LOUISE, PROSPER
PROS PER
Venez, venez, mamselle Louise : nous serons aussi bien ici que dans l'antichambre pour attendre les ordres de monsieur et de madame. H y a comme ça, dans la journée, le matin surtout, quand le service est fait et que les maîtres sont occupés, il y a de bons petits momens où on est libre et où on peut se reposer en causant. Ditcs-moi, j’ai une idée; il n'y a pas long-temps que vous servez?
LOUISE
Non.
Tant mieux .
PROSPER
LOUISE
Pourquoi ?
PROSPER
C’est que j’aurai le plaisir de vous donner des conseils , de vous apprendre comment il faut se conduire. J’ai do l’expérience, moi, et puis j'aime mon état.
louisx, tristement.
Vous u’en avez jamais eu d'autre?
PROSPER
Jamais- Je suis né domestique : pas plus haut que ça, je faisais déjà des commissions, et trèsbien. Vous serez bientôt au fait ici.
LOUISE
Je m’y trouverai heureuse, j’en suis sûre.
PROSPER
Je lcspire, c’est IA ce que j’ai pensé ton» de
MAGASIN THEATRAL
cuite. Quand je vous ai vue avec votre air doux et timide, je me suis dit : V’ià la tranquillité qui m’arrive, ça no sera pas comme avec l’ancienne; elle pouvait se vanter celle-là d'avoir un caractère égal : toujours en colère 1 Tandis que vous , raamsclle Louise, vous qui êtes jeune, jolie...
LOuiéi, l’interrompant.
Reçoit-on beaucoup de monde ici?
puosper.
Quelques voisins, voilà tout; et puis M. Résilies, que vous connaissez, et qui vient s'établir ici sans façon quand cela lui plaît ; c’est un ami intime de monsieur. J’ai connu un temps où monsieur et madame ne voyaient personne; il y a à peu près trois ans, oui, trois ans, c'était au retour d’un voyage de mou maître, ils s’aimaient ! ils s’aimaient! ça faisait plaisir à voir: toujours ensemble! toujours occupés à deviner les désirs l’un do l’autre ! ce que madame voulait, le lendemain monsieur lui en faisait la surprise.
LOtriss.
Et maintenant?
pfeosna.
Maintenant ce n’est pas qu’ils ne s'aiment plus : mais je crois que monsieur s’ennuie un peu . C’est pour cela qu’il veut se faire nommer député; madame n’est pas trop contente, elle dit qu’elle va rester seule.
LOB1SE.
Seule? je croyais au contraire...
prosper.
Ab! oui, cet enfant... au fait, ça pourrait bien amener du changement dans la maison.
LOCISB.
Comment?
raosrsi.
Si madame élève cette petite Hile, ça lui fera une distraction.
LOUISt.
En effet; et croyez-vous que son intention...?
PROSPER
Dam 1 je ne sais pas. Seulement elle aime beaucoup les enfana. C’est une drôle d’histoire, cellelà ! pas de nom de parens, aucun renseignement, aucun signe qui puisse la faire reconnaître... il y a quelqu mystère là-dessous.
locisb, à part.
J’ai fait ce que je devais, et maintenant..
On entend encore sonner.
rnosrBR.
Mamsellc Louise !
LOCISB.
Plalt-il?
raosPBB.
Tous n'entendez pas?
LOCISB.
Quoi donc?
PROSPER
Madame qui vous appelle.
louisb, se dirigeant du côté de la chambre, à droite.
Je n’avais pas fait attention.
prosper.
Dam ! quand on est avec ses amis... mais je serai toujours là pour vous avertir...
locisb, prés d’entrer chez Af mc Valleray.
Merci.
PROSPER
Et vous empêcher d’étre grondée.
Elle entre.