LA RESTAURATION
Sauf les insignes de la royauté, le style de la Restau-
ration, pris dans son ensemble, n’est qu’un prolongement alourdi de celui de 1 Empire. « Aux monuments de notre religion etde nos mceurs — écrit Chateaubriand dans ses Etudes historiques, — nous avons substitué, par une déplorable affectation de larchitecture batarde romaine, des monuments qui ne sont ni en harmonie avec notre ciel ni appropriés a nos besoins. » Le gouvernement protégeait les arts, mais sa générosité n’était pas toujours guidée par un choix judicieux des talents qu’il employait et par la connaissance de certaines lois du gofit dont les artistes eux-mémes avaient du reste a peine Vintuition, On demandait au pinceau plutét voluptueux de Prud’hon des tableaux religieux; les plafonds du Louvre se couvraient de scénes ou: la cour de Charlemagne et de Francois I*, les cavaliers en armure
de la bataille d’Ivry se proménent sur la téte du spec-
tateur. C’était le régne de la peinture sur porcelaine, de cette peinture qui n’a rien a voir avec la vraie décoration céramique-: les vases et les assiettes de Sévres offrent alors les images de tous les membres de la fa-
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mille royale, avec un cours complet de paysage et de fleurs naturelles.
Malgré ces erreurs, lesinstincts étaient
géméreux, et VPépoque est restée grande, en art comme en littérature, par, la lutte mémorable des classiques et des romanfiques.. AU milieu de ce conflit, la Restauration fut plus impartiale et plus équitable que
beaucoup de critiques de ce K Seas yh ‘) temps. Si elle — ngs sr eut le tort de ne recueillir
Poeuvre capitale de Géricault (1791-1824) qu’aprés la mort. si prématurée du grand artiste, dés 1822, contrairement a ce que l’on a avancé quelquefois, elle recut avec
FIG, 100, Tribune élevée dans l’intérieur de Notre-Dame, pour le buptéme du duc de Bordeaux (1820).