Tome I
. . Béarn, Guienne, Gascogne.
. Languedoc.
. Provence.
. Dauphiné.
. Lyonnais.
. Bretagne.
vn. .
. Haute-Normandie.
. Basse-Normandie.
. Picardie, Artois, Flandre française.
. Franche-Comté.
. Alsace, Lorraine.
xn. .
. Maine, Anjou, Touraine, Orléans, Poitou.
xm .
. Aunis, Saintonge, Angoumois, Berri, Guienne, Limousin, Auvergne, Bourgogne.
. Bourgogne, Champagne, Isle-de-France.
On n'apprendra pas sans surprise que Jouy n'a écrit pour ces quatorze volumes qu'un seul chapitre, qui est imprimé dans le tome XIV : c'est la Conclusion.
Voici les noms des personnes qui ont le plus contribué à cette publication, avec l'indication de la part de chacune d'elles :
MM. Amoudru, ingénieur des ponts et chaussées, auteur du tome XI, qui renferme l'Alsace et la Lorraine.
Dothilloeul, auteur de la partie qui concerne le département du Nord.
La Mothe-Langon (le baron de), auteur de la partie du Languedoc.
Lefebvrb-Durufle' (J.-N.), auteur du tome VII, renfermant la Haute-Normandie. — Un exemplaire unique de ce volume, sur papier couleur feuille morte,
format in-8, avec gravures tirées sur papier de Chine, compris dans la vente faite en 1830 des livres de la bibliothèque de M. Ri aux, archiviste de la chambre do commerce de Rouen, porte l'annotation suivante, écrite à la main : Offert à M. Riaux par l'auteur, Lefebvre- Durufié.
L'Héritier (L.-F.), de l'Ain, auteur des chapitres sur V Albigeois.
Pierqdin, médecin, et après 1830 inspecteur général des universités d'abord de Grenoble, ensuite de Bourges, a écrit pour le volume qui renferme le Languedoc les chapitres qui concernent Montpellier.
De Jouy a ensuite appliqué son coloris à la plupart de ces parties.
On a publié, soit dans les journaux, soit dans des brochures à part, un grand nombre 'de réfutations de « l'Hermite en province » . Nous en citons cinq ici qui sont venues à notre connaissance :
1° c Le Capuchon soulevé », essai d'observations critiques sur « l'Hermite en province », par M. S*** (Jean-Raym.-Pascal Sarran). Première partie. — Hérault. Paris, Dentu, 1818, in-8, 108 p.
2° « Réponse à l'Hermite en province », t. IX, ou Lettre an rédacteur des c Petites Affiches de Valenciennes », sur l'arrondissement d'Avesnes. (Extrait des k Petites Affiches de Valenciennes »). VaUncicnnes, novembre 1826, pet. in-4, 20 p.
3° « Lettre d'un ex-canonnier de la garde nationale de Strasbourg », qui n'est ni jeune ni vieux, à un vieux cancanier de cette garde, qui, en avril 1827, a écrit à M. de Jouy au sujet de l'article sur l'Alsace, que ce littérateur a mis dans son « Hermite en province ». Strasbourg, in-8, 20 p.
4° « Ermite toulonnais », faisant suite à « l'Hermite en province » de M. de Jouy, etc., par M. B. (Bellue, libraire, à Toulon). Toulon, Bellue, et Paris, Roret, 1828, in-12.
5° « Cent Bévues de M. Jouy dans trente-quatre pages de l'Ermite en province » , relevées par an Blésois et par un Solonais. Paris, et Blois, 1828, in-8, 32pag.
Un article remarquable, ayant pour objet de rectifier les Erreurs et les Bévues de « l'Ermite en province », a paru dans le « Journal des Débats » du 30 mars 1825. — Il a rapport au chapitre de « l'Ermite en province », intitulé Ferney- Voltaire, avec la date d'octobre 1819 et de 1822, dans l'édition in-12 de * l'Ermite en province » (1825, t. V, p. 281-321), et avec la date du 30 décembre 1819 et de 1822, dans l'édition in-8 des « Œuvres complètes de Jouy » (t. X, 1823, publié en septembre 1825, p. 433-454). Nous ignorons par quel motif Jouy a donné à son chapitre : Ferney-Voltaire deux dates différentes, celle d'octobre 1819, et ensuite celle du 30 décembre 1819. Mais ce qui est curieux et intéressant pour l'histoire littéraire, c'est qu'il a rectifié dans ce chapitre deux passages inexacts, d'après les observations du t Journal des Débats » du 30 mars 1825, et qu'il n'a point corrigé les erreurs d'une autre note, ainsi qu'on va le voir :
« Au Rédacteur du « Journal des Débats », feuilleton du 30 mars 1825.
« Monsieur, « En lisant le cinquième volume (1) de « l'Hermite
(1) Ce cinquième volume de « l'Hermite en province », in-12, a été publié en décembre 1824, et annoncé dans la « Bibliographie de la France ». du 18 décembre 1824, sous le n« 6654.
269 HERMTTE EN PROVINCE
en province » par M. E. Jouy, édition 1825, j'ai remarqué an n* 92, intitulé : « Ferncy-Voltaire », deux erreurs de fait offensantes pour la famille de M. le marquis de Villette, avec lequel je suis Hé depuis plusieurs années. Je crois devoir les redreseer.
1° Dans une note au bas des pages 390 et 391 (1), M. E. Jouy pose en fait que Mlb de Varicourt, que Voltaire avait surnommée belle et bonne, a été dotée par lui de 50,000 écus lors de son mariage avec feu M. le marquis de Villette. Ce fait est inexact (2). H* de Varicourt devait entrer dans un couvent ; Voltaire ayant eu l'occasion d'apprécier le cœur, les grâces et l'aimable caractère de cette jeune personne, obtint de ses parents la faveur de la confier aux soins et a l'amitié de M«°« Denis, sa nièce. C'est ainsi qu'il conserva à la société nue femme qui s'y est fait remarquer par les charmes de sa personne, les grâces et l'éclat de son esprit.
L'amitié la plus vive unissait M. de Voltaire et M. le marquis de Villette, qui jouissait alors d'une immense fortune (3). Ce dernier vit à Ferney M"» de Varicourt, l'aima, en fit la demande à ses parents, qui la lui accordèrent Hais Voltaire ne la dota point ; il avait le tact trop exquis pour en faire même l'offre, sachant combien, par une offre de cette nature, il aurait blessé tout k la fois le noble désintéressement de son ami et la délicatesse d'une famille distinguée et honorable. Voltaire n'a donc pas été le bienfaiteur de M11* de Varicourt, mais son protecteur et son ami, mais l'homme excellent auquel elle a dû le bonheur de son union avec un époux qu'elle a tendrement aimé jusqu'à la mort, et naturellement Voltaire a dû entrer en partage de ce sentiment dans le cœur de M11* de Varicourt.
Déjà feu M. le marquis de Villette a réfuté dans le temps cette assertion, et j'ai vu entre les mains de monsieur son fils l'original de la lettre qu'il fit insérer dans les journaux d'alors.
(1) Le « Journal des Débats » du 30 mars 1825 lait un renvoi aux pages 390 et 391. C'est une erreur; c'est à la page 290 qu'il eût fallu faire le renvoi. Il n'y a pas de pages 390-391 dans le cinquième volume de « l'Ermite en province ». (Paris, 1825, in-12); ce volume n'a que 323 pages, avec la table.
(2) La rectification du « Journal des Débats » est du 30 mars 1825. Eh bien, Jouy, qui a profité, comme on va le voir, de deux observations du « Journal des Débats », n'a point voulu rectifier ce qu'il avait dit de la dot de cinquante mille écus. Ce (ait, qualifié d'inexact par le c Journal des Débals », se trouve répt' Lé textuellement dans le tome X, p. 440, des « Œuvres de Jouy >. Le titre de ce dixième volume porte la date de 1823 ; mais il a été publié en septembre 1825, c'està-dire pottérieurement de cinq mois à la réclamation du « Journal des Débats », ainsi qu'on peut le voir dans la c Bibliographie de la France », qui a annoncé le tome X des « Œuvres de Jouy » dans son numéro du 3 septembre 1825, sous le n° 4913.
(3) t Toute la correspondance de Voltaire et de M. le marquis de Villette prouve celte amitié, et pourtant M. le marquis de Villette n'esl pas mis au nombre des amis de Voltaire dans la liste qu'en a faite M. E. Jouy à la fin de son article. » (Note du feuilleton du * Journal des Débats », du 30 mars 1825). Jouy a profité de cette observation dans le tome X (1823, publié en septembre 1825) de ses Œuvres complètes, page 460, on se trouve le nom de Villette.
La terre de Ferney est tombée en héritage à Mm* Denis, nièce et unique héritière de Voltaire. M. le marquis de Villette père en fit l'acquisition ; mais les pertes énormes qu'il essuya ensuite par la faillite Rohan- Guéménée et autres l'obligea à la revendre. On voit dans sa correspondance combien de regrets lui coûta ce sacrifice.
2<> Dans une autre note, pages 301 et 302, on lit ce qui suit : « Depuis la mort de cette dame (Mme la marquise de Villette), on assure que la boîte de vermeil qui renferme le cœur du meilleur et du plus grand des hommes est reléguée dans une armoire avec quelques vieilles pièces d'argenterie destinées à être quelques jours vendues au poids. »
Cette dernière assertion (1), aussi aventurée et aussi inexacte que les autres, doit blesser plus particulièrement M. le marquis de Villette fils. Ce jeune homme né se permet pas de juger les doctrines philosophiques de Voltaire, mais il l'admire dans les œuvres qui ont assuré l'immortalité â ce rare et brillant génie ; il le vénère comme l'homme bon, comme l'ami de son père, comme le protecteur délicat de sa mère et l'auteur de leur bonheur commun. Peut-on supposer qu'avec de semblables sentiments, M. le marquis de Villette fils n'attacherait aucun prix à la possession de la boite de vermeil ! ! ! Combien cette erreur est grande 1 1 La preuve en repose 6ur des faits bien faciles à vérifier ; les voici :
N'étant plus propriétaire de la terre de Ferney, où devaient naturellement reposer les restes de Voltaire, M. le marquis de Villette fils les a tous religieusement réunis dans sa belle terre du Plessis-Villette, située à quinze lieues de la capitale, près Ponl-Sainte- Maxence. La nouvelle bibliothèque du château est en quelque sorte consacrée an chantre illustre de Henri IV : là se voit la statue de ce grand homme, exécutée par Desenne, et restaurée par M. Lesueur. Elle est posée sur un piédestal en bois des lies ; sur la face gauche de ce piédestal est une couronne de lauriers ; sur la face droite une couronne de myrte, l'une et l'autre surmontées de l'étoile de l'immortalité. Sur le devant est une auréole étoilée, au centre de laquelle est écrit :
Son esprit est partout, et son cœur est ici.
Dans l'intérieur du piédestal est le cœur, renfermé dans une boite de vermeil et déposé dans un petit coffret d'acajou et d'ébène garni au dedans de satin violet foncé et de parfums. Sur ce petit coffre est un coussin qui supporte la couronne décernée à Voltaire au Théâtre-Français, lors de la représentation de sa tragédie « d'Irène ». Dans un compartiment supérieur, sont placées des lettres manuscrites, dont plusieurs sont inédites. Au-dessous du petit coffre et dans une espèce de tiroir, on a conservé la robe de chambre en soie dont Voltaire était revêtu la dernière année de sa vie, lorsqu'il a reçu les hommages de toute la capitale (2). A
(1) Cette assertion se trouve, ainsi que l'a indiqué le < Journal des Débals *, aux pages 301-302 de « l'Henni te en province », t. X, 1825, in-12. Mais Jouy l'a fait disparaître du dixième volume de ses c Œuvres complètes. » (Paris, in-8, 1823, publié comme je l'ai dit, en septembre 1825). On ne la trouve pas à la page 449. Pourquoi donc, dans l'édition de ses Œuvres, Jouy n'a-t-il pas également rectifié le lait inexact de la dot de cinquante mille écus?
(2) « Ce piédestal et ses ornements en bronze ont été exécutés sur les dessins et sous la direction de