‹ Les supercheries littéraires dévoilées (volume 2)Chapitre 543 sur 1082 · VIII. M. F. DE LA MENNAIS JOURNALISTE. (N°CLXVI · texte numérisé non relu

VIII. M. F. DE LA MENNAIS JOURNALISTE. (N°CLXVI

179. Esprit de MM. de Chateaubriand, Bonald, La Mennais, Fiévée, Salaberry, Labourdonnaye, Caslelbajac, d'Herbouville, O'M.ihony, Martainville, Jouûïoi, Sarran, etc., ou Extra'. îs de leurs ouvrages politiques et périodiques depuis la Restauration jusqu'à ce jour. (Parle baron Satgé.) Parti, A. Ecran, 1819. in-8, 3 fr. 50 c.

180. Nouveau Coup-d'œil sur le « Mémorial catholique »; par un ancien grand-vicaire (M. l'abbé Clausel de Coussergues, conseiller au conseil de l'instruction publique, vicaire-général de Beauvais). Pari», Adr. Leelèrt et Camp., 1887, in-8 de 53 pages., 1 Ir. 85 c.

181. Encore un mot sur le i Mémorial et ses doctrines subversives de la Miné philosophie et de la foi »; par M. l'abbé Craustl de Couslfergues, tMseilter »■ conseil d'instruction publique, vtealrr-gtiiéral de Beau-

vais. Paris, Adr. Leelèrt, 1887, in-8 de 60 pages, 1 fr. 35 c.

182. Le Mémorial catholique, la Société catholiqae et l'Encyclopédie catholique ne font qu'un, ou Justincation d'un écrit intitulé : « Encore un mot sur le Mémorial », etc.; par M. l'abbé Clausel de Coussergues, conseiller au conseil royal de l'instruction publique, vicaire-général de Beauvais. Pari», Adr. Leclère, 1837, in-8 de 56 pages, 1 fr.

183. Réflexions diverses sur les écrits de M. l'abbé F. de LaMenna,is, et sur le « Mémorial »; par un ancien grand-vicaire (M. l'abbé Clausel de Coussergues, membre du conseil royal de l' instruction publique). Pari», de l'impr. d'Adr. Leclère et Comp., 1826, in-8 de 55 pages., 1 fr. 50 c.

Dans un court Avertissement placé en tète de cet écrit, l'auteur dit :

En publiant nos c Dernières Observations sur l'ouvrage de M. de La Mennais et sur les écrits de ses apologistes », nous avions cru terminer nos débats avec MM. du « Mémorial ». Nos espérances ont été trompées. Dans le numéro du mois de septembre qui vient de s'écouler, trois de nos adversaires répondent tour à tour, et chacun à sa manière, à nos c Observations ». Toutefois, il est probable que nous n'aurions opposé que le silence à leurs interpellations un peu rudes, si d'autres considérations ne nous avaient fait nn devoir de reprendre une tâche que nous croyions achevée. Plusieurs archevêques, qui ont eu la bonté de lire nos « Observations » avec une bienveillance et un intérêt que nous rapportons entièrement à la cause que noas avons essayé de défendre, nous ont fait l'honneur de nous écrire pour nous témoigner le regret que ces < Observations » fussent les « dernières », et en nous engageant à continuer un travail qu'ils ne jugent pas inutile, ils ont bien voulu nous indiquer quelques points de cette controverse que nous n'avions pas encore développés. De tels suffrages font oublier facilement l'amertume de quelques écrivains, et nous faisons volontiers à des conseils honorables le sacrifice de nos propres pensées et de notre répugnance.

« Le titre des « Dernières Observations » , que portait notre dernier écrit, nous a déterminé à donner celai de « Réflexions diverses » à ces nouvelles remarques. MM. du c Mémorial » ne verront peut-être dans ce changement qu'une distinction subtile, mais nous espérons qu'elle nous sera pardonnée par tous ceux qui ont lu avec quelque satisfaction nos précédents écrits ».

184. De M. de La Mennais et de son journal « l'Avenir ». — Impr. dans la « Revue de Paris », tome XXII (1831).

185. Courte Réponse à M. de Chateaubriand, avec un mot à M. de La Mennais. (Par M. le comte Desnos). Paris, de l'impr. de Déthune (vers 1831), in-8, 8 p.

Contre les doctrines de « l'Avenir » .

L'exemplaire que nous avons tenu entre les mains a de plus, à la fin, un feuillet non paginé, extrait en grande partie de « l'Origine des sociétés », etc., de M. l'abbé Thorel.

180. Lettre encyclique de notre saint-père le Pape Grégoire XVI a tous les patriarches, primats et archevêques. Rome, le 18 septembre 1838. Paris, libr. d'Adrien Leclère et Comp., 1838, in-8 de 89 pages.

Contre les doctrines de « l'Avenir ».

187. Lettre encyclique (nouvelle édition) et Brefs de notre saint-père le Pape Grégoire XVI. — Circulaire de M. l'évêqne de Rennes et Lettres d> M. de Là Mennais: fort*, de ïimpï. t'Ad*. Letièreet Cémp., 1833, in-8 de 79 pages.

LA MENNAIS

LA MENNAIS

Sur le recto du deuxième feuillet de cette seconde édition/ on lit la note suivante :

« On a cru ntile de recueillir toutes les pièces officielles relatives à une affaire qni occupe beaucoup, en ce moment, le public religieux ; on donne ces pièces dans leur ordre naturel et sans réflexions. On a seulement ajouté une note après les lettres de M. de La Mennais».

188. Quelques Réflexions sur la lettre encyclique. (Extrait de la < Revue européenne »). Paru, de l'impr. de Bé thune, s. d., gr. in-8 de 26 pages.

Sur la ligne politique suivie par c l'Avenir * , condamnée par la Cour de Rome. «

189. A M. de La Mennais; par H. de La Rochejacqnelein. Paris, 28 avril 1848. Paris, de l'impr. d'A. René, 1848, in-8 de 8 pages.

Réponse à quelques articles violents du « Peuple constituant > contre les légitimistes, que, dans sa bonne foi, H. de La Rocbejacquelein affirme n'exister qu'à l'état imaginaire de parti.

190. Un Evangélisant. — Imprimé dans le « Corsaire * du 7 juillet 1848.

Article trop spirituel, et d'ailleurs très court, pour que nous résistions à le donner ici.

c Voilà l'ex-abbé La Mennais qui met décidément v le Peuple constituant », journal socialiste, au dessus de l'Evangile ».

€ L'Evangile est un petit livre qui obtint autrefois à son apparition une certaine vogue ; il eut douze éditeurs, nommés apôtres, qui le répandirent dans le petit Unirers alors connu. Ces éditeurs furent décapités ou crucifiés à cause de ce livre, ce qui n'est jamais arrivé encore an gérant du journal de M. La Mennais, ni à M. La Mennais loi -même »

m Chez les Corinthiens, les Galates, les Epbésiens, les Alexandrins, le petit volume fut tiré à un nombre inooï d'exemplaires. Des légions romaines qu'on appelait la Foudroyante et la Victorieuse, ayant pour colonels Maurice et Victor, se firent massacrer pour l'Evangile. Jamais succès pareil. Homère fut éclipsé ». « Entre antres choses remarquables, ce livre disait : Celui qui s'abaisse sera exalté, celui qui s'élève sera abaissé. — Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais point qu'il te fût fait. — Heureux ceux qui souffrent, parce qu'Us seront consolés. — Aime* Dieu et votre prochain, voilà la loi et les prophètes. »

m L'ex-abbé La Mennais arrive mil huit cent quarante-noît ans après l'Evangile, et publie le « Peuple constituant » , feuille socialiste adressée nécessairement au peuple. 11 y a cette différence pourtant que l'Evangile des apôtres se délivre gratis dans les églises, et que le « Peuple constituant » se vend 24 fr. par an. Aussi, le penple ne balance pas un instant : il va écouter l'Evangile à Saint-Eustache ou à Notre-Dame, et il achète pour 34 fr. de pain, de viande et de vêtements. Il n'y a pas encore de journal qui vaille cela » .

m L'ex-abbé de La Mennais est nn homme de talent et de style, qui parait garder un ressentiment profond de ce qu'on ne l'a pas nommé pape. »

« C'est pour cela qu'il s'est jeté dans toutes les fureurs de la démagogie, et qu'il publie un Evangile socialiste an prix de 24 fr. par an. »

« On trouve de tout dans cet Evangile, excepté une parole évangélique. Toute phrase y récèle l'inimitié. Point d'alinéa qui ne demande que l'aristocratie soit jetée en pâture aux bêles du Cirque. Des forcenés qui Tiennent d'ensanglanter la ville et de remplir Paris d'orphelins. M. de La Mennais en fait des anges parée de blanches ailes ».

c Chose bizarre 1, dans l' incroyable Evangile dont nous parlons, quand on vient à lire le mot de pardon, il se trouve placé immédiatement auprès de celui de haine. — Pardon pour les insensés qui ont organisé les ouvriers des faubourgs en hordes assassines, haine à ceux qui les ont contraints à mettre bas les armes I Ceiut-là n'ont ni cœur, ni entrailles, ni pitié, ni conscience, ni sentiments d'humanité ; il est évident qu'ils ne demandent que l'effusion du sang, — du sang des ancres ».

« Ils osent invoquer la voix de la ju£t:.ce : c'est une cruauté inqualifiable ; ils ne craignent pas de dire que celui qui a tiré sur la milice citoyenne est un parricide : c'est un indice de férocité peu commune, — ils soutiennent qu'on doit éloigner à jamais de r. js murs les braves gens qui ont coupé les bras des gardes mobiles, à l'aide de couperets, et qui ont mutilé lo i.rave général Bréa ; c'est attentatoire à la liberté des opinions ».

c Telle est pourtant la thèse ' range soutenue par l'ex-abbé depuis le 29 juin. Il fau cependant que M. de La Mennais le sache, il n'y a pas le forme ni de style qui puisse jamais faire tolérer des idées si contraires à la morale publique et à la loi divine » .

Le « Peuple constituant » a donné lieu à un grand nombre de sévères et justes critiques. Parmi ces critiques, nous choisirons encore la suivante, que nous tirons du petit journal intitulé : le « Paysan du Danube», juillet 1848. Elle renferme un portrait peu flatté de M. de La Mennais, et pourtant très ressemblant.

191. L'abbé de La Mennais. « Entre tous les prêtres, voilà certainement le prêtre le plus bilieux, le plus haineux, et conséquemment le moins chrétien de toute la chrétienté.

€ An milieu du raie du « Peuple constituant »,bier, dans les contorsions de la rage du désespoir, il a, comme un pécheur endurci qui expire dans l'i m pénitence, lancé à la face de tous la menace, les imprécations et l'anathème.

« Mais que veut donc enfin cet homme ?

« Après avoir prêché la suprématie de Rome, il a insulté la papauté ; — Après avoir proclamé la légitimité, le plus pur rayonnement du pouvoir divin sur la terre, il Ta reniée et flagellée.

* Après avoir exalté la souveraineté du peuple, le voilà qui s'insurge contre la suprême volonté de tous ; il ameute contre la société la partie troublée de la nation; il soulèverait des plus bas fonds du bourbier parisien, des sentines les plus impures de l'égout populacier, les ex-pensionnaires et les hôtes du bagne, les voleurs de profession, les sicaires à la solde de tous les partis, les lépreux et les pestiférés dont l'aspect dégoûte ou le contact est mortel ; enfin, il soufflerait volontiers dans tous les cœurs gangrenés et malades la haine qui déborde du sien.

« Et quelle peut-être l'espérance de cet homme? quels sont ses desseins? qu'il le dise 1

« Lui appartient-il de prolester contre la violation d'un droit, lui qui n'a jamais su accomplir un devoir ?

f Prêtre, par quel grand ou simple exemple a-t-il prêché?

« Il a scandalisé l'Eglise par ses déportements, et l'Eglise lui a interdit l'approche du sanctuaire.

« Citoyen, quels signalés services a-t-ll rendus & l'Etat?

« Au nom d'une liberté sans bornes, d'une égalité chimérique, d'une fraternité qui n'est pas dans son cœur, il a promené sur ht société la torche de l'incendiaire ; et aujourd'hui que celle torche lui est arrachée de la main, et qu'il désespère de Voir réaliser son aborillnablé

LA MENNAIS

LA MENNAIS

rêve, il lance contre l'ordre et la société les plus fongueuses imprécations.

« Honte éternelle à ce prêtre dont l'âme fnt en tons les temps sans amour et sans charité 1 Honte éternelle à l'écrivain dont la plume a toujours distillé le fiel et la haine, et qui a établi sur la désolation et le deuil les fondements impies de son effroyable popularité.

« N'en doutons pas, un jour, ce nouveau Mathan, dans l'épouvante de son passé et dans l'effroi de son avenir, dira, comme le prêtre de Baal :

Au comble de ma gloire, Du Dieu que j'ai quitté l'importune mémoire Jette au fond de mon âme une sombre terreur ; Et c'est ce qui redouble et nourrit ma fureur. Heureux, si, sur son temple achevant ma vengeance, Je puis convaincre enfin sa haine d'impuissance, Et parmi les débris, le ravage et les morts, A force d'attentats perdre tous mes remords !!1 »

Pr. P.

192. Grand procès fait au « Peuple constituant ». La République du bon sens. Paris, Alex. Pierre, 1848, in- fol. de 2 pages à 3 colonnes.

Ecrit qui porte le nom de l'abbé de La Mennais, mais qui n'est pas de lui.

Ce canard a été reproduit huit jours plus tard, sous le titre de « la Colère de M. de La Mennais. Paris, .Alexandre Pierre et Cie, in-fol. d'une demi-feuille à 3 colonnes.

193. Lettres parisiennes. La Semaine des cautionnements. A M. La Mennais. Avec cette épigraphe : Tombe, tombe, feuille éphémère. Millev. 25 juillet 1848. Paris, Lévy, éditeur, rue du Cadran, n° 15, 1848, in-fol. de 2 pages à 3 colonnes.

Signé Carloman.

C'est une feuille volante, très bonne à conserver ; aussi la reproduisons-nous ici. Elle renferme une appréciation du caractère de M. de La Mennais, qui n'est malheureusement que trop juste.

« Parmi les feuilles nombreuses dont le mois de juillet a été le dernier mois d'automne, venait certainement en première ligne, par son éloquence épileptique, celle enrichiede votre collaboration, le « Peuple constituant », qui, martyr du cautionnement, a trouvé du moins dans la solennité de sa mort une compensation 1 la brièveté de sa vie.

t Faisant une spéculation morale, tant sur l'attention religieuse qu'on accorde toujours aux dernières paroles d'un mourant que sur le charlatanisme d'un encadrement noir, vous aviez réservé, pour le numéro de ce journal in extremis, votre venin le plus subtil, vos menaces les plus furieuses.

« La spéculation a été bonne, dans un sens ; tout Paris a lu vos sinistres adieux, qui, s'ils ne vous ont pas fait des prosélytes, vous ont récolté d'innombrables malédictions.

« Et pour vous, récolter des malédictions, c'est faire une heureuse moisson, puisque c'est donner, par réciprocité, un débouché au fiel que renferme votre coeur.

« Il est vrai que pour détester et maudire vous n'avez pas besoin de motifs.

« Comment votre cœur seul peut-il suffire à contenir tant de haine ? Ne déborde-t-il pas de trop plein? Ne craignez-vous pas que, se brisant, toute votre fortune vous échappe? Car la haine est votre trésor, et, vous le savez, on meurt de rage et de colère.

c Qui donc vous a assuré que la faculté de haïr vous sera donnée dans un autre monde ?

f Votre enfer à vous serait d'aimer et de pardonner-

« Mais quel est donc votre but ? Où voulez-vous en venir?

t Seriez-vous l'un des adeptes de cette secte nouvelle, qui, voulant s'é tablir sur les ruines de la Civilisation et les décombres des villes, demande l'abolition de U famille et l'anéantissement de la propriété?

« Prêtre, vous avez tenté de saper le Catholicisme ; citoyen, voudriez-vous renverser la Société ?

f La Société vous repousserait comme l'Eglise vous a chassé.

c Votre dernier cri est celui du tigre muselé ; c'est l'expression suprême de la rage qui se sent maîtrisée.

« Pendant vos nuits fiévreuses, sans tranquillité pour le présent, sans espérance pour l'avenir, cherchant ea vain le sommeil qui vous fuit, ne vous est-il jamais arrivé de jeter un long regard vers le passé et d'arrêter votre pensée sur le jour où, n'écoutant que les conseil! d'un orgueil indomptable, vous refusâtes de courber la tête sous la censure du pasteur dont, prêtre, vous aviez reconnu la domination indiscutable?

« C'est de ce jour de première humiliation que datent vos premiers pas dans les sentiers perdus.

« N'avez- vous pas souvent relu, avec des larmes peutêtre, cette bulle qui, vous frappant d'interdit, tous chasse du giron de l'Eglise qu'après quinze ans d'études vous aviez adoptée comme la seule véritable?

« Lorsque dans le fiel de votre cœur vous élabore! ces écrits, semant la discorde, prêchant la vengeance, respirant la haine, vous souvenez-vous que ce cour avait juré de n'avoir que des pensées de paix et de charité ?

« Et dans cette main qui trace les lignes dictées par le cœur, voyez-vous la main qui tenait l'hostie consacrée, symbole de pardon et d'amour?

« N'est-ce pas que la pente est rapide, qu'une fois engagé dans le labyrinthe des erreurs, n'ayant peur conducteur que l'orgueil, il est bien difficile de retrouver le droit chemin? Tout pas fait en avant est une impossibilité de plus au retour à la lumière, et à chaque pensée d'un pas en arrière votre guide vois crie : En avant, marche, marche toujours!

« Que votre âme hautaine a dû sonffrir de sa première humiliation, pour vous avoir ainsi amené d'échelons en échelons, de chutes en chutes, où vous en êtes aujourd'hui ! '

« Vous êtes à plaindre ! vous l'êtes d'autant plus que vous reconnaissez la main de Dieu, qui, pour confondre votre orgueil, vous a frappé de vertige, car vous n'êtes pas tellement atteint de cécité que, pour vous, lumières et ténèbres soient une seule et même chose.

c Votre lucidité fait votre première douleur ; vient ensuite votre isolement, qui déchire votre cœur eu abaissant votre esprit.

c Quoi! avec votre éloquence sublime, votre génie incontestable, vous ne trouvez pas une tente où tons réfugier, vous n'avez personne qui veuille accepter a part de l'anathème que le monde entier vous jette d'une seule voix !

« Où sont vos partisans, vos amis, vos coreligionnaires?

« Vos partisans! Existe -t- il en France un drapeau portant pour devise : Félonie et Mensonge f

« Ne reniez-vons pas hautement ces quelques utopistes sans talent, ces prétendus socialistes sans idées, ces théoristes sans pratique, qui, à l'aide d'un gilet à la Robespierre, d'un visage & tous oins et d'une ww enflée, pensent se rendre importants en jouant aa Croquemitaine?

LA MENNAIS

LAMENNAIS

« Vos amis I le cœur voué à la haine peut-il s'ouvrir à l'amitié?

« Vos coreligionnaires 1 Prêtre renégat, vous êtes-vous lait juif oo mahométan ?

• Entendez-vous cette voix venant de la Judée, traversant dix-huit cents ans, et criant : Qu'il soit crucifié I... C'est la voix du peuple juif se ruant sur l'Homme- Dieu, garrotté et sans défense.

« Voyez-vous cette caravane nombreuse se rendant à la Mecque? C'est la tribu de Mahomet, allant pieusement se prosterner devant la tombe du maître.

< Mêlez donc votre voix à la voix ou joignez-vous à la caravane ; au moins, en religion, vous compterez pour quelque chose, tandis qu'aujourd'hui, chrétien sans foi, catholique excommunié, prêtre sans ministère, vous êtes la négation de toute croyance, car, novateur hardi, vous n'avez pas la prétention de fonder une religion ; les Luther et les Calvin de notre siècle se nomment Chàtel et Jean Journet.

« La crainte du ridicule vous retiendrait! puis, votre mission est de démolir et non d'édifier.

« Porté par le suffrage populaire sur les bancs de l'Assemblée nationale, qu'avez-vous fait pour justifier la confiance que les électeurs avaient mise en vous?

« Sur quelle question obscure aves-vous fait jaillir la lumière?

« Quelle innovation heureuse avez-vous proposée? Vous ne vous abusez pas à ce point de croire que ce sont les sympathies pour vos opinions actuelles qui vous ont valu l'honneur de représenter le peuple ; non, vous le savez, la plupart des électeurs n'ont vu en vous que l'homme éloquent, l'esprit supérieur qu'on espérait voir sortir des utopies irréalisables, pour se vouer aux développements des principes dont l'application était devenue possible.

v Arrive le jour des nouvelles élections, et il vous sera facile de compter ceux de vos clients que la ligne de conduite suivie par vous aura satisfaits.

« Les électeurs seront d'autant plus exigeants que le mandataire était plus éminent, et c est en raison de ce qu'on attendait de l'homme que le représentant sera

v Que parlez-vous de boucherie organisée par des conspirateurs monarchiques? Les organisateurs véritables de la lutte sanglante qui a désolé la France, ne les connaissez-vous pas?

c Ce sont ces hommes au cœur haineux, à la plume vénéneuse, qui, abusant de leur éloquence, se plaisent à torturer les âmes faibles par l'exhibition des maux souvent imaginaires, les réduisent au désespoir, les font se jeter sur une armée et courir à la rue, non pour se foire une vie meilleure, mais pour tuer, et se ▼enger contre la Société, qui n'est pas coupable des maux qu'elles n'ont pas soufferts.

c A Dieu ne plaise qu'optimiste satisfait, je veuille nier le malheur et la souffrance ; mais c'est par l'esprit ulcéré et non par le cœur malade que s'arme la main.

v A qui s'adressent vos dernières menaces? Quels sont les traîtres que vous voulez effrayer du charnier où pourrissent lei âmes cadavéreuses, les consciences mortes!

* En traîtrise, vous devez être expert ; il y a loin, ce me semble, du camp du « DRAPEAU BLANC » à la tente du parti du « PEUPLE CONSTITUANT, » et ce n'est pas sans félonie qu'on passe ainsi d'un parti à un antre, avec armes et bagages.

c Singulière existence que la vôtre! Votre âge mûr i toutes les croyances, toutes les sympathies de

votre jeunesse ; votre vieillesse, à son tour, rejettera au loin tous les songes creux de l'Age mûr; mais alors où ira-t-elle chercher un aliment nouveau pour la galvaniser et lui rendre cette vie factice et nerveuse dont votre âme a besoin? Reprendrez- vous en entrant dans cette jeunesse de la tombe le bagage de sentiments laissés au seuil de l'âge mûr? vous sooviendrez-vous de vos premiers serments; vos premiers sentiments se retrouveront-ils, enfouis qu'ils sont au fond de votre cœur?

« J'oubliais... Vous ne pouvez reculer.

< Deux hommes que vous auriez dû compter pour frères, l'un par le sacerdoce, l'autre par le génie, viennent de mourir (1) : quelles noires réflexions, quels tristes retours sur vous-même n'avez-vous pas à faire en présence de ces tombes glorieuses? Celle-ci est celle d'un prêtre mourant victime de sa charité chrétienne, celle-là est celle d'un poète expirant fidèle à ses premiers serments, à ses premières convictions.

« Ne donneriez-vous pas les jours qui vous restent à vivre pour l'une de ces deux tombes?

« Votre conscience dit : oui.

« Votre orgueil criera : non,

« Peut-être cette Lettre se glissera-t-elle jusqu'à vous, Monsieur ; peut-être, à la vue de la signature, vous drapant dans votre superbe indifférence à l'égard de tous ceux que la célébrité n'a pas marqués de son auréole, la rejetterez-vous sans la lire.

« Peut-être, au contraire, voyant au sommet de la feuille votre nom écrit en grosses lettres, serez-vous curieux de savoir ce qu'un homme qui vous est parfaitement inconnu, et qui ne peut avoir aucun motif personnel pour vous louanger ou vous blâmer, pense et dit de vous.

« Ma critique, je ne m'abuse pas, vous paraîtra de mauvais goût, et mon langage peu parlementaire. Que voulez-vous? Peu accoutumé aux fleurs de la rhétorique, je ne connais qu'nn moyen pour me faire comprendre, c'est de dire, en termes reconnus par le vocabulaire ou adoptés par l'usage, ce que je veux faire savoir.

t Mon but sera atteint aujourd'hui, si mes lecteurs, donnés par le hasard, comprennent que, méprisant le prêtre renégat, condamnant le citoyen traître à ses principes et à la Société, blâmant le représentant infidèle a son mandat, je m'incline avec respect devant l'homme de génie dont la magnifique intelligence, malheureusement au service de l'erreur, n'en est pas moins un don de Dieu détourné de sa première destination ».

Carloman.

Paris, le 25 juillet 1848.

Nous terminerons ici notre liste des ouvrages et écrits pour, contre et sur les opinions émises par M. de La Mennais en matières de Religion, de Philosophie et de Politique. Son étendue a beaucoup dépassé les limites que nous avions arrêtées, et pourtant notre travail est loin d'être complet. Combien de critiques, dues à de dignes ecclésiastiques et d'honorables savants, ont été insérées dans les recueils religieux, tels que ceux-ci : r l'Ami de la Religion, » la c Chronique religieuses, les ■ Tablettes du clergé » , le c Mémorial catholique » , qui comptaient au nombre de leurs rédacteurs ordinaires des hommes aussi distingués que les Grégoire, les Lanjuinais, les Tabaraud, etc.; la « Revue protestante *

(1) L'archevêque de Paris (Aire) et Chateaubriand.

LA MENNAÏS

LAMENNAIS

et sci tout le « Semeur », autre recueil protestant, qui s donné dix à douze articles sur les ouvrages de M. de La Mennais ; dans les recueils philosophiques, et jusque dans les feuilles rendant quotidiennement compte des conquêtes et des aberrations de l'esprit humain. Nous passons tontes ces indications sous silence, parce que leur recherche et leur citation nous eussent contraint à dépasser une mesure de temps et de place déjà assez bien remplie. Néanmoins, à la table des critiques de M. de La Mennais, nous avons encore cité quelques opuscules particuliers que nous n'avons connus que tardivement.

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