’air pendant un temps très court.

RPrévot del.

. PI. V. Streptococcus Micros

Fig. 1. Souche Pem.…., 04,8-0u,,4.

Fig. 2. Souche Lal... ou,28.

Température optima : Il ne pousse qu'à 37°.

Thermorésistance : Il est tué par un chauffage à 60° pendant 1/4 d'heure (Lewkowicz) et par 1/2 heure à 55° (souche Pem). da

Longévité : Pour L., 2 à 3 semaines. En réalité, conservé en bouillon simple désaéré dans des tubes scellés, à l’obscurité et à température ordinaire, la longévité atteint 6 semaines, et par la méthode de Truche, 3 mois.

pH Optima : Entre 7 et 8. Il pousse très mal de 6,5 à 7 el pas du tout au-dessous de 6,5.

CARACTÈRES CULTURAUX

Il ne donne ni gaz ni odeur dans les cultures. Il pousse d’abord très lentement dans les milieux, et très pauvrement, en 5-6 jours. Puis peu à peu il s’acclimate et pousse en 48-72 h.

4° Milieux peptiques

Bouillon Martin : Culture très pauvre, constituée par un léger trouble pulvérulent, se déposant lentement à partir du 5°-6° jour, en fine poussière. Le milieu n’est

pas acidifié.

Bouillon Martin glucosé : culture plus abondante, trouble homogène. Le dépôt est plus rapide, complet au 6° jour, constitué par de très fins grumeaux ; le milieu est acidifié. |

Gélose de Veillon : les colonies apparaissent en 2 à 3 jours, en dessous d’une zone stérile de 2 à 3 cm ; elles sont d’abord punctiformes. A la limite de la culture

Re

selon Lewkowicz, elles forment un anneau plus dense, composé de colonies plus grosses et plus abondantes que dans la profondeur. Cet auteur ‘trouve des colonies de formes différentes suivant qu'elles appartiennent à l’anneau ou à la profondeur, « les premières lisses, les secondes hosselées ou inversement ».

Nous n'avons jamais observé que des colonies appartenant au tvpe lenticulaire ; seulement : 1° il y en a qui se développent plus que d’autres ; 2° il y en à qui sont très compliquées et peuvent en imposer pour des colonies bosselées, mais ne sont que des lentilles composées. Par la suite les colonies dégénèrent et « se hérissent de fines arborescences » comme l’a vu Lewkowiez.

Eau peptonée : Il pousse bien dans ce milieu, y donnant une cullure en fine poussière se déposant rapidement. Le milieu n’est pas du tout acidifié.

Bouillon W.-G. : Il y pousse très vite et y donnant un sédiment abondant.

20 Milieux protéiques

Bouillon additionné des cubes de protéines (blanc d'œuf coagulé, viande, foie) : Il y pousse comme en bouillon Simple et n’attaque aucune protéine.

Bouillon au sang : I y pousse assez bien, déposant rapidement.

Bouillon au sérum : Il y pousse bien, en paillettes, qui tombent rapidement au fond. Il n'y à pas de cogulation, même quand la proportion atteint 1 pour 2.

Gélatine : Culture pauvre ; le milieu n’est pas liquéfié. Lait : Culture pauvre ; pas d'’acidification ni de coagu- * lation du lait.

Sérum coagulé désaéré : Culture-très pauvre, en petites gouttes de rosée ; pas d’attaque du sérum.

8° Milieux différentiels + Bouillon rouge neutre : Virage au jaune serin. Bouillon bile : Il y pousse à peine.

Bouillon acétique à 1 0/00 : Pas de développement.

Glucides : Il pousse lentement dans l’eau peptonée additionnée de glucide, en grumeaux typiques, sans donner de gaz. |

Hexoses : Glucose, lévulose, galactose favorisent sa croissance et sont acidifiés énergiquement.

Hexorioses : saccharose et maltose favorisent sa croissance et donnent une acidité forte. Sur lactose il pousse assez bien, mais le milieu reste alcalin.

Pentose : sur arabinose il pousse assez bien et reste alcalin.

Alcool : glycérine, mannite, dulcite, restent alcalins.

Polysaccharides : inuline et amidon poussent bien mais restent alcalins,

POUVOIR PATHOGÈNE

D'après Lewkowicz, Str. micros n'est pas pathogène pour la souris ni pour le cobaye. Mais injecté au lapin,

PMRRONESS

sous la peau, il peut produire de petits abcès, dont le pus .cultivé reste stérile.

La souche Pem donnait en première génération, sous la peau du cobaye, de petits abcès à pus grumeieux guérissant spontanément. La souche Lal n'était pathogène que pour la souris blanche, à qui elle donnait en injection sous-cutanée de petits abcès renfermant le streplocoque à l’état pur.

11 faut donc considérer Str. micros comme un pyogène.

Nos souches ne secrétaient ni toxine, ni hémolvsine.

Sérum anti-microbien : Le lapin €. 18 a été préparé avec la souche Pem. Son sérum agglutinait la souche homologue au 1/400° et la souche Lal au 1/250°. Il n'aggluti-

nait aucune des autres souches de notre collection, sauf les souches A4. et Ras au 1/50° (Str. intermedius).

POSITION DANS LA SYSTÉMATIQUE. -— Cette espèce est bien individualisée par la petilesse de ses grains, l'absence de gaz et d'odeur dans les cultures, le pouvoir peptolytique et saccharolviique, l'absence de pouvoir protéolytique et hémolytique. Enfin les tests antigéniques la distinguent facilement des autres espèces décrites. C'est donc une espèce autonome, assez fréquente, qu'il est facile de retrouver et de détèrminer, saprophyte des cavités naturelles et pyogène éventuel.

IT. — STREPTOCOCCUS INTERMEDIUS (nov. spec.)

Nous décrirons sous ce nom une espèce nouvelle ne donnant ni gaz ni odeur, bien différente de Str. micros, dont nous avons trouvé quatre souches : C (observ. I), À {ob-

Car A QD ne

serv. XVII), Ras (observ. XXI), Par (observ. XXII) dont trois dans des gangrènes pulmonaires et une dans une Cilatation bronchique infectée : soit, dans notre statistique, deux fois plus fréquente que M. fœtidus, que Str. anaërobius et que Str. micros, une fois 1/3 plus fréquente que Str. putridus, et trois fois 1/2 moins fréquente que Str. evolutus.

Habitat : Il est à noter que les quatre souches viennent toutes d’affections respiratoires. 11 est à noter également que trois d’entre elles : Ras, A et Par viennent du même hôpital, et qu’il y aurait lieu de penser à une infection secondaire d’origine commune des trois porteurs.

A. MORPHOLOGIE

Streptocoque un peu plus petit que le streptocoque pyogène, se présentant dans les milieux neutres liquides en assez longues chaînes, colonisant typiquement en gé-. lose profonde dans le système lenticulaire, atypiquement suivant des formes irrégulières. (PI. VI.)

Forme et dimensions : De taille nettement plus grande que Str. micros, il est cependant un streptocoque fin, délié, à grains relativement réguliers, ronds, disposés par paires dans des chaînes assez longues (en moyenne 20 éléments) très ondulées, sinueuses, parfois bifurquées en Y. Dans les crachats, on voit surtout des diplocoques ou de courtes chaînettes avec des formes ovales ou bacillaires.

La dimension des cocci nous à donné comme moyenne 0 y, 6 (dimensions extrêmes 0,5 à 0 p, 7).

PI. VI. Streptococcus Intermedius (nov. sp.)

Fig. 1. Souche C = 0u5-0p,6 :

| mn Fig. ». Souche À = 0,5 (dans le secteur : forme in vivo) Fig. 3. Souche Ras = op;7 Fig. 4. Souche Par = op:5-0p,6. A’ forme typique B’

À forme typique B forme aberrante

forme aberrante |

Coloration : 11 reste coloré par la méthode Gram. Aucune Coloralion ne permet de déceler de cils, de spores,

ni de capsules.

B. PHYSIOLOGIE

Mode : C’est un anaérobie strict dont l’anaérobiose est constante et durable.

Température optima : 37°. Il pousse encore à 22°, mais pas au-dessous. ;

T'hermorésistance : Nulle ; la bactérie est tuée par un chauffage d’une demi-heure à 60°, ou 10 minutes à 80°.

Longévité : La souche C n’a pas résisté plus de trois semaines dans les milieux ordinaires. Les autres souches se laissaient repiquer au bout de cinq semaines, et se conservèrent trois mois par la méthode de Truche.

pH. Optima : I1 se développe facilement dans les milieux entre pH 6,5 et 8. Mais alors qu'il peut encore pousser entre 8 et 8,3, il ne se développe plus quand le pH est

inférieur à 6.

CARACTÈRES CULTURAUX

1° Milieux peptiques

Il pousse très facilement dès la première génération. Il ne donne ni gaz ni odeur, dans aucun milieu.

Bouillon Martin : culture rapide par un trouble homogène se déposant lentement et incompètement en trois à quatre jours. La souche Par donnait un trouble un peu pulvérulent avec quelques grumeaux. Le milieu est -acidifié.

8 Pr.

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