‹ Les sulfamides dans le traitement des dysenteries bacillairesChapitre 16 sur 20 · RESULTATS OBTENUS DANS UN CAMP · texte numérisé non relu

RESULTATS OBTENUS DANS UN CAMP

Cette constatation de l'efficacité moindre du sulfamide employé tardivement à conduit MM. H. Gou- NELLE et À. BoHN à préconiser son emploi à un stade très précoce de la maladie au foyer même de lépidémie. ;

Bien que cette tentative fût faite à une période où l'épidémie s’atténuait et qu’ainsi les cas justiciables du 1162 F. se soient montrés plus rares, les résultats obtenus démontrent encore la rapidité d’action et l’efficacité du médicament comparés aux autres traite-

ments,

Parmi les quelque deux cents malades admis à l’infirmerie du camp pour diarrhée pendant la première quinzaine d’août, 149 étaient très probablement des dysenteries bacillaires; il s’agissait en effet dans chaque cas d’une diarrhée séro ou glairo-sanglante fré-

quente avec syndrome dysentérique souvent très pro-

no

faite que pour ceux qui furent hospitalisés.

Quatre-vingt-sept sujets furent traités par le 1162 F.; soixante-quatre furent soumis au traitement habituel (sulfate de soude, bismuth, charbon, ferments

lactiques, etc.).

Le premier point mis en évidence fut la rapidité d'action du médicament comparativement aux autres thérapeutiques employées. En retenant comme jour de guérison le premier jour où le malade présentait au plus deux selles et n’émeitait plus ni glaires ni sang, MM. R. Lacomgs et G. MARCH obtinrent les résultats suivants :

1162. F Traitement habituel

Nbre de cas Nbre de cas

quéris quéris

Le 2° jour de traitement. 42 10 Le 3° jour de traitement. 16 8 Le 4 jour de traitement. 14 9 Le 5° jour de traitement. 2 8 Le 10° jour de iraitement. 2

Le 11° jour de traitement.

LEA \ A ncé. Toutefois, la preuve bactériologique ne fut

Ainsi, dès le deuxième jour, la moitié (48,2 %) des

cas traités au 1162 F. furent guéris alors qu’avec les autres moyens la guérison n'’atteignait à ce moment que 16 %; le troisième jour, les deux tiers des cas traités au 1162 F. sont guéris alors que le pourcentage des guérisons par les traitements habituels n’atteint que le tiers (29 %).

Le quatrième jour, on peut considérer que la presque totalité des guérisons dues au 1162 F. est obtenue alors qu’à cette date les autres moyens n’ont pas eucore donné 50 % de guérisons.

Le sixième jour, le 1162 F. a donné la totalité de ses guérisons, les autres traitements seuls les deux tiers des cas.

Sur les 87 malades traités par 1162 F., 79 étaient guéris le sixième jour; 4 autres malades ont présenté, après une guérison apparente obtenue rapidement, une reprise diarrhéique :

Un de ces cas a repris sous la forme d’une diarrhée simple et guérit rapidement sous l'influence des traitements banaux.

Les trois autres ont présenté des glaires au cours

de leur rechute et ont donc pu faire penser à la re-

. r + prise du processus dysentérique. Les rechutes gué-

rirent d’ailleurs toutes la première après un jour de traitement au 1162 F., les deux autres en trois jours

par les traitements ordinaires.

# Ces rechutes peuvent d’ailleurs s’expliquer par = l'arrêt trop rapide de la médication, comme on est d'ordinaire tenté de la faire devant une guérison presque immédiate et aussi par la quasi impossibilité de é donner une réalimentation progressive.

Les quatre derniers présentèrent, après un intervalle de une ou plusieurs semaines, à nouveau une

poussée diarrhéique avec glaires.

On peut se demander s’il ne s’agissait pas d’une réinfection, l’immunité étant de courte durée ou bien s'il ne s’agissait pas d’une colite en rapport avec le e- régime alimentaire défectueux, colite survenant chez

un malade dont l'intestin a été sensibilisé par l’at-

teinte dysentérique.

Sur les 64 malades soumis aux traitements banaux, nous avons vu qu'il fallait attendre le onzième jour 5 pour obtenir 53 guérisons; 4 présentèrent des récidives, 3 autres se montrèrent rebelles; tous guérirent après traitement sulfamidé employé secondairement; un seul cas se montra réellement rebelle et a nécessité

l’hospitalisation.

Supériorité dans la rapidité d'action, supériorité également en fonction de la gravité de la dysenterie, comme le montrent les résultats suivants :

Sur 22 formes assez graves ayant plus de 15 selles

par jour, 15 étaient guéries par le 1162 F. le qua-

SE

trième jour, soit 68 %. 6 ont guéri après ce délai sans

dépasser le sixième jour, une seule fut rebelle.

Au contraire, sur les 17 formes de gravités semblables qui furent traitées par les méthodes habituelles, 6 seulement étaient guéries le quatrième jour (35 %),

8 demandèrent huit jours et pius, 2 furent rebelles.

Deux avantages immédiats ont découlé de la mise en œuvre de la sulfaminothérapie :

Un séjour plus restreint à l’infirmerie.

Un nombre d’hospitalisations beaucoup plus faible, puisque de 20 à 30 malades hospitalisés quotidienne-

ment pour dysenterie bacillaire avant son emploi, il

n’y eut que 4 dysentériques traités par le 1162 F hos-

pitalisés pendant la première quinzaine d’août, période où cet essai fut pratiqué. Sur ces 4 malades, 3 étaient d’ailleurs guéris dès le premier ou le deuxième jour de leur arrivée à l’hôpital.

Ainsi, malgré les difficultés liées aux circonstances mêmes dans lesquelles cet essai s’est fait et en particulier l’impossibilité d'observer les règles de diététique si importantes au cours de la convalescence des dysentériques, la thérapeutique sulfamidée parfaitement tolérée s’est montrée, là aussi, d’une réelle efficacité.

Ces résultats obtenus tant au camp qu’à l’hôpital sont la meilleure réponse que l’on peut faire à l’objec-

tion que soulève l'efficacité d’un traitement nouveau

Page 1