CONSULAT .ET EMPIRE
Louis David et les fervents de son école comprendraient volontiers des siéges conme le bisellium antique; et sile grand peintre, dans la charmante ébauche du Louvre, n’a pas couché M™ Récamier sur un lit de métal et d’ivoire, du moins l’a-t-il accompagnée d’un candélabre exhumé de Pompéi. Le gott s’adoucit un peu 4 la longue, non dans le dessin des meubles, aussi raide que jamais; seulement il emploie. quelquefois des matiéres plus brillantes, l’érable, le citronnier avec incrustations brunes. On fait une grande consommation de lyres sur le dossier des chaises, en appliques métalliques, et, par la plus étrange des aberrations, voire méme en guise de supports. Des Victoires posées sur des sphéres d’or élévent au-dessus de leur téte ies branches des girandoles. Meubles et bronzes, tout est travaillé et ciselé avec une telle perfection, une si rare conscience professionnelle, qu’on finit par devenir indulgent pour ce style compassé. L’Empire bénéficie de Vhabileté des excellents ouvriers de l’ancien régime. Alors qu’on abusait ainsi, pour la décoration architectonique et les détails de ’ameublement, d'une fausse imitation de l’antique, tout au contraire la peinture métait nullement encouragée dans cette voie par les largesses du gouvernement impérial. Se souciant sans doute aussi peu des Grecs et des Romains que des allusions mythologiques auxquelles s’était prété Louis XIV, Napoléon n’assignait a art qu’un but: éterniser sa gloire. I] peut étre considéré comme le fondateur, dans Pécole francaise moderne, de la vraie peinture d’histoire, celle qui, traduisant les faits contemporains, a produit les principaux chefs-d’ceuvre du commencement de ce
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Maen Res hee LES STYLES FRANGAIS. “379
ms siécle : les Pestiférés de Jaffa, le Couronnement, le
Champ de bataille d’Eylau. En dehors de ces pages”
Officielles de David et de Gros (1771-1835), de deux
tableaux de Guérin (1774-1833), la Phédre et l Offrande
a@ Esculape et des quatre grandes figures décoratives de Gérard (1770-1837), complément de la bataille d’Aus-
terlitz, au plafond de la salle du Conseil d’Etat, aux Tuileries, aucune des toiles célébres de la salle des Sept ~Cheminées ne fut acquise par l’empereur. Les Sabines,
eS le Léonidas de David, Endymion de Girodet foe
1824), ses Funérailles d’ Atala, son Déluge qui pourtant avait remporté le premier prix au concours décennal
de 1810, la Psyché de Gérard, le Marcus-Sextus de = Guérin, sont des achats de la liste civile de Louis XVIII et de Charles X.