‹ Les supercheries littéraires dévoilées (volume 2)Chapitre 103 sur 1082 · FRÉDÉRIC II · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC II

tioos présentent de la même manière un passage qui pourrait prouver la supposition de l'ouvrage, mais curieux pour l'histoire de la philosophie pendant le xvm« siècle. Le nom d'un auteur connu, M. de Loen, s'y trouTe également défiguré par le mot Laon.

Voici ce passage : t Mon père avait un projet excellent, mais qui ne lui réussit pas. 11 avait engagé le président Laon à lui faire un petit traité de religion, pour tacher de réunir les trois sectes et n'en faire qu'une... » Les réflexions qui suivent, et que la prudence m'empêche de transcrire ici, offrent une fidèle analyse du traité de M. de Loen, qui a pour titre : La véritable Religion, unique dans son espèce. (Voyez aux Anonymes.)

Le premier volume de l'ouvrage est dédié à Frédéric II. Comment ce prince ne se serait-il pas rappelé cette circonstance? n'est-ce pas lui, plutôt que son père, qui a engagé M. de Loen à écrire? Ce M. de Loen, président de fa régence de Tecklenbourg et Lingen (Westpbalie), avait publié son traité en allemand, l'année précédente.

M. de Loen mourut en 1776. Il a publié quelques ouvrages en français, entre autres un * Système de la religion universelle pour la réunion des chrétiens », 1753, in-8, 32 p.

L'abbé Denina attribuait les « Matinées du roi de Prusse » à M. le baron Patono, ancien officier piémonbis. qui, après avoir vécu longtemps à Berlin, passa au service de la Russie.

L'édition de Paris, an IX (1801), a 99 pages. On trouve dans la septième matinée (sur la finance) nn mémoire fait par le conseil du père de Frédéric II, au décès de son grand-père ; Frédéric y a joint des réflexions sur l'état de ses finances.

Bachaumont assure dans ses « Mémoires secrets » , sons la date du 7 février 1765, que les « Matinées » •ont une extension d'un petit imprimé qui parut plus de dix ans auparavant, intitulé : ■ Idée de la personne et de la manière de vivre dn roi de Prusse . »

RI. Dernières Pensées du roi de Prusse, écrites de sa main (Composées par Samuel Constant de Rebecque). Berlin [Genève), 1787, pet. in-12, 41 pages.

Voyez la Correspondance de Griram.

Cet opuscule a été réimprimé à Paris, en 1806, io-8, 30pag., par les soins de M. Chara pelle, chirurgien. A. A. B— r.

IV. Bréviaire philosophique, ou Histoire du Judaïsme, du Christianisme et du Déisme, en trente- trois vers, par feu le roi de Prusse, et en trente-trois notes, par un célèbre géomètre (Ouvrage compose et publié par Cérutti). Paris, 1791, in-8.

V. Les Conseils du trône, donnés par Frédéric II, dit Je Grand, aux rois et aux peuples de l'Europe , pour servir de commentaires à tous les congrès présents et faturs, avec plusieurs lettres inédites de ce prince, son testament, quelques particularités de sa vie militaire, littéraire et privée, etc. Publiés par P.-R. Auguis. Paris, Béchet aine, 1823, in-8, lij et 531 p.

Si ce volume renferme des écrits de Frédéric II, ils ne forment pas la plus forte part, malgré la précaution

(j | que le malin Mileur a prise en plaçant à la tète une Préface envoyée de Berlin (1), formant 50pag. en caractères très-serrés, dans laquelle il blâme un grand nombre d'éditeurs d'ouvrages attribués faussement et publiés sous des noms de personnes qui n'en étaient pas les auteurs. Rien ici de semblable, comme on le pense bien, n'est à craindre. L'authenticité des pièces que nous publions aujourd'hui, dit l'éditeur, ne saurait être révoquée en doute.

« Cet ouvrage, qui a pour objet de compléter la col- « lection de tous les écrits sortis de la plume de Fré- « déric II, et qui peignent son esprit, son caractère et r son gouvernement, est divisé eu cinq parties, dont r les Œuvres forment les quatre premières parties. « Ces cinq parties sont intitulées comme il suit : Pre- « mière partie : « Matinées du roi de Prusse », p. 1 « à 43. Elles se composent principalement de l'exposé t fait par ce monarque pour l'instruction de Frédéricf Guillaume, son neveu, et l'héritier de sa couronne, c des circonstances principales de son gouvernement « depuis 1740 jusques et y compris 1769 ». Nous avons démontré que cet ouvrage n'était pas de Frédéric II. — « Seconde partie : Quelques particulac rites sur la vie militaire, privée et littéraire de « Frédéric II, pour servir de commentaire à l'ouvrage c précédent, p. 44 à 389. C'est le récit de* faits « qui ne sont qu'indiqués dans la première partie, « ou d'autres faits qui expliquent les principes de la t politique de Frédéric. * — Ceci n'est point encore un ouvrage du roi de Prusse, et il a dû même n'être composé qu'après sa mort. Auguis n'avait point l'habitude de citer les sources où il faisait ses nombreux emprunts; mais nous pouvons presque garantir que ce dernier ouvrage est la réimpression de celui qui parut d'abord en 1789, sous le litre de Portrait de Frédéric le Grand, tiré des anecdotes les plus intéressantes et les plus certaines de sa vie militaire, philosophique et privée; par S. -F. Bourdais, instituteur de la princesse Wilhelmine de Prusse, sœur de Frédéric II, 1789, in-12, et réimprimé à Paris, Fantin, 1807, in-12, iv et 304 p. — Troisième partie : t Opuscules littéraires de Frédéric >, p. 393-443. — Quatrième partie : c Lettres diverses »,p. 444-509. — Cinquième partie: « Relation du siège d'Asoph par les Russes et du « voyage de Pierre 1er en Hollande, trouvée dans son « cabinet à Potsdam. »

Le nom du grand Frédéric ne sauva pas ce volume de l'indifférence du public, et quelques années plus tard, on dut le reproduire au moyen d'un nouveau frontispice, qui porte :

t Mémoires historiques de Frédéric II, dit le Grand », comprenant les Matinées dn roi de Prusse; quelques particularités sur sa vie militaire, privée et littéraire ; ses opuscules littéraires, son testament, la Relation du siège d'Asoph par les Russes et du Voyage de Pierre I r en Hollande, trouvée dans son cabinet à Potsdam, etc.

-j- (1) C'est dans cotte Préface ou Introduction que Quérard a puisé pour ses « Supercheries » les annotations signées P. R. A— s, supercherie dont il a oublié de donner la signification, et c'est toujours d'une manière énigmatique qu'il parle de la « fameuse préface de Berlin. * Voir les articles : Alberoni, Catherine II, Cayku, Chanoine pénitencier, Chiverny, Choiseul-Gouffter , Choiseul-Stainville , Grimm, Hamilton, La Borde, Paulmy, Maréchal de Saxe. Il lui est même arrivé d'oublier de signer P. R. A— s, , dans l'article Catherine II, le n° 1 , c Lettres de l'impératrice », et le d° 2, « l'Antidote ».

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