SCENE IY
DESILLES, M®» VALLERAY, FERMONT.
FERMOKT.
Quel brusque cbaugement! Est-cc ainsi qu’on i traite une affaire gravo?
M mo VALLEtUT.
Ah ! ne l’accusez pas ! jamais il ne fut plus digne d’estime.
fermokt.
Je m’en rapporte à vous, ma belle voisine. Mais venons au sujet de votre lettre.
M mo VALLERAY.
| C’est que je crains... ces détails pourraient fa« I liguer M. Dcsilles.
Qiaitizedi3y
LES SOIT ES DINE FAUTE
» DIStLUtH.
Moi 1 point du tout, je vous assure. Je n’ai plus qu'une heure A rester ici, ne me refusez pas la ffveor de la passer auprès de vous.
K &e vuuut, avec une intention marquée.
Eh bien! monsieur, puisque vous le désirez, vous tarez le plaisir d’apprendre mes projets pour le bonheur de mon mari et pour le mien, car c’est la mémo chose I mes veut.
RESILIES.
Comme aux siens, je suppose.
m®« val L£ ray, de même.
Oui, je suis fière de lo dire et de le répéter, ce n’est pas le devoir seul qui m’enchaîne à lui, et, fussé-je libre de mon choix, je sens que je le préférerais encore à tous les autres hommes.
desilles, bas.
De mieux en mieux, madame.
Faotlc sortir.
M“ e va ll e ra y, de mime.
Restez donc, monsieur... Oui, j’aime & étudier ses goûts, scs pcnchans, toutes scs pensées; auss me suis-je aperçue de l’extrême affection qu’il porte à notre jeune Amélie ; il la cherche souvent, il l’embrasse A la dérobée, et j’aurais presque le droit d’étre jalouse, tant il s’est attaché* elle.
desili.es, â part.
En si peu de temps! c’est singulier.
VAt.tr. s ay.
Assurer lo sort de cette pauvre petite orpheline, ce serait le rendre bien heureux , et peutêtre pourrions-nous au moyen d’une adoption... Que dites-vous de ce projet, monsieur Fermont? Y voyez-vous quelque difficulté T
FERMONT
i’en vois une très-grande. Pour première condition, la loi exige un certain Age auquel, Dieu merci T vous êtes encore loin d'atteindre.
■ me VALLERAT.
Cependant on a vu de ces sortes d’obligations contractées par de jeunes époux : tout-A-l'hcure encore Louise m’en citait plusieurs exemples.
DESILLES, à part.
Ab I la femme de chambre se mêle aussi de cette affaire ?
FERMONT
J*ti dft voui expliquer le» rigueurs do la loi; mais rien fl* empêche, du reste, qu’on prenne un engagement d’honneur, comme ceux dont on vous a parlé. Si vous croyez que l’adhésion d’un fonctionnaire civil donne plus de valeur * une telle déclaration, dès demain je serai prêt * la recevoir. Quant * présent, veuillez m’excuser, des affaires urgentes me. réclament. * dim l les, vivement.
Entre autres, celle dont vous me parliez tout-âl’beure... avez-vous pas même, * ce sujet, quelques questions à adresser à madame T
FERMONT
Ce n’est qu’une conjecture.
| M® c VALLERAT.
N’importe, parlez toujours.
FERMONT
Une jeune personne est depuis hier A votre scrvico, et se fait appeler...?
M®« VALLERAT.
Louise... Louise Durand.
FERMONT
Ce n’est pas cela. Vous savez qui elle est, d’où elle vient... on vous l’a recommandée, sans doute?
M® e VALLERAT.
Non: j’ai été intéressée dès le premier abord par le charme de sa physionomie ; *on langage m’a plu, je l’ai prise sans information, et, pour ainsi dire, * l’essai.
FERMONT
Est-il possible ?
desilles, à Fermont.
Vous connaissez quelqu’un do sa famille?...
FERMONT
Un digne homme, un marin qui, en partant pour un voyago de long cours, l’avait laissée chez lui ; quand il revint; clic avait disparu...
desilles.
Enlevée ?
FERMONT
Non. Séduite par un jeune homme qu’on ne , connaissait pas dans le pays, et qui l’abandonna bientôt; la pauvre enfant, voulant cacher son dési espoir et fuir lo théAtre de son déshonneur, s’échappa secrètement pour aller vivre dans une retraité ignorée. Son frère l’a crue morte ; mais il paraît qu’on l’a rencontrée dans ces environs. C’est | du moins ce qu’il m’écrit.
M“® VALLSIUY.
Et vous supposez que celte pauvre fille serait...?
FERMONT
Cette jeune Louise dont la ressemblance ro’a frappé tout-A-l’hcurc.
I|H>« VALLERAY.
Attendez donc ! quelques détails de cette histoire semblent se rapporter au récit qu’elle m’a fait... cependant... vous sauriez la reconnaître, dites-vous ?
FERMONT
Sans doute , je l'ai vue autrefois chez son frère,
DESILLES
Où donc 7
FERMONT
A Lambzac
DESILLES
A Lambzac ! Se peut-il ?
M® c VALLERAT.
Qu’avez-vous donc?
DESILLES
Rien, madame... un souvenir... j’ai entendu parler d’une aventure de ce genre... (A part.) A 1 Lambzac! c’est bien de la qu’il m’a écrit...
«me vallbray, à Fermont.
Je vais la faire paraitro... ou plutôt , non... je change d’idée. Elle aurait trop * rougir devant vous ; je veux la ménager , je l’interrogerai seule... veuillez voua retirer dans 1* pièce voi-
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sine; j’irai bientôt tous rendre compte de ce que j'aurai obtenu.
ÎERVOXT.
Toujours bonne et obligeante!... Que je suis reconnaissant des peines que vous prenez!
M m« VALLIIAY.
Wai-je pas à m’acquitter envers vous?
Fcrtnool entre dan» U chambre à gauche,