Registre du Conseil de Genève, 184 f. loS
5. Ezéchiel Gallatin, entré au Conseil en i667, syndic en 1677, mort en 1709. — J. Pictet, syndic en 1678, mort en 1721.
5S LA VIE Dli GABRIEL DE FOIGNY
syndics, lesquels en estana iiicontiiicnt revenus ont raporté que ce ministre leur a déclaré avoir reçeu une lettre du Roy concernant le nommé de Foig-ny. Il désire savoir, avant que respondre, si nous sommes disj)osés à rendre les enfans et les elîets dudit de P^oigny, à quoy ils ont respondu que Monsieur le premier syndic avoit desjà fait entendre audit sieur, son secrelaire, que le conseil n'empeschoit que ledit de Foigny retira ses enfants s'ils sont dans nostre ville et ses effets si aucuns y a, les créanciers par un préalable payés, et délibéré ce qu'on ira dire audit seigneur Résident, arresté que lesdits nobles Gallatin et Pictet y retournent pour luy déclarer que si Ton indique où sont lesdits enfans, qu'on s'adresse au Magistrat, qui les fera rendre si ceux qui les pourroyent avoir en faisoient diliculté et que, pour les elFets, on n'empesche que Foigny les retire, les créanciers satisfaits par un préalable*.
Dupré, stimulé par Foig-ny, ne se lasse pas ; il envoie son secrétaire au Conseil de Genève, toujours au sujet des enfants et des elïets de Foigny. Le Conseil de Genève, contraint et forcé, avoue enfin que trois enfants sont chez les diacres de la Bourse française et précise qu'on a déjà délivré une partie des effets.
Du lundi 20 octobre it)8i.
Gabriel de Foigny. — Noble Augustin Pan, ancien syndic, représente que le secrétaire de Monsieur le Résident l'estant venu voir pour faire rendre les enfans et les elfects du dit de Foigny, il l'informa de Testât auquel sont les choses, et sur l'ordre qu'il a eu de céans de s'enquérir, plus particulièrement de cette affaire, il a appris des sieurs diacres françois qu'ils avoient pris le soin des dits enfans et ont délivré quelques effets que le fils aisné estoit veim faire vendre d'ordre de son père et qu'il y a en cette ville trois enfans, sur ce luy a esté ordonné dédire audit sieur secrétaire que l'on n'empesche qu'il ne retire lesdits enfants et les effets qu'il y a dans la maison avec la clef, moyennant deuë descharge et dont il dressera son verbal, le tout néanlmoins sans préjudice des créanciers et du droit du tiers ^.
La troisième démarche du secrétaire du Résident de France réussit à terminer l'affaire le 8 novembre. Sur la vue de la requête de Foigny, le Conseil de Genève décide que Augustin Pan, ancien syndic, remettra les trois enfants au dit secrétaire, à la condition qu'il en signe la décharge au bas de la requête de Foigny :
Du samedi 8 novembre 1684, Résident. Gabriel de Foigny. Noble Augustin Pan, ancien syndic, raporte que le secrétaire de Monsieur le Résident se seroit adressé à luy
1. Registre Conseil de Genève, 18i, f. 152\ i. Registre Conseil de Genève, 184, f. 160.
LA. VIE t)E GABRIEL Î)E fOlGNY 59
pour les enfans de Gabriel de Foigny, sur ce veu la requeste de Foigny par luy signée. Arresté qu'on mande au dit noble Pan de les faire remellre audit secrétaire moyennant qu'il en face deuë descharge au bas de la dite requeste qu'a ledit seigneur commis, dans laquelle il devra énoncer le pouvoir, qu'il a dudit Foigny par lettre ou autre acte *.
Un seul des enfants, une fille : Catherine, était restée introuvable, ou du moins elle avait quitté Genève. Quant à Foig-ny, retiré dans un couvent de Savoie, il s'occupait de sa réhabilitation; c'est ce que nous apprend une lettre de Dupré à Groissy du 5 décembre 1684 :
« Je crois inutile de refaire de ce que j'ay fait icy en faveur du Sieur de Foigny, ensuite des ordres qu'il (Croissy) luy a plu de m'en donner de la part du l\oy. Cet homme, qui, ayant esté augustin dans une des provinces du Royaume, s'est abandonné pendant ving-deux ans aux ei'reurs dont on fait profession dans Genève, a eu le bonheur, par un retour de la grâce, de rentrer dans son devoir. Il est présentement clans le séminaire de Monseigneur TEvesque de Genève, qui ti'availle du costé de Rome à le faire réhabiliter. J'ay fait faire inventaire des effets qu'il a laissez icy; on les a vendus et le prix luy en a esté remis. Le plus difficile a esté de retirer ses enfans, que les plus zélés huguenots avaient grand soin de cacher. Cependant, j'en ay desjà mis trois en lieu de seureté et je ne suis plus à la questeque de la fille aisnée que l'on a dépaïsée et qui est allée en Suisse^.
Gomment son second fils Anthoine était-il encore à Genève en 1688? Nous ne nous l'expliquons pas. En tout cas la direction de la Bourse française le fait entrer comme apprenti chez Louis Pernet, marchand tailleur, pour trois années à partir du 7 juin 1688, moyennant un salaire de dix-huit écus blancs dont on lui paye la moitié^.
Quant à sa fille Catherine, elle avait été mise en apprentissage chez dame Jeanne Reynaud de ïourneyse, tailleuse, et celle-ci prie, le 6 août 1688, la Bourse française de lui faire payer les cent florins qui lui restent dus sur ledit apprentissage expiré depuis longtemps, ce qui lui est accordé*.
Catherine se marie en l'église de Chancy le 21 mars 1693 avec Jacques Simon, fils de Jean Simon, « maître faiseur de boetes et estuits de montres» ». Son père, qu'elle n'avait pas revu, était mort en 1692 dans ce couvent de Savoie où il expiait les scandales de sa