‹ Les successeurs de Cyrano de BergeracChapitre 15 sur 111 · Extrait des Manuaux de Lausanne. T. XV. 18 octobre · texte numérisé non relu

Extrait des Manuaux de Lausanne. T. XV. 18 octobre

Romaine, et embrassé nostre Religion Evangélique, nous a supplié humblement de luy vouloir faire la grâce, et lui permettre retraicte, et libre demeure riere nos terres et pays, pour vivre souz noire protection en la profession de nostre d. religion Evangélique ; Nous sur ce annuants benignem. à sa d. requeste, luy avons permis et accordé retraicte, habitation et demeure En nos terres et pays, Concédants quant et quant à nos subjects es villes et Communaultezoù il s'adressera, le pouvoir de luy permettre sa demeure et libre habitation riere eux pour y cercher son entretien et nourriture par quelque honneste vocation, Commendants par ainsy à nos Ballifs et autres nos officiers et subjects de donner lieu à ceste nostre concession charitable, tandis qu'il se comportera en homme de bien et d'honneur, conformcm. à nos ordonnances Chrestiennes ; En foy des présentes munies de nostre sceau accoustumé. Ce 6° Novembre 1666 ^

mais encore le Gouvernement, prenant en considération sa pauvreté, le gratifie de dix thalers et paie pour son compte, à l'hôtel du Faucon où il était descendu, une note s'élevant à IG th. G p. 8 d.-.

La Ducrest, demeurée tranquillement à Genève, annonçait ostensiblement son intention d'aller retrouver Foigny à Lausanne. Le pasteur Bacuet en informe le Consistoire qui le prie d'user de son influence pour la retenir à Genève. Bacuet échoue, notre libertin ayant de Berne réclamé à Léa' l'exécution de sa promesse. Appelée le 29 novembre devant le Consistoire, sa fiancée se présente assistée de sa mère, Andrée de La Maison. Elle déclare : « Foigny m'a fait grand honneur en me recherchant en mariage, je ne lui connais que des qualités et c'est pourquoi je désire si vivement la publication de mes bans. » Il lui est objecté : « Ce mariage ne pouvant être autorisé, elle devrait d'elle-même y renoncer ». Léa réplique : « J'ai excellente opinion de mon promis, et n'en attends que du bien ». Le Consistoire, impressionné par la netteté de son langage, la renvoie au premier Syndic qui, s'il le juge à propos, signera ses bans avec Foigny*.

La Ducrest ne devait pas obtenir satisfaction. Le Conseil de Genève, probablement chapitré par des membres influents du Consistoire, l'avertit que, le Syndic refusant sa signature, elle ait à quitter la ville si elle persiste à épouser Foigny'^. En femme de res-

i. Lausanne. Décrets romands, B 33* 1660-1685, p. 272.

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