GAULOIS — GALLO=ROMAINS — GALLO=FRANCS
La Gréce et l’Italie, avec tout le monde antique, comprenaient les diverses branches de la race gauloise parmi les nations barbares. Ce jugement, rigoureux sur quelques points, n’était que trop fondé en ce qui concerne les arts, presque ignorés de nos péres avant la conquéte romaine, Celle-ci fut donc un bienfait pour la Gaule, a qui elle apporta, en échange de la perte temporaire de son indépendance, la notion du beau et des choses de l’élégance que Rome elle-méme ne s’était assimilée que fort tard; et si le fer de l’étranger déchira cruellement, dans une lutte terrible, le sol de notre patrie, ce ne fut pas sans y déposer des germes civilisateurs dont nous recueillons encore les fruits. Un tel aveu ne diminue nullement la sympathie que doivent inspirer d’*héroiques vaincus. Nous n’en conservons pas moins le pieux désir de savoir quels pouvaient étre les instincts des peuplades celtiques établies, a la suite
o LES STYLES‘FRANGAIS. a
de longues migrations, dans le pays qui devait s’appe-.
ler un jour la France.
Convient-il de s’arréter 4 ces monuments que l’on réunit sous la méme appellation de pierres druidiques? Leur masse informe exclut toute idée d’art; ils n’ontrien a nous apprendre. Le moins rudimentaire de tous, le dolmen, ne dépasse pas en effort d’invention ces galeries que les enfants se plaisent 4 batir sur le sable avec quelques cailloux; il est colossal, mais aussi primitif comme construction. Autels ou tom-
beaux, monuments votifs ou bornes-frontiéres, tout
est incertitude sur l’age et la destination de ces pierres,
vénérables seulement par les légendes qui s’y rattachent. Malheureusement, l’obscurité des temps préhis-
. toriques s’étend a des périodes beaucoup plus voisines
de la formation de notre nationalité, et, bien que, grace a quelques passages des é€crivains anciens et aux travaux de l’érudition moderne, nous soyons mieux informés du berceau de nos ancétres, de leurs usages, de leurs aventureuses expéditions, de leur caractére dont certaines particularités se sont transmises jusqu’a leurs descendants actuels, nous sommes réduits, en réalité, a trés peu d’éléments pour apprécier Vindustrie naissante des Gaulois et leur degré d’aptitude a la pratique des arts. Sans édifices comme sans annales, les Gaulois n’avaient pour cités que des enceintes fortifiées, assemblage de pierres et de poutres ou semblait déja s'annoncer, par une ingénieuse combinaison, ce bon emploi des matériaux, qui sera l'une des supériorités de Varchitecture francaise. Les empreintes de leurs habitations, découvertes ga et la, donnent Vidée de
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ORIGINES. Bry: 9
. ‘huttes de sauvages plutdt que de demeures en rapport
avec les nécessités du foyer et du bien-étre domestique. Pourtant ils aimaient le faste, les longs repas, les beaux coursiers, les armes éclatantes, les étoffes aux vives couleurs, tout ce qui est sonore et voyant, et ce besoin d’apparat se montraitméme au milieu des circonstances les plus graves et les plus périlleuses. Des hommes si glorieux ne connaissaient peut-étre pas encore l’art de tremper le fer et de forger des épées dignes de leur courage, mais ils travaillaient déja les métaux précieux; au dire méme de leurs méprisants adversaires, ils étaient habiles 4 employer les gemmes, l’émail et Vincrustation. Quoique barbare, la race celte était donc intelligente. Essayons de saisir quelques traits qui lui soient propres, sinon dans les temps reculés, du moins a l’époque de la conquéte. On dispose pour ces recherches de deux séries de documents: d’abord, les monuments commémoratifs élevés par l’envahisseur; puis, les rares vestiges trouvés dans les sépultures ou sur les champs de bataille de l’indépendance, et qui consistent en armes, bijoux, médailles, et en quelques produits céramiques.
Avant d’examiner les édifices antiques, nous croyons utile. d’établir le degré de confiance qu’ils méritent. Trop artistes encore pour étre serviles, les sculpteurs,
‘dordre trés secondaire, employés par l’architecte romain
to LES STYLES FRANGAIS.
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ont di conserver néanmoins les lignes principales des motifs quils avaient a traduire. L’orgueil du conquérant y était d’ailleursintéressé, et il n’aurait vraisemblablement pas toléré, pour une simple convenance ornementale, lintroduction d’attributs capables d’étre confon= dus avec ceux portés par ses légionnaires.
Sans croire donc que la sincérité de notre €po-
\ fA que d’études historiques
“Fig. 1. — Statue de guerrier gaulois.
(Musée d’Avignon.)
se soit déja révélée, il est permis d’admettre que la plupart de ces reproductions offrent d’assez sérieuses garanties de fidélité. Comme preuve a l’appui, nous indiquerons une statue mutiléedu musée d’Avignon, contemporaine des derniéres luttes nationales, et peut-étre unique débris de quelque monument triom-
sur un grand
ciens, — a écrit J. Qui.
ou manteau a franges, le bras droit orné d’un tor que, se tient debout, les deux mains appuyées
pavois qui lui monte jusqu’a la poitrine. « Dans les temps an-
cherat en /parlant des Gaulois, — ils n’avaient pas d’autre arme défensive qu’un bouclier d’osier ou de planches légéres, deformeallongée, consolidé dans toute sa hauteur par une bande de métal au milieu de laquelle se relevait une bosset. » On constatera tout d’abord, sur la gravure (fig. 1), combien la forme générale du bouclier répond a la description ci-dessus, puis avec quel soin]’ar~
phal disparu. Un guerrier gaulois couvert du sagum
Fig. 2. — Epée et bouclier gaulois sur l’arc de triomphe d’Orange.
tiste a rendu les baguettes d’osier, leurs différentes