Voir notre notice : « Genève », p. XV
2. Le Consistoire avait, on l'a vu, clans sa juridiction, celle des atteintes à la discipline religieuse.
LA VIE DE GABRIEL DE fOIGNY 5
ranfçer à la vraye Eglise et religion réfoi-mée, ayant produit par escrit les motifs de son changement, contenant divers points conformes à notre créance, de par laquelle il requiert le recevoir à son abjuration des erreurs de l'Eglise Romaine. A esté advisé de le recevoir pour membre de la vraye Eglise après qu'a renoncé à tous abus et eri-eurs de l'Eglise Romaine, particulièrement au prétendu sacrifice de la messe, pour vivi'e selon la confession de foy des Eglises réformées*.
Dès le lendemain la Vénérable Compagnie s'occupe, toujours sur la demande de Foigny, des moyens de lui venir en aide. Elle règle son hôtesse sur le pied de dix-huit sols par jour et décide « de lui tendre la main quelque temps jusqu'à ce qu'il ait reçu ses hardes-. »
Un mois après, malgré le logement moins onéreux qui lui a été procuré, malgré ses propres efTorts pour gagner un peu d'argent, soit au titre de correcteur d'imprimerie, soit au titre de professeur de musique, Foigny est dans la misère. « La Bourse française » dont l'objet était de s'occuper des réfugiés de sa nationalité n'ayant voulu lui verser « qu'un écu », il s'adresse encore à la Vénérable Compagnie et se livre à son entière discrétion. Celle-ci est si bien intentionnée qu'elle consent à payer sa pension d'avril et celle de mai, probablement chez son nouvel hôte, mais, ce sacrifice fait, notre libertin devra chercher un domicile ou quitter la ville •\
Grande était la perplexité de notre Foigny. Sans un sou en poche, qui consentirait à le nourrir et à l'abriter? Il n'avait, non plus, aucune chance de trouver un meilleur accueil dans une autre localité du canton de Vaud. Que faire? Une heureuse inspiration le tire d'embarras. En épousant une Genevoise, il se créera un droit de cité et puis... la continence lui pesait si lourdement! Décidé à sauter le pas, il conte fleurette à une veuve, puis subitement s'amourache de la fille de la maîtresse de l'Hôpital-Général : Léa de La Maison, veuve Ducrest, d'une réputation détestable. Craignant un arrêt d'expulsion si une plainte était portée par la délaissée, Foigny se présente à la direction de l'Hôpital-Général, la requérant de lui signer les papiers nécessaires à la publication de ses bans. Comme il ne peut verser la somme exigée, Léa se porte caution de son futur époux*. Quatre jours après, grâce à la générosité de la Bourse
i . Registres du Consistoire de Genève, vol. b9. Déclaration de Gabriel de Foigny.
2. Délibération de la Vénérable Compagnie du vendredi 9 mars 16t>6 : Frais pour un prosélyte (cote L, 25 août 1665-8 septembre 1671), le rapporteur était le pasteur Amédée Mestrezat.