Histoire du costume en France, p. t
ae ; LES STYLES FRANCAIS.
directions, et cette tige métallique dont le renflement ‘central constituait l’umbo. Du reste, dans la salle méme qui contient le moulage de cette statue, au musée des” antiquités nationales de Saint-Germain, on voit plusieurs de ces tiges munies de leur umbo et dans un état suffisant de conservation. L’analogie est complete. Les faces de l’arc de triomphe d’Orange présentent un grand nombre de ces boucliers, non plus simples comme le précédent, mais enrichis d’ornements. Ces armes défensives affectent la méme forme d’ellipse tronquée a ses deux extrémités. Plusieurs portent un nom: AVOT, DACVRDIS, SACROVIR, CATVS, BODVA- CVS ou VAVNE, nom évidemment gaulois et qui n’est qu’un artifice du sculpteur pour noter la défaite dun chef barbare, de quelque guerrier fameux. Voila, avec des surcharges de détails et d’accessoires, le cdété arbitraire de cette décoration. Peu ou point de symboles; sur Pun de ces boucliers (fig. 2), deux oiseaux, deux grues semblables a celles qu’on remarque sur certaines monnaies indigénes et dans ce bas-relief au taureau, trouvé en 1711 parmi les fondements de Notre- Dame de Paris, en méme temps que |’autel élevé sous Tibére par les Nautes parisiens. Des nervures droites ou fléchies rayonnent autour de lumbo; elles rappelle- ‘raient les combinaisons de lignes du décor des vases — grecs. Cen’est pas un rapprochement fortuit. En effet, la plupart des épées gauloises sont sensiblement imitées du glaive hellénique, aussi bien celles représentées sur les édifices romains que celles rencontrées dans les tombeaux. Le lecteur a sous les yeux deux de ces derniéres (fig. 3). L’arme trouvée a Vitry-le-Francois offre
Gr
an trés thean spécimen de poignée palfaitement adapté . a la lame. ae a pete de
insisterons sur Porcanues:
ment ingénieux de son four- - reau: une sorte d’étrier orné de déux petits disques remonte le long de la gaine par ses tigettes qwun lien e - commun rassemble. Cette bouterole évidée n’apparye tient pasa la fabrication grecque, et pourtant elle posséde la grace nerveuse de ses produits. Les réminiscences !
dun art si supérieur a ce qu’était la civilisation de nos péres trouvent leur explication dans [état d’iso- -lement de la Gaule, avant la prise de possession des Romains. Les seuls rapports des tribus celtiques avec PEtrurie, DItalie méet ridionale et l’Orient ne - pouvaient s’effectuer que . moyennant l’intermédiaire ‘ des colonies phéniciennes Fig. 3. y on phocéennes, leurs ‘voi- -Epée gauloise. — Fourreau de bronze.
sines sur le littoral de la Méditerranée. Par elles, les
objets de provenance grecque devaient remonter le Rhone, pénétrer chez les Allobroges, les Arvernes et les
Fig. 4. — Médaille d’Orgétirix d’aprés Hucher : ?’Art gaulois.
Eduens, et, de 1a, jusque dans les cantons plus reculés.. La numismatique des tribus du centre confirme ce fait
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ig. 5. — Médaille de Verotal, d’aprés Hucher: l’Art gaulois.
Leurs premiers types monétaires, véritables copies des. statéres de Philippe II, roi de Macédoine, étaient certainement destinés a faciliter les transactions commer-
ciales, et ce n’est qu’aprés cette période d’imitation intéressée qu’on voit apparaitre la représentation de chefs
indigénes, de divinités locales et d’attributs essentiellement gaulois.
Quelques-unes de ces monnaies ne sont pas dépourvues de caractére, ainsi qu'on pourras’en convaincre par la médaille d’Orgétirix, chef des Helvétes, offrant: au droit, la téte de Diane avec le nom des Eduens; au revers, un ours trés juste d’allure
Fig. 6. — Monnaie gauloise,.
@aprés Hucher.
(fig. 4); la belle téte, si ferme d’accent, d’une monnaie du chef aquitain Verotal (fig. 5); et le revers d’une
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