‹ Les supercheries littéraires dévoilées (volume 2)Chapitre 251 sur 1082 · HAMILTON · texte numérisé non relu

HAMILTON

HANNETAIRE

beauté ; il conduisit la jeune Emma dans ses terres ; mais au bout de quelques mois, il la délaissa sans pitié ; et l'infortunée jeune fille, n'ayant d'autre asile que le pavé de Londres, grossit bientôt le cortège de ces beautés faciles que l'on voit pulluler le soir sur les trottoirs des rues de la capitale de l'Angleterre. De cette milice, Emma passa entre les mains d'un charlatan, qui l'exposait aux yeux du public comme une preuve vivante de l'efficacité de ses préparations cosmétiques pour entretenir la fraîcheur du teint. Le célèbre peintre Romney l'aperçut un jour sur les tréteaux de l'opérateur, et, frappé de la beauté de ses formes et des grâces de sa figure, il la fil poser comme modèle. La vue de tant de charmes enflamma son cœur en même temps que son esprit; mais Romney, amoureux septuagénaire, était toujours en contemplation, et la vive Emma s'ennuya bientôt de n'être heureuse qu'en peinture. Un jeune homme, M. Greville, vient à l'atelier de l'artiste et fait des offres qui sont acceptées; il donne à Emma des chevaux, des diamants, une maison ; enfin, il se ruinait, quand lord William Hamilton (1), son oncle, ambassadeur à Naples, arrive subitement pour rompre une liaison qui l'indigne. Mais il voit Emma, et, semblable au Gouvignac d'Andrieux, il devient épris de la beauté qui avait excité son courroux, paie les dettes de son neveu, qui, moyennant celte complaisance, lui cède ses droits sur Emma, et après avoir terminé ce singulier marché, repart pour Naples, où les soins et les artifices d'Emma le décident à l'épouser. Les événements de la guerre amènent Nelson à Naples; il était couvert de gloire, il était puissant ; il n'eut qu'à se présenter pour plaire, et le pauvre lord Hamilton fut peut-être le seul homme de l'Europe qui l'ignora ou feignit de l'ignorer. A son arrivée à Naples, la maîtresse de lord Hamilton n'était pas encore mariée, et la noblesse avait refusé de la voir ; elle jura de s'en venger, et elle tint parole aux Napolitains qui l'avaient méprisée. A la suite d'une révolution, lord Nelson rentre en vainqueur à Naples, et lady Hamilton use de sa funeste influence sur l'esclave de ses charmes pour faire couler des flots de sang : tous ses ennemis personnels tombent sous la hache des bourreaux. Après de si doux passe-temps, elle reconduit son amant en Sicile, et achève de l'endormir au milieu des fêtes et des plaisirs. Mais tandis qu'il s'enivre à longs traits dans la coupe de ses voluptés, sa flotte est en proie à la famine et à la maladie. Le ministère anglais, ne voulant pas rappeler son amiral, rappelle son ambassadeur ; Nelson, désespéré, quitte sans ordre sa flotte et son armée, et après avoir promené sa maltresse dans plusieurs capitales de l'Europe, revient a Londres pour scandaliser par sa conduite le pays qu'il avait illustré par ses victoires. Le vieux Hamilton meurt, et se venge de sa femme par son testament, en laissant à son neveu une fortune immense sur laquelle elle avait toujours compté. Les revenus de Nelson lui restaient, et tant qu'il vécut, elle passa ses jours dans le faste et l'opulence ; mais à sa mort, lady Hamilton devint pour tout le monde un objet d'horreur ; méprisée, avilie, ruinée de fond en comble, elle fut jetée par ses créanciers dans une prison, où elle serait morte sans la générosité d'un échevin qui paya ses dettes et qui lut donna des secours nécessaires pour passer sur le continent. Arrivée dans les environs de Calais, elle y fut atteinte d'une maladie grave ; et cette femme su-

(i) Savant auquel on doit plusieurs ouvrages dont quelques-uns ont été traduits en français (Voyes notre « France littéraire ». t. IV, p. 20).

perbe, qui avait vu la population de Naples et de Païenne à ses pieds, mourut dans la misère, l'abandos et l'oubli.

Les Mémoires que nous citons, sous le nom de cette courtisane fameuse, ne sont pas d'elle.

HAMILTON (lady Mary), apocryphe.

I. La Famille du duc de Popoli. Mémoires de M. de Cantelmo son frère. Paris, A.-A. Renouard, 1811, 2 vol, in-12. — Auguste et Jules de Popoli, suite des Mémoires de M. de Cantelmo. Paris, le même, 1812.

2 vol. in-12.

II. Le Village de Munster, traduction libre de l'anglais. Part*, A.-A. Renouard, 1811,

« Lady Hamilton a publié en. français un roman intitulé : la c Famille du dnc de" Popoli » , dont les journaux se sont accordés à foire l'éloge. C'est, selon eux, un ouvrage d'autant plus remarquable, qu'il est écrit en français par un auteur anglais, et que cet auteur anglais est une femme. 11 y a même des journalistes qui ont trouvé le moyen de s'extasier 6ur l'élégance du style, d'en admirer la facilité, le charme et l'intérêt. Je ne sais même pas si quelques-uns n'ont pas voulu le comparer au style incomparable de cet Hamilton, qui, tout Anglais qu'il était, a écrit dans notre langue de si charmantes choses. Mais que penseront de tous les éloges qu'ils ont donnés à lady Hamilton les journalistes si complaisants qui ne sortent de l'exagération de la critique que pour s'enfoncer dans l'exagération de la louange, quand ils apprendront que cette femme qui écrit avec tant de grâce, de facilité et même d'élégance la langue française, ne la sait pas mieux que Figaro ne savait la langue de son pays? Il n'y a rien d'exagéré dans ce que je dis : j'ai entre les mains un petit billet qu'elle écrivait à une personne qui avait fait la traduction française de l'un de ses romans anglais : ce qui devait être au féminin était au masculin, et vice tertd : le pluriel était mis pour le singulier ; pas un mot n'était employé dans l'acception qui lui appartient ; le tout y était d'une ignorance de la langue qui n'eût été que ridicule sous une autre plume, mais qui devenait très-plaisante dans une femme qui n'avait pas craint d'attacher son nom à des ouvrages écrits dans notre langue avec correction et facilité. Mais l'étonnement de mes lecteurs cessera quand ils sauront que lady Hamilton avait alors pour secrétaire M. Charles Nodier, qui depuis... Mais alors il était malheureux. Je pourrais dire de feu M. Croiït, baron et Anglais, mort à Paris, dans les premiers mois de i 81 6, et qui aussi publia quelques ouvrages de sa composition écrits en français, ce que je viens de dire de lady Hamilton, avec laquelle il demeurait. P. R. A- s.

HANCARV1LLE (d'), ps. [P.-Fr. Hugues], antiquaire, connu sous le premier de ces noms.

Pour la liste de ses ouvrages, voyez le tom3 IV de « la France littéraire », à'HAN-

CARVILLE.

HANNETAIRE (Jean-Nic. d'), nom abrév.

[Jean-Nicolas Servandoni d'Ha.nnetaibeI.

Pour la liste de ses ouvrages, voy. ut « France littéraire », tome IV, a Haxne-

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