‹ Les supercheries littéraires dévoilées (volume 2)Chapitre 559 sur 1082 · I. Histoire de Tertuliien et d'Origène · texte numérisé non relu

I. Histoire de Tertuliien et d'Origène

Paris, Lambert Roulland, 1675; Lyon, J.

Cette, 1691, in-8.

H. Les Vies des Saints et Saintes, tirées des PP. de l'Eglise et des auteurs ecclésiastiques. Paris, Le Petit, 1686, 2 vol. in-4.

L'auteur n'a donné qne les mois de janvier cl de février. A. A. B— r.

LA MOTTE (le sieur de), ps. [le P. Jean- Louis, d'Amiens].

L'Atlas des Temps, ou Chronologie. Paris, 1683, in-fol.

Voy. le Catalogne de Giraud, p. 30.

On trouve le nom masqué dans la liste de Baillet. Je dois observer cependant que l'exemplaire qne possédait la Doctrine chrétienne renfermait les noms de l'auteur sans masque, soit dans le privilège, soit dans les approbations. A. A. B — r.

LA MOTTE (M"e de), ps. [M»e Latour

DE FhANQUE VILLE] .

Jean-Jacques Rousseau vengé par son amie, ou Morale pratico-philosophico-encyclopédique des coryphées de la secte.

Au temple de la Vérité (Hollande), 1779, ir>8, 72 pag.

On trouve dans ce volume :

1* Lettre d'un anonyme à un anonyme, ou Procès de l'esprit et du cœur de If. d'Alembert;

2° Lettre à M. Fréron, par madame de La Motte ;

3° Lettre de madame de SaintrG*" à M. Fréron.

Madame de la Tour s'est cachée sous ces différents masques.

Ces lettres ont été insérées dans le trentième volume des « Œuvres > de J.-J. Rousseau, édition de Genève, 4782, avec d'autres opuscules de madame de Franquevitle. A. A. B — r.

LA MOTTE DE LA PENISSIÈRE (Jeanne de Valois de Saint-Rem y de Luze, comtesse de), apocr. [le baron d'AGioirr].

Mémoires de la comtesse.de Valois de Lamotte, écrits par elle-même. Paris, Recoules. 1848, 2 vol. in-8.

II existe sous le nom de celte comtesse des Mémoires infinies contre Marie-Antoinette, qu'on dit authentiques. (Voy. la 9 France littéraire », article La Motte). L'ou-

vrage de 4848 n'est pas une réimpression de celui de 1791, dont l'édition tout entière fut brûlée dans les fours de la manufacture de Sèvres, le 30 mai 1792.

Bien des écrits, soit synonymes ou anonymes, ont été publiés pour et contre cette misérable femme, qui s'est fait un nom fameux dans l'affaire du collier.

Un amateur a autrefois réuni toutes les pièces qui ont été publiées à l'occasion de l'affaire du collier, dans laquelle la fameuse comtesse de La Motte a été la principale actrice ; il en a formé un recueil pour lequel il a fait imprimer des frontispices et des tables. Ces nombreuses pièces sont réunies en 4 volumes in-8, sous le litre de « Collection complète des pièces relatives à l'affaire du collier ». Paris, 1786.

Si nous ne nous trompons, cet amateur doit être un homme qui, depuis 1786, s'est fait connaître dans les lettres par des romans, Jean-Cbarles-Vincent de Belle d'Etienville, gravement impliqué dans ceUe sale affaire. Il a écrit quelques notes sur plusieurs des factums qui composent la collection formée par lui. Ce recueil, qui est peut-être unique, est aujourd'hui la propriété de M. Xavier Marinier, qui a bien voulu nous le communiquer. Nous en donnons ici la composition afin de parfaire les indications qui concernent la susdite comtesse de La Motte.

1° Mémoire instructif, remis à S. M. la reine le 18 mai 1785 par les sieurs Bohmer et Bossinge. Avec les Plaintes du procureur-général et autres pièces relatives à l'affaire du collier. S. I., 1786,24 pages.

Les pièces qui se trouvent à la suite de la Plainte et Réquisitoire de M. le procureur-général, sont un Mémoire instructif sur la connaissance de madame la comtesse de Valois avec les sieurs Bohmer et Bossange, et une lettre contenant la déposition de madame la comtesse Du Barry.

2» Lettre a l'occasion de la détention de S. E. M. le cardinal de Rohan à la Bastille, S. I. , 1785, 24 pages.

3° Coup-d'œil philosophique à l'occasion de M. le cardinal de Rohan, avec des notes essentielles. 1785, de 1 4 pag.

4° Mémoire fait pour dame Jeanne de Saint-Remi de Valois, épouse du comte de La Molle, pour l'affaire du fameux collier; par Doillot, avocat. Paris, ltB5, de 71 pag.

5° Mémoire pour le comte de Cagliostro, accusé, contre M. le procureur-général, accusateur ; en présence de M. le cardinal de Hohan, de la comtesse de La Motte et autres co-accusés. Paris t de l'imp. de Lottin Vaine et Lottin de Saint-Germain, 1786, de 63 pages.

6° Requête au Parlement, les chambres assemblées, par le comte de Cagliostro, signifiée à M. le procureurgénéral, le 24 février 1786; pour servir d'Addition an Mémoire distribué le 18 du même mois, à nosseigneurs de parlement, les chambres assemblées. Supplie humblement Alexandre, comte de Cagliostro, au nom et comme mari et exerçant les droits de Séraphina Félirhiani, son épouse, disant qu'il y a tout lieu d'espérer que le premier sénat de France ne rejettera pas la requête d'un étranger qui demande la liberté de son épouse expirante dans les cachots de la Bastille, 7 pages.

7° Mémoire pour Jean-Charles-Vincent de Bette d'Etienville, bourgeois de Saint-Omer en Artois, accusé ; contre le sieur Vaucher, marchand horloger, et le sieur Loque, marchand bijoutier à Paris, plaignants. (Défense aune accusation d'escroquerie. Mémoire à consulter

LA MOTTE

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et Consultation). Parit, de l'impr. de l. Cellot, 1786, (j de 56 pages.

8© Mémoire (second) à consulter et Consultation, sur la défense à une accusation d'escroquerie, pour le même. Parie, de l'impr. de Cailleau, 1786, de 56 pag.

9° Observations d'un homme impartial sur le Mémoire publié le 15 février 1786, pour le sieur Bette il'Etienville. Avec cette épigraphe :

Plus aveugle cent fois que ceux des Quinte-Vingt, Ou plus adroit escroc que Cartouche et Mandrin.

Hatavia {Paris), 1786, in-8 de 40 pag.

Cette pièce ne se trouve pas dans la collection que nous décrivons, mais elle se trouve dans celle que l'un de nos amis, M. Dard, avocat honorable du barreau de Paris, a formée des écrits des hommes célèbres et fameux de la province d'Artois, dont il se propose d'être l'historien.

10° Mémoire pour la demoiselle Le Guay d'Oliva, Aile mineure, émancipée d'âge, accusée; contre M. le procureur-général, accusateur; en présence de M. le cardinal prince de Rohan, de la dame de La Motte-Valois, du comte de Cagliostro et autres ; tous co-accusés. Paris, P.- G. Simon et N. Nyon, 1786, 63 pag.

On trouve au verso du titre de ce Mémoire une note ainsi conçue:

« 11 s'est répandu, au sujet de ce Mémoire, des bruits aussi absurdes que dénués de fondement, et qui ont percé jusque dans les maisons les plus respectables. On a diffamé la demoiselle d'Oliva : il fallait encore calomnier sa défense. Il n'en a été donné, ni fait, ni même imaginé d'autre que celle-ci » .

Un note manuscrite superposée sur la précédente, et qui nous parait être de la main de Bette d'Élienville, qui a formé la collection que nous décrivons, dit : « On prétend que la demoiselle Le Guay d'Oliva (connue d'abord sous le nom d'Essigny) était une baronne de Durkheim de Fraeschweiler, dans la Basse-Alsace, et qui ressemblait beaucoup à Marie-Antoinette. Elle a dû depuis épouser le baron de Heindel, de Romanwiller, prèi de Wasselonne. Sa mère était née Bock, et ne valait guère mieux que cette fameuse courtisanne ».

« Je fus après coup détenu à Besancon, puis à Champlite, pendant quinze mois, en 1703 et 1794, avec le frère de celte fameuse OH va, ex-baronne Durkheim, cidevant seigneur de Fraeschweiler, autrefois capitaine au régiment de Nassau, hussard. Entre deux cent cinquante détenus, nous deux étions les seuls protestants, mais pas les moins estimés de tous • .

11° Observations de Motus, sur le Mémoire de mademoiselle d'Oliva. 1786.

Nous ne connaissons point cet écrit, qui ne fait point partie de la collection que nous décrivons.

12° Suite des Observations de Motus, sur le Mémoire de mademoiselle d'Oliva. Lima (Paris), 1786, in-8 de 71 pag.

Écrit qui ne se trouve pas dans la collection que nous décrivons, et qui pourtant se trouve dans la bibliothèque de M. Dard, déjà cité.

13° Mémoires authentiques pour servir à l'histoire du comte de Cagliostro. (Par le marq. de Luchet.) Londres et Hambourg, Fr. Fauche, 1785, de 76 pag.

14° Réponse pour la comtesse de Valois La Motte au Mémoire du comte de Cagliostro (contenant sa Confession, son Interrogatoire dans l'affaire du collier et sa Réfutation du Mémoire de la comtesse de La Motte, en ce qui concerne le comte de Cagliostro). (Par Me Deillot, j avocat). Paris, de l'impr. L. Cellot, 1786, 48 pag. !

1 5° Requête justificative adressée à nosseigneurs du '

Parlement à Paris par M. le cardinal de Rohan. Pari». 1786, 60 pag.

16° Mémoire pour M. le baron de Pages-Chaulnes, garde-du-corps de Monsieur, frère du roi, accusé; contre les sieurs Vaucher et Loque, marchands bijoutiers, accusateurs, et encore contre M. le proareargénéral. Paris, Prault, 1785, 44 pages.

17» Troisième Mémoire pour le sieur Bette d'ÉUenville, servant de réponse à celui de M. Fages. Paris, de l'impr. de Cailleau, 1786, 38 pag.

18° Mémoire pour les sieurs Vaucher, horloger, et Loque, bijoutier, accusateurs ; contre le sieur Bette d'Élienville, le baron de Fages-Chaulnes et autres, accusés, en présence de M. le' procureur-général. 5. L, 1786. 96 pag.

19° Supplément et suite aux Mémoires du siear Bette d'Élienville, ancien chirurgien aous-aide-major, pour servir de Réponse aux différents Mémoires bits contre lui. Paria, de l'impr. d'And.-Ch. Cailleau, 1786, 71 pag.

20° Procès comique et inslrulif pendant entre le fameux Cagliostro et le sieur (Theveneau) de Morande, rédacteur du ■ Courrier de l'Europe », où le premier est entièrement démasqué, son véritable état prouvé et ses impostures découvertes. Le tout appuyé de pièces justificatives. (Extrait du « Courrier de l'Europe •). Première partie (et unique). Londres, 1787, de 64 pages.

21° Mémoire pour Louis-René-Edouard de Rohau, cardinal de la sainte Eglise romaine, évèque et prince de Strasbourg, landgrave d'Alsace, prince-Etat de l'Empire, grand aumônier de France, commandeur de l'ordre du Saint-Esprit, proviseur de Sorbonne, etr., accusé; contre M. le procureur général, en présence de la dame de la Motte, do sieur de Vilfette, de la demoiselle d'Oliva, et du sieur comte de Cagliostro. coaccusés. Paris, de Vimpr. Lottin l'aîné et Lottin de Saint-Germain, 1786, de 169 pag. non compris 8 pages de table.

22° Sommaire pour la comtesse de Valois La Motte, accusée ; contre M. le procureur-général, accusateur, eu présence de M. le cardinal de Rohan et autres co-accasés. (Suivi d'un Mémoire sur la maison de Saint-Reary de Valois, issue du fils naturel que Henri II, roi de France, eut de Nicole de Savigny, dame et baronne de Saint-Remy). (Par M« Doillot, avocat). Paris, U l'impr. de I. Cellot, 1786, de 64 pages.

23° Réflexions rapides pour M. le cardinal de Rokai, sur le « Sommaire de la dame de La Motte » . Avec les pièces justificatives de son Mémoire. Paria, de l'impr. de Lottin l'aine et de Loltin de Saint-Germain, 1786, de 26 pag. et de 36 pour les Pièces justifiotives.

24° Requête pour le sieur Marc-Antoine Rétanx et Villette, ancien gendarme, accusé; contre M. le procureur-général, accusateur, en présence de M. le cardinal prince de Rohan, de La Motte- Valois, du aksr Cagliostro, de la demoiselle d'Oliva et autres, tous coaccusés. 5. /., 1786, de 26 pag.

25° Second Mémoire pour la demoiselle Le Guay d'Oliva... Analyse et résultat des récolemenU et confrontations. Paris, P. G. Simon, 1786, de 61 pas;.

26° Le Charlatan démasqué, ou les Aventura et exploits du comte de Cagliostro. Précédé d'une Lettre (sur M. de Cagliostro) de M. le comte de Mirabeau. Francfort-sur-le-Uein, 1786, de 62 et 30 pag.

27° Compte-rendu de ce qui s'est passé an Parlement relativement à l'affaire de M. le cardinal de Robaa. |avec trois suites. S. L, 1786, de 157 pag. - Auto

LA MOTTE

LA MOTTE

édition. S. I. {Strasbourg), ni date (1786), in-8 de 425 pag.

38° Requête à joindre an Mémoire de Cagliostro. A nosseigneurs de Parlement, la grand' chambre assemblée. Paris, de l'impr. de Lottin l'aine et Lottin de Saint-Germain, mai 1786, de 14 pag.

29° Arrêt dn Parlement, la grand'chambre assemblée, do 31 mai 1786. Paris, de l'impr. de Cl. Simon, 1786, de 44 pag.

Voici l'extrait de cet arrêt en ce qni concerne les peines encourues par les principaux coupables :

■ La Cour condamne Mare-Antoine-Nicolas de La « Motte, accusé, absent, à être battu et fustigé nu de » verges, et flétri d'un fer chaud en forme des trois « lettres G. A. L. sur l'épaule droite, par l'exécuteur » de la haute-justice ; ce fait, mené et conduit es-ga-

* 1ères du roi, pour en icelles être détenu et servir ledit » seigneur roi, comme forçat à perpétuité; déclare tous « les biens audit Marc-Antoine-Nicolas de La Motte « acquis et confisqués au roi, ou à qui il appartiendra, « sur iceux préalablement pris la somme de 200,000 li-

■ vres d'amende envers ledit seigneur roi, au cas que » confiscation n'ait pas lieu à son profit ; laquelle con- « damnation, attendu la contumace dudit de La Motte,

■ sera transcrite dans un tableau, lequel sera attaché « à un poteau pour ce planté en place de Grève. Bannit c Louis- Marc-Antoine Rétaux de Villette à perpétuité

■ dn royaume ; lui enjoint de garder son ban, sous les « peines portées par les déclarations du roi. Condamne « Jeanne de Valois de Saint-Rémy de Luze, femme de

* Marc- Antoine-Nicolas de La Motte, à être, ayant la » corde au col, battue et fustigée de verges, et flétrie e d'un fer chaud en forme de la lettre V, sur les deux v épaules, par l'exécuteur de la haute justice, au devant « de la porte des prisons de la Conciergerie du Palais ; f ce fait, menée et conduite en la maison de force de

< l'hôpital général de la Salpétrière, pour y être dé- « ternie et renfermée à perpétuité. Déclare pareillement c tons les biens de ladite de La Motte et dudit Rétaux

< de Villette acquis et confisquas au roi, ou à qui il a appartiendra, sur chacun d'iceux préalablement pris a la somme de 200,000 livres d'amende envers ledit c seigneur roi, au cas que confiscation n'ait pas lieu t a son profit. La Cour ordonne, en outre, que les

< Mémoires imprimés pour Jeanne de Saint-Remy de » Valois de La Motte seront et demeureront supprimés, « comme contenant des faits faux, injurieux et calom- » nieux, tant an cardinal de Rohan qu'au comte de i Cagliostro. »

Le même arrêt renvoie de Ans de plaintes et d'accusations Marie-Nicole Le Guay, dite d'Oliva ou d'Essigny, le cardinal de Rohan et le comte Cagliostro. La justice fit des réserves envers Bette d'Etienville ; mais les pièces relatives à cet autre procès manquent dans la collection que nous décrivons, et cela se conçoit, si c'est Bette d'Etienville lui-même qui l'a formée.

La comtesse de La Motte subit, dans toute sa rigueur, la sentence portée contre elle. Elle ne sortit de l'hôpital de la Salpétrière que par l'effet de la Révolution de 1789. Elle se réfugia en Angleterre, et fit imprimer un Mémoire très-violent contre la reine. La Cour, en ayant été instruite, donna l'ordre d'acheter toute l'édition de cet ouvrage, qui fut envoyée à Paris. Une version dit que tous les exemplaires furent trouvés après le siège des Tuileries ; mais une autre version, qui parait plus raisonnable, dit qu'ils furent brûlés dans les fours de la manufacture de Sèvres, le 30 mai 1792; néanmoins un certain nombre d'exemplaires fut

T. II

trouvé aux Tuileries, après le siège qui en fut fait le 10 août 1792.

Au retour de l'émigration, l'abbé de C***, éveque de *"*, introduisit dans une noble maison du faubourg Saint-Germain une dame mystérieuse sous le nom de la comtesse Jeanne ; elle reçut à la mort du marquis de L. une pension viagère de 20,000 fr. dont elle a joui pendant trente années environ. Elle mourut à Paris, vers le 20 mai 1844, et le faubourg Saint-Germain fut en deuil. Dans la chambre de la défunte, on ramassa quelques papiers à moitié brûlés. La dernière heure l'avait surprise pendant qu'elle effeuillait dans les flammes les secrets de sa vie. Le feu n'avait pas tout dévoré, et ce qui restait suffisait pour éclairer le mystère. 0 stupeur ! la comtesse Jeanne, cette digne et sainte femme, si vlnérée, est la Jeanne de Lu%e de Saint-Rcmy-Valois , comtesse de La Motte, de l'affaire du collier. Réfugiée en Angleterre, les uns disaient qu'elle était morte d'une indigestion, les autres qu'elle s'était jetée par la fenêtre; on n'en parlait plus, et voici qn'on apprend sa mort dans sa quatre-vingtneuvième année 1

Quant au comte de La Motte, il avait foi en Angleterre avant l'instruction du procès, emportant avec lui une grande partie du collier, qu'il y vendit. Il revint à Paris, à la faveur de la Révolution. Arrêté néanmoins par ordre du comité de salut public en l'an il (1794), il fut relâché, parce que sa peine était prescrite par le laps de temps de sa contumace. La Motte repassa en Angleterre, et de là s'en fut en Turquie, où il apostasia, car la Restauration le fit reparaître à Paris, sous un nom musulman, et avec une qualité turque. Il est mort en 1828, comme il avait vécu.

30° Relation de l'exécution de l'arrêt rendu contre madame de La Motte et les autres condamnés dans l'affaire du collier. Paris, 21 juin 1786, 8 pag.

31° La dernière pièce du fameux collier. (Contre Cagliostro.) 5. I. ni date, 34 pag.

32° Mémoire pour le comte de Cagliostro, contre M* Chesnon, le fils, commissaire au Chàlelet de Paris, et de Launay (le même qui, en 1789, à la prise de la Bastille, fut la première victime de la Révolution), chevalier de l'ordre royal et militaire de saint Louis, gouverneur de la Bastille, défendeurs. (Par Thilorier, avocat). S. I., 1786, 40 pag.

33° Lettre du comte de Cagliostro au peuple anglais. (En réponse aux attaques de Theveneau de Morande, rédacteur du « Courrier de l'Europe »). Pour servir de suite à ses Mémoires. 5. I., 1787, 76 pag.

« L'article Borri dans le Dictionnaire de Bayle, dont « l'aventurier Cagliostro est l'exact pendant, nous « dévoile aussi le sort de celui-ci : comme son prédé- « cesseur du dix-septième siècle, dont il avait peut- « être trouvé des papiers, il finit par être enfermé à « Rome, dans le château de Saint- Ange, et dès lors « il fut mort pour le public. Lorsque les troupes du « général Bonaparte s'emparèrent, en 1797, du châ- « teau de Saint- Ange, on n'entendit nullement parler « de Cagliostro. Avait-il déjà fini sa turbulente car- * rière à celte époque?

« Je me souviens que peu avant le procès du collier, lorsque le cardinal de Rohan fit son dernier voyage à Strasbourg, il lui envoya par un de ses gens un sac de 12 à 1800 livres, de son carrosse, qui s'arrêta devant la porte de l'abbé Hûffel, prévôt de Saint-Pierrele- Vieux, et que Cagliostro, pour faire une douceur à ce coureur, emprunta 12 livres à la cuisinière de son hôte, le prévôt, tant il était dénué d'argent, malgré sa baguette magique, sa poudre d'or, son élixir, son

LA MOTTE

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esprit familier, etc., etc. (Note manuscrite sur l'exemplaire de cette lettre qui fait partie de cette collection ; elle est signée : Phil. Bheinbold.)

34° Recueil de pièces authentiques, secrètes et intéressantes pour servir d'éclaircissement à l'affaire concernant le cardinal prince de Rohan. 5. I., 4786, 70 pag.; — Paris, 1786, in-8, 59 pag.t et Strasbourg. 1786, in-8, 52 pag.

35* Pièces judiciaires et curieuses concernant le différend survenu entre le sieur Carlo Sachy, grand bourgeois d'Amsterdam, et maître en chirurgie, contre le sieur Gagliostro, se disant comte et grand médecin, avec les pièces justificatives. S. i. ni date (février 1782), 37 pag. — Celte dernière pièce n'a nul rapport à l'affaire du collier. C'est une réclamation de 3,000 livres faite par Sachy a Cagliostro.

36° Mémoires historiques des intrigues de la Cour, et de ce qui s'est passé entre la reine, le comte d'Artois, le cardinal de Rohan, madame de Polignac, madame de La Motte, Cagliostro et MM. de Breteuil et de Vergennes. Venise, 1700, in-8.

Nos écrivains contemporains se sont empares plusieurs fois, soit du fond du procès, ou des personnages qui y ont figuré. De ce nombre sont M. S. -H. Berlhoud qui, peu après la mort de la comtesse La Motte, a fourni à la c Presse » un feuilleton intitulé la « Comtesse Jeanne », et M. Alexandre Dumas, qui, dans ses « Mémoires de Cagliostro » , a donné beaucoup de développement à l'épisode du collier (le Collier de la Reine).

+ On lit aux « Corrections et Additions » aux « Supercheries littéraires », t. II, pag. 645 :

La Motte db la Pénissiêre (1).

Au moment où, à l'occasion de cette supposition d'auteur, nous imprimions la liste des pièces publiées dans la fameuse affaire du collier et pour et contre les personnages qui y ont figuré, nous pensions que le recueil que M. Xavier Marinier avait eu l'obligeance de nous communiquer était unique. Il n'en est rien. L'affaire du collier à son époque a occupé tous les esprits, et Ton en recueillait au jour le jour tous les nouveaux facturas, comme on a recueilli plus tard les nouveaux journaux depuis la révolution du 24 février 1848; mais on les conservait avec si peu de soin, que pas une des bibliothèques publiques de Paris n'en possède une réunion complète. Si celle que possède M. Xavier Marinier n'est pas unique, toutefois est-elle la plus complète qui existe à Paris, puisqu'elle renferme trente-quatre pièces, tandis que l'exemplaire de la Bibliothèque nationale, le plus complet qui vienne ensuite, n'en renferme que vingt- trois. Ce dernier est divisé en six parties, portant pour titre factice et collectif : « Collection complète de tous les Mémoires qui ont paru dans la fameuse affaire du collier, avec toutes les pièces secrètes qui y ont rapport, et qui n'ont pas paru ». Paris, 1786. 6 part, in-12. Un de nos amis, M. Achille Boblet, qui s'est attaché à recueillir le plus de pièces possible concernant l'histoire de France, a bien voulu, à notre intention, parcourir toutes les bibliothèques de Paris pour prendre note des différences qui existent entre leurs recueils sur l'affaire du collier, et c'est par suite de sa minutieuse vérification que nous pontons donner ici une addition importante à notre premier article.

(1) Si nous désignons ainsi ce personnage, plus connu sous le nom de La Motte-Valois, c'est que l'arrêt du 31 mai 1786 qui condamne le mari et la femme, leur reconnaît le nom que nous leur donnons.

Il est donc bon d'ajouter à ce que nous avons cité précédemment :

37°. Extrait des lettres patentes dn 5 septembre 1785, adressées au Parlement pour l'affaire du cardinal de Rohan, registrées en la Cour le 6 du même mois.

38<> Mémoire remis à S. M. la reine, le 12 août

39° Mémoire instructif de la manière dont Bobmer et Bossange ont traité avec M. le cardinal de Rohan de h vente du grand collier de brillants dont il a fait l'acqaisition pour S. M. la reine. 1785.

40° Lettre de l'Assemblée du Parlement an rot (an sujet du Mémoire de l'Assemblée du clergé de France qui demandait de connaître l'affaire du cardinal de Rohan seul, avant que le jugement civil intervint).

41<» Lettre du cardinal, secrétaire d'Etat, écrite à tous les cardinaux étrangers, pour régler la conduite qu'ils ont à tenir avec M. le cardinal de Rohan, da 15 février 1786.

42° Plaintes et Réquisitoire de M. le procnrenrgénéral, sur les lettres-patentes. Du 8 septembre 1785.

43° Mandement du vicaire-général de la grande aamonerie de France, qui permet l'usage des œufs pendant le carême jusqu'au dimanche des Rameaux inclusivement. Donné à Paris, le 25 lévrier 1786, par Jean- François Georgel, docteur en théologie, prieur de Ségur, gouverneur de l'hôpital royal des Quinze-Vingts, vicaire-général de Strasbourg et de la grande aumouerie de France. (Paria), 1786, in-4 de 6 pages.

Réclamation dn clergé pour la connaissance de Tanaire du cardinal de Rohan.

* 44° Requête au parlement, les chambres assemblées, par le cardinal de Rohan, signifiée à M. le procureurgénéral. Paris, et se trouve à Bruxelles, chez Emmanuel Flon, 1786, in-4 de 8 pages.

Signé : le cardinal de Rohan, évêque de Strasbourg, etc.

Demande le concile de sa province ecclésiastique pour le juger préalablement au jugement séculier. — Cette pièce doit précéder notre n° 15.

45° Demande formée contre le grand-aumônier de France, par son instituteur de théologie, réclamant, a fin de payer ceux qui l'ont nourri alors, ce qu'il a dépensé pour vivre pendant la durée de son institution. La seconde page porte : Mémoire pour l'abbé Houssart, licencié en la faculté de théologie de Paris, appelant, contre le cardinal de Rohan-Guéméné, intimé. M«Cha> laire, avocat. Paris, de l'impr. de L. Jorry, iwpr.libraire de Mgr le Dauphin, (1785 ou 1786), in-4.

Ces huit pièces doivent être considérées comme introductives pour l'affaire du collier.

46° Observations de P. Tranquille sur le premier « Mémoire de madame la comtesse de La Motae. • La Mecque (Paris), 1786, in-8 de 51 pag. — A ta p. 49, on trouve les conclusions de M* Douillet, avocatgénéral. La Cour, ayant (ait droit sur les conclusions de M* Douillet, etc., renvoie les parties comme il est dit. Etait signé Modeste, Tranquille, Motos, Personne.

A placer après notre n° 4.

47° Réflexions de P.-J.-J.-N. Motus sur le ménoirf ou roman qui a paru en février 1786, pour le soi-disant comte de Cagliostro. Médine (Paris), 1786, in-8 de 48 pag.

A placer après notre n° 5.

48<> lettre d'un garde du roi pour servir de suite ait Mémoires sur Gagliostro (par ' le marquis de Luchet). Avec cette épigraphe : Si quis impatientia doloris, ete. Londres, 1786, petit in-8 de 64 pages. — Astre

&fô

LA MOTTE

LA MOTTE

édition. Londres {Paris), 1186, in-12 de 38 pag., plus vue non chiffrée.

49° Ma Correspondance avec M. le comte de Cagliostro. Sec. édition. Milan, aux dépens de la société des Caglwstriens. 1786, in-4 de 38 pag. — Suite de Ma Correspondance avec M. le comte de Caglioslro, contenant des anecdotes sur son voyage à Paris en 1772 et 1773, par lequel il est prouvé que M. le comte de Caglioslro et le sieur Balsamo, peintre, sont une seule et même personne. Milan, aux dépens de la société Cagliostricnne (1786), in-4 de 16 pag.

50* Confession du comte de C*M* (Cagliostro), avec l'Histoire de ses voyages en Russie, Turquie, Italie, et dans les pyramides d'Egypte. Au Caire et à Paris; che% CaxUeau, imprimeur-libraire, 1787, in-4 de 57 pag. à 3 colonnes, et in-8.

Ces trois ouvrages doivent prendre place immédiatement après notre n° 13.

51* Plaidoyer de M* Montigny pour le sieur de Bette d'Etienville. Paris, de l'impr. d'André-Charles Cailleau, 4786, in-4 de 70 pages.

52* Repense de M. le comte (Duhamel) de Précourt, colonel d'infanterie, chevalier de Tordre royal et militaire de Saint-Louis, aux Mémoires des sieurs d.'Etienville, Vancher et Loque. Paris, I.-F. Prault, impr. du roi, 1776 (sic) (1786), in-4 de 42 pag.

Délibéré à Paris, le 27 mai 1786. Signé :. M* Bitouzé-Deslignières.

53° Mémoire à consulter et consultation pour F. Francots-Valentin Mulot, docteur en théologie de la faculté de Paris, chanoine régulier de l'abbaye royale de Saint- Victor, accusé ; contre le sieur Loque, bijoutier, et le Vancher, horloger, accusateurs ; en présence M. le r-général. Paria, de l'impr. de Demonvillc, 1786, in-4 de 48 pages.

Délibéré à Paris, le 28 mai 1786, et signé : M* Andrienx, avocat.

Ces trois dernières pièces doivent prendre place immédiatement après notre n* 19.

54° Requête tu roi, pour le comte de Cagliostro, contre le sieur Chesnon fils, commissaire au Ghâtelet, et le sieur de Launey, gouverneur dn château de la Bastille. Paris, de l'impr. de Lottin l'atné et de LoUin de Saint-Germain, 1786, in-4 de 72 pag. Signé : M* de Joly, avocat.

55° Requête du sieur de Launey, du 7 septembre

56° Requêtes des sieurs de Launey et Chesnon, des 10 et 15 février 1787.

57° Au roi et a nos seigneurs de son conseil. Requête de production nouvelle contenant des conclusions sabsidiaires. Alexandre comte de Cagliostro, contre le siear de Launey, gouverneur de la Bastille, et le sieur Chesnon fils, commissaire au Chatelel. Paria, de l'impr. de LoUin l'atné et Lottin de Saint-Germain, terrier 1787, in-4 de 8 pages.

Signé : Joly.

58° Pièce importante dans l'affaire du marquis de Launey, gouverneur du château de la Bastille, contre le siear Cagliostro. Paris, de l'impr. de Grange, rue de la Parcheminerie, 1787, in-4 de 8 pages. Signée ; Me Jolas, avocat.

Cette pièce est jointe à la seconde requête d'instruction dn marquis de Launey, signifiée le 10 février

S©* Réponse à la pièce importante du sieur de Laumcy, gouverneur de la Bastille, pour le comte de Cagliostro, contre le sieur de Launey, gouverneur du cfaàde bBastiUe, et le sieur Chesnon fils, commissaire

au Chàtelet. Paris, de l'impr. de Lottin l'aîné et Lottin de Saint-Germain, 1787, in-4 de 25 pages.

Signée : M* de Joly, avocat.

60* Arrêt du conseil d'Etat du roi qui déclare le sieur Cagliostro non recevable et mal fondé dans toutes ses demandes, tant contre le sieur de Launey, que contre le commissaire Chesnon fils.

Et ordonne que le mémoire imprimé, commençant par ces mots : Déclaré innocent, finissant par ceuxci ; de vos superbes cités, et signé : TTkiJoror et Gervais, sera et demeurera supprimé comme injurieux et calomnieux. Du 14 Juillet 1787. Paris, de Vimpr. roy., 1787, in-4 de 11 pag.

Les sept pièces précédentes sont à placer immédiatement après notre n° 32.

1° Pétition de La Motte à l' Assemblée constituante. 1789, in-8.

Le comte de La Motte-Valois, lors de son retour de Londres, au commencement de la Révolution, eut l'audace de demander sa réhabilitation ainsi que celle de sa femme, dans la pétition précitée. Quelque peu favorables pour la Cour que fussent alors les disposisitions de la majorité de cette assemblée, la pétition rat rejetée avec une sorte d'indignation. H ne se rebuta pas et il l'adressa de nouveau à l'Assemblée législative, mais il fut également repoussé.

Extrait de la « Gazette nationale, ou le Moniteur universel », du mardi 7 août 1792. Quatrième année de la liberté, n° 220, page 1, 2* colonne. France. De Paris:

Le tribunal du premier arrondissement a rendu le 20 du mois dernier (juillet 1792) dans l'affaire du fameux collier, le jugement dont voici les principales dispositions :

« Le Tribunal, faisant droit sur l'appel interjeté par Marie-Nicolas La Motte, du jugement contre lui rendu le 5 avril dernier (1792) par le troisième tribunal établi au palais, attendu que la plainte rendue par le procureur-général au ci-devant parlement de Paris, le 7 septembre 1785, n'est signée qu'à la fin et non à chaque feuillet, ce qui est contraire à la loi, annule et met l'appellation au néant, ensemble l'arrêt rendu par le ci-devant parlement de Paris, du 3 décembre 1785 ; néanmoins, vu la gravité du délit, ordonne que ledit La Motte demeurera en état d'arrestation, et que les pièces de la -procédure demeureront jointes, pour servir de mémoire seulement au procès, lequel sera envoyé par-devant le directeur du jury pour statuer ce qu'il appartiendra. »

A placer après notre n° 35.

62° Vie de Joseph Balsamo, connu sous le nom de comte Cagliostro, extraite de la « Procédure instruite contre lui à Rome », en 1790 ; traduite d'après l'original italien, imprimé à la chambre apostolique ; enrichie de notes curieuses, et ornée de son portrait. Sec. édit. Paris, Onfroy; Strasbourg, /.-G. Treuttel, 1791, 1 vol. in-8 de XXVI, plus un feuillet de faux-titre pour la Vie, et 239 pag.

L'cuvrage est divisé en quatre chapitres : le premier contient la vie de Balsamo depuis sa naissance jusqu'au moment de sa détention à Rome ; les trois autres sont consacrés à la Maçonnerie.

63° Du Fameux procès du collier ; par le R. P* Georgel, jésuite, ancien secrétaire d'ambassade, etc., 1820. " .

Imprimé dans les Mémoires de l'auteur, publiés par M. Georgel, anc. avocat an parlement de Nanci, et neveu de l'auteur. Sec. édit. (Paris, A. Eymery, 1820) 6 vol. in-8).

LA MOTTE

IA MOTTE

L'ouvrage sur le procès du collier remplit les pages 1 à 209 inclusivement du tome II des Mémoires, et il est accompagné de la gravure du collier de la grandeur des pierres.

64° Cagliostro, mélodrame en trois actes; par MM. Antony Béraud et Léopold Ghandezon. Représenté sur le théâtre de l' Ambigu-Comique, le 9 mai 1826. Paris, Bezou, 4826, in-8.

Réimprimé dans la même année.

65° Mémoires inédits du comte Alexandre Cagliostro, traduits de l'italien sur les manuscrits originaux ; par un gentilhomme (le comte Courchamps) . 4841.

Voy. sur cette mystification et ce plagiat éhonté, reproduisant deux romans du comte J. Potocki, au mot Cagliostro, I, 646.

Ces quatre derniers ouvrages sont à placer immédiatement après notre n° 36.

Aux noms de MM. S. -H. Berthoud et A. Dumas, qui ont écrit sur le collier de la reine, et sur les impliqués dans cette affaire, il Tant ajouter ceux de M. le comte Beugnot, pour deux articles dans le • Journal des Débals », et de M. Paul Lacroix. Ach. Boulet.

-{-Notons aussi que M. Louis Blanc, dans son i Histoire de la Révolution » , t. Ier, a consacré un chapitre fort intéressant & l'affaire du collier, et n'oublions pas l'ouvrage de M. G. Campardon : ■ Marie- Antoinette et le procès du collier, d'après la procédure instruite devant le Parlement de Paris ». Paris, Pion, 1863, in-8.

-h A la suite de l'annonce des « Mémoires justificatifs de Mrae h comtesse de Lamotte- Valois », Londres, 4789, in-8, A.-A. Barbier cite ce passage des r Mémoires » deMm* Campan, l"édit., tome II, pag. 107-108 :

• Je puis attester que j'ai vu dans les mains de la reine un manuscrit des Mémoires infâmes de la femme La Motte, qu'on lui avait apporté de Londres, et qui était corrigé de la main même de M. de Calonne, dans tous les endroits od • l'ignorance totale des usages de la cour avait fait commettre à cette misérable de trop grossières erreurs. »

-f- Un bibliophile distingué, et que nous sommes heureux de compter parmi nos collaborateurs, M. L. de la Sicolière, avocat à Alençon, nous transmet la note suivante qu'on lira sans doute avec intérêt :

LA MOTTE (la comtesse de Valois de), aut. Bupp.

Mémoires justificatifs de —, écrits par elle-même. Londres, 1788, in-8.

D y a plusieurs éditions de ces « Mémoires » avec ou sans signature manuscrite, avec ou sans figures, avec ou sans pièces justificatives à la fin, et même sous des dates différentes.

Quel est l'auteur de cet ignoble pamphlet qui réveilla le scandale de l'Affaire du Collier et ût le plus grand tort à la reine? On l'ignore. Mme de Campan (« Mémoires, ch. xvi) atteste avoir vu dans les mains de la reine un manuscrit de ces c Mémoires » « qui était corrigé de la main même de M. de Calonne, dans tous les endroits où l'ignorance totale des usages de la cour avait fait commettre à cette misérable (la femme La Motte) de trop grossières erreurs. » Le comte de La Motte- Valois (i Mémoires, ch. vm ») affirme qu'ils furent composés, sous la direction de M. de Calonne, par un rédacteur du * Courrier de l'Europe », nommé de tatour. Mme de La Motte se serait bornée à fournir des notes. Elle-même, enfin, dans la Préface de la réimpression de ses « Mémoires », sous le titre de «t Vie de Jeanne de Saint-Rem i de Valois, ci-devant

comtesse de La Motte, » 1791 et an I, s'exprime ainsi : « J'eus recours à l'assistance d'un homme de lettres, qui me fut recommandé par l'ex-ministre, et je le chargeai de mettre en ordre les faits principaux et de rendre les épanchements de mon cceur. »

Il est bien certain que ces * Mémoires » sont l'«vre d'une plume exercée, et que Mm* de La Motte, qsi ne manquait pas d'esprit, mais qui était de la plis grossière ignorance (voy. une lettre d'elle dans • risographie »), était hors d'état d'en écrire une page.

D'un autre côté, on ne peut admettre qu'une femme, quel que soit son cynisme, puisse s'accuser elle-mèae ou se vanter des turpitudes dont elle se charge dans certains passages pour en faire retomber l'infamie sur la'malhenreuse reine. Elle désavoue ces passages dans la Préface de la seconde édition, et prétend n'en avoir pas autorisé l'insertion; mais elle se garde met d'ajouter que la première avait été vendue à son profit et par ses soins, ainsi que le déclare son mari.

A la fin de ce volume se trouve, sous le titre de « Pièces justificatives », une sorte d'appendice concernant une prétendue correspondance entre la reine et le cardinal de Rohan, qui est aussi niaise que dégoûtante par endroits, et qui ne laissa pas de contribuer 1 la fortune du livre. Dans la seconde édition, écrite avec infiniment plus de circonspection, M** de La Motte n'a pas osé la reproduire. Je ne l'ai, du moins, rencontrée dans aucun exemplaire, bien que Quérard (c le Quérard, tome II, p. 414 ») prétende qu'elle aurait été réimprimée à la suite de celte édition cornac de la première.

Le même indique un f Second Mémoire justificatif ■ , Londres, 1789, in-8, 78 pages, que je n'ai rencontre nulle part.

Voici le litre complet de la seconde édition : i Vie de Jeanne de Saint-Remy de Valois, ci-devant comtesse de La Motte, contenant un récit détaillé et exact des événements extraordinaires auxquels cette Dame infortunée a eu part depuis sa naissance, et qui ont contribué i l'élever à la dignité de Confidente et Favorite de la Reine de France, avec plusieurs particularité* ultérieures propres à éclaircir les transactions mystérieuses relatives au collier de diamants, à son Emprisonnement et a son Evasion presque miraculeuse, etr.t et sa Requête à 1' Assemblée nationale, à l'effet d'obtenir une révision de son Procès, écrite par elle-même. •

Elle a eu au moins deux tirages, l'un à Londres, 1791, 2 vol. m-8, et l'autre à Paris, Garnery, liai de la République française, 2 toi. in-8 de 368 et 427 pag.; ce dernier indiqué deuxième édition.

La « Vie de Jeanne de Saint-Remy de Valois » n'est pas plus sortie de sa plume que les prétendus * Mémoires justificatifs ».

Les détails de sa vie misérable, avant qu'elle connut le cardinal, y remplissent 250 pages au lieu de 6.

Le récit de l'Affaire du Collier offre des variantes considérables dans les deux ouvrages ; le plus souvent il est textuellement le même.

Les « Mémoires » s'arrêtent à la condamnation de la comtesse, et le tome II de la « Vie » est presque entièrement consacré au récit des événements postérieurs, détention, évasion, séjour en Angleterre.

On a attribué cette « Vie » à Choderlos de l^ark*. l'ami et le confident du duc d'Orléans. Quotqo'écnte avec plus d'art que les « Mémoires », elle ne parait peu digne d'une plume aussi spirituelle que relie tic l'auteur des « Liaisons dangereuses » . Elle n'est, d'ailleurs, en beaucoup de passages, que ta reprudsctiea

LA MOTTE

LA MOTTE

servile des « Mémoires », qui ne sont certainement pas de loi.

Ce qui a pn contribuer à répandre cette supposition, c'est la part que le doc d'Orléans aurait prise à la publication de ce libelle. On a prétendu qu'il fut imprimé mi environs de Paris. La surveillance établie aux barrières en avait empêché l'introduction dans Paris, et ce serait le doc qui, un jour de grande chasse, en aurait lait charger l'édition tout entière dans ses fourgons et l'aurait ainsi fait échapper à la visite (note du « Catalogue La Bédoyère •). Un ancien employé des finances, an nommé Durand Duvignaud, mort à Alençon il y a quelques années, racontait volontiers qu'il avait été embauché, au commencement de la Révolution, pour travailler dans une des caves du Palais-Royal à l'impression d'un pamphlet contre la reine.

Le libraire Gueffier, qni avait acheté 6,000 livres l'édition entière de la « Vie », la revendit 44,000 livres à l'intendant de la liste civile. Celui-ci eut la ridicule idée de la faire brûler dans les fours de la manufacture de Sèvres, ce qui eut lieu le 30 mai 4799, si maladroitement qu'une dénonciation en donna connaissance le jour même à l'Assemblée législative. On trouva quelques exemplaires de cet ouvrage aux Tuileries après le 40 août. D'autres avaient pu être sauvés an moment du oralement de l'édition. C'est alors que Gueffier en donna une deuxième édition qni, sans être commune, se rencontre assez facilement.

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