‹ Les Suites Medicales de la CholechystectomieChapitre 68 sur 137 · EVER RUE SRE RE · texte numérisé non relu

EVER RUE SRE RE

21 mai 193% : Pendant un an crises pas très violentes et assez espacées. Douleurs 4 à 5 heures après les repas. Epigastriques, irradiant à droite, avec tendances syncopales. La malade provoque le vomissement et est aussitôt soulagée. Bon appétit, quelques brûlures.

Souvent après une crise douloureuse, les selles sont décolorées. Les crises espacées de 2 à 3 semaines, sont très courtes. Elles existent après un seul repas ou quelquefois deux.

5 mai 193%: Crise très violente, Douleurs 5 heures après le repas, vomissements. Rémission pendant la nuit; nouvelle crise avec douleur très violente (d’abord épigastrique, puis généralisée) les vomissements ne calment pas.

Ictère avec fièvre : La malade est admise dans le service du D’ Ca- THALA, la Charité, salle Piorry. Durée 4/5 jours.

Galactose : Vol. Conc. Elim.

Il persiste une asthénie et une fièvre légère continue.

Depuis l’ictère les crises douloureuses ont disparues, mais la malade se sent plus fatigable et la fièvre est fréquente (38-38,5).

22 mai 1935 : Quelques troubles douloureux du flanc gauche après ses crises. Sensibilité du côlon descendant, avec retentissement et douleur à droite. La palpation de la région cæcale montre un cæcum gros, gargouillant, douloureux. Actuellement tendance à la diarrhée.

23 mai: Lavement baryté; colon régulier, non douloureux. Légère contracture du transverse et du colon gauche.

26 mai 193%: Transit (Bosquet) 4° heure, estomac vide, 9° heure, cæcum spasmé, stase iléale, douleur sur l’iléon terminal; sur tout le cæcum et le colon ascendant jusqu’à l’angle droit.

20 octobre 193% : Transit (Bosquet): il n’existe plus de stase iléale. A noter que cette amélioration radioscopique coïncide avec l’amélioration clinique obtenue par le traitement Bismuth au charbon.

La malade ne souffre plus de l’épigastre 3/4 d'heures après les repas. Il n’y a plus de douleurs dans la région hépatique (le foie est encore un peu gros). Plus du tout de somnolence après les repas. Les migraines se sont atténuées. Îl existe pourtant le même ballonnement après les repas.

La malade dit éprouver une amélioration que ne lui avaient procuré ni la cholécystectomie, ni l’appendicectomie.

19 juin 1935 : Depuis hier, la malade se plaint de somnolence, de palpitations apparues à la suite d’une vive contrariété (Poussée thermique : 38,4). Grosse influence du nervosisme. Cœur normal. Léger éréthisme.

Douleur légère sur le colon gauche irradiant en barre le long du transverse. Epigastre douloureux. Foie indolore, de volume normale. Ne suit aucun régime. Aucune médication.

30 septembre 1935 : Sous l'influence d’un traitement au Bromure de NA et à la Génésérine, les douleurs épigastriques et les pesanteurs postprondiales ont disparu. Le nervosisme persiste (la malade continue à prendre du café), ainsi que quelques palpitations.

Obésité (augmentation de 4 kgs en un mois). Glycémie : 0 gr. 65.

7 octobre 1935. Galactosurie provoquée :

Vol. Conc. Elim.

Il persiste donc une hépatite.

Certes il est possible que de telles hépatites puissent se rencontrer au cours de crises dites spasmodiques ou vasomotrices du foie. Peu d’auteurs qui ont décrit récemment ces phénomènes n’ont eu l’occasion de pratiquer une biopsie hépatique ou plus simplement une galactosurie. D’ailleurs la coexistence d’une hépatite et de troubles neuro-végétatifs, n’est pas pour étonner depuis les travaux récents de BRoOCARD : des hépatites sont déclenchées par lésion du splanchnique. Tantôt l’auteur dépose sur le splanchnique une dose infinitésimale d’alcooli ou de phosphore, tantôt il détermine une simple excitation physique pour obtenir une hépatite cytolytique. Tous les cobayes mis en expérience ne réagissaient pas également. Il conclut de tels faits que l’on peut admettre un mécanisme se rattachant à l'intolérance décrite par notre maître TzANCx. Il est certain que ce n’est pas la dose de produit déposé sur le splanchnique qui suffit à produire une hépatite tonique. Par ce point, certaines hépatites peuvent se rattacher au groupe morbide encore confus mais plein d’avenir que l’on appelle phénomènes d’intolérance, allergiques ou anaphylactiques. Dans les cas où la simple excitation mécanique du nerf suffisait à déterminer une hépatite, on ne peut pas ne pas penser aux phénomènes dits vasomoteurs ou spasmodiques.

Dans leur ouvrage sur les hépatites anaphylactiques, Jean VAGUE et A. Bosc, arrivent à des conclusions identiques concernant la clinique, si bien qu’il est possible de voir s’amenuiser avant peu le chapitre étiologique que nous venons d’exposer, au profit de troubles neuro-végétatifs dont is ne constitueraient qu'une des manifestations.

Certes il restera toujours des hépatites sûrement infectieuses, comme celles qu’on a décrites sous le nom quelque peu impropre d’angiocholite. Il semble bien en effet que d’un point même strictement histologiques l’infection des voies biliaires intrahépatiques, accompagnent toujours une atteinte de la cellule hépatique.

Et même les grandes poussées d’angiocholite suppurée ne semblent pas complètement indépendantes d’un facteur spasmodique. I. JACOBOvIG:I et I. PAVEL, en rapportent des cas graves

guéris par le tubage duodénal. Et cependant leur description ne laisse aucun doute sur l'infection biliaire importante « les coliques, la fièvre avec frissons, le subictère et même l’ictère cutané surviennent ensemble par crises à des intervalles variables. Ce qui caractérise cette forme c’est que les crises malgré leur aspect alarmant, se reproduisent sans grande atteinte de l’état général pendant des mois et des années, pour disparaître complètement ou pour un temps très long, dès qu’un traitement approprié est institué. »

Le tubage duodénal amène en effet une amélioration rapide. Il permet en outre de vérifier la septicité de la bile recueillie, les microbes et les leucocytes s’y rencontrent en grand nombre. Les mêmes auteurs notent que le drainage médical se montre peu efficace en présence des formes mineures de l’angiocholite avec fièvre très légère : ces cas doivent vraisemblablement relever des hépatites simples.

Page 1