IV. Lord Ruthwen, ou les Vampires
Paris, Ladvocat, 1820. — Deuxième édition, augm. de notes. Paris, le même, 1820, 2 vol. in-12.
Nous ne savons d'après quelle autorité nous avons été conduit à attribuer, dans notre « France littéraire *, ce roman, qui a paru sous le voile de l'anonyme, à Charles Nodier. Il est reconnu aujourd'hui qu'il est dû à la plume de H. Cyprien Bérard, d'Arles, ancien directeur des théâtres du Vaudeville et des Nouveautés.
V. Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France, par MM. Ch. Nodier, le baron J. TayJor et Alph. de Cailloux. Paris, Gide fils, Engelmann, 1820 et
(1)4- n est facile de deviner que ce « véritable savant » est l'helléniste Boissonade.
ann. suiv., 12 vol. gr. in-fol., avec un trèsgrand nombre de planches lithogr., tirées sur papier de Chine.
Magnifique ouvrage, mais auquel les trois écrivains que rappellent les frontispices ont eu peu de part : chacun a eu son faiseur. Quel était celui de Ch. Nodier? nous l'ignorons. Quant à celui de M. le baron Taylor (voy. ce nom), c'est M. Amédée de Césena, son secrétaire et son biographe, qui a fait, an compte du baron, la partie historique des provinces du Languedoc, du Dauphiué, de l'Auvergne, de la Picardie, de la Bourgogne, et revu celle de la Bretagne. Qu'on juge ce qu'a pu écrire Ch. Nodier pour cet ouvrage 1
VI. Dictionnaire universel de la langue française, rédigé d'après* le Dictionnaire de l'Académie et ceux de La veaux, Gattel, Boiste, Mayeux, Wailly, Cormon, etc.; par MM. Ch. Nodier et V. Verger. Paris, Belin-Mandar, 1822, 1827, 1829, 1832, 2 vol. in-8.
Dans l'article des t Mélanges de littétature et de critique » consacré au c Manuel du libraire », M. Nodier se moque, avec beaucoup d'esprit, c d'nne société célèbre qui s'est constituée tout exprès pour faire un bon dictionnaire de la langue française, et qui s'en occupe avec plus de patience que de bonheur depuis cent cinquante ans au moins. Cela n'empêche pas, ajoute le critique, qu'elle ne puisse y parvenir un jour. Quand on a l'immortalité pour devise et l'éternité devant soi, on peut bien prendre * son temps » . 11 faut le dire pour la justification de l'Académie, elle ignorait, sans doute, le procédé que M. Nodier n'a pas dédaigné pour la confection de son Dictionnaire.
Le Dictionnaire universel de la langue française, publié sons les noms de MM. Ch. Nodier et V. Verger, est en entier de ce dernier. Les titres primitifs de ce Dictionnaire, stéréotypé, portaient aussi son seul nom.
Ch. Nodier n'a fait qu'y joindre une seconde préface, qui n'a même été ajoutée que plusieurs mois après la publication de l'ouvrage.
Une circonstance asseï singulière, c'est que Ch. Nodier est arrivé à l'Académie encore a temps pour revoir les deux ou trois dernières feuilles qui restaient à imprimer de son Dictionnaire, objet de ses plaisanteries : il ne faut pourtant point en conclure qu'il ne se fût point terminé sans sa révision.
VIL Mémoires sur l'ancienne chevalerie, par La Curne de Sainte-Palaye. Nouvelle édition, avec une Introduction et des notes par M. Ch. Nodier. Paris, Girard, 1826, 2 vol. in-8, avec 2 planches color.
Nous avons imprimé dans notre « France littéraire », - du vivant de Ch. Nodier, et il n'a pas réclamé, que le / travail tout entier de cette édition avait été fait par Alexandre Barginet, de Grenoble.
VIII. Faust, drame en trois actes, imité de Goethe, par M. Antony Béraud et***.
Représenté sur le théâtre de la Porte Saint- Martin, le 29 octobre 1828. Paris, Barba, 1828. in-8.
D'après une autre autorité, peu véridique, nous avons encore été conduit à voir dans le collaborateur anonyme d' Antony Béraud, Cb. Nodier; aussi avons-
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nous, dans 'notre < France littéraire », compris c« drame parmi les ouvrages de ce dernier écrivain. C'est une erreur qui a été reproduite par M. Leroux de Lincy dans sa Notice bibliographique sur Ch. Nodier (1). Des renseignements plus récents, puisés à de meilleures sources, nous ont appris que le collaborateur anonyme de A. Béraud n'est pas Gh. Nodier, mais un autre homme d'esprit, II. J.-T. Merlb.
IX. Vocabulaire de la langue française, extrait delà dernière édition du « Dictionnaire de l'Académie », publié en 1835, par M. Ch. Nodier, membre de l'Académie Française, et M. Paul Ackermann. Tous les mots donnés par l'Académie ont été conservés : on y a ajouté les étymologies, la prononciation et un vocabulafre géographique. Paris, F. Didot, Hachette, 1836, in-8.
Les xn pages d'introduction sont le seul travail que Ch. Nodier ait fourni pour ce Vocabulaire.
X. Paris historique : Promenades dans les rues de Paris. Paris, P. Bertrand, Pastel, 1837-40, 3 vol. in-8, avec 200 vig. et gravures.
Cet ouvrage, publié sons le nom de Ch. Nodier, a été rédigé par M. Christian Pitois. Voy. ce qne nous en avons dit. T. I, col. 7fc4 b.
XI. La Saône et ses bords. Album dessiné par MM. Foussereau et Marville, gravé par M. Porret, publié par M. Alex.
Mure, de Pelanne. Paris, rue de Valois Batave, n<> 5, 1835, in-8 de 00 pages et 14 gravures.
Ce petit ouvrage a été publié primitivement sans nom d'auteur pour le texte, mais il paraît qu'on a fait après coup un nouveau frontispice qui porte le nom de Ch. Nodier, comme auteur de ce texte ; c'est au moins ce que nous apprennent MM. Ch. Louandre et F. Bourquelol dans leur « Littérature française contemporaine » , t. II, page 356, article de H. Borel d'Haulerive, oh nous lisons : t M. Borel est l'auteur de « la Saône et ses bords », qui a paru, en 4835, sous le nom de Charles Nodier, quoique cet écrivain en ait seulement reyu l'introduction *.
XII. La Seine et ses bords, par Ch. Nodier ; vignettes par MM. Marville et Foussereau, publie par M. A. Mure, de Pelanne. Parts, rue Sainl-Honoré, n. 245, 1836-37, in-8 de 192 pag., avec 48 vues.
Ouvrage publié en quatorze livraisons ; il n'est pas plus de Nodier que le précédent.
N'en déplaise aux fanatiques admirateurs de Ch. Nodier, voilà déjà douze fleurs que nous arrachons de sa couronne littéraire; mais elle reste encore bien fournie, si le temps n'en détache pas d'autres. 11 serait pourtant possible d'ajouter à notre
(4) -j- livrée dans le e Bulletin du Bibliophile », 1844, p. 809 et suiv. Cotte énumération n'est pas complète.
a f liste des ouvrages qui portent le nom de cet écrivain et qui ne sont pas de lui, et d'autres pour lesquels il n'a guère fait que prêter son nom, comme par exemple, la « Bibliothèque dramatique » publiée chez Mme Dabo, qui porte aussi le nom de Ch. Nodier en première ligne ; des personnes bien instruites assurent que toute la part de coopération de Ch. Nodier dans cette belle et malheureuse entreprise s'est réduite à une Notice sur M. Raynouard et à l'Examen de l'Omasis de M. Baour-Lormian. Ch. Nodier n'était là qu'éditeur honoraire; il n'en touchait pas moins le plus fort traitement.
Ch. de Nodier a été l'objet de tant de notices biographiques qu'il deviendrait superflu d'en donner une nouvelle, quand môme le plan de notre livre comporterait de la biographie. Mais toutes ces notices, véritables éloges académiques, sont écrites par des mains amies, et le littérateur qui en est le sujet y est tellement exalté, que l'on se prend, malgré soi, à douter de leur véracité.
Outre les Notices sur Ch. de Nodier, M. Techener a recueilli dans son a Bulletin du Bibliophile » toutes les précieuses bribes, d'autres diraient reliques, qui ont été découvertes depuis la mort de l'illustre défunt. De son côté, le baron de Reiffenberg a publié dans son a Bulletin du bibliophile belge » une série d'anecdotes qui ont rapport à ce littérateur, et qui ont paru successivement sous le titre collectif de Nodierana. Dès l'instant «nie les bibliographes ont cru devoir faire quelque chose pour la mémoire de Ch. Nodier, pourquoi ne raconterions- nous pas aussi a nos lecteurs quelques anecdotes que ses biographes ont tues ou qu'ils n'ont pas connues ?
Nous parlerons d'abord d'une appréciation de Nodier, moins louangeuse que celles qu'ont faites ses amis, mais plus juste.
Le baron F. de Reiflenberg, ainsi que nous l'avons dit, a recueilli un Nodierana. C'est dans ce nouvel Anat imprimé au t. II, p. 110, de l'estimable « Bulletin du bibliophile belge » (1815), que nousemr : pruntons cette appréciation.
« Un littérateur, dont une imagination vive, impatiente, reproduit les impressions les plus intimes, nous écrit, dit le bar. de Reiffenberg, une lettre dans laquelle on remarque ces aperçus sur Nodier; si l'aimable auteur nest pas traité avec indulgence, il ne l'est pas non plus sans justesse ni justice. On va voir :
a Vous parlez de Nodier. Il me semble qu'il a tout aimé à contre-sens, de travers
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et à rebours, comme Béranger, moins heureux que lui peut-être, en renommée, quoique plus grand, à mon avis, en mérite (1). Pour lui c'était un jeu que d'écrire ; il se moquait de ses lecteurs comme Janin, et de lui-même comme Bayle. Il y a en lui du Montaigne et du Cousin. Un peu normand, un peu gascon, et franc-comtois seulement par je ne sais quelle libre allure qui tenait du voisinage de la Suisse. 11 sacrifia trop au singulier, au Dieu inconnu. Ses pages sont comme ces toiles de l'Inde, mousselines légères, finement tissées, et dont vingt aunes passeraient dans une bague de noces.. r..
« On disait de Nodier : c'est un grand essayeur. En effet, il usa de tout, passa partout, se fit remarquer et lire partout , sans laisser nulle part de traces profondes.
« Esprit de choix, juste, à reflets incertains; couleur vive, à nuances pâles; incisif et doux, jamais naïf, mais tendre; se liant vite, fuyant de même et tournant le dos de bonne foi, sans rancune, à des gens qu'il avait cru adorer, mais qui lui étaient tout à coup devenus insupportables, antipathiques, odieux.
« Adieu, Monsieur ; j'ai connu, aimé et perdu en peu d'années trois administrateurs de la Bibliothèque de l'Arsenal :
Grosier, Treneuil, Nodier. Tout tombe autour de moi. C'est bientôt mon tour.
Nous périssons et mourons peu à peu dans nos amis, nos goûts, nos arbres. Les regrets et les ruines ne font que m'attrister; je mourrai brûlant et fumant »
Qui a tracé ces lignes spirituelles et mélancoliques? C'est un secret qu'il ne nous appartient pas de révéler pour le moment (£). La même lettre en donne la raison. Avez-vous reçu mon paquet?
nous dit l'ingénieux anonyme ; je tire tous mes ouvrages à 30, 40. 50 exemplaires au plus, et je n'en donne point autour de moi. Si on me lisait ici (3), on me lapiderait. Je suis de ceux aui doivent écrire en Suisse, en Hollande, a Londres, et se mettre un masque de fer, car je ne dis que des vérités et on ne les aime guères. »
(1) Bien fausse appréciation de la part du critique. Béranger est supérieur a Nodier de tout son talent et de la dignité de son caractère.
(8) Le voile était assez transparent pour qu'on ait pu deviner dans le temps M. F. Grille, ancien chef de division des belles-lettres et des beaux-arts, au ministère de l'intérieur, depuis bibliothécaire de la ville d'Angers.
(3) A Angers.