HÉLOISE, morte en
La correspondance échangée entre cette femme célèbre et Abailard a été publiée pour la première fois en 1616, par les soins d'André Duchesne ; il en existe des réimpressions et des traductions nombreuses à l'égard desquelles nous renverrons au * Manuel du libraire ».
L'authenticité de ces c Lettres » a été contestée par un illustre philologue suisse, Orelli, et M. Ludovic Lalannea émis des doutes semblables, < Correspondance littéraire », t. EL On ne possède pas de manuscrits antérieurs au xiv« siècle , mais, selon M. B. Hauréau (art. Héloîse, dans la « Nouvelle biographie générale »), les nombreux faussaires du moyen âge qui forgeaient des titres de propriété n'auraient pas été capables de rédiger un recueil de ce genre. Laissons donc la question indécise.
Observons en- passant que les malheurs d'Héloîse et d' Abailard ont donné lieu à quelques publications singulières; il existe un drame de J.-B. Guis, en 5 actes jet envers, Londres {Pari»), 1752, in-12; Abailard, aussitôt après l'attentat dont il a été victime, reparaît porté dans un fauteuil et vient dialoguer avec Héloîse la rameuse héroïde de Colardeau, imitée de Pope. Dans une autre tragédie toute différente, en cinq actes, et dont l'auteur est resté inconnu, on montre également Abailard victime du guet-apens de Fulbert.
Malgré ses cris perçants et sa douleur extrême, Il se voit à l'instant séparé de lui-même.
Il revient pourtant sur la scène et il s'adresse ainsi à Héloîse :
Je pleure en vous offrant l'ombre de votre époux : J'ai perdu.... sous l'effort d'une main sanguinaire. Le doux titre d'amant et le droit d'être père.
Quelques curieux recherchent un volume imprimé à Cologne, che» P. Marteau (c'est-à-dire en Hollande, 1733, in-12) : « Histoire des amours et des infortunes d' Abailard et d'Héloîse », mises en vers satiri-comiburlesques, par M***; L'ouvrage n'a d'ailleurs aucun mérite.
Ce qu'il y a de plus sérieux, ce sont les appréciations de M. de Latour (« Revue française », t. VI, avril 1838) et de M. Laviron dans « l'Artiste » (Seconde série, t. I. p. 179) sur les lettres des deux amants. N'oublions pas la notice de M. Creuzé de Lesser : « Les véritables lettres d'Héloîse » , dans la c France littéraire » , t. XVII (1835). Celte correspondance a été traduite par un savant allemand, M. Carrière. Giesten, 1842, in-8.
La « Bibliothèque de l'Ecole des Chartes », t. m, p. 172, a publié une lettre inédite d' Abailard à Héloîse. Nous ne nous occupons pas des nombreux écrits
HELSEDAS