RESULTATS SELON LA NATURE LITHIASIQUE OÙ NON DE LA CHOLECYSTITE
Les statistiques s'accordent pour s’élever contre la cholécystectomie pour cholécystite non lithiasique. Ces attaques ne sont
rois
peut être qu’une réaction contre la Rien dont a joui la vésicule fraise, ces dernières années.
Nous ne ferons état que des résultats dits « excellents » ou « très satisfaisants » qui ne prêtent pas à discussion.
WILSON, LEHMANN et Goopwix obtiennent 79 % des résultats satisfaisants dans la lithiase, 64 % pour les vésicules non lithiasiques.
ViLLARD et DucLos, sur un total de 312 malades accusent une différence bien plus considérable, 75 % de succès en cas de lithiase, 25 % en cas de cholécystite simple. Les chiffres de Ku- NATH sont à peu près identiques, ils portent sur 200 opérés, 100 lithiasiques, 100 non lithiasiques : 51 % de succès chez les lithiasiques, 26,1 % chez les non lithiasiques. GRAHAM et MAGKkEY avouent 40 % d’échecs dans les cholécystites simples. Gosser et PETIT-DuTAILLIS obtiennent 60 % de très bons résultats avec la lithiase, 30 % sans elle.
Chirurgiens Cholécystites Cholécystites non lithiasiques lithiasiques WILSON, LEHMANN, GOODWIN ..... 19° % 64 % MAÉPABD ER DUCEOS TRES nier: 75 % 25 % RNA EC M sense 51 % 26,1 % GOSSET et PETIT-DUTAILLIS ....... 60 % 30 %
Un autre aspect du problème est fourni par une étude de MATHIEU DE FossEey. Chez les 100 cholécystectomisés qui lui ont été adressés pour une cure thermale, il relève 70 % de résultats satisfaisants chez des lithiasiques. Par contre il n’a observé chez les non lithiasiques que 4 améliorations temporaires, soit 12 %. La plupart de ces malades étaient atteints de colite.
En résumé, la cholécystectomie pour lithiase donne 2 à 3 plus de bons résultats que l'intervention pour cholécystite non lithiasique. Est-ce à dire qu’il ne faille jamais enlever une cholécystite non calculeuse ? C’est une question qui dépasse notre compétence, mais il est certain que l’on ne devra se décider à l'intervention que devant des signes cliniques, radiologiques témoignant d’une atteinte sérieuse et certaine du cholécyste.
Nous reviendrons sur ces faits à propos de l'étude statistique des symptômes. Résumons-les en disant qu’il faudra s’assurer que la vésicule est bien en cause, car ces échecs semblent dûs à des erreurs de diagnostic. On a souvent pris pour des cholécystites des troubles intestinaux ou neuro-végétatifs.
Reste la question de la vésicule fraise. Les premiers auteurs ont préconisé l'intervention : « La vésicule fraise est une affection de la vésicule biliaire nécessitant une cholécystectomie », écrivit MoyniHan, Jupp et MENTZEN, de la clinique Mayo, publient, en 1925, 67 % de très bons résultats, 10 % de bons résultats, 8 % de médiocre pour vésicule fraise sans calculs. Lorsque la lithiase s’y associait les suites parfaites atteignaient 87 . Ces résultats paraissent empreints d’un optimisme que les circonstances ne sont pas venu justifier.
La remarquable thèse de Jacques HePr, écrite dans le service du Professeur GOossET, conclut ainsi :
« I1 faut enlever toutes les vésicules lipoïdiques ou celles « suspectes de l’être... Les suites opératoires sont satisfaisantes dans l’ensemble ». En dépouillant les observations de l’auteur on aboutit à des conclusions moins fermes : 25 vésicules fraises sans lithiase ont donné 7 bons résultats, soit 28 %. Dès 31 cas où la lipoïdose s’associait à la lithiase, 9 ne peuvent être comptés : les malades n’ont pu être retrouvés ou bien l'intervention est trop récente. Restent 22 cas avec 6 succès soit 27 %. On retrouve les pourcentages de Vizzarp et DucLos (25 %), de Ku- NATH (26,1 %), de GossET et PETIT-DUuTaAILxLIS (30 %) pour les cholécystites simples non lithiasiques.
Notre but n’est pas de discuter l’autonomie nosologique de la vésicule fraise. Mais cette variété d'affection ne paraît pas remplir les conditions qui nécessitent une cholécystectomie, l’exclusion vésiculaire en particulier. Sans parler des difficultés diagnostiques qu’elle soulève, car le seul critère est fourni par l'examen de la muqueuse vésiculaire, et il est difficile de concevoir comment le chirurgien discerne extérieurement une vésicule fraise d’une vésicule saine. Cette cause d’erreur semble considérable. D’ailleurs, les résultats de la cholécystectomie ont conduit certains auteurs américains à discuter la valeur patho-
TO
logique de Ja vésicule fraise. « MACKEY et STANTOR pensent que « la vésicule fraise n’est pas pathologique et ne se manifeste € par aucun symptôme. Au contraire LAHEY croit qu’elle déter- « mine des symptômes qui sont guéris par la cholécystectomie. € Nos cas sont peu nombreux, écrit KUNATH, mais les résultats « sembleraient témoigner en faveur du premier avis ».
De ces confrontations de statistiques, il semble que l’on puisse conclure qu’il n’existe aucune différence entre les résultats opératoires sur les cholécystites simples et les vésicules fraises. Ils sont également médiocres et les succès ne paraissent pas excéder 30 %.
Là encore ce n’est pas l’intervention qu’il faut incriminer mais ses indications.