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C. — RETENTISSEMENT PANCREATIQUE

L'étude des fonctions pancréatiques après cholécystectomie a donné lieu à de nombreux travaux. Nous étudierons séparément les troubles des secrétions externe et interne.

Le pancréas exocrine présente une atteinte indiscutable du fait de l’intervention.

AGRIFOLIE, reprenant sur l’homme, ses recherches expérimentales constate également une diminution de l’absorption des graisses 25 jours après intervention, le taux des graisses fécales atteint 22 %, puis 33 % au lieu de 15 %. Le métabolisme des albuminoïdes est légèrement atteint : les malades éliminaient de 27 % à 5,5 % d'azote dans les fèces au lieu de 2 %.

Notre maître CHIRAY, avec ses collaborateurs LEBON, SALMON,

Mme JEANDEL, GOZLAN, pense que la cholécystectomie exerce « une influence plutôt néfaste sur la fonction pancréatique. Chez « ces malades nous avons eu, après l’intervention une courbe « traduisant une insuffisance plus importante qu'avant la cholé- « cystectomie, D’autres fois une courbe normale avant l’opéra- « tion fit place à une courbe d'insuffisance ».

On retrouve les mêmes opinions exprimées par FRUMERIE. Après opération, son malade étudié par la méthode de Wolgenuble présentait à chaque crise douloureuse une augmentation de la diastase dans l’urine, dépassant 64.

FEIssLy, par contré, n’a observé que chez 20 % des opérés des troubles du métabolisme des graisses, avec un très léger excès de graisses neutres. Ses recherches portaient sur 12 sujets. Nous-mêmes, avons repris cette étude, en employant la méthode à la secrétine purifiée décrite par le Professeur CHIRAY, Mme JEANDEL et SALMON, méthode modifiée dans son expression par BOLGERT qui y a consacré sa remarquable thèse.

Une première série de 4 malades avait été examinée par Mme JEANDEL-MERCIER, avant et après intervention. Pour la commodité de la lecture, nous n’avons pas reproduit les courbes traduisant la secrétion et les actions diastasiques, mais nous avons ramené les résultats à la notation chiffrée indiquée par BoLGERT : c’est-à-dire activité trypsique moyenne : formée par la somme arithmétique des résultats de chaque échantillons, divisée par le nombre d'échantillons. Activité lipasique moyenne qui se calcule selon le même principe. Activité lipasique corrigée nouvelle épreuve imaginée par BoLGERT et dont voici le principe : dans certains cas l'insuffisance lipasique disparaît si l’on ajoute au milieu de digestion artificielle des sels biliaires. Pour étudier les variations de cette action, BOLGERT a établi un rapport lipasique ayant pour numérateur l’activité lipasique corrigée et pour dénominateur l’activité lipasique moyenne simple. Normalement sa valeur oscille entre 0,8 et 1,5.

Nous n’avons pu réunir au total que 7 malades, examinés avant et après intervention, par Mme JEANDEL- MERCIER, par le D' BoLGERT ou par nous-mêmes.

Nous avons retrouvé par la méthode à la secrétine le même déficit lipasique qu’indiquaient les méthodes par le dosage des graisses fécales.

Cinq fois sur 7, c’est-à-dire dans 71 % des cas nous avons observée une diminution du pouvoir lipasique par rapport à la période préo-opératoire.

Une fois soit 17 % il n’y a pas eu de changement.

Une fois, nous avons noté une augmentation du pouvoir lipasique, soit 17 %.

Les diminutions du pouvoir lipasique que nous avons observées étaient généralement importantes : 23 %, 36 %, 45,5 %, 56 %.

Il semble donc que l’on puisse assurer que la cholécystectomie détermine une diminution de la lipase pancréatique.

Comme nous l’avons déjà indiqué, PRIBRAM est allé plus loin dans l’étude du phénomène. Il pense que les troubles de la digestion des graisses après cholécystectomie relèvent de la suppression d’une hormone vésiculaire, le cholécysmon, qui active la lipase pancréatique. L’infection parentérale de cette hormone augmenterait l’absorption des graisses, ainsi que, en même temps, l’adjonction de cet activateur à la lipase augmenterait la digestion des graisses in vitro.

Par contre l’étude de l’activité trypsique nous a fournie des résultats difficiles à interpréter : 4 fois, soit 57 %, l’activité trypsique était augmentée, 3 fois elle était diminuée soit 43 %.

L’atteinte du pancréas endocrine semble en réalité assez rare.

J.-M. MADINAVEITIA et J.-M. CaArpio estiment que 87 % des vésiculaires opérés présentent de la glycosurie, ou de l’acétonurie, ou tout au moins une courbe d’hyperglycémie provoquée plus haute et plus étendue que normalement. Ces phénomènes seraient surtout fréquents, au dire des auteurs, dans les 8 jours qui suivent l'intervention. Mais il est alors logique de les rapporter au shock opératoire, à l’anesthésie, à la diète post-opératoire, beaucoup plus qu’à la cholécystectomie elle-même.

C’est d’ailleurs l’opinion de A. RocHaA qui n’a pas trouvé chez d'anciens opérés ces mêmes manifestations du métabolisme des

glucides.

Ces résultats coïncident également avec notre propre expérience et nous verrons combien rares sont les rapports de la cholécystectomie et du diabète.

Il existe certes une expérience d’AGRIFOLIO dans laquelle la cholécystectomie a déterminé une glycosurie passagère. Mais de tels faits sont rares chez l’homme si tant est qu’ils existent.

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