‹ Les supercheries littéraires dévoilées (volume 2)Chapitre 683 sur 1082 · LESCOMBAT · texte numérisé non relu

LESCOMBAT

p. 98, contient un article intéressant de M. Ludovic Lalanne snr « Les origines de Gil Blas. » Voltaire avait avancé, dans le ■ Siècle de Louis XIV », que ce roman célèbre était pris en totalité d'an roman espagnol : v La Vida del escndero don Marcos de Obregon ». Un jésuite espagnol, le P. Isla, prétend que « Gil Blas * était la traduction à peine modifiée d'un manuscrit espaglol. En 1819, François de Neufchaleau publia, en tète d'une édition de « Gil Blas », une dissertation où il renversait de fond en comble la théorie du P. Isla ; mais un antre espagnol, Llorente, alors retiré en France, et bien connu par son « Histoire de l'Inquisition », revint à la charge, et il fit paraître, en 1828, un volume de 310 pag. : c Observations critiques sur le roman de Gil Blas de Santillane ». On y fait voir que le roman de « Gil Blas* n'est pas un roman original, mais m démembrement des c Aventures du Bachelier de Salamanque », manuscrit espagnol alors inédit, que M. Le Sage dépouilla des parties les plus précieuses. Pari», impr. de Moreau, in-8.

Le travail de Llorente ne fit pas grande impression es France, et la question était perdue de vue, lorsque, en 1856, un Allemand, H. G. F. Franceson, l'aborda de nouveau dans un « Essai sur l'originalité de Gil Blas, ou Nouvelles Observations critiques sur ce roman » [Leiptig, Fleitcher), 110 p. in-8. Les hypothèses hasardées, les erreurs d'Isla et de Llorente sont péremptoirement réfutées ; l'un supposait que Le Sage avait profité d'un manuscrit qu'il avait trouvé en voyageant en Espagne, mais Le Sage n'a jamais franchi les Pyrénées; l'autre avançait gratuitement, sans aucune preuve, que le marquis de Légano, ambassadeur à Madrid, en aurait rapporté des livres et des manuscrits, et que son fils, l'abbé de Lionne, avait, en mourant; légué à Le Sage le manuscrit qui avait servi de base à « Gil Blas ». M. Franceson réduit sans peine à néant les argumentations du bon jésuite et de l'adversaire de l'inquisition ; il examine ensuite quels sont les emprunts que Le Sage a faits à des ouvrages plus réels que des manuscrits fantastiques. Il cite d'abord « l'Ane d'or » d'Apulée, ou il croit retrouver la caverne des voleurs, maû ce rapprochement parait beaucoup trop forcé. Quant à la c Vie d'Obregon » par Espinel, Madrid, 1618, traduite promptement par Vital d'Audiguier, Le Sage a évidemment imité, mais non tradnit, une dizaine de passages. Une vieille comédie c Tout est intrigue en amour », lui a fourni l'idée de l'intrigue d'Aurore de Guxman et de Luis Pacbeco. 11 a puisé dans un autre roman c Estevanille Gonzales » , diverses particularités de la vie de Scipion.

v Voilà, en somme, » dit H. Lalanne, « le bilan des imitations que Le Sage s'est permises et qu'il a laites en maître. Le débiteur a tué son créancier. On peut en Juger par les quarante pages de citations que M. Franceson a jointes à son travail ».

c Voltaire prétend, avec son assurance et sa légèreté ordinaires, que « Gil Blas * est entièrement emprunté an roman intitulé : c La Vida del escndero don Marcos de Obregon » . Cette assertion est donnée sans fondement. Sans doute, Le Sage connaissait « Marcos de Obregon », et il en a quelquefois profité pour la composition de v Gil Blas ». L'historiette qui a fait le fond de sa Préface est prise dans le roman d' Espinel. Le tour joué i Gil Blas sur la route de Salamanque rappelle eue aventure semblable de Marcos. L'histoire de Camilla, celle de Morgellina et quelques autres endroits sont aussi des emprunts faits à Espinel. Bien loin de vouloir dissimuler ses emprunts, Le Sage a donné à un dos personnages de t Gil Blas » le nom de Marcos

q tde Obregon, mais il n'en est pas moins faux de prétendre que le sujet de « Gil Blas » est entièrement pris à la v Vida de Obregon » ; il serait même exagéré de dire que le romancier français a de grandes obligations à l'auteur espagnol (L. J. « Nouvelle Biographie générale », t. XVI, col. 420).

LE SAGE (A.). Voy. LAS CASES (de).

LE SAGE DE L'HYDRQPHONIE, ps.

[l'abbé Destrés].

Le Contrôleur du Parnasse, ou Nouveaux Mémoires de la littérature françoise et étrangère, etc. Berne, 1745, 3 vol. in-12.

LE SAGE DE S AMINE, ps. [J.-L. Babon, secrétaire perpétuel de l'Académie d'Amiens].

Éloge de M. Du Cange, avec une Notice de ses ouvrages : discours couronné par l'Académie d'Amiens en 1764. Amiens, Godard, 1764, in-12.

On soupçonna dans le temps Baron, secrétaire perpétuel de l'Académie d'Amiens, de s'être caché sous les noms de Le Sage de Samine, ou de Le Sage d'Amiens, et avec d'autant plus de probabilité, que Baron avait proposé le sujet du prix. Louis-Antoine-Prosper Hérissant, mort en 4769, dans son cours de licence en médecine, avait envoyé à Amiens son hommage à la mémoire de Du Gange ; il eut V accessit ; mais l'éloge qu'il avait lait, et qui était vraiment au-dessus de son âge, n'a point été imprimé. (Note communiquée à A.-A. Barbier par L.-T. Hérissant.)

LESBROUSSART-DEWAELE, aut. dég.

[J.-B.-Ph. Lesbroussajrt, professeur].

Réponse à l'ouvrage de M. de Chateaubriand, intitulé a De Buonaparte, des Bourbons et des alliés ». Paris, les march. de nouv. [Genève, Paschoud), 1814, in-8 de 36 pag.

Dewaele est le nom de la femme du professeur. Depuis, cet écrivain, aussi modeste, aussi sensé que spirituel, a renoncé à cette désignation, qui n'appartenait qu'au commerce ou à des prétentions nobiliaires.

-4- L'ESCALLEBR.

Voy. Escalier (1') 1, 1250 c.

L'ESCARBOTIER (le R. P.). Voy. ES- CARBOTIER.

+ LESCOMBAT (Madame), aut. supp.

Lettres de — . Paris, 1755, in-12.

M** Lescombat, née Truperet, ayant fait assassiner son mari, de concert avec son amant, subit le dernier supplice en place de Grève en 4755. Son procès fit à / cette époque beaucoup de bruit, et un spéculateur publia un recueil de lettres d'amour attribuées à cette femme coupable, et qui ont d'ailleurs fort peu de mérite. Parmi d'autres écrits qui parurent alors, nous citerons : « L'Histoire des criminelles amours de la dame Lescombat » , son « Oraison funèbre » , et une tragédie imprimée à La Haye : « la Mort de la Lescombat, »

LE SÉNÉCHAL (Louis), prêtre, ps.

[René Benoist, curé de Saint-Eustache, à Parisl.

1 I. Catholique et familière exposition des

LESIEUR

LBSDKUR

évangiles d'un chacun jour de carême, et I des épîtres des dimanches, etc. Paris, Buon, 1539 ; et Paris, Nie. Chesneau, 1562, in-8.

II. Bref sommaire des évangiles nour tous les jours de carême. Paris, Gabr.

Buon et me. Chesneau, 1562, in-8.

De Launoy, p. 782 de son i Histoire du collège de Navarre »,nous apprend que René Bcnoist a pris ici le nom de Louis le Sénéchal. La Croix dn Maine a donc en tort de consacrer à cet auteur imaginaire un article, t. II, p. 63 de sa i Bibliothèque françoise » . Il pourrait s'être aussi trompé en indiquant une édition de ce livre en 1559. {Note de M. BouUiot.)

LESIEUR, ps. sous lequel il existerait, d'après M. Goizet, rédacteur de la Table du Catalogue de la Bibliothèque dramati-

3ue de M. de Soleinne, une ou deux pièces e théâtre de M. P. Tournemine.

LESOURD (Jérôme), ps. [J.-T.-B. Clavel, auteur d articles dans clés journaux].

LBSPÀRAT (M- Adélaïde), ps. [Anne- Honoré-Joseph Duvbybier, connu en littérature sous le nom de Mêles ville].

I. L'Oncle rival, comédie en un acte et en prose. Paris, Pillet, 1811, in-8.

-f- Le succès de cette jolie pièce, jouée à l'Odéon, ne s'est pas démenti ; ce fut le premier ouvrage de Duveyrier, et il le donna sous le nom de sa mère.

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