‹ Les Streptocoques AnaérobiquesChapitre 8 sur 34 · HA · texte numérisé non relu

HA

“terminée par la mort, il ne trouva que des: cocci et parmi ‘eux un streptocoque antérobie à éléments petits. (mais ‘non mesurés par l’auteur) se présentant en chaînes coures “incurvées, semblant quelquefois encapsulés ; déga-

. geant une odeur tétide des cultures, mais non protéolytique, et dépourvu de pouvoir pathogène expérimental. ‘L'auteur n'identifie pas ce microbe à une espèce connue, . mais ne dit pas non plus qu'il a eu affaire à une espèce

nouvelle. La description est trop imprécise pour pou- ‘voir dire de quoi il s’agit. Nous inclinens cependant à croire que l’auteur a eu affaire à une souche atypique de

Str. anaërobius à grains petits, el dépourvu de Pouvoir pathogène 2 aussi ne reviendrons: nous plus sur ce ra vail, qui n ‘apporte rien d'autre à Ja question que la pré-

sence d’un streplocoque anaérobie fétide dans un cas de gangrène.

Friedrich (41) signale Ja présence de Sir. anaérobie dans l'intestin par leur trouvaille dans une péritonite appendiculaire, faits confirmés par Ghon et Sachs (14). #%En 1905, le Norvégien - Natvig (48) après des recherches poursuivies en Allemagne, publie ses résultats de la bactériologie du canal génital de la femme. La première par- ‘tie de son mémoire a trait aux streptocoques des parties génitales de la femme dans le partum et le puerperium. Par la méthode de Veillon, dans dix cas, l’auteur a pü isoler six fois un streptocoque anaérobie « identique à celui décrit par Krônig ». L'auteur étudie ces six souches de streptocoques anaérobies venant du vagin, de la vulve et de l’utérus, « se comportant morphologiquément et. culturellement de façôn semblable ». Les variations en

FR

ne PE A .: cultures entre les différentes souches se montrent égale- ‘ ment dans une même souche à des temps diflérents. Il donne de Cette espèce qu'il appelle « Str. anaërobius », ‘ (Krônig 1895), une excellente descriplion, qui répond AUX

souches de Krônig poussant dans les milieux liquides sans

les troubler, donnant des gaz et de la Tétidité dans tous

les milieux. Eu égard à ce travail de précision, qui, seul, : ‘a permis de sortir des « streplocoques de Krônig » une espèce autonome, nous désignerons celte espèce ainsi ï « Streptococcus anaérobius » (Krénig 1895, rev. Nalvis = 1903) ). Mais si Natvig donne une excellente historique dela - question des streptocoques en général et des Sr. anaéro- - bies en particulier, si cet auteur critique d’une façon judicieuse les travaux de Krônig et Menge, concluant qu'il. n’y à pas lieu de faire deux espèces avec les souches qu'ils - ont trouvées, par contre, il ignore complètement les descriptions de M, F. et de Str. micros, et ne compare donc pas Str. Anaërobius avec ces espèces. |

Pour lui le problème est celui-ci : d’une part les uni- : cistes prétendant qu'il n’y a qu'une seule espèce de strepibcoque, qui est le str. facultatif ; d'autre part, Krônig - et Menge faisant deux espèces de sir. anaérobies, ‘et quelques auleurs citant ou niant leur existence. il tranche le débat en disant : « Il y a des str. anaérobies qui for- - ment une seule espèce, et cette espèce est différente des str. facultatifs » : et ses arguments sont assis sur-: 1° les caractères culturaux (anaérobiose) ; 2° le signe de Mar- ‘ moreck (Sfr, Anaërobius poussant dans le filtrat des str. : facultatifs) :; 3° les tests d’immunisation et d'agglutination ‘(le sérum anti-stréptocoque facult. n'’immunise pas con-

Un À

lre les Str. anaérobies, et n’agglutine pas ces derniers). Enfin il définit les Sir. anaérobies : des saprophytes, mé-

L 7 F1 » L4 ; LU T4, ine dans les cas de fièvre puerpérale, où leur présence ne

fait que commander la putridité et le déclanchement de

« Saprämie puerpérale » (résorption et passage des toxines dans le sang). ‘

Le mémoire de Natvig fait. en elae) sorte « le point » :

1905. Les travaux vont alors se multiplier- sans en apporler la solution. Lamers (38) dans, des infections puerpérales graves trouve trois fois dans le sang des Str. anaérobies. Goldschmidt (18) sept fois sur 50 accouchées apyrétiques, et onze fois sur 75 fébriles. Plus tard Reibmayr

(52), Koch (32), Zangemeister (76-77) Jes signaleront com--

une cause possible des infections puerpérales. . Voyons quelle est, à celte époque, l'altitude des cliniciens allemands vis-à-vis de la uen

. dans la littérature allemande sur l’état de la question en

En 1906 paraït le Manuel d' Obstétrique de Von Winc-.

kel (78).

Dans l'article de V. Herff (68) sur la Gaves des rele-

vailles, dans son chapitre « Wirkung der Zersetzungs un Faülniserreger » il dit textuellement : « Parmi les germes qui causent la putridité dans les infections puerpérales, les anaérobies jouent le plus grand rôle ; mais la plupart sont mal connus ou pas du tout ; la nomenclature de ces espèces n’est pas uniforme ; comme Ja littérature française contient les travaux les plus méritants, c'est la nomenclature française qui sera adoptée ici. »

Pour cet auteur, toutes les formes de la décomposition,

de la putridité, de l’inflammation des tissus dans les in-

| fections gazeuses peuvent être attribuées ? à B. periringens. | Comme agent occasionnel pouvant en partie réaliser Ja gangrène, il cite M. F. Mpac: radiformis, B. racemosus,

Sta. parvulus, B. thetaoïdes, B. nebulosus, B. Caducus et quelques str. anaérobies. Les agents de la formation des gaz sont B. perfringens, Sta. parvulus et M: F. Ge <

peut engendrer la gangrène (Brand)..,,17.: A ao Dans l’article de Rue Bactériologie cal des maladies puerpérales, p. | 66, il décrit comme bactérie

principale des sécrétions vaginales des str. anaérobies du

type « Sir. anaërobius » (Krônig-Natvig). Il considère que les bactéries des infections puerpérales sont de simples saprophytes qui trouvent des conditions de virulence

à l'accouchement. Dans la cavité utérine au cours des in- -

toxications, il trouve M. F.'et les str. anaérobies (K.-M.). Plus loin, page 562, il décrit le groupe des Str. anaérobies obligatoires ressemblant à M:F;; mais leur descrip-

. tion n’ajoute rien à celle de Veillon, sinon que leur sou-

che de M. F. « en cultures fraîches et sous des conditions de vie favorables, peuvent donner des chaînettes pouvant

compter jusqu'à 300 éléments, que leur fétidité est plus : ou moins accusée, que leur pouvoir pathogène. “généra-

lement faible, est cependant variable. » L'auteur a done décrit sous le nom-de M. fœtidus, des souches appartenant à une autre espèce qui est probablement Str. anaërobius. °

Grâce à ces articles les travaux français commencent à être connus des auteurs allemands.

Dans leur série de « Contributions à l’étude des bac-

téries anaérobies de l’homme (13), Ghon, Mucha et Mül-

Re

ler, ayant trouvé M. F: citent les travaux de Rist dont il

dit « 1e travail de Rist sur les infections ofiques est peu. connu mais est iondamental », et résume la mCRpAoR de M. F. donnée par Rist. a

fn 1907, Gräf et Witineben (21) eppotient leur. contribution à la question en publiant la description détaillée

de deux souches de str. anaérobies de prédilection SA ET

souche « Schwarzenbeck » ét la souche « K. ». De même que pour Sternberg, leur titre ont abusé les traducteurs et

ilest courant de voir dans les traités et manuels la souche | Ë . Schwarz., élevée au rang d'espèce de str. anaérobie strict. Ceci est une erreur profonde : et il suffit de lire attenti- J

vement leur long mémoire pour y trouver la description minutieuse des cultures de leurs souches en surface à l'air libre, et les commentaires dont ils entourent ce fait.

‘Ces auteurs ont eu affaire à deux souches de str. anaérobies de prédilection, l’une par évolution (Sch.), l’autre

spontanée (K.).

À propos de la première, nous voyons décrire le phénomène des zones alternantes déjà vus par Risten Fran-

é (53), et pour lequel les auteurs admettent la théorie de ee (47) invoquant la possibilité pour certains anaérobies de pousser suivant des concentrations différentes en oxÿgène. Cette souche 5. est le tvpe de FI PERCAES evolutus (G. et W:) que nous décrirons avec le groupe des anaérobies de prédilection. ®

Quant à la souche K. € est à proprement DES un facultatif. i ù \

Schottmüller en 1910 (58) rouvre le débat sur les espèces gazeuses et félides par la description de « Str. putri-

ue D 4 à ÿ dus ». Il rappelle, l'incertitude des opinions au sujet du, pouvoir pathogène des Sir. anaérobies dont il relrace l'histoire. Quant à lui, son expérience quotidienne, débu-. tant en 1896, l’a conduit à -incriminer dans un grand

nombre d'infections puerpérales, une espèce de Str. anaé-

robies déjà vue par K. et M., ne donnant pas de gaz dans —

les milieux ordinaires, mais gaz et odeur (H° S) dans les milieux au sang. Il en étudie 25 souches trouvées dans des cas graves, avortements fébriles, abcès. du Douglas, paramétrites, salpingites, péritonites, thrombophlébite : putride des veines spermatiques et hypogastriques, et. enfin dans le sang intra-vitam et post-mortem. Celte sep-. ticémie à Str. anaérobie est d'ailleurs, dit-il, trouvée pour la première fois (*). De plus, la fréquence des thrombo-. phlébites reconnaissant, ce Str. anaérobie est telle qu'il est. conduit à instituer comme maladie spécifique « Sepsis puerperalis thrombophlebitica putrida » causée par ce germe, et caractérisée ‘par des lochies fétides, fièvre intermittente élevée, frisson, pouls à 100-140, et des signes locaux : tuméfaction des vaisseaux thrombosés, -accompa-. gnés de fréquentes complications : métastase pulmonaire gangréneuse, pleurésie, pneumonie, etc... ; anatomiquement par des thrombophlébites. Sur ces 25 souches, 11.

sont trouvées en cultures pures : il en conclut au pouvoir:

hautement pathogène de ce streptocoque dont la présence commande la putridité de l’infection. Il le décrit comme espèce nouvelle, mais ne compare pas Str. Putridus à M. F. (Veïllon) qu'il semble ignorer, ni à Str. Anaërobius

(*) Nous avons”vu qu’elle avait été signalée par Jeannin èn 1902-

(Krônig-Nalvig) qu'il n’ignore pas, mais qu’il méconnaîit, car il di : « le mob Anaërobius ne nous paraît pas suffisant pour désigner cette espèce. » S'il avait bien lu la des-

cription de Str. À,, il aurait vu un certain nombre de dif-

férences entre S. Pitridus et S. Anaërobius, et n'aurait . pas essayé de supplanter l'espèce de Krônig revue par Natvig. | ÿ

Mais s'il infère d' effet à cause > quant au pouvoir pathogène de Str. Putridus, agent des suppurations fétides, il ne prouve pas sa conclusion par fi expérimentation, car il ne peut reproduire aucune lésion en partant de cultures pures. | | 4 Ainsi il enrichit la nomenclature d’une espèce nouvelle,

mais la pathologie expérimentale reste après lui aussi

pauvre en faits que riche en hypothèses. Ce travail clot la série des descriptions d'espèces nouvelles.

A partir de cette époque, il n'y aura plus que des tra-

vaux de vérification et de critique.

Nous ne ferons que signaler les plus importants : celle de Hamm (25) qui souligne la nécessité des cultures anaérobies en obstétrique et en gynécologie. L'auteur a recherché les anaérobies des organes génitaux des femmes

atteintes d’affections putrides, puerpérales ou non. Dans

5 cas, il trouve un str, anaérobie dans le sang : une fois

dans un abcès de Douglas avec thrombophlébite non puer-

pérale ; une fois dans une thrombophlébite septique après avortement criminel ; deux fois dans des endométrites

putrides après le frisson ; une fois dans une paramétrite

puerpérale.

. En 1941, Schottmüller (59) résume dans un article clinique et bactériologique les résultats publiés antérieurenent, et ajoute qu'il a trouvé par la suite Str. Putridus dans le vagin de femmes saines et malades, et que les infections causées par cette espèce sont des infections d'origine autogène. Warnekros (71) le trouve deux fois sur 20° lochies dans des cas fébriles, et deux fois sur douze avor- - tements fébriles. Traugott (66) une fois seulement en deux ans. Bondy (4) confirme ces vues en trouvant sur 39 cas ; de streptococcies abortives, onze fois un Str. araérobie <cinq cas fébriles, cinq apyrétiques, un abcès de Douglas), Ps

Il nelles détermine pas, prouvant combien la question des espèces est restée précaire, ne leur trouve aucun pouvoir. pathogène marqué, et se rallie à leur propriété non hémo- lytique trouvée par Schottmüller "il pense aussi: que la querelle entre saprämie et septicémie est une querelle de mot et non de faits, car les faits sont patents : les Str. anaérobies causent des abcès, des endométrites et des, thrombophlébites.

- Peu après il apporte (5) trois nouvelles observations d'infections puerpérales graves dont une mortelle, reconnaissant comme germe des Str. anaérobies dont un trouvé pur, un autre dans le sang. Il est partisan de l° infection d’origine aulogène.

Ozaki (49), en 1913, va clore les travaux dé cétte période en relatant un cas d’abcès tétide du genou chez un tuberculeux, où, parmi diverses-espèces bactériennes, il trouve un streptocoque strictement anaérobie, fétide et gazogène, dont il donne une description minutieuse où on voil apparaître pour la première fois l’étude de leur action sur

3 Pr

po | ii jes glucides. Il compare cétté hote aux espèces eue | tes et tend à l identifier à Str. Putridus.

Ainsi les travaux allemands sont inspirés de Krénig et

Menge, dont les streptocoques anaérobies. ont été l’ origine de la création de deux espèces ! extrêmement voisines = Str. :Anaërobius et Str. Putridus, mais. néanmoins différentes. Quant aux autres prétendus Str. anaérobies, ce sont des be de prédilection (Sternberg, d’abord, Graf et Witineben ensuite). Pour ce qui est de leur rôle, bien qu'il n'ait pas été prouvé expérimentalement, | tous. les auteurs s'accordent à le tenir pour hautement pathogène, déclanchant des infections putrides d’origine autogène pour les espèces fétides, et des processsus puisse ù pour les anaérobies de prédilection.

Avant de passer à la période de guerre, il est intéressant de voir ‘comment ces. bactéries ont été accueillies dans les traités.

Jungano et Distaso (30) décrivent comme anaérobies stricts Str. Schwarzenbecki (G.'et W.) qui, pour eux, constitue le groupe protéolytique (nous avons vu que cette souche n'est anaérobie que de, prédilection) et d° autres espèces non protéolytiques, mais peptolytiques : : le streptocoque de Sternberg (même remarque que pour Schw.) et « Str. anaërobius micros » (Lewkowicz). ;

Quant à Merochous foetidus Tan € est pour eux un diplocoque. 1

In Kolle et Wassermann (34) V. Éhccunt tes dit à l’article Stroptocoque : |

«Il doit y avoir de rares streptocoques qui soient des

anaérobies stricts. M. et K. ont cultivé un streptocoque . | a

LE — 35 — anaérobie dans les sécrétions vaginales, qui est très sensible à l'oxygène. Von Koblank combat cette donnée mais Nalvig, Schot{mäüller, Hamm paraissent avoir réussi par Ja suite à cultiver de tels De RO PAUSE Gräf et Wittneben ont réussi à cultiver du pus \d' un abcès du cou, et de celui d’un abcès du cerveau des souches de Str. qui, morphologiquement et tinctorieliement, se comporte comme « Str. Longus » mais exigent pour leur cullures des conditions anaérobies. Ces streptocoques cultivent mieux sur milieux glucosés avec faible réaction acide ».

Macé (41 ter) décrit M. F. et Str. anaërobius micros.

Le Blaye et Gugenheim (39) n'admettent pas le terme streptocoque. Ils préfèrent microcoque. Cette réserve faite, il est facile: de retrouver dans leurs tableaux d’anaérobies stricts :

Tableau LVII : M. fœtidus (Veillon) ; M. sputigenus anaerobius {Sternberg).

Tableau LXT : M. Schwarzenbecki (G. et W.) ; M. anaërobius micros (Lewk). |

On voit quelle est la mésestime des auteurs vis-à-vis de ce groupe. À

Nous allons. dans les périodes suivantes, voir se poursuivre les mêmes hésitations et les mêmes erreurs.

PÉRIODE DE GUERRE. —— L'historique de cette période est brève et contraste d’une façon frappante avec le nombre extraordinaire de travaux publiés sur les streptocoques facultatifs d’une part, les bacilles anaérobies d'autre part.

A côté de rares publications sur les streptocoques anaérobies dés plaies de guerre, çà et là quelques travaux sur

jes sir. ee des core viscérales sans Bert avec les premiers, mais que nous avons rapportés ici à cause de la date de publication et pour. respecter l’ordre chronologique. | a ; En 1915 paraît L'important mémoire de Salus Gottlieb (19) qui pose en principe que les CHE IOEQRMEE anaérobies

sont et. doivent rester en discussion « à cause des nom-.

breux problèmes qu'ils soulèvent, tant pour les questions théoriques que pratiques qui en dépendent, au premier rang desquelles les questions obstétricales et gynécologiques ». Pour lui une des principales raisons: pour lesquel-

les les str. anaérobies doivent rester en discussion, est

que leur exitence même est en jeu, non pas en faif, mais

en principe, et il cite le doute parallèle de V. Lingel-

sheim : « On ne peut pas nier qu'il existe des str. anaé-

robies éventuels, qui, tout au moins dans les premières . cultures sont très sensibles à l’action de l'oxygène ; pour--:

tant il ne s'agit vraisemblablement pas, en conçordance avec la conception de Gräf et Witineben, de véritables anaérobies, mais de l'ordinaire Str. Longus qui s'est adapté aux conditions de l’existence anaérobie ».

Ainsi c’est la description par Gräf et Witineben d’une souche dont l’anaérobiose n’est pas fixe, qui a jeté le doute sur l'existence des str. anaérobies stricts et cette inconstance es! interprétée, d'abord comme une adapta-

tion de Str. Longus à ÉArsenobiese, puis comme un retour

au facultatisme.

De même pour la virulence, la question est pendante :

bien que V. Lingelsheim admelle après Schottmüller :

qu'on trouve le germe dans le sang, ce n’est pas pour lui

une preuve de virulence, ni du UE seplique pro

gressif du processus, car « il n’est pas du tout conclu qu'en soi, cette bactérie non-infectieuse, soutenue par sa grande abondance, et les poisons formés dans les tissus morts, ne puisse pas éventuellement envahir aussi les tissus vivants et causer une poussée jusque dans le sang »

ce serait une conception mixte entre seplicémie el infeciue putride). Aussi l’auteur entreprend une série d’expé- riences afin de trancher la première partie du problème, - à savoir, si les str. anaérobies sont des ‘sir. aérobies « adaptés » qui peuvent revenir ensuite à l’aérobiose primitive. Il emploie pour cela deux souches de Str. anaéro-

bies, la souche Ho (Str. Putridus) et la souche Asch (Sir.

Anaërobius) différant entre elles par leur degré d’anaérofiose, la souche Ho étant très stricte, la souche Asch étant « micro-aérophile ». (poussant près de la surface, mais | sans jamais y arriver).

le \ Il décrit chacune de ces souches, Ho se montrant hémo-,

lytique à la technique de Schotimüller (*) peu gazogène, non pathogène. Il pratique 40 générations en-gélose pro-

fonde et ne signale aucun progrès de la culture vers l’aérobiose. Asch, de même après un grand nombre de générations en gélose profonde, ne montre aucun progrès vers :

la surface, N’avant aucun résultat par cette méthode, il s'adresse aux extraits d'organes qui pérmettent de culti-

ver les anaérobies en mien de l'oxygène (Smith, Hib-.

ms On sait que dans la Soripiite de Schothmüller, (58) Str. Putridus ne se montre jamais hémolytique. $. Gottlieb a:t-il eu réelle. ment entre ses mains une souche de Str. Putridus hémolytique, ou plutôt a-t-il pris l’action de Str. Putridus sur le sang pour un ce d’hémolyse ? Nous le croyons volontiers,

ka

‘les, Kilt, Tarozzi, Wrzozek, Calderini, etc.) grâce à la présence dé catalase invoquée par Harras. | 11 se sert de foie de cobaye, et montre d’une façon péremptoire que chaque souche garde {oujours le même deane d’anaérobiose. Nous citerons textuellement sa conelusion :: he OA existe des str. anaérobies stricts dans le COTPS, qui malgré leur parenté morphologique, avec Str: Pyogenes. forment une espèce propre, et qui même dans des conditions favorables ne peuvent pas devenir aérobies.

Ainsi à côté de l'espèce décrite par Gräf et ae les espèces décrites comme strictement anaérobies sont é telles, et ne présentent pas d'évolution vers l'aérobiose. |

Avec Wehrsig et Marwedel (44), apparaît en 1915, là première communication sur les str. anaérobies des plaies ; dans ? cas de gangrènes gazeuses graves ne reconnaissant pas les causes habituelles (B. Perfringens, Oedembacille) il trouve 1 fois le bac. pyocyanique associé à un str. anaérobie (guérison) ; 1 fois une culture pure de str. anaérobie (mort). Celui-ci reproduit la gangrène gazeuse . foudrovante chez l'animal.

Les auteurs identifient leur streptocoque à Str. tits ‘Schottmüller), en donne une description succincte, les deux souches n'étant pas hémolytiques, mais gazogènes et putrides.

La souche pathogène après avoir tué le cobaye de 400 gr. en 12 heures, à la dose de 1 ce. de culture de 24 heures, par œdème gélatineux hémorragique et phlycténe, perd rapidement sa virulence et sa toxicité après passage sur les milieux artificiels et les auteurs : concluent : « Le strep-

tocoque putride de Schotimäller peut donner à lui seul et

sans le secours d'association microbienne un véritable phlegmon gazeux, au même titre que le bacille de Franc-,

kel, avec coloration rouge érysipélateuse de la peau. »

(C'est ce travail qui a donné lieu, dans certains traités.

à l'érection de ces souches en espèce propre désignée et + éicrité « Streptocoque de W. et M. » A vrai dire, il n’exis-

te pas de str. de W. et M., mais bien « Sir. Putridus » (ScholL.) retrouvé par W. et M. dans deux cas de gangrène gazeuse de guerre): -

L'année suivante, 1916, Marwedel (43) donne une nomenclature des germes trouvés dans les plaies de guerre en 1870-71, dans la guerre russo-japonaise, et en 1914-16.

En 1913-15, il donne une statistique, où staphylocoques et streptocoques facultatifs ont la plus grande fréquence, puis vient le groupe des bacilles de la gangrène, et enfin

* les microbes plus rares, parmi lesquels les streptocoques

… anaérobies (et il renvoie à son article avec Wehrsig). ‘Avec Lindermann (41 bis) nous quittons les streptocoques des plaies pour ceux des avortements fébriles et des fièvres puerpérales. Pour lauleur les agents principaux en sont des aérobies, tandis que les anaérobies se répartissent, comme suit. 20 % dans les avortements fébriles, et 8,7 % dans les fièvres puerpérales.

Les anaérobies les plus fréquents sont, dans l’ordre, Str. Putridus, staphylocoques anaérobies, Bac. Perfringens. : d ; En 1918, pour la première fois en France, apparaissent les Str. anaérobies des plaies de guerre. Cottet (16) étudie les streptocoques qu'il a trouvés dans les plaies

PE 4o: si

de guerre, et que la méthode de Veiion fe a révélés TS pour un grand nombre anaérobies. plus ou moins stricts a

ons trois. modalités:

, 4 Los facultatifs poussänt mieux en profondeur qu’en

surface ; re 4 PATÉDRIRE ETAT & 2° Les anatrobies de prédilection. ;

-3° Les anaérobies stricts.

Nous voyons ici la continuité des streptocoques anaérobies siricis et facultatifs, l’absénce de limite nette entre

les deux groupes, et la loi physiologique générale caractérisant le genre streptocoque par. Sa prédilection pour ;

la vie sans air «ce qui Biens là mauvaise croissance en surface des Sirepiocoques ».

L'auteur signale de plus la grande ressemblance morphologique et physiologique entre les str. facultalifs et anaérobies stricts. I conclut à la grande difficulté d'iden-.

tifier les souches aux espèces décriles : M. F. (Veillon) et

aux streptocoques anaérobies de K. et M.

Il donne enfin sa statistique : dans 30 Cas, il à trouvé : dix fois des str. anaérobies stricts ; neuf fois des $tr. anaérohies facultatifs. el

On serait en droit de se demander, pourquoi parmi les nombreux travaux de bactériologie de guerre sur les streptocoques, il en est si peu qui aient mentionné la fréquence des <str. anaérobies stricts. Nous pensons que la ‘recherche des str. anaérobies est matériellement difficile, et que pour les trouver il faut les chercher avec beaucoup de patience. Si Cottet-a pu donner une statistique si impressionnante, c’est que, ayant eu par l'expérimentation

ef

‘de sa thèse (9) l'attention fixée sur les microcoques anaé- robies, et en possession d'une technique ‘éprouvée, l’au-

teur devait les trouver en si grand nombre.

- Ayant attiré sur eux l'attention des es ootaiolos gistes, quelques notes vont suivre.

Hautefeuille et Soulié (26) proposent une technique pour la recherche rapide des streptocoques des plaies de guerre. par la culture en bouillon de sang. Les auteurs décèlent rapidement les str. facullatifs par leur prompt.

développement en bouillon de sang et l’hémolyse. Mais

alors que les str: fac. poussent vite et hémolysent le mi-

lieu, les « races » anaérobies siricts ne poussent pas dans le bouillon sang. De plus, les auteurs remarquent que

; 3 NE D: | L ; à certaines plaies qui contenaient un str. anaérobie à un

premier prélèvement, donnaient au bout de quelques jours, à un deuxième prélèvement, des colonies aérobies

et hémolytiques. « Le germe s’est adapté à la vie aéro-

bie. » (Les auteurs ont eu affaire à l’espèce de G. et W.).

Ils concluent que la méthode ne donne pas d'indication pour les « races » anaérobies strictes.

Jablons et M. Pease (27) signalent aux bactériologistes de guerre le bouillon de sang éthéré pour la recherche rapide des streptocoques, la conservation des bacilles anaérobies sporulés, « aussi bien que les streptocoques etrictement anaérobies rencontrés occasionnellement avec eux dans les plaies ».

Mais si la note de Cottet a éveillé l'attention de quelques bactériologistes, par contré elle n’a pas suffi pour faire placer le groupe des Str. anaérobies à côté des str. facultatifs dans les classifications qui suivirent. C'est

« à) STE 42 — à \ È 1 4

ainsi que parnel el Weissenbach (1) dans ete revue, donnent un excellent tableau d'ensemble de la classification des streptocoques, mais les définissent des bactéries aéro-. bies, caractère générique dont la rigueur est atténuée par une note, où les auteurs cilent. le travail de J. Cottet, mais jugent le. groupe anaérobie comme trop insuffisamment étudié pour être situé dans la systématique. ; La note de P. Gérard et Romant (12).termine les publications de guerre. Sur 133 blessés examinés du 6° au 30° jours, les auteurs trouvent 417 plaies inféclées dont 49 par des streptocoques (tandis qu'ils n’ont trouvé que cinq lois seulement les bacilles de la gangrène). Les auteurs donnent une. rapide description des souches qu'ils iden- “tifient au str. anaérobie de Sternherg. Nous pensons qu'il De'anit Mied’ une erreur de détermination, due aux traités

“qui décrivent le sir. de Sternberg comme un anaérobie .

strict. En effet, les auteurs décrivent Ja zone stérile nette et haute de 2 centimètres-‘environ et ajoutent qu'ils n'ont päs pu repiquer leur streptocoque en milieu aérobie.

. Ges streptocoques ont surtout été rencontrés dans les plaies musculaires s'accompagnant d'hématome ou ayant nécessité des ligatures d’artère ; dans les plaies ostéomusculaires à foyer ésquilleux ou sous dès mèches tassées. Ces plaies à streptocoques anaérobies stricts ont toujours mauvais. aspect, s'accompagnent d'état septicémique, sans cependant être mortelles. |

De plus cette espèce microbienne montre une grande résistance aux antiseptiques (liqutde de Mancière, de Dakin AzO*Ag).

Dans cinq cas à str. anaérobies stricts, le sérum anti-

à | ] Streptococcique de l'Institut Pasteur a donné une stérilisation complète du pus en 10 à 15 jours. Les auteurs concluent à la gravité des infections à sir. anaérobies stricts qui ont une grande résistance aux antiseptiques dÉ une ; grande sensibilité aux Sérums antistreptococciques I. PB Telle est l’histoire des streptocoques anaérobies: per: dant la période de guerre, où les bactériologistes ont signalé leur présence, sans s'attacher à leur détermination : ni au rôle exact qu'ils ont pu jouer dans les infections des plaies de guerre (exception faite des essais de patho- | génie prenne de Marwedel et Wehrsig).

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LES TRAVAUX RÉCENTS : L'impulsion que l'étude des. streptocoques des plaies de guerre a donné à la bactériologie de ce genre a été telle que depuis 49149 un nom- ‘re incalculable de travaux ont été publiés, Cumont en Angleterre et en Amérique, visant à la classification des streptocoques facultatifs, précisant leurs caractères biochimiques et physiologiques. Nous ne citerons,. parmi ‘tous ces travaux, que ceux qui, par leur généralité de vue, peuvent éclairer notre sujet. En opposition avec cette abondance, çà et là quelques travaux signalent les stréptocoques anaérobies.

Ainsi Schweitzer (60) en 1919, dans ses recherches sur la flore génitale, trouve, dans la sécrétion vaginale des nouvelles-nées deux fois un streptocoque anaérobie sur 100 cas. |

Avec Tissier et A. de Coulon (64) nous voyons apparaître le premier rapprochement entre le métabolisme des

- au 51° jour en anaérobiose.

Str, facullalifs-el celui des anaérobies : ils étudient lac tion des Str. pathogènes sur la caséine, constatent qu’en anaérobiose, la dig estion de’ la caséine atteindra 68 % lorsqu’elle n'est que de 10 à: 20%: en aérobiose ; ils constatent de plus qu’ en aérobiose, les sireptocoques facultatifs meurent en six ou huit jours dans le lait, et vivent encore | | «Le streptocoque pathogène se comporte donc comme un véritable anaérobie : il se sert, pour $es réactions Oxydantes, d’ oxygène combiné : il est moins sensible à ce corps qu'un anaérobie strict, puisqu'il peul pousser en sa présence, mais il est beaucoup plus actif à l'abri de l'air. In est pas rare de trouver dans les plaies de guerre, comme l’a dit Cottet, des: variétés qu’on à peine à faire pousser dans les boites de: Pétri. Nous avons vu des échantillons qu’ on ne pouvait cultiver qu'en milieu anaé- ‘robie, mais nous ne les avons pas assez étudiés pour les ratlachér à la variété commune qui nous à servi pour nos expériences. » > , Poursuivant l'étude de streptocoques pathogènes, par leur action sur la gélatine, H. Tissier et Y. de Trévise (65) ont vu que les mêmes corps oxydants qui favorisaient la digestion de la caséine provoquaient la liquéfaction de la gélatine par des Str. pathogènes qui, en général, ne la liquéfient pas. | « Il résulte de ces expériences que le Str. pathogène vit de préférence comme un anaérobie strict, qu’il peut rester ainsi en vie ralentie pendant des mois, pour reprendre par une modification lég ère du milieu une activité perdue.

«Il en résulte ‘encore que c'est un proléotytique ét que ce pouvoir est lié à à son pouvoir pathogène. Tout ceci fait mieux comprendre son rôle en pathogénie humaine, Fe action favorisante des anaérobies des plaies de guërre,

l’exaltation soudaine dans le muscle fatigué (acide SARCO

lactique), sa vie ralentie dans les vieilles blessures, son réveil brusque à la suite d’une fatigue ou d’une modifica- Ho légère du milieu ; nous nous -expliquons son déve- 1sppement rapide dans le sang des accouchées, et de tou-

tes les malades dont le plasma contient des corps acides -

proverant de la combustion: incomplète des albumi-

noïdes. »

Ainsi s'affirme peu à peu la notion que par ses pro--

priétés biochimiques, le genre streptocoque est un genre anaérobie, et cette notion éclaire toute sa physiologie

re Enr292t, Rassteld (51) dans ses études bactériologiques du sang des cadavres trouve sur 400 examens, 199 sangs

septiques. Dans ces sangs septiques il trouve 17 anaéro-

bies stricts parmi lesquels deux fois Str. Putridus. Le premier cas était une péritonite purulente diffuse, avec abcès

du paramètre, et utérus gravide. Le: deuxième cas, une

péritonite adhésive avec utérus gravide,

Le dernier travail paru sur la question est celui de H. Brüt{ (6) sur la signification des streptocoques anaérobies dans l’appendicite destructive.

L'auteur résume la bactériologie de l’appendicite aiguë où ie rôle des anaérobies est considérable. « À l'examen des exsudats d’un grand nombre d'appendiciles aiguës graves, on peut trouver régulièrement à côlé des colibacilles, toujours présents, des streptocoques anaérobies,

a JE — ë (61:14 + ; | k trouvaille qui. jusqu! ici led à peine considérée, el dont je Ai é K ÿ voudrais donner une haute signification pour diverses | Da Ne raisons. » Avant de donner. ses. résultats, il cite les ré- SA sultats antérieurs des auteurs, en particulier Rüneberg, sn qui a trouvé huit fois des Str. an. à côlé des bacilles

anaérobies, mais qui n en à pas donné de signification. Pour l’auteur, Ja présence de str. anaérobies dans l'appendicite aiguë, est de règle ; il s agit de Str. Putridus, qui a là propriété de former sur les milieux albumineux : des gaz fétides : odeur de péritonite puerpérale. arberTole spécifique de Str. Putridus est d’engendrer la thrombophlébite : id pyléphlébite secondaire à J’appen-*. . dicite aiguë est toujours causée par cet agent. Ses recherches portent sur 107 cas d’appendicite aiguë. Sa technique est celle. de la gélose profonde. L'isulement du mi- " crobe est extrêmement difficile, pour cette raison qu'il A est associé le plus souvent avec des coli-bacilles et des S streptocoques aérobies. N Sur ces 107 cas il trouve 45 cas avec Sir. anaérobies, avec mortalité de 4 cas (8,9 %).

\ ï Ve F Il aprelle le coli-bacille . « le compagnon inséparable du str. anaérobie dans l’appendicite destructive ». Clini- ; quement il s’agit toujours d’exsudat fétide purulent, et à ue 7 l'examen direct, à côté des coli-bacilles, on voit tes courtes | chaînettes tYpiques. Cet exsudat se présente soit sous forme de processus local, soit sous forme d'infection péri- tonéale diffuse, Le plus souvent c'est un abcès de péri- fyphlite, avec exsudat circonscrit et pRAde de la région appendiculaire.

La plupart des cas s’accompagnent de perforation de l'appendicé gangrené.

c no FAR \

% Nous n° avons pas un cou cas où le ue anaéro- bies furent présents alors’ que les streptocoques man- | ‘quaient. J' insiste sur le fait que la littérature. qui s'occupe des anaérobies n'ait jamais fait mention des sireptocoques anaérobies. » Fe

Dans sa conclusion l’auteur dit textuellement :

« Dans l ’appendicite destructive le ne C des anaérobie associé au coli-bacille joue, un rôle prépondérant. nl est la règle dans les processus tétidés. Son- penchant à provoquer la thrombophlébite et par là, gangrène et perforation, fait prévoir les ‘complications locales el vasculaires (pyléphlébite). Les bacilles anaérobies sont d’imparents secondaire. ».

.. Get important travail: est le dernier que nous avons pu

analyser. Nous nous excusons auprès .des auteurs que nous n’aurions pas cités éventuéllement, car si soigrneusement qu'on fasse la bibliographie d'une question, les - publications modernes sont Si. nombreuses qu'on n’est jamais sûr d’avoir tout lu. |

Telle est l'historique des Streptocoques. anaérobies.

Si les auteurs en ont trouvé. fréquemment, il ne leur a pas toujours été possible de les déterminer, ni surtout de mettre en évidence leur. pouvoir pathogène exact par | l'expérience.

C'est ce qui explique que les traités modernes (2, 33, etc.) en donnent des esquisses courtes et souvent erronées, ou les négligent complètement,

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