Charles Dufour, pasteur en 1650, mort en
le mémoire Turretin en appuyant sur ce que Foigny a été moine, et qu'enseignant la langue latine, il pourrait, s'il habitait le Collège et donnait des leçons particulières à quelques élèves, causer certains troubles parmi eux; enfin ils insistent sur sa conduite peu édifiante. Le Conseil de Genève évite de se prononcer, si bien que la Vénérable Compagnie laisse les choses en l'état tout en chargeant le sieur Pela d'enseigner la musique ^
Cependant quelques jours après Messieurs de Genève désignent le sieur Jean Dupan, ancien syndic, comme rapporteur de l'enquête sur Foigny*.
Le 2 juillet, devant le Conseil de Genève, Jean Dupan' donne d'abord lecture du mémoire Turretin et présente ensuite le résultat de sa contre-enquête*.
Ce mémoire est très précis :
Mémoire remis par monsieur le Professeur Turretin^, de la part de la Vénérable compagnie des pasteurs el professeurs pour suriceluy informer contre ledit sieur Fougni.
Monsieur le Commis est prié de s'informer à l'ég'ard du sieur Foigny, des sieurs Ramondon, peintre et de Barry, dixenier, et de François Bouvard, imprimeur, de ce qu'ils peuvent savoir de la vie et des déporlements dudit Foigny au milieu de nous et de ce qu'il peut leur avoir dit touchant la religion, l'état et l'égalise et messieurs les Suisses, Et en particulier du sieur Ramondon, s'il n'est pas vray qu'un jour qu'il étoit auprès de son feu discourant des affaires du tems, ledit Foigny luy dit qu'on ne pourroit pas éviter que l'Fvêque ne fut rétabli à Genève parce que le Roy le vouloit, et sur ce que ledit Ramondon après diverses choses luy dit que messieurs les Suisses ne le permetti'oyent jamais, il luy répliqua : « Avez-vous été en Suisse? Les Suisses sont des lâches, si le roy venoit sur la frontière avec dix mille hommes, il n'y en auroit pas un qui luy fist résistance, ils s'en fuiroyent tous comme des poltrons », et qu'au reste il luy parla fort désavanlageusement de messieurs les Suisses. S'il n'est pas vray que le sieur Debarry a dit audit Ramondon comme il luy faisoit la plainte de semblables discours, qu'il luy en avoit bien dit d'autres et que ledit Debarry avoit dit audit Foigny qu'il devoit se contenir, autrement qu'il se feroit chasser de la ville.
11 est prié de s'informer du sieur Debarry si ledit Foigny ne luy a pas dit que dans l'Eglise Romaine il y avoit beaucoup de bonnes choses et qui n'étoyent pas à rejetlcr et sur ce qu'on luy contredisoit il contestoit