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CRISES DOULOUREUSES PAR PANCREATITE

Il est extrêmement difficile d’apprécier la fréquence des pancréatites aiguës ou subaiguës chez les cholécystectomisés.

Les statistiques de Jupp, portant sur 1290 malades, leur assignent une fréquence de 16,8 %. Mayo RoBson estime que 80 % des opérés en sont atteints.

Entre ces chiffres contradictoires, on ne peut guère se faire d'opinion. La plupart des épisodes pancréatiques subaigus et même parfois aigus, restent méconnus chez des sujets aguerris aux crises douloureuses. On pose généralement le diagnostic de colique hépatique d’autant que le malade en a présenté auparavant. Certaines de ces coliques siègent à l’hypochondre gauche, irradient dans la région costo-lombaire du même côté, s’accompagnent de vomissements abondants. Mais nous n’avons aucun signe clinique certain en faveur de ce diagnostic. D’autres simulent entièrement la colique hépatique. Les épreuves fonctionnelles classiques sont sujettes à trop de causes d'erreur. L'épreuve de la sécrétine purifiée de CHIRAY, ne se prête pas

à un emploi d'urgence. La réaction de WoLGEMUTH serait plus praticable mais il est difficile de lui accorder une valeur considérable. Peut-être la recherche de lPhyperglycémie proposée par Boce et VARANGOT, permettra-t-elle d’obtenir des précisions étiologiques et de reconnaître les crises d’origine pancréatique.

En somme on n’a pu diagnostiquer les pancréatites qu’à l’intervention ou à l’autopsie. Il est cependant vraisemblable que leur nombre se montre élevé. En étudiant la physiopathologie de la cholécystectomie, nous avons montré la perturbation presque constante que l'intervention exerçait sur la sécrétion interne du pancréas. Si l’on ajoute la fréquence des pancréatites au cours de la lithiase sur laquelle ont insisté Mayo ROBSON, MOYNIHAN, QUENU et Duvar, M. LABBÉ, on arrive à conclure que de nombreux opérés doivent s’en trouver atteints.

Toutes les théories pathogéniques de la pancréatite trouvent une justification chez ces malades. Les partisans de la théorie infectieuse, la théorie de l’auto-digestion trouve ici les meilleures conditions de réalisation : le reflux de la bile dans le pancréas, peut être dû à un calcul oublié, enclavé dans l’ampoule de Vater, ou surtout à Spasme du sphincter d’Oddi qui, empêchant la bile sous pression de sourdre dans le duodénum la refoule dans le canal de WirsuNG (WALTER et THIESSEN). Nous ne parlerons pas des pancréatites succédant immédiatement aux interventions sur les voies biliaires.

Enfin la théorie anaphylactique, défendue en France par Roger COUVELAIRE, entrerait dans le même cadre que certaines hépatites et que certains troubles du système neuro-végétatif du système hépato-biliaire.

A) La pancréatite aiguë hémorragique est rare. Dans un travail récent, BERHARDT, n’en relève que 5 cas sur 5.000 cholécyslectomies, soit 1 pour 1.000. Il n’a pu trouver que 17 cas semblables dans la littérature, et il se demande si la cholécystectomie ne préserverait pas les malades de la pancréatite.

Nous ne rappellerons que les risques désormais classiques de l'affection, Mais c’est un devoir de les rechercher systématiquement en cas de grande crise douloureuse, de faire une glycémie d’urgence, au lieu de poser le diagnostic trop facile de

colique hépatique anormale, Certaines interventions sauveront les malades, ne serait-ce que par le mécanisme de l’anesthésie générale comme le soutiennent les partisans de la théorie anaphylactique.

B) Les pancréatites subaiguës sont vraisemblablement beaucoup plus fréquentes et plus méconnues.

Leur tableau clinique ne présente pas de caractéristiques certaines. On ne peut qu’évoquer ce diagnostic en présence de douleurs para-ombilicales gauches, irradiant en arrière, s’accompagnant parfois de vomissements. Dans certains cas exceptionnels, on peut espérer trouver une tumeur pancréatique.

Un examen radiologique peut confirmer une telle impression en montrant un élargissement du duodénum, enroulé sur une tête pancréatique tuméfiée.

L'épreuve à la secrétine purifiée donnera ici des renseignements sûrs et précis. On note toujours une déficience nette des fonctions lipasiques et trypsiques.

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