‹ Les successeurs de Cyrano de BergeracChapitre 12 sur 111 · Id. du vendredi 13 avril 1666. Pension pour un prosélyte · texte numérisé non relu

Id. du vendredi 13 avril 1666. Pension pour un prosélyte

4. Hôpital-général, Reg. de la Direction, vol. 57, f. 15-20, dimanche 9 septembre 1666.

française^ Foigny est en règ-le^ mais la veuve évincée clame ses doléances à tous les échos. Elles arrivent aux oreilles de plusieurs pasteurs, d'autres rumeurs défavorables sont également perçues. Le Consistoire s'en occupe dans la séance du jeudi 13 septembre. La vie privée de Foigny passe, ce jour-là, au crible. Malgré le soin qu'il a de réitérer que sa conversion est due à un simple mouvement de conscience et non à des considérations mondaines, les pasteurs sont forcés de constater l'opposition existant entre ses actes et ses paroles : bien que d'un orgueil extraordinaire et d'une présomption insupportable, il mène l'existence d'un libertin; il a attenté à la pudeur de plusieurs servantes et tenu des discours suspects laissant entendre que son attitude équivoque le mettait en situation d'obtenir de l'argent d'ecclésiastiques catholiques; il s'insinue partout et va jusqu'à débaucher un étranger en l'entraînant au jeu et en le soustrayant à la surveillance des personnes auxquelles ses supérieurs l'avaient confié, etc., etc. Les membres présents concluent à ce que les Syndics de Genève inviteront la Ducrest à sortir de la ville et à ce qu'il sera posé à Messieurs du Conseil de Genève la question de savoir « s'il est expédient qu'un tel homme soit toléré dans la ville, autorisé à s'y établir et à y créer une famille". »

La discussion soulevée au Consistoire, sur le cas de Foigny, a son écho le lendemain 14 chez la Vénérable Compagnie; les mêmes accusations, ressassées contre lui, déterminent une résolution analogue : Le précédent Modérateur invitera les Syndics de Genève à expulser l'indésirable^. Notre libertin se défend et, en dépit de l'évidence, cherche à se justifier*. Le Consistoire néglige le mémoire que Foigny dépose à cet effet, Messieurs de Genève devront passer outre.

Le 29 septembre le Conseil de Genève délibère sur les propositions et suggestions du Consistoire. Après en avoir rappelé le dispositif, il décide le retrait de la signature apposée par le Syndic au bas de la publication des bans de Foigny et la convocation de ce dernier en la maison du premier Syndic pour entendre les plaintes dont il a été l'objet. Cette communication faite, on l'engagera à sortir de la cité*.

Le Syndic, recevant Foigny, lui fait remarquer que, nonobstant

1. Extrait (lu Livre des Cautionnements de la Bourse française, 12 septembre i6GG.

2. Archives du Consistoire de Genève, 59 (15 janvier iGt)3-26 mars 1668), jeudi 13 septembre 1666.

3. Vénérable Compagnie, cote L à la date du vendredy 14 septembre 1666.

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