GILL (André) [Louis-Alexandre Gas
SET DE GuiNES].
Outre les caricatures qui l'ont rendu célèbre, il a publié dans la « Rue » et le « Peuple • de H. Vallès quelques articles très-remarques (1). M. T.
GILLES, de Pontoise, ps. [M.-N. Balisson, de Rougemont].
La Femme innocente, malheureuse et persécutée, ou l'Époux crédule et barbare, pantomime en quatre actes et en prose, tirée des meilleurs auteurs, jouée 'avec le plus grand succès sur le théâtre de Pontoise, fe mardi-gras de l'année dernière,et précédée d'un prologue en prose ; par M. B. de R**. Paris, 1811, in-8.
Cette pièce a été reprise, en 1821, au second Théâtre-Français, et affichée sous le pseudonyme que nous indiquons.
GILLES DE L'AUNAY. Voy. G. DE L'A.
GILLET (le R. P.),jw. [Edra. Mbntelle].
Portefeuille du — , ou Petit Dictionnaire dans lequel on n'a mis que des choses essentielles, pour servir de supplément aux gros qui renferment tant d'inutilités. Madrid (Paris). Valade, 1767, in-12. —Nouvelle édition, augmentée de la Descente du P. G*** (Girard) aux enfers et de son retour.
GIMÉES (mademoiselle V.-C. des). Voy.
DES GlMÉES.
GIMONT (Paul de), sieur d'Esclavolles, ps. [Jean Boucher, chanoine de Tournay].
(1) Fournisseur habituel de la charge qui orne chaque numéro de « l'Éclipsé ». Voir le n' du 5 juillet 1868, p. 2. Il a donné quelques pièces de vers dans « l'Almanach du Hanneton », 1867. Il vient de créer < la Parodie », 1869, dont il est le directeur.
177 GINIFACCIO SPIRONCINI
GIRAUDEAU
I. Avis contre l'appel interjeté par Edmond Richer, de la censure Je son livre « Sur la puissance ecclésiastique et politique ». 1612, in-8.
II. Avis sur le plaidoyé [sic) de Me P. de La Marteiière contre les jésuites, fait en parlement les 17 et 20 décembre 1611, etc. Paris, Fr. Théophile, à la Vérité, 1612, in-8.
GINIFACaO SPIRONCINI,/». [Ferrante Pallavicino].
Le Courrier dévalisé, tiré de l'italien de — . Ville franche, Guibaud, 1644, in-12.
+ C'est la traduction -d'un livre italien publié la même année tons la rubrique de Villefranche. L'idée d'une correspondance interceptée (et fabriquée) à plaisir a été reprise depuis plusieurs fois, notamment par Thomas Moore.
Nous aurons l'occasion de reparler de Pallavicino et de sa fin tragique.
GIOVANI (M™*) [la vie. de Saint- Mabs].
Impressions de voyages. Journal de Madame Giovani en Australie, aux îles Marquises, à Taïti, à la Nouvelle-Calédonie, en Californie et au Mexique, rédigé et publié par Alexandre Dumas.
Imprimé en feuilletons dans le « Siècle » , à partir du i" aTrï!1855.
+ GIRALDI GIRALDI [Gaetano Ciampi].
Novelle. Amsterdam (Firenze), 1796, in-8.
Ces Nouvelles sont au nombre de neuf. Ciampi se plut à les mettre sous le nom d'un célèbre auteur du xvn* siècle, dont les récits ont passé dans la tangue française.
GIRARDELfFr.), aut. supp. [le P. Jacques de Saint-Dominique, nom de religion].
Vie du P. Pierre Girardel, jacobin, avec la Vie de sœur Anne de Sainte-Marie, religieuse de Saint-Dominique. Langres, 1682, in-12.
Voy. » Bibliothèque historique de la France », t. Ier, ■• 43846. A. A. B— r.
-4-GIRARDIN (le comte Alexandre), lieutenant général).
n a publié sous son nom, dans le journal c la Presse », une suite d'articles sur les « Progrès de la marine en France » , qui ne sont que la réimpression textuelle d'un ouvrage d'Ambr.-Marie Arnoult, mort en
GIRAUDEAU DE SAINT - GERVA1S , superfétation nominale [Jean Giraudeau, de Saint-Gervais (Vienne) (1), D. M. P.,
(4) Voy. la c Biographie des hommes du Jour », par Sarrat et Saint-Edme, t. n, I" partie, p. 275. D'ailleurs le docteur lui-même a signé du nom de J. Giraudeau, D. M. P., les ouvrages les plus impor- '
l'homme-argent, l'un des types les plus caractéristiques de notre époque].
Le penchant le plus impérieux du docteur Giraud... c'était l'ambition vénale...
MŒe A. Jullemier, t. n, p. 42.
I. L'Art de se guérir soi-même, ou Traitement des maladies vénériennes par la méthode végétale, d'après un mémoire présenté à la Faculté de médecine le 1er février 1825 sur la guérison de la syphilis sans mercure. Septième édition. Paris, r Auteur, rue Boucher, $ ; (Germer) Baillière, Guitel, 1828, in-8, 36 pag. avec un portr.
Cette édition, comme on le voit, porte le chiffre sept; mais dans la Bibliographie de la France, nous n'avons pas retrouvé d'éditions antérieures, soit qu'elles aient paru sans nom d'auteur et sous un autre titre, ou qu'il n'en existe pas d'antérieures. Du reste, cet opuscule a été réimprimé bien des fois depuis 1828, toujours avec de nouvelles additions pour chaque édition, et des modifications dans le titre. Ainsi, d'après la Bibliographie de la France, cet opuscule a été réimprimé sous les titres suivants :
1° « Conseils aux victimes de l'amour », Art de guérir soi-même les maladies syphilitiques sans mercure. X«édit. Paria, l'auteur, 4829, in-8, 48 p.
2° « Conseils sur l'Art 'de guérir soi-même les maladies syphilitiques sans mercure, par la méthode végétale de M. Giraudeau de Saint-Gervais ». XI* édit. ParU, l'auteur, 1820, in-8, 48 p.— XHI* édit. Paris, l'auteur, 1830, in-8, 84 pag. —XIV» édit. Ibid., 1834, in-8, 88 pag.— Autre édit, (XV). /Mo*., 1830, in-8.
3o v Maladies secrètes » : Description et traitement de l'art de se guérir soi-même par la méthode végétale de M. G. de S. G. (XV1« édit.). Parie, l'auteur, 1837, in-8, 48 pâg.
Une biographie du docteur Giraudeau dit que c ses c brochures furent Induites dans toutes les langues de « l'Europe * ; il eût été plus exact de dire que le docteur lui-même fit faire à ses frais des versions allemande, anglaise, espagnole et italienne de la VII* ou première édition de l'opuscule publié en 1828, et qu'il publia ces versions en même temps que l'original, et la preuve, c'est que ces traductions se vendaient chez le docteur. (Voyez la table des auteurs de la Bibliographie de la France, pour 1828.) Il ne s'agirait donc pas ici d'admiration des étrangers pour le mérite dudit opuscule; mais bien d'une spéculation delà part du docteur, qui tenait à ce que ses prospectus et ses annonces de remèdes pussent être répandus et lus chez cinq nations.
II. Art de guérir les dartres en détruisant leur principe par une méthode végétale, prompte et facileà suivre. Paris, Y Auteur, Royer, pharmacien, 1828, in-12, 24 pag.
Cet opuscule a aussi subi plusieurs modifications dans les réimpressions suivantes;
1° * Manuel de santé » : le Médecin des valétudinaires : Traitement des dartres par le Rob regénéra-
laiits que nous rappelons dans cette notice : les n°* V, Vil, XIII.
GIRAUDEAU
GtRAUDEAU
leur du sang, du docteur Giraudean de Saint-Gervais. 1q Parit, l'auteur, 1829, in-8, 16 pag.
2° « Le Médecin des valétudinaires », art de guérir les dartres en détruisant leur principe par une méthode prompte et facile à suivre, suivi, etc. VI0 édit. Parit, l'auteur. 1829, in-12, 48 pag. — Autre édil. (VII«). Ibid., 1829, in-8, 48 pag.
3° v Manuel de santé », ou l'Art de guérir soimême les dartres et les maladies organiques provenant de l'acreté des humeurs, en détruisant leur principe par le traitement dépuratif du docteur G. de S. G. Parie, l'auteur, 1833, in-8, 68 pag. — Autre éditon, sons le même titre. Ibid., i SU, in-8, 72 pag. avec 2 planches.
4° « Le Médecin sans médecine. * Conseils aux gens du monde pour guérir soi-même les dartres et toutes les maladies provenant de l'acreté du sang et des humeurs, en détruisant leur principe, par la méthode végétale du docteur G. de S. G. Parit, l'auteur, 1837, in-18, 36 pag.
III. L'Art de se guérir soi-même, ou Traitement des malaaies vénériennes sans mercure. Paris, l'Auteur, Rouer, pharmacien, 1828, in-1*,24pag.
Diffère peu du n° I.
IV. Choléra -Morbus : son origine, sa marche, sa nature épidémique, danger des cordons sanitaires, causes, description, dévastation, mortalité, invasion en France et à Paris, terreur, tourments, mort horrible, moyens préservatifs, traitement et guérison, conseils au gouvernement, avis au peuple, conclusion. Paris, l'Auteur, 1832, in-8, 32 pag.
V. L'Italie, la Sicile, Malte, la Grèce, l'Archipel. les îles Ioniennes et la Turquie. Souvenirs de voyages historiques et anecdotiques. Paris] l'Auteur, rue Richer, 6 1835, in-8, avec 14 grav. — Seconde édition. Paris, l'Auteur, Ôelaunay, Jules Laisné, Bohaire, 1835, in-8 avec des lithogr.
La seconde édition, publiée en 1839, sous la date de 1835, n'est autre que la première.
Cette teconde édition a une demi-feuille de plus que la première, parce que les vignettes qui, dans la première, étaient sous la couverture, sont, dans la seconde, imprimées à la fin du texte.
Sur le frontispice de la première, l'auteur prenait le titre de membre de plusieurs sociétés scientifiques ; sur celui de la seconde, il a ajouté les initiales D. M. P., qui signifient Docteur Médecin Parisien.
Ce voyage est dit avoir été fait à bord du « Francesco 1-r », armé en guerre pour une expédition scientifique, vaisseau que montait aussi la duchesse de Berri f lorsqu'elle quitta la France avec le marquis Luchesi- Palli, son mari.
La rédaction de cet ouvrage a été attribuée à feu Julia Fontenelle, qui faisait des livres pour tout le monde, et sous les noms qu'on voulait, et qui en a fait plusieurs pour M. Giraudeau (Voy. la note finale de cet article). Le docteur aurait néanmoins donné ses idées à Julia, à en juger par la note suivante d'une personne qui parait bien savoir comment le livre a été fait.
« Il existe dans le monde littéraire un * Voyage à t Conitantlnople *, publié par M. de CooiseuUGouffler.
* Tel est l'ouvrage que M. Girand... refait en 1835. c Mais, s'il ressort de celte tache quelque excès d'a- « monr-propre, il n'y a pas du moins danger de raine.
* M. de Saint-Gervais a juré qu'il ne compromettrait « jamais sa fortune en émission de conscience, et je sais « mieux que personne qu'il est homme à tenir son « serment. Pour première preuve, je dirai, en mémo- « rialiste sincère, que de sa vie le nouveau voyageur
* aux Dardanelles ne visita la ville fondée par Constan- « lin sur les ruines de Byzance. Il est bien vrai qu'il « a passé quelques jours à Smyrne ; mais on n'a pas « encore inventé une longue vue qui, de ce port dp « l'Orient, puisse faire découvrir Constantinople. Du t reste, c'est d'un peu plus loin que le rival de Gonfler « a tracé ses descriptions : je possède encore le petit « bureau on, du fond de mon boudoir, il se faisait « orientaliste, sans frais de poste, sans frais de tia- « versée, et sans heurter ses habitudes gastronomiques « contre les fades repas des caravansérails * .
Mém. aulh. d'une sage- femme, t. II, p. 150 (1).
Ce livre fut pour le docteur la cause d'une suite de déconvenues très-plaisantes.
A l'aide de ce volume il se fit présenter à la Société royale des Antiquaires de France ; mais, dans la séance de cette société où fut faite cette présentation, on membre prit la parole et dit : « Je déclare atteint et convainci
de v tout membre qui voterait pour l'admission
de M. Giraudtau dans la société ». On rit beaucoup. et l'admisssion n'eut pas lieu.
M. Giraudeau, dans les nombreuses annonces, prospectus et catalogues de ses drogues et de ses livres, dit a l'occasion de celui-ci : t Le ministre de l'instruction publique, suivant sa lettre du 11 décembre 1838, a fait parvenir à toutes les bibliothèques du royaume nn exemplaire de ce Voyage en Orient. » Cette note, pour être succincte, n'en est pas moins inexacte. 11 est très-vrai que M. de Salvandy avait accepté l'offre du docteur d'envoyer un exemplaire de son livre à chacune des bibliothèques de la France, et que ces exemplaires furent adressés au ministère ; mais, avant de faire partir cet ouvrage, on eut la précaution de le parcourir, et de nombreux passages graveleux, une planche faite d'après le dessiu de M. Giraudeau, représentant le pont du Francesco Ier, sur lequel se passe une scène d'amour entre la duchesse de Berri et le marquis Luechesi, qui est anx genoux de la princesse, firent trouver que l'envoi de ce livre par le ministère de l'instruction publique serait inconvenant, el l'on écrivit alors an docteur que l'on tenait son ballot à sa disposition.
VI. A M. le président et à MM les conseillers à la Cour de cassation. Explications de M. Giraudeau de Saint-Gervais, docteur en médecine de la Faculté de Paris. Paris, de limpr,de Malteste, 1837, in-4, 12p.
Publié a propos du procès intenté au docteur pour h fabrication et la vente de remèdes secrets (le Rob antisyphilitique et la mixture anli-gonorrhéenne), procr» qui se termina par une condamnation contre lui, en date
(1) Il existe de ces « Mémoires », publiés en 1835, une deuxième édition, portant la même date. C'est la même édition, dans laquelle on a introduit de nombreux carions. Le passage que nous venons de citer est au nombre de ceux qui ont été cartonnés. Partout où l'on lisait primitivement M. Ciraud... elM. de Saint-Gervais, on lit dans la prétendue seconde édition ; M. Duroche, le docteur,
GIRAUDEAU
GIRAUDEAU
do 21 juin 1837 (voy. le * Moniteur universel », du
19 Juillet 4837).
VII. L'Art de prolonger la vie et la santé. Conseils aux gens du monde. Par un docteur-médecin de la Faculté de Paris. Paris, Bonaire, vers 1837, broch. in-8, avec grav.
VUL Traité des maladies syphilitiques, ou Étude comparée de toutes (es méthodes qui ont été mises en usage pour guérir les affections vénériennes, suivi de Réflexions pratiques sur les dangers du mercure et sur l'insuffisance des anti-phlogistiques; terminé par des Considérations hygiéniques et morales sur la prostitution. (Rédigé par le docteur Jean -Louis Michu). Paris, Bohaire, Fauteur, 1838, in-8, xxxij et 008 pag. , avec le portrai t de M Giraudeau , et 4 planches coloriées, représentant
20 sujets.
Cet ouvrage rappelle dans plus d'un endroit celui que le docteur Jourdan a publié, en 1826, sous le titre de » Traité complet des maladies vénériennes... ». Paris, 1826, 2 part, in-8, au point que l'on a été jusqu'à soupçonner ce docteur d'avoir lait paraître un abrégé de son livre sous un prête-nom, ce qui n'était pas exact. Les c Considérations... sur la prostitution » ne portent point ce titre dans le volume, mais t Notice historique sar la prostitution et sur son état actuel dans Paris • , divisée en 29 chapitres, et remplissant les pag. 501 à S69 du vol. Cette notice est empruntée à l'ouvrage de A. J. B. Parent-Dacuatelet, qui a paru, en 1836, sous le titre « De la prostitution dans la ville de Paris... », 2 vol. in-8 avec 3 planches. Sur les vingt sajets que représentent les quatre planches, onze sont copiés, quant au trait, dans « l'Atlas des Maladies de la peu », du docteur Rayer, 2« édition.
Suivant une note de la c Bibliographie de la France » , année 1838, n° 5569, cet ouvrage n'est antre que celui qui avait paru quelques mois auparavant sous un autre titre el avec un autre nom d'auteur.
Ce premier ouvrage est intitulé :
Nosographie des maladies vénériennes, ou Élude comparée des divers agents thérapeutiques qui ont été bm en usage pour combattre ce genre d'affections ; par le docteur J. G. Human, de Strasbourg. Paris, Béchet jeune.
On fut très-intrigué, lorsque ce livre parut, pour avoir quel était ce docteur Human, de Strasbourg, qni, pour faire connaître son livre, le faisait annoncer P» ions les grands Journaux, et le faisait afficher à tous les carrefours de Paris. On fit des recherches, et ces recherches conduisirent à apprendre :
Que cet ouvrage, composé par le docteur Michu, ftssnre-t-on, était prêt à paraître sous le nom de M. Giraudeau, lorsqu'un procès pendant contre celui-ci fat vidé à son désavantage. El la preuve, c'est que *v la couverture d'une réimpression du n. 1 , en 1837, uns le titre du « Médecin sms médecine », in-8, et ara in-18, comme nous l'avons dit par erreur, on le tnmve déjà annoncé comme paraissant sous ce litre : • Traité des maladies syphilitiques, on l'Art de les S°énr par la méthode végétale, prompte et peu dispendieuse du docteur G. de Sainl-Gervais {sic)... » Paris, l'*uteur, D. M., rue Richer, 6 bis; Delawiay. &■■« fl n'était pu prudent de faire paraître alors cet "mp mus le nom de M, Giraudeau, on inventa le
docteur Human, de Strasbourg, et on lui donna un correspondant à Paris, lequel demeurait rue de la Femme-sans-Tête, n. 8. Or, cette adresse était justement celle de M. Baugrand, grand majordome et conservateur des archives secrètes du docteur Giraudeau, et la vérité fut connue.
Le livre parut avec plusieurs cartons. Us sont an nombre de neuf, et se trouvent aux pages suivantes : 17, 41, 203, 205, 219, 223, 269, 293 et 349. On avait vraisemblablement fait disparaître tout ce qui pouvait raviver la question qui venait d'être résolue par les tribunaux.
Une détresse de laquelle M. Giraudeau avait refusé de le tirer (il ne s'agissait pourtant que d'une somme de 500 fr.), jeta M. Baugrand dans un profond désespoir, et un soir, après avoir tout brisé dans son appartement, et brûlé les registres et papiers de M. Giraudeau, le malheureux s'asphyxia. Peu de mois après sa mort, le docteur crut le moment opportun de faire reparaître la « Nosograpie des maladies vénériennes i sous son nom , et avec le titre de « Traité des maladies syphilitiques », en sorte que les possesseurs de la Nosographie, voyant anuoncer un autre ouvrage sous un autre litre el avec un nouveau nom d'auteur, ne pensèrent pas que ce pouvait être un seul el même ouvrage, et sont devenus une seconde fois les tributaires du docteur.
Ces faits sont en partie confirmés dans une Notice sur le docteur Giraudeau, notice qui ne pouvait pourtant que lui être favorable, puisqu'elle est écrite par un homme qui lui était tout dévoué, et imprimée dans « la Propagande, journal des sciences naturelles et médicales » , journal dans lequel on trouve des articles sous le nom de M. Giraudeau.
Après avoir parlé de la conversion, en 1819, de Gasparone, le voleur de grand chemin 'des Marais Pontins, l'auteur aborde la conversion de M. Giraudeau à la science, c Le docteur Giraudeau de Saint-Gervajs, dit-il , veut aussi faire une fin, et pour cela, il a fait un livre ; il a voulu une auréole scientifique et s'est écrié ; Anch'io sonpittore.
« Quand son livre a été fait, digéré, accouché enfin, il l'a entouré de tous les soins possibles; il a été même jusqu'à lui trouver un père putatif, une bonne pâte de père, et il a publié la première édition (l'unique, ainsi que nous venons de l'établir) de son traité sous le pseudonyme du docteur Human, Alsacien pur sang et peu jaloux de son rôle. Ce père débonnaire a fait sa présentation à l'état civil de la science, puis quand l'enfant a été nommé, reçu, choyé, applaudi, admiré, le bonhomme Human a repris sa pipe, son b&ton de voyage, et la route de Strasbourg, où il fume tranquillement et boit sa canelte sans penser à son enfant abandonné ; mais il existe pour les enfants abandonnés une providence, et cette providence a été propire à l'enfant du père pseudonyme : car elle a donné du cœur a M. de Saint- Gervais (sic) ; il a senti des tressaillements dans ses entrailles paternelles, il s'est redressé et s'est écrié : Ego sum pater.
« Grande rumeur au camp de la rue de Poitiers et dans quelques autres sociétés savantes ! < M. Giraudeau est le père du livre que nous avons trouvé bien fait, bien écrit 1 ... Oht cet homme ne se convertira jamais I. .. je vous demande pardon, messieurs, il se convertira, et c'est déjà un commencement de conversion que de publier un livre scientifique in-8 de 800 pag. (lisez de 040). »
Par ce que nous avons dit précédemment, on doit juger de l'utilité des amis parmi les journalistes.
Très-peu de Journaux consacrés aux sciences môdj*
GIRAUDEAU
GIRAUDEAU
cales crurent devoir rendre compte du livre do docteur Kuman, que personne ne connaissait, et qui n'avait rien de remarquable. Lorsque M. Giraudeau se présenta comme le véritable père de V enfant abandonné, il rendit les journaux plus favorables à son livre : et pourtant il n'est pas épuisé.
Le Traité des maladies... a été reproduit 6ons le titre suivant :
« Traités des maladies vénériennes, des affections de la peau et des maladies des organes génito-urinaires.» 2«édil. Parit, l'Auteur, (Germer) Baillière, 4840, in-8, avec 5 planches et un portr.
IX. Aux électeurs (1837). Paris, Bohaire, 1839. in-8, 24 pag.
X. Description de .la rougeole, de la scarlatine, et de leurs traitements. Paris, Germer-Baillière, 1841, in-8, 28 pag.
XI. Description de la gale, et de son traitement. Paris, Germer-Baillière, 1841 , in-8, 28 pag.
XII. Guide pratique pour l'étude et le traitement des maladies ae la peau. Paris, l'auteur, 1841, in-8, avec un portr. et Splanch., gravées sur acier, représentant trente-deux sujets coloriés.
II existe des exemplaires de la même édition qui portent pour titre :
« Étude et Traitement des maladies de la peau » : il n'y t que le frontispice de changé.
X1TL Précis historique et Observations sur les effets du Rob anti-syphilitique de Boyveau-Laffecteur. Paris, rue de Varennes, n° 12; Trablit, pharmacien, 1843, in-8, 144 paf.
XIV. Précis historioue du Poitou, pour servir à l'histoire générale de cette province ; suivi d'un Aperçu statistique des départements de la Vienne, des Deùx-Sèvres et de la Vendée. (Composé par M. Caboche d'Estilly, D. M.). Paris, Dusillon, 1843, in-8, avec 5 cartes.
On sait que, parmi ses nombreuses industries, II. le docteur Giraudeau a compté la librairie, sons le nom de II. B. Dusillon, son gérant.
XV. Manuel hygiénique pour l'emploi du rob Boyveau-Laffecteur pour guérir les dartres, maladies de la peau et toutes les affections provenant de l'âcreté du sang et des humeurs. Paris, Martinon, 1847, in-18.
XVI. Guide pratique pour guérir soimême, sans mercure, les maladies syphilitiques, les affections de la peau et les maladies provenant de l'âcreté du sang et des humeurs, par l'emploi du rob Boyveau- Laffecteur et d'après les conseils du docteur Giraudeau de Saint-Gervais. Paris, l'auteur, s.d. (1847), in-18, 192 pag., avec un portr. et 4 planch.
M. Giraudeau est auteur, en outre, des notes d'un poème en deux chants, intitulé : « la Syphilis t , par
lequel le poète, auteur de la « Némésis, du Fils de l'homme », et traducteur de Virgile, a souillé sa plume, à la demande du docteur. Une nouvelle édition, augmentée d'un troisième chant, a été imprimée avec luxe, à la fin de 1847, sous la date de 1848, en un vol. in-18, rij et 172 pag. (Parit, de l'impr. de Laerampe /U* et O*). Dans le troisième chant, intitulée le Remède», le poète, à la demande du médecin, y a introduit l'éloge do rob de Boyveau-Laffecteur ! Les trois chants du poème, dans cette dernière édition, ne remplissent qne les 44 premières pages, et les notes, les pages 45 à 172! Celle dernière édition a été distribuée gratis, à domicile, à tous les habitants de Paris. Les exemplaires adressés à tous les médecins de la capitale étaient reliés, couverture noire, relevée par des ornements d'argent parmi lesquels figurent sur chaque plat sept tètes de mort et un hibou. Ces exemplaires étaient accompagnés d'une lettre d'envoi, signée de l'auteur des notes de ce poème, qui se terminait ainsi : c Quant aux notes qne Barthélémy a bien voulu confier à ma rédaction, je lésai rédigées au point de vue des gens du monde. Si j'ai donné plus de développements aux notes du 3* chant, c'est que j'ai pensé qu'il fallait éclairer les médecins sur la fabrication du rob de Boyveau-Laffecteur, indiqué dans le poème. J'ai relaté les pièces officielles qui, mieux que des paroles, répondent aux allégations mensongères imprimées dans tous les journaux. » Des exemplaires brochés de la nouvelle édition de ce poème ont aussi été distribués à tous les habitants de Paris.
Vers le même temps, on jetait aussi de porte en porte une Biographie du docteur, avec son portrait, qui a paru dans c l'Encyclopédie biographique du xix* siècle », huitième catégorie : Médecins célèbres. Grand in-8, 20 pag., Notice signée : A. B.
On lit dans la Notice sur le docteur Giraudeau de Saint-Gervais, de la « Biographie des hommes do jour », par MM. Sarrut et Saint-Edme, t. II. in part., p. 275, un article auquel le docteur n'a pus du être étranger : car cet article n'est autre qu'une réclame sous la forme biographique ; on lit :
t Depuis son retour d'Orient (1833), 11. Giraudeau « a donné de l'extension à ses relations industrielles v en s'associanl avec l'inventeur des fusils-Robert, « et en devenant le principal actionnaire commanditaire « d'un grand nombre d'entreprises commerciales (dans * lesquelles il faut comprendre la librairie, sous la « raison B. Dusillon), à la direction desquelles il « apporte son caractère actif et intelligent. » Il Ait aussi le commanditaire de M. Ancelot, lorsque celui-ci était directeur du Vaudeville.
Au milieu de ses nombreuses affaires d'industrie, le docteur Giraudeau a-t-il eu le temps d'écrire des livres, et ceux publiés sous son nom sont-ils bien de lui t Là est la question,
On dit que l'abbé Roquette Prêche les sermons d'aulrui ; Moi, qui sais qu'il les achète, Je prétends qu'ils sont à lui,
nous pourrait-on répondre. Mais en histoire littéraire, ce n'est pas avec de l'argent que se fait un écrivain. Les opuscules publiés par le docteur Giraudeau, avant ses voyages en Angleterre et en Orient, ont passé pour avoir été écrits par Julia-Fontenelle. Lors d'un procès qu'eut à soutenir M. Giraudeau, en 1836, pour fabricatioa et vente de remèdes secrets, M. Lascoux, avocat du roi, rappela que dans une précédente poursuite, de 1829, contre ce médecin, il avait été prouvé qu'il avait copié la recette de son rob dans une brochure publiée