Souche Gol. 04,6. Colonies en rosettes de lentilles
2. Souche PL. ou,7: À : type lenticulaire ; B : type irrégulier. 3. Souche Ja. Op6-0117
h. Souche PF. op,7.
Les formes bacillaires s’observent en culture jeuné ef dans les milieux favorables. G. et W. font remarquer qu'il ne s'agit donc pas de formes d’involution. Nous pensons ävec eux que ce sont des formes d'évolution, apparaissant en même lemps que le phénomène des zones alternantes.
Coloration : Il reste coloré par la méthode de Gram. Il ne présente ni capsule, ni spore, ni cil.
B. — PHYSIOLOGIE
Mode : Il se présente, dans les premières cultures, comme un anaérobie strict, donnant le schéma classique en gélose de Veillon. Après un nombre variable de générations, il évolue vers le facultatisme, mais reste un anaérobie de prédilection, poussant mieux en profondeur qu’en surface, ét mieux dans les milieux désaérés qu'en présence d'oxygène libre.
Température optima : 37°. Il ne pousse pas en dessous Uér22
Longévité : Brève en aérobiose (6 à 8 jours), elle atteint plusieurs mois en anaérobiose.
pH. Optima : Les limites du 9H optima paraissent très variables entre 6 et 8,2.
‘CARACTÈRES CULTURAUX
Il ne dégage ni gaz, ni odeur, Nous décrirons, bien entendu les cultures habituelles en anaérobiose stricte. 4° Milieux peptiques
Bouillon Martin : Sauf les trois souches atypiques Gold, PI. et Ras R, qui poussaient en poussière troublant
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‘lesmilieu, loutes les autres présentèrent ia croissance en grumeaux le long des parois, ne troublant pas le milieu.
Bouillon Martin glucosé : La culture est exubérante, même en aérobiose, les propriétés réductrices du glucose étant suffisantes pour sa croissance. Le milieu est acidifié fortement (pH 5). ;
Gélose de Veillon : Il n’est pas rare d'observer pendant la première génération des colonies du type lenticulaire, plus ou moins régulières. Souvent, la colonie initiale d’où est venue la souche, était nettement lenticulaire (Gold, PI, etc.). C’est la forme préévolutive, correspondant à la phase d’anaérobiose stricte. En effet, cette colonie initiale, repiquée en gélose profonde, donne le schéma d’anaérobiose stricte au moins pendant une génération. En général, elles restent telles dans le haut du tube, rappelant les colonies de Str. micros et de Str. interinedius, alors que déjà dans le fond du tube elles sont irrégulières, müûüriformes, et beaucoup plus grosses. Puis em 2° généralion, ou en 3°, en 4°, mème 6° génération (la souche A71 est restée trois mois strictement anaérobie) on voit se détacher de la zone profonde un anneau de colonies qui vient pousser dans la zone primitivement stérile (fig. 8). C’est le phénomène des zones alternantes, -— le sitreptocoque pouvant croître désormais en présence d’une faible concentration en oxygène libre. En même. temps la forme lenticulaire disparaît ; les contours s’émoussent, des bourgeons multiples apparaissent, parfois même de fines arborescences :'c’est la forme évoluée ty< pique. À partir du moment où est apparu ce signe, le
PL. VIII. Phénomène des zones Alternantes
“sreptocoque peut également pousser à la suri&ce de [a gélose inclinée à l'air libre, cette culturé étant d’ailleurs quasi microscopique. Mais il ne faut pas croire que ce phénomène est toujours aussi net. D'abord, il n'apparail que dans les tubes où l’ensemencement est très abondant : ensuite les zones stériles qui séparent et encaüreant les zones fertiles ne sont libres de colonies qu'en apparence. À l'objectif faible, on peut voir des colonies microscopiques, réfringentes, en goutle d'huile, semblables aux colonies satellites que nous avons décrites au diplocoque constellé (59). Enfin, ce phénomène, le plus souvent transmissible par repiquage, disparaît parfois au cours des ensemenceinents, des colonies venant remplir les zones primitivement stériles. Plusieurs de nos souches ont montré un anneau double. D’autres n'ont fait qu'ébaucher le phénomène. Mais touiours, après quelques repiquages, les colonies atteignent la surface, où elles se développent d'ailleurs fort peu, et restent très petites, landis que les colonies du fond deviennent très grosses, 2 à 3 */", et sont alors toutes du type irrégulier : bosselées, bourgeonnantes, voire même ouatées.
Bouillon W.-G. : La culture est exubérante, donnant un . dépôt abondant. Le milieu est acidifié.
Eau peptonée : La croissance est discrète, grumeleuse ou pulvérulente, sans modification du pH.
2° Milieux protéiques
IL n’attaque pas les protéines chauffées telles que la viande, le foie, le blanc d'œuf coagulé, le sérum coagulé.
Lait : Par contre le lait est coagulé en 24 heures, et
dans les jours suivants, on observe une rétraction du caillot ; avec certaines souches actives {Ja -—.A71) on peut voir une désagrégation du caillot qui redevient mou et grumeleux. Le tournesol est viré au rouge, puis complètement décoloré.
SE
Gélatine : Les souchés typiques poussent bien en gélatine, où elles donnent des grumeaux floconneux. Le milieu est liquéfié, parfois ‘très rapidement, en 48-72 heures. Les souches atypiques ne donnent qu'un retard à la coagulation ou une liquéfaction partielle.
Milieux bioprotéiques.
Les organes frais ne sont pas attaqués par le streptocoque ; par contre, le sérum frais favorise la culture, et s’il est en proportion suffisante, il est coagulé par certaines souches. |
83° Glucides
3° Glucides : L'action sur les glucides s’est montrée relativement pareille pour toutes les souches, ne variant que dans le degré de l’acidification. Les souches très aclives vis-à-vis du lait et de la gélatine (Ja et A71) acidifaient peu le glucose ; à part ce détail, on peut dire : les hexoses (glucose, lévulose, galactose) et les hexobioses (saccharose, lactose, maltose) sont fortement acidifiées. Les autres glucides : arabinose, glycérine, mannite, dulcite, inuline, amidon, ne sont pas acidifiés.
POUVOIR PATHOGÈNE
Beaucoup de nos souches étaient dénuées de pouvoir infectieux. Les souches PF, Gold, Ras R et Ja ont provoqué. chez le cobaye des indurations se collectant par-
fois sous forme de pus grumeleux. Toutes les fois que Str. evolutus n'est pas un saprophyte, il est vraisemblablement un pyogène. Aucune de nos souches ne secrétaient de toxine ni d'hémolysines.
Test sérologique : Le sérum agglutinant préparé avec la souche. Ras R était peu actif. L’agglutination est par ailleurs peu aisée à chercher, le streptocoque étant difficile à mettre en émulsion homogène. Mais ce sérum floculait les filtrats de toutes les souches à des taux différents variant de 1/10 à 1/100°. I1 ne floculait pas les streptocoques
strictement anaérobies.
POSITION DANS LA SYSTÉMATIQUE. -— Par ses caractères culturaux, Str. evolutus se rapproche de Str. intermedius, dont il diffère : par son anaérobiose de prédilection, par la morphologie de ses colonies, par son action sur le lait et la gélatine.
Il se rapproche beaucoup plus des streptocoques facultatifs pvogènes, dont il ne diffère que par la phase d'anaérobiose stricte et la morphologie des colonies.
L'évolution de sa phase d’anaérobiose stricte vers une anaérobiose facultative, aide à comprendre la siluation des espèces strictes vis-à-vis dés espèces facultatives. De tels faits ont été observés avec d'autres bactéries que les streptocoques : le bacille de la diphtérie aviaire (47), certaines souches du B. bifidus (*). Dans la famille des coccacées le fait est fréquent, On trouve dans les traités que l'entérocoque peut présenter des « races anaérobies », qui isolées de l'organisme, « redeviennent aérobies » au bout
(*). — Qui nous ont montrées par notre collègue et ami le D' A, Trras.
d'un nombre variable de générations. Récemment Kritchewski et Séguin (34 bis) ont rapporté quatre cas d’aérobisation spontanée d’entérocoques anaérobies trouvés dans les abcès dentaires. Le diplocoque de Tunicliff perd sa propriété d’anaérobiose stricte après quelques repiquages. Mais là, nous nous séparons des auteurs qui interprètent ces faits en disant : « Il s'agit de bactéries primitivement facultatives qui se sont adaptées à la vie sans air dans l’organisme, puis se réadaptent de nouveau à la vie facultative » : 1° Nous ne connaissons aucun fait expérimental ayant montré une adaptation d’un aérobie à la vie sans aire ; 2° Les faits expérimentaux montrant l'inverse sont nombreux
A) Aérobisalion artificielle des anaérobies (Rosenthal).
B) Aérobisalion naturelle, temporaire, conditionnelle (Ori, Tarozzi, Wzroseck, Calderini, Harras, Smith, $S. Gottlieb, etc.;, par la neutralisation de l’action bactéricide de l’oxvgène attribuée aux catalases des organes frais.
C) Aérobisation spontanée des anaérobies{ entérocoques, sleptocoques, etc. (Rist, Gräf et Wittneben, von Lingelsheim, etc., etc, et nos propres faits).
3° Il est illogique de supposer qu'un anaérobie facultatit, c'est-à-dire une bactérie pouvant pousser sans OXYgène libre, éprouve le besoin de devenir anaérobie strict dans l'organisme, c'est-à-dire d’être tuée par l’oxygène libre, alors que dans l'organisme, en particulier dans les cavités respiratoires où on les trouve le plus souvent, elles sont exposées à un courant d'air perpéluel. Si des anaérobies stricts peuvent y vivre et y proliférer, c’est que dans l'organisme ils trouvent à leur disposition les
9 Pr
catalases nécessaires pour résister à l'oxygène. Sortis de l'organisme et transportés dans les milieux artificiels, ils sont privés de cette protection, et meurent à l’air libre — restent donc anaérobies stricts, = 6u bien s'adaptent à la vie aérée : c’est l’évolution vers le facultatisme. Or, si on fait intervenir ici le sens conventionnel qu'il est coutume de donner à toute évolution, sens qui va naturellement du simple au complexe, du primitif au différencié, de l’inférieur au supérieur, on est obligé de convenir que les êtres qui respirent l'oxygène libre, —— l’homme, les animaux el les végélaux supérieurs, — sont plus différenciés que les végétaux inférieurs qui non seulement ne respirent pas (anaérobies facultatifs) mais sont tués par l’oxvgène (anaérobies stricls). |
Nous sommes donc amenés logiquement, tout en restant sur le terrain de l’expérience :
1° À considérer les anaérobies stricts comme des êtres inférieurs aux anaérobies facultatifs, ceux-ci étant euxmêmes inférieurs aux aérobies stricts.
2° À envisager certains anaérobies facultatifs comme d'anciens anaérobies stricts différenciés par évolution.
Nous ne nions pas, à priori, la possibilité pour un aérobie de devenir anaérobie strict, mais dans ces cas, nous conusidérerions le fait comme une régression, analogue aux régressions multiples et parfaitement étudiées qui existent chez les animaux et les végétaux supérieurs.
Aussi devons-nous considérer Str. evolutus comme la lorme de transition entre les streptocoques anaérobies | Stricits pyogènes (Str. micros, Str. intermedius) et les Streptocoques pyogènes facultatifs.
Quant aux sirepltocoques anaérobie de prédilection spontanés, dont plusieurs types ont été décrits, en particulier le streptocoque de Sternberg, et la souche « K » de Gräf et Wittneben, ce Sont à proprement parler des streptocoques facultatifs. Nous aVons trouvé une souche ‘Lem) semblant répondre à la description de Str. Sputigenus. C'est un gros streptocoque de 1 u, 4 à 1 p, 6, très polymorphe, Gram positif, à colonies lenticulaires, poussant en mie de pain, ne liquéfiant pas la gélatine, ne coagulant pas le lait, très saccharolytique. Il donne une fine culture en £élose inclinée à l'air libre, et la prétendue zone stérile en gélose Veillon est, au faible grossissement, remplie de colonies microscopiques. Nous avons également trouvé, sans les retenir, plusieurs streptocoques répondant au type « K », car ce sont de véritables facultatifs dont l’étude sort du cadre de ce travail.