‹ Les Substances antithyroidiennes de synthèseChapitre 10 sur 37 · M 16 D ST · texte numérisé non relu

M 16 D ST

Nous envisagerons successivement :

I. — Dans une première partie — L'historique de la découverte des produits anti-thyroïdiens.

— Leur constitution chimique.

— L'étude expérimentale.

— Leur mécanisme d’action.

IL. — Dans une deuxième partie — Les résultats cliniques obtenus

— par le thiouracil, — par l’aminothiazol.

Historique de la découverte des produits antithyroïdiens

Bien que les anti-thyroïdiens ne soient, utilisés en thérapeutique que depuis peu de temps, on avait soupconné depuis plusieurs années déjà, l’existence de produits ayant une action élective sur la thyroïde.

En effet, des auteurs américains avaient remarqué, dès 1928, que des cobayes et des lapins soumis à un régime presque exclusivement composé de choux, présentaient une hyperplasie de la glande thyroïde.

Cette remarque incita MM. CHESNAY, BLUM et WEBs- TER à faire une série d'expériences; ces auteurs soumi-. rent des cobayes et des lapins. à un régime composé uniquement de choux; au bout de six semaines environ, ils constatèrent chez les animaux d’expériences une hyperplasie thyroïdienne atteignant son maximum en six mois. L'augmentation du volume et l’accroissement du poids de la thyroïde chez les lapins étaient variables d’un animal à l’autre, mais en moyenne, le poids de la thyroïde était multiplié par 10 et la glande était souvent visible à la simple inspection du cou de l'animal. Les auteurs avaient réalisé « les goitres de choux ». ‘

Mais on s’aperçut que d’autres végétaux avaient cette propriété goitrigène, en particulier les pois, les lentilles, les navets, le soja et les graines de colza.

des

Quels étaient le ou les corps responsables de cette action ? Beaucoup plus tard, RICHTER et CLISBY isolaient des graines de colza la « thio-urée » à qui ils attribuèrent l’action goitrigène. KENNEDY, travaillant sur ce groupement chimique, montra l’activité identique de ses dérivés.

Parallèlement à ces travaux, en 1941, J.-B. Mac- KENZIE et MAC CoLLUM notèrent l’hyperplasie de la thyroïde chez des rats auxquels ils avaient administré pendant très longtemps de la sulfaguanidine.

Indépendamment des chercheurs anglo-américains, des Français furent, eux aussi, amenés presque fortuitement à expérimenter les produits anti-thyroïdiens, puis à utiliser un médicament extrêmement actif et sensiblement moins toxique que les corps à action similaires étudiés à l'étranger.

Il est courant de remarquer que les progrès accomplis dans un domaine bien limité de la science sont dus simultanément aux travaux de chercheurs de différentes nations, travaillant indépendamment les uns des autres, mais arrivant, par des voies différentes, à ‘des résultats presque identiques.

Or tandis que les Américains étudiaient la question des anti-thyroïdiens de synthèse et essayaient l’utilisation pratique de corps actifs mais assez toxiques, ce furent des Français qui, les premiers, sortirent un produit ayant les propriétés requises en thérapeutique, c'est-à-dire ayant une marge suffisante entre la dose active et la dose toxique.

C’est grâce à une remarque d'un médecin d’entreprise qu’est né en France l’aminothiazol.

En effet, le Docteur JEANTET, qui était chargé de la surveillance médicale d'ouvriers travaillant à l’extraction de l’aminothiazol, qui sert à la fabrication d’un composé sulfamidé, le sulfathiazol, remarqua qu’un

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