‹ Les suites d'une faute drame en cinq actes, en proseChapitre 44 sur 57 · SCENE VU · texte numérisé non relu

SCENE VU

M m *’ VALLERAY, LOUISE.

LOUISE

Madame a sonné ?

M Be VALLERAY.

En effet, je me rappelle, tout-â -l'heure... oui, venez, c’est i vous que je veux parler.

LOCISE.

Vous paraissez bien émue?

M m ® VALLERAY.

Ce ne sera rich : me voilà remise, et je reprendrai assez de calme pour l'entretien que nous allons avoir ensemble.

LOCISE.

Un entretien, madame! que s'est-il donc passé ?

a me VALLERAY.

Je vais vous l’apprendre. Hier, quand vous vous êtes présentée chez moi, je vous ai accueillie avec bonté : vous n’aviez pas d’amis , pas de protecteurs ; et, sans antres recherches , je m’en suis rapportée à vous seule. Une con6ance si complète méritait d’étre mieux reconnue, car vous m'avez trompée.

locise, A part.

Grand Dieu ! serait-elle instruite ?

VALLERAY.

Et d'abord , vous vous êtes annoncée ici sous un nom qui n’est pas le vôtre : vous en portiez un autre à Lambiac.

locise, A part.

Elle sait tout!

M“ e VALLERAY.

Vous le voyez, on est informé ici de ce qui vous * concerne , et vous devez par un aveu sincère de vos torts...

LOUISE

Des torts! je n'en ai pas, madame.

M me VALLERAY.

Comment t...

LOUISE

Je n'en ai pas, vous dis-je; et si j’ai osé venir dans cette maison, c’est que j’y étais poussée par une sorte de fatalité, par la Providence, peut-être, qui en me montrant un devoir à remplir, préparait en effet le châtiment du vrai coupable.

R® ( VALLERAY, A part.

Que dit-elle? qucllo exaltation dans son langage? (Haut.) Remettez-vous

LES SUITES D’UNE FAUTE

louisb, avec entrainement.

Ah 1 je no voudrais pas aggraver A vos veux les torts de celui qui m’a perdue; mais sans cela, pourtant, comment.me justifier! il faut bien que je vous le dise, madame > j'étais toute jeune encore., il y a trois ans ; j'étais seule , sans protections, sans expérience , quand il vint à moi , tendre, aimable, empressé, armé de toutes les essources de la séduction , et qu'il m'offrit son cceur et sa main. Oui, madame, il se disait le fils d'un négociant; fl jurait de m'aimer toujours et de ta'aimer que moi seule. Pouvais-je résister, moi, pauvre fille, à qui ce langage était inconnu! Je me sais fiée à lui , je le croyais sincère, je le croyais libre! hélas! j'ignorais, madame, car j'en aurais eu horreur, j'ignorais qu’il fut marié.

. • U** VALLERAY.

Marié, dites-vous? il était marié? De quel homme parlez-vous?

LOUISE

Quoi! vous no.lc savez pas?

M 1 ® 0 VALLERAY.

Comment le saurais-je?

LOUISE

Je ne l'ai donc pas nommé?

» lime VALLERAY. * .

Non ; mais & vas paroles, à ce trouble, il semblerait... que jc.le connais... et que...

Louise, à part. * • .

Imprudente ! ( Fiant. ) Ab ! madame ,• ne supposez pas... je me serai mal exprimée... le désordre de mes idées... l’égarement.... j’ai tant souffert !... ( A pan. ) O Dieu!

■ m ® VALLERAY.

Achevez! il y a trois ans, dites-vous?...

LOUISE

Ai-je dit trois ans?... plus, je'crois, oui, beaucoup plus.

VALLERAY.

Ce n'cst donc pas lui?

LOUISE

Qui donc, madame?

VALLERAY.

Ah! je suis folle ! jamais il n*a été dans ce pays... quel soupçon ridicule! j’en ai honte à présent. Remettons-nous. (J Louise.) Il y a ici quclqu’ân...

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