‹ Les successeurs de Cyrano de BergeracChapitre 21 sur 111 · Manuaux de Morges E, 1670, p · texte numérisé non relu

Manuaux de Morges E, 1670, p

(lentes lettres à vous addressées sera tenu de vous délivrer les deux escus blancs auxquels il avoit esté condamné, si desjà cela n'a esté fait ; que la recherche de l'usure de quoy on se plaind se fera par vous et non par la séance ballifvale, et qu'en casque telle plainte se vérifie il sera non seulement procédé contre luy jouxte la teneur des loix, mais en outre méritoirement sera tenu de payer à vos dits commis les despends du présent voyage, la députation desquels commis n'auroit esté sans ce subjet nécessaire, et en outre devra subir une sérieuse remonstrance pour ses déportements et pour les despects dont il a usé envers vous. C'est de quoy nous avons voulu vous advertir, vous recommandans à la protection divine. Donné ce 18 décembre 1671 '.

Ce petit succès — très relatif — enhardit Foigny; il se met en route pour Berne, ayant en poche un mémoire contenant dix-sept articles répondant aux griefs formulés à son endroit et portant de graves accusations à l'encontre du Bailli et du Consistoire de Morges. Les juges de Berne, après en avoir pris connaissance, décident de le transmettre aux intéressés, avec mission pour le Bailli de Morges d'informer sur les faits allégués et de faire apporter à Berne les résultats de l'enquête par un député du Consistoire de Morges. Ils décident également, le 23 janvier 1672, de nommer une commission composée de trois membres du « Conseil Etroit » de Berne : MM. Luterhaun, Kilchberguer et Vincent Stûrler, chargés d'arranger l'affaire à l'amiable. Cette commission tient deux séances. Le Bailli, son assesseur M. de Beausobre, et M. de Margel, député du Consistoire de Morges, sont entendus. Le jugement, rendu le 2 février, maintient la condamnation à deux écus blancs, le principe seulement de la remontrance, car cette dernière est esquivée sous le prétexte que le Bailli ne pouvant se rencontrer présentement avec Foigny, ce sont les Seigneurs de Berne qui la feront en son lieu et place, et il est spécifié qu'à l'avenir il n'en sera plus question. Quant aux autres procédures civiles, « baillifvales » et consistoriales, engagées contre Foigny « dont les motifs n'ont pas été dûment vérifiés et éclairés » ainsi que les plaintes de Foigny visant le Bailli et ses paroles injurieuses envers certaines personnes, elles sont purement et simplement supprimées ou effacées « afin de ne préjudicierà la bonne renommée ni des uns ni des autres. » Cependant en réparation de son attitude irrespectueuse à l'égard du Bailli de Morges, Foigny devra reconnaître sa faute; tous ses effets lui seront restitués hormis une aiguière, appartenant à M. d'Eschiehens, sur laquelle il avait prêté de l'argent.

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