U— 118 — POSITION DANS LA SYSTÉMATIQUE
Str. intermedius est une espèce bien diftérente des espèces fétides. Elle n'a de commun avec Str. micros que l'absence de fétidité et de gaz ; elle s’en distingue par sa taille plus grande et la coagulation du lait et du sérum, l’acidification des milieux. \:
Par ses colonies aberrantes, par la coagulation du lait, elle se rapproche de Str. evolutus ; mais celui-ci est un anaérobie de prédilection et liquéfie la gélatine.
N'’était l’anaérobiose stricte, elle se rapprocherait assez de la souche K de Gräf et Wittneben, et d’une façon générale, des streptocoques facultatifs qui sont des pyogènes et coagulent le lait. C’est à cause de ces analogies avec les espèces voisines que nous l'avons appelée Str. intermedius.
C'est l'existence de ces streptocoques, extrêmement fréquents, qui a, depuis toujours, jeté le doute sur la constance de l’anaérobiose stricte des espèces que nous venons d'étudier.
A notre connaissance, c’est Rist (53) qui, le premier, en à ébauché l'étude, en décrivant le phénomène des « Zones alternantes ». Il est certain que Krônig et Menge en ont trouvés, car dans la nouvelie série de 1899 (46) « deux stricts se révèlèrent facultatifs par la suite ». Sternberg (63\ propose, dans la description de sa souche, le terme d’ « anaérobie de prédilection ». (Vorzugweise anaërober). À partir de ce moment, les auteurs en trouvèrent fréquemment, mais interprètent différemment leur valeur, sans jamais pouvoir les séparer nettement des anaérobies stricts. C’est le travail de Gräf et Wittneben qui va permettre d’individualiser, par la description de ja souche « Schiwarzenbeck », la seule espèce de strep- -ocoque anaérobie de prédilection qui doive trouver place dans notre travail, car elle se présente d’abord comme un anaérobie strict, qui évolue ensuite vers l’anaérobiose de prédilection, c’est-à-dire la prédilection pour la vie
sans air, corroborée par la possibilité de donner à l'air
libre une culture extrêmement pauvre, parfois difficilé à observer.
La souche « K » de ces auteurs, et le streptocoque de Sternberg sont également des streptocoques anaérobies de prédilection ; mais ils le sont d'emblée, ne présentant pas la phase d’anaérobiose stricte qui précède l’évolution. On peut schématiser ces groupes de la façon suivante
Streptocoques anaérobies de prédilection
par évolution (Schw. = Str. evolutus) ; d'emblée (K et str. de Sternberg).
Nous disons évolution, sans pour cela prendre position dans la question de dogme sur la fixité ou la variabilité des espèces. Nous nous sommes placés sur le terrain exclusivement expérimental, et n’exposerons que des faits, quitte par la suite à en proposer un interprétalion.
Nous allons donc décrire l’espèce correspondant à la souche « Schwarzenbeck » de G. et W. Mais afin de ne pas consacrer l'erreur par laquelle elle est décrite partout comme anaérobie strict sous le nom de « Schiwarzenbecki » nous l'appellerons « Streptococcus evolutus (G. eb
FW):
STREPTOCOCCUS EVOLUTUS ( iräf et Witineben, 1907)
Nous en avons trouvé 14 souches, soit, dans notre slatistique 7 fois plus que micros, fœlidus et anaerobius, 4 fois 2/3 plus que putridus, 3 fois 1/2 plus qu'intermedius. C’est donc une espèce très fréquente. Voilà leur provenance :
7 souches dans 13 gangrènes pulmonaires : Gold, N 11,
OT
P.T., P. L., Bah R., Ras R., Ja ; (dont 2 associées avec des ..Streptocoques strictement anaérobies Bah. et Ras.).
% souches dans 6 dilatations pronchiques :.L., N°°1, N:UI0,7S. 2b%; “à
1 souche dans 10 infections puerpérales : Si ;
2 souches dans 5 appendicites : À. 71 et Del.
On est donc frappé de la fréquence de ce streplocoque dans les infections respiratoires ‘11 fois sur 19 cas) et on serait tenté de rapprocher son évolution de son habitat, celui-ci le prédisposant à la vie one par le courant d’air permanent où il vit.
. Nous avons-étudié complètement 8 souches : N{, N36,
* Ras R, PF, PL, Gold, Ja et A71 ; les autres souches ont
été déterminées par leurs caractères dominants. Parmi … ces: souches, 3 étaient un peu atypiques : NOUS Nous SOMmes attachés à l'étude de leurs caractères aberrants, qui .nous ont montré les affinités de l'espèce. Nous avons pu | d*, morphologie, et préciser les caractères
ainsi figurer:
Culturaux, en particulier dans les glucides.
Habitat : Cavités naturelles, surtout respiratoires.
A. MORPHOLOGIE
Streptocoque moyen, polymorphe, en courtes et lonques chaînettes, dont les colonies en gélose profonde sont irrégulières, rarcment lenticulaires. PI. VII-VIII.
Forme et dimensions : Dans les exsudats, c’est surtout Ja forme en diplocoque qui existe, le coccus étant ovoïde, souvent très allongé ( PI. VII).
Dans les milieux liquides, il suit la loi de H. Vincent donnant des chaines de 8 à 30 éléments en bouillon neu-: tre. Le diamètre Moyen des éléments est de 0 uw, 6à Ou, 7 Certains éléments atteignent 0 y, 8 et même 1 p.
ÆR.Pr eyol de.
PI. VII. Streptococous Evolutus