‹ Les successeurs de Cyrano de BergeracChapitre 20 sur 111 · Berne, R. M., 163-211 et · texte numérisé non relu

Berne, R. M., 163-211 et

3. Bayle, suivant les renseignements qu'il avait reçus de Genève, à la date du

13 mars 1697 dit que Foigny a été chantre de l'église de Morges, et qu'un jour ayant fait la débauche, il commit des in lécences dans le temple. Ces indications ne concordent pas avec les nôtres; peut-être y a-t-il eu confusion avec la tentative de Foigny d'obtenir la place de chantre de Saiut-Pierre à Genève? C'est d'autant plus probable qu'il n'a jamais été fait allusion dans les procès-verbaux de la Vénérable Compagnie et du Consistoire de Genève à cette situation de chantre à Morges qui aurait constitué pour lui un précédent à invoquer.

lège, Foigny prend les devants. Dès le 18 octobre il sollicite du Conseil de Genève le droit d'enseigner dans cette ville les langues latine et française, en invoquant les lettres d'habitation obtenues dès 1666 et le fait que sa femme est genevoise. Il se leurrait de l'espoir que les membres du Conseil et ceux du Consistoire avaient oublié ses fredaines. En cela, il se trompait! on rejette sa requête*.

Douze jours après, le Conseil de Morges le relève de ses fonctions de premier régent : il devra les résigner avant Noël. Les motifs invoqués masquent les véritables raisons infiniment plus graves : Foigny a pu déplaire aux bourgeois de Morges dont il instruisait les enfants, au Bailli parce qu'il chantait les psaumes à sa façon et non suivant la liturgie^, mais tout ceci était peccadilles au regard de son existence peu décente, de sa liberté de langage et... de son ivrognerie.

Le Bailli de Morges, au courant des intentions de Foigny, s'oppose à son départ de la ville tant qu'il n'aura pas versé les deux écus blancs, subi les remontrances, et fait les excuses auxquelles il avait été condamné. S'étant préalablement ménagé l'appui de ses protecteurs, Foigny en appelle au Consistoire de Berne. Celui-ci écrit au Bailli de Morges le 30 novembre 1671 de lui envoyer un rapport sur les inculpations dont notre libertin est l'objet. Ce rapport, rapidement établi, au lieu de diminuer les charges pesant sur Foigny, les aggrave d'une accusation d'usure. Sont-ce ses termes — ils laissent supposer une animosité personnelle — sont-ce les suggestions des amis de Foigny qui déterminent le Consistoire de Berne à déposséder le Bailli de Morges de l'instruction sur le cas d'usure ? On ne sait. Quoi qu'il en soit, le Consistoire de Berne arrête : « Foigny sera tenu de payer les deux écus blancs, il aura à subir les remontrances et à payer les frais de voyage du Bailli et du député du Consistoire de Morges; l'enquête, au sujet de l'usure, sera confiée au Consistoire de Morges et non aux autorités baillifvales. » Le texte de la lettre de Messieurs du Consistoire de Berne au Bailli de Morges est explicite sur tous ces points :

Nos aimables salutations prémises.

Ayant esté autrement informés touchant le Sieur de Foigny, et ayant au long entendu les griefs de vos commis sur le subject des lettres à luy dernièrement octroyées, nous avons voulu changer nostre ordonnance en icelle contenue en ce que ledit de Foigny en conformité de nos précé-

Page 1