Chapitre IL. — Technique
Nous avons adopté la technique habituelle d'étude des cr anaérobies : isolement par la gélose de Veillon ; étude des cultures liquides et solides désaérées par la machine pneumatique, qui donne un vide inférieur à 4 "/" de mercure. | ii
Le matériel dont nous àvons pu disposer à consisté en crachats de gangrènes pulmonaires ou de dilatations Eronchiques ; en pus fétides et en lochies' d'infections puerpérales ou gynécologiques ; en sérosités d’appendicites, etc. * ; |
Aussitôt que possible après le prélèvement du matériel, nous effectuons l’examen direct et l'isolement. L'examen direct permet d'apprécier l'abondance des bactéries et
le pourcentage des streptocoques :, l'examen au fond ; “noir à été sy stématiquement pratiqué, ce. qui nous à fait. - constater la présence fréquente de l” association fuso- -SPirillaire à côté des streptocoques dans les gangrènes pulmonaires. ‘ ; AIO Trois ordres de difficultés sont à signaler RSC UN pre-
mier lieu, les streptocoques- anaérobies poussent en gé-
néral assez mal en première génération, lentement, don-. nant des colonies très pelites, difficilement maniables : il faut travailler avec une grande patience et une grande minutie ; Tous pensons que © ‘est là une > des raisons pour lesquelles le groupe a été si mal étudié. — En second lieu,
les sireptocoques anaérobies colonisent souvent avec d’au- “tres cocci, soit aérobies, Soit anaérobies : quand une colonie est composée ainsi, la séparation est difficile et il faut passer plusieurs fois par l'isolement en gélose pro- Ë fonde. — Enfin. un streptocoque strictement anaérobie en première génération peut pousser de plus en plus près de la surface à partir de la deuxième génération, et É devenir facultatif ; ce sont les anaérobies de prédilection dont la fréquence est grande.
Les milieux employés pour l'étude des caractères cul-. turaux sont : 1° les milieux peptiques : bouillon Martin ; bouillon Martin glucosé ; gélose de Veillon ; gélose inclinée ; eau peptonée à 20 0/00 (*). Nous avons également employé un milieu recommandé par Weinberg et Goy, renfermant les produits dé la digestion peptique de la viande et du foie ; ce milieu est particulièrement favora-
(*) Nous avons utilisé la peptone de la maison P. Macquaire,
4 Pr«
ble au. développement des mine s anaérobies o
‘sera désigné « bouillon W..-G..
201 Les milieux protéiques : bouillon Marin additionné
soit d’ un cube ae blanc d'œuf coagulé, soit. d'un cube de.
ARE soit d’ un cube de foie, soil d’ un petit. fragment de fibrine (tous ces milieux étant stérilisés à à | autoclave) ; lait simple et tournesolé ; gélatine, sérum coagulé ;
3° Milieux bioprotéiques : afin d’élucider la question, |
soulevée par. Schottmüiler, des propriétés fermentaires élevées de son. streptocoque putride vis-à-vis de certaines albumines, question à laquelle | ensemencement dans les
milieux protéiques chauffés donnait une réponse négative,
nous avons été amenés à rechercher un milieu dans le- ‘quel Ces prétendues propriétés protéolytiques pouvaient se mañniféster. Comparant les faits de Schottmüller : lyse de la fibrine et du tissu élastique in vivo, putréfaction du Sang frais in vitro, avec les nôtres : absence de
: protéolyse in vitro, nous avons essayé de réaliser in vitro les conditions mêmes dans lesquelles les streptocoques
putrides. effectuent leur protéolyse in vivo à cet eftet,: nous avons prélevé aseptiquement des organes de lapins.
ou de cobayes normaux (poumons, foie, cœur, rate, rein)
que nous avons répartis dans des tubes’/stériles, soit sans Ÿ
addition de milieu liquide, soit avec addition de 2 cc d’un mélange à parties égales de bouillon glucosé et d’ascitesérum (*). Il va sans dire que l emploi de ces milieux non
chauffés exige de grandes précautions et un contrôle |
constant : on met 48 heures à l’étuve pour éprouver la
%k À .  . = ps rem té (*) L'Institut Pasteur livre sous ce nom des ampoules stérilisées de sérum ramené‘à la teneur de l’ascite en albumine.
stérilité des tubes, vérifiée ensuite par ensemencement de témoins. On peut se. dispenser de faire le vide dans © ces milieux frais : les anaérobies y poussent bien, comme l'ont signalé Tarozzi, Wrzoseck, etc. : mais au bout de peu dé temps le dégagement g gazeux s arrête, la culture ne croit plus, puis meurt, les bactéries semblant avoir ‘épuisé la catalase He leur permettait de vivre en présence d'oxygène ;. aussi avons- nous employé ces milieux en anaérobiose. Nous avons également employé les extraits,
filtrés sur bougie, de ces organes broyés. F2 4
Ces milieux nous ont révélé des faits très importants relevant fous de la même cause : les bactéries se retrouvent placées dans des conditions de vie analogues à
celles de l’état parasitaire (à part toutefois l'absence de défense de l'organisme parasité, et l'absence de renouvel-
lement du milieu).
- Ces principaux faits sont : le retour des streptocoques à la morphologie in vivo (forme diplocoque, courte chaine, forme bacillaire ; variations de taille) ; le retour à la physiologie in vivo, en particulier au métabolisme des albumines qui est une bioprotéolyse partielle ; le retour à la biologie in vivo, en particulier la récupération du pouvoir pathogène perdu dans les milieux chauffés (analogie avec les faits entrevus par Küstner (37) pour les streptocoques facultatifs).
- Eu égard aux services que ces milieux nous ont rendus dans l’étude des streptocoques anaérobies, nous les avons désignés sous le nom de milieux « bioprotéiques ». (Le bouillon Martin, additionné de quelques centimètres cubes de sang frais stérile, ou de sérum frais stérile
constituent également des milieux ue dont la préparation est facile.) | V | 4° Glucides : nous avons recherché Vaction de nos souches sur les glucides par la technique décrite dans la thèse d’A. Berthelot ; on ensemence en eau peptonée neutre, et on park de cette cullure. pour ensemencer des tubes d’eau peptonée neutre additionnée de quelques gouttes d’une solution stérile du glucide à étudier ; on fait le vide et on note le jour du début de la croissance ; on tournesole le D? jour après ce début, der façon à noter une acidité ou une alcalinité d'arrêt. |
Nous avons employé ‘trois hexoses : : glucose, lévulose, galactose ; : trois hexobioses 2 saccharose, lactose et mal- {ose ; un pentose : l’arabinose ; trois alcools : glycérine, mannite ef. dulcite ; x que polysaccharides : l'inuline et ..lamidon. | R ° ATX étude des propriétés Do eiques s’est faite ainsi : -
— La recherche des hémolysines, sur le liquide de cenirifugation d’une culture de 48 A ; nous avons employé les hématies de mouton (solution au 1/20).
Le pouvoir pathogène a d’abord té recherché avec | des cultures pures en milieux chauftés, sur le cobaye r. ‘la. Souris ; il a été ainsi presque toujours négatif ; après que nous eûmes trouvé les propriétés des milieux bioprotéiques, nous avons fait les essais avec le Î liquide de décantation de nos tubes ; nous avons pu ainsi remonter le pouvoir pathogène de souches qui n'en possédaient plus du tout.
— Les sérums anti- Are but élé obtenus par in- :jection de microbes vivants, émulsionnés en eau, physio-. logique, dans la veine du lapin.
Il faut dire que les streptocoques anatrobies sont de cette manière d'assez mauvais anligènes ; il faut en in- Jecter de grandes quantités à intervalles rapprochés ae irois jours d'intervalle, nous injectons les culots COrrespondants à 10, 45, 20, 25, :30 et eniin 40 ce de culture en bouillon W.-G. glucosé ; ces injections sont parfailement supportées (une seule fois avec Ia souche Ver... à la 5° injection, le lapin B 14 est mort en quelques minutes en présentant des phénomènes d'anaphylaxie aiguë). Par ce procédé, nous avons pu obtenir des sérums aggluti- % nants et floculants assez actifs (72 bis).
Mensuration el dessin : Les dessins de colonies ont été effectués au faible grossissement (20 diamètres) en lumière incidente (qui fait apparaître, mieux que la lumière transcidente, les reliefs si complexes des colonies).
Les dessins de microbe ont été faits au grossissement
Tenant compte des faits régis par la loi de H. Vincent, toutes les préparations qui ont servi à nos planches ‘ont été obtenues à partir de cultures de 24 heures en bouillon exactement neutre (pH 7). | ,
La mensuralion des streptocoques exige une règle à cause du polymorphisme des éléments ; on ne doit mesurer que les formes moyennes et régulières ; les figures de division peuvent presque doubler le diamètre des COCCi ; à Ce polymorohisme « de division », commun à toutes les bactéries, vient s'ajouter pour les streptocoques un polymorphisme que nous appellerons « d'évolution » (formes allongées, formes bacillaires) ; peu marqué pour les espèces stables, très accentué pour les anaérobies de
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prédilection, il à dérouté beaucoup d'auteurs : loin de constituer un obstacle à la spécificité des caractères morphologiques, il est au contraire un des bons caracières HARAS des espèces.
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