‹ Les supercheries littéraires dévoilées (volume 2)Chapitre 106 sur 1082 · FRÈRE ERMITE DU MONT LIBAN · texte numérisé non relu

FRÈRE ERMITE DU MONT LIBAN

(le) [l'abbé D. Raymond].

Entretiens du — avec un jeune abbé, sur la philosophie moderne , le prêt à usure et les plaisirs impurs du libertinage. Avignon, 1836, in-8, 18 feuil. 1/2.

-f- FRÈRE JEAN [Vaugours].

Du Neuf et du Vieux, étrennes aux délicats. Rouen, 1866, in-12.

-f- FRÈRE JÉRÔME [Mercier de CompiègneJ.

Opuscules philosophiques et poétiques du — . Paris, Mercier, 1798, in-18.

-4- FRÈRE LAÏQUE EN FAIT DE SCIENCE (un) [F.-F.-G. Rode].

Examen impartial du livre intitulé :

« Des Erreurs et de la Vérité. 1791, in-8.

FRÈRE MASSON (sic) (Un), membre de l'Académie royale des sciences et des belleslettres de Berlin, ps. [Jos. Du Frbsne de FranchevilleJ.

La Consolation philosophique de Boèce ; nouvelle traduction, avec la Vie de l'auteur, des Remarques historiques et criti- 2 ues et une dédicace massoniaue (sic), a Haye, Pierre de Hondt, et Berlin, 1744, 2 vol. petit in-8.

FRÈRE MINEUR RÉCOLLET (Un), aut.

dég. [Valcntin Marée].

Traicté des Conformités du disciple avec son maître, c'est-à-dire de saint François avec Jésus-Christ, etc. Le tout recueilli par — . Liège, 1658-60, 4 parties en 3 vol. in-4.

Ouvrage dont il est très-rare de rencontrer les quatre par Lies réunies (Manuel du tib.). -J- C'est une traduction du célèbre Liber conformitatwn , de BaU. Albiizi .

-h FRÈRE MINEUR DU COUVENT DABBEVILLE (Un) [Henri Caupin].

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Le Désert de dévotion, oui est un traicté plaisant utile et proffitabie à toutes manières de gens devotz ou curieulx [Paris, vers 1530), pet. in-8.

Un acrostiche qui termine ce volume en prose*mèlée de vers indique le nom de l'auteur.

FRÉRET (Nicolas), historien et philosophe, secrétaire perpétuel de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, mort en 1749. Ouvrages apocryphes :

I. Examen critique des Apologistes de la religion chrétienne (Compose parLeyesque de Burigny, revu et publié par Naigeon). S. /. fmpr., 1766, gr. in-8; 1767, in-8.— Nouv. éd. 1775, in-8.

Inséré dans les Œuvres (philosophiques) de Fréret. Parit, 4793. 4 vol. in-8, et dans les Œuvres complètes du même. Paris, an Vil (1799), 20 vol. petit in-12. •

Cet ouvrage est nnde ceux qniont été faussement attribués à l'illustre Ptéret depuis sa mort. Des personnes très-versées dans l'histoire littéraire et philosophique da dernier siècle le regardent comme la production de M. de Burigny. Et en effet, l'érudition qu'on y trouve ressemble beaucoup à celle qui a rendu célèbre cet estimable académicien.

Comparons en effet différents passages de la « Théologie payenne », outrage qui porte le nom de Burigny, avec quelques morceaux de « l'Examen critique. »

Je trouve ces réflexions al On lit ces phrases dans la p. 164 de cette dernière la préface de la « Théologie production, 1767, p. in-8:

c Rien n'est plus aisé lie de trouver dans les ouvrages des payons, et surtout dans ceux des philosophes, des dogmes aussi purs que ceux que le Christianisme enseigne. Il y a des livres entiers sur ce sujet; on peut voir, entre antres, les « Qnaestiones auetans » de M. Huet, • l'Histoire de la philosophie payenne », et le douzième chapitre du quatrième livre de Grotius sur la « Vérité de la Religion chrétienne », et on trouvera que Lactanee a eu raison d'avancer que, si quelqu'un vouloit recueillir toutes les ventés que les philosophes ont enseignées, on eu feroit un corps de doctrine qui seroit conforme aux principes de la religion chrétienne ».

payenne », 1754, 2 vol.

in-12 :

« Lactanee, celui de tous les auteurs ecclésiastiques qui avait le plus étudié la philosophie humaine , et qui a écrit avec tant d'agrément qu'on lui donne le surnom de Cicéron chrétien, a réfuté les erreurs des philosophes dans le premier et dans le troisième livres de ses « Institutions divines ». Il se sert aussi de leurs témoignages pour appuyer la vraie doctrine ; et il convient que presque toutes les vérités essentielles se trouvent ches eux, et que, si l'on en faisoit un recueil, il se trouverait conforme à la créance des chrétiens... Grotius, qui était instruit plus qu'aucun savant de ce que pensoit l'antiquité profane, et qui a rempli ses ouvrages de la plus

élégante érudition, a traité, dans quelques endroits de ses ouvrages, des points qui ont rapport à la théologie payenne. Il mit voir, dans son premier livre sur la • Vérité de la Religion chrétienne », que les anciens ont «n des idées conformes à celles des Juifs sur Dieu et sir plusieurs choses que l'on trouve dans les livres sa- °és; il finit son quatrième livre (n* 12) par prouver W les principaux points de la morale chrétienne ont

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été approuvés par ce qu'il y a eu de plus sage dans le Paganisme... Les réflexions y sont en trop grande abondance (dans les ouvrages du P. Thomassin); et ce qu'il y a de plus fatiguant, c'est qu'elles sont trop communes. On ne peut pas faire le même reproche an livre de M. Huet, auquel il a donné le titre de c Qucstiones alnetans ».

Au milieu du passage de t l'Examen critique » se trouve citée la • Philosophie payenne» , ouvrage anonyme de Burigny, dont la c Théologie payenne » est une seconde édition revue et corrigée.

Qu'on lise encore le chapitre TX de « l'Examen critique », intitulé : « Les hommes sont-ils plus éclairé»' qu'ils ne l'étaient avant l'Evangile? » C'est le résumé des chapitres XX à XXIX de la « Théologie payenne » sur le culte de Dieu, l'amour du prochain et celui des ennemis, sur le mensonge, le jurement, l'avarice, le vol, la tempérance.

Examen critique, p. 161.

« Marc-Antonin rendoit grâces aux dieux de ce qu'il avait conservé la chasteté dans sa jeunesse...

Aristote (de Bepubl., lib. 8, c 17, p. 448) veut qu'on punisse les jeunes gens qui s'accoutument à tenir des discours propres à blesser la pudeur, et qu'on traite avec ignominie les gens Agés lorsqu'ils ne seront pas plus retenus. Sa raison est que l'habitude de dire le mal conduit à celle de le faire. »

Théologie payenne, t. Il, p. 266 et 274.

« Marc-Antonin rendoit grâces aux dieux de ce qu'il avoit conservé la chasteté dans sa jeunesse... Aristote veut (de Republ., lib. 8, c. 17, p. 448) que l'on punisse les jeunes gens qui, dans la conversation, offensent la pudeur , et qu'on traite avec ignominie les gens Agés lorsqu'ils s'en écartent en parlant. Sa raison est que l' habitude de mal parler conduit à mal agir. »

Cette ressemblance de style est-elle asses frappante?

11 est à remarquer que la citation d' Aristote est fausse dans les deux ouvrages. C'est dans le livre VH que se trouve le passage.

Je pourrais multiplier ces rapprochements ; mais ils finiraient par ennuyer mes lecteurs.

Lorsque l'abbé Bergier publia une réfutation de c l'Examen critique », Burigny composa une réponse qo'U remit en manuscrit au baron d'Holbach. Naigeon l'a fait imprimer en 1770, dans le « Recueil philosophique ». Voyes ma note sur ce recueil.

On a dit que l'auteur de « l'Examen critique » était un prêtre; le savant secrétaire de l'Académie des belles-lettres va répondre pour moi à cette objection : * Lorsque M. de Burigny eut achevé le « Traité de l'autorité du Pape », dit M. Dacier dans l'Eloge de Burigny, il partit pour la Hollande, où il avoit promis a son ami Saint-Hyacinthe, qui venoit de s'y retirer, d'aller faire imprimer son livre et de passer quelque temps avec lui. Voyager, c'étoit pour Burigny, comme pour les anciens philosophes, chercher de nouveaux moyens de s'instruire. 11 visita partout avec empressement les bibliothèques et les savants ; il vil surtout avec assiduité deux hommes de lettres qui jouissoient alors d'une grande célébrité, Jean Le Clerc et Basnage, dont les conseils lui furent très-utiles pour l'ouvrage qu'il faisoit imprimer, et il entretint avec eux un commerce suivi plusieurs années encore après qu'il eut quitté la Hollande.

« Comme il était fort versé dans la eonnoissance des matières ecclésiastiques, des pères, des conciles et

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des ouvrages théologiques, et qu'il en faisoit volontiers le sujet de ses conversations dans les sociétés qu'il fréquentait pendant son séjour à La Haye, on imagina qu'il étoit un ecclésiastique déguisé, et on en conclut qu'il devoit être un émissaire du prétendant ; on alla même bientôt jusqu'à l'assurer positivement, et ce bruit fâcheux s'accrédita au point que ce ne fut pas sans quelque peine qne M. le comte de Morville, alors ambassadeur de France auprès des Etats-Généraux, réussit à le détruire dans l'esprit de milord Gadogan, ambassadeur d'Angleterre, et à lui persuader que Burigny étoit un simple laïc, uniquement occupé de littérature, et bien plus jaloux de concilier les textes opposés de deux écrivains de l'antiquité que les prétentions et les intérêts des maisons de Stuart et de Hanovre » .

« L'Examen critique », quoique imprimé seulement en 4766, en un volume in-8, a été composé de 1724 à 4732 ou 4733. La première époque est celle ou Burigny publia sa « Philosophie payenne ». n dit luimême, dans la préface de sa seconde édition, que cet ouvrage est le résultat d'une partie des remarques qu'il fit dans sa jeunesse, lorsqu'il s'occupait à lire les tuteurs grecs, les latins, les principaux voyageurs, enfin les ouvrages qui avaient quelque célébrité. H nous a laissé le catalogue de ceux de ces ouvrages qui ont en plusieurs éditions. Les mêmes ouvrages sont dtés dans t l'Examen critique », et on peut regarder cette dernière production comme le résultat du reste des remarques qne fit dans sa jeunesse le savant Burigny. En effet, l'écrivain qui a si bien développé la théologie payenne, t dû examiner en même temps et avec le même soin la théologie chrétienne, et il est beaucoup plus facile de se persuader que les deux ouvrages sont d'un même auteur qu'il ne Test de croire que quarante ans après la publication de la < Philosophie payenne » , il s'est trouvé un homme qui a eu la même manière de voir et lu les mêmes ouvrages qne Burigny.

Une des plus fausses assertions de La Harpe dans sa « Philosophie du xvnr» siècle », a été de soutenir que l'auteur de c l'Examen critique des apologistes » était encore vivant an moment oh il écrivait, et l'on sait qu'il a vouln désigner l'abbé Morellet. Beaucoup de personnes, très-estimables d'ailleurs, ont partagé son opinion ; il me parait facile de la réfuter.

Les partisans de cette opinion s'appuient sur la correspondance de Voltaire, et ils allèguent trois passages qui ne prouvent nullement que Voltaire ait regardé et indiqué l'abbé Morellet comme l'auteur de c l'Examen critique » . Toutes les fois que Voltaire parle de Morellet comme l'ayant vu a Ferney, ou comme d'nn courageux défenseur de la philosophie, on a bonnement cru qu'il s'agissait de t l'Examen critique » : c'est prendre un homme pour un livre ; le singe de La Fontaine ne se trompe pas plus ridiculement lorsqu'il prend le nom d'un port pour celui d'un homme.

Le voyage de Morellet à Ferney en 4766 est un fait incontestable. Le 25 juin de cette année, après avoir formé des conjectures assez plaisantes sur l'auteur de « l'Examen critique », d'Alembert dit à Voltaire qu'il doit avoir vu l'abbé Morellet ou Mords-les, qui sûrement fie l'aura point mordu. Il ajoute : « Vous avez vu aussi le chevalier de Rochefort, qui est nn galant homme, et qui m'a paru aussi enchanté de la réception que vous lui avez faite qu'il l'est peu du séjour de Versailles et de la société des courtisans. » Voltaire marque à d'Alembert, le 26 juin : c Je l'ai vu, ce brave Mords-les , qui les a si bien mordus, etc. » . Voltaire ne lait ici allusion qu'à la fameuse c Vision » . et au t Manuel des inquisiteurs », ouvrages dans les-

quels Morellet s'est montré l'intrépide défenseur de la philosophie et du dogme de la tolérance. C'est aussi le 26 juin que Voltaire écrit à Damilaville : « Je sots enchanté de l'abbé Morellet, mon cher frère. En vérité, tous ces philosophes-là sont les plus aimables et les plus vertueux des hommes, et voilà ceux qu'Orner veut persécuter. » Il s'agit certainement ici d'un homme que l'on voit etavec qui l'on cause. Voltaire parle ensuite de a l'Examen critique », parce qu'il venait de paraître alors, et il ajoute : c n n'y a qu'un homme instruit dans la belle science de la théologie et des Pères qui puisse avoir fait cet ouvrage. » Existe-Wil un rapport nécessaire entre le premier paragraphe de cette lettre et le second? Le jugement de Voltaire, très-juste en lui-même, s'applique très-bien à Burigny, qui était si versé dans la connaissance des matières ecclésiastiques et des Pères. La lettre précédente, adressée au comte d'Argental, présente < l'Examen critique » sou le même aspect, sans parler de Morellet. Enfin Voltaire dit positivement, le 31 décembre de la même année : c Je sais très-bien qui est l'auteur du livre attribué à Fréret, et jealui garde une fidélité inviolable. » Peut-on croire après cela que Voltaire ait laissé entrevoir clairement le nom de l'auteur de ce fameux ouvrage T

Quant à la lettre adressée par Voltaire à Morellet lui-même, sa date est du 22 janvier 4768, et elle n'a rapport qu'à la réfutation de t l'Examen critique », publiée par l'abbé Bergier. Toujours plein de l'idée que Morellet est un habile défenseur de la philosophie, Voltaire lui dit : « n n'appartient qu'à tous , Monsieur, de faire voir le foible de ces apologies qui ne trompent que les ignorants. » Qui a pu voir dans os compliment une preuve que t l'Examen critique » est de Morellet? 11 prouve tout au plus le désir qu'avait Voltaire de voir Morellet entreprendre un ouvrage de la même nature.

Je crois avoir prouvé clairement et par des raisonnements capables de convaincre tout lecteur impartial, que l'opinion de mes adversaires est dénuée de tout fondement. Les ouvrages de Morellet sont en grand nombre ; pas nn n'a de rapport, soit pour le style, soit pour le fond des choses, avec c l'Examen critique ».

D'ailleurs, le t Publiciste », en date du jeudi 6 novembre 1806, a déclaré que Y auteur vivant qui a pu être désigné par La Harpe, dans sa < Philosophie du dix-huitième siècle », comme le père de c l'Examen critique », n'avait eu aucune part à cet ouvrage.

J'ai parlé de ce fameux ouvrage à l'abbé Morellet, quelques années avant sa mort , et il me dit qu'il ne le désavouerait pas s'il l'avait réellement composé.

On ne veut point convenir que « l'Examen critique » ait été composé vers 1732 ; eh bien ! il faut nier cette assertion de l'abbé Bergier, que je lis en tête de la préface de la réfutation de c l'Examen critique, » intitulée : c Certitude des preuves du Christianisme ». Suivant lui, l'ouvrage duquel il donne la réfutation f était connu en manuscrit depuis très-longtemps ; et en s'exprimant ainsi, il a parlé d'après le témoignage d'une foule d'amateurs de livres.

Il faut répondre ensuite aux observations du professeur de Genève, Jacob Vernet, qui a fait aussi une critique détaillée de « l'Examen critique » (Traité de la vérité de la Religion chrétienne. Lausanne, 1789, in-8, t. Vm, p. 208) : t Parmi les réflexions sur l'Ancien et le Nouveau-Testament, qui composent le chapitre xi du livre que nous examinons, dit ce judicieux écrivain, il en est une, p. 221 (de l'édition de 1766, et p. 206 de l'édition de 1767), qui soutient

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