‹ Les supercheries littéraires dévoilées (volume 2)Chapitre 682 sur 1082 · III. Arlequin invisible. Paris, 1713, in · texte numérisé non relu

III. Arlequin invisible. Paris, 1713, in

LE SAGE (Alain-René). Ouvrages qui lui sont contestés.

Histoire de Guzman d'Alfarache, nouvellement traduite (de l'espagnol de Mateo Aleman) et purgée des moralités superflues. Paris, Ganeau,n3&, 2 vol. in-12 (1).

C'est la troisième transformation du roman d' Aleman. Le première est de Jean Chapelain, et elle parut sous ce titre : c Les Gueux, ou la Vie de Guzman d'Alfarache, image de la vie humaine » (trad. de l'espagnol). Parts, Le Grat, 1723, 2 part. in-8. La se-

-\-{i) Trois éditions de oe roman célèbre parurent en Espagne, en 4590, et il en existe de nombreuses réimpressions. Voir le « Manuel du libraire », tome I, Cfil. 157.

coude est celle qui a été publiée sous le titre de la c Vie de Guzman d'Alfarache, où l'on voit ce qui se passe sur le théâtre de la vie humaine > (trad. de l'espagnol par Gabr. Bremond), Paris, Ferrand. 1 696; Parit, Ribou. 4719, 3 vol. in-12, et autres éditions depuis. Bremond n'a lait que retoucher la traduction de Chapelain; la troisième est celle de Le Sage, 1735. C'est une imitation fort abrégée et très-amusante du roman de Mateo Aleman, et supérieure à l'original espagnol, dont elle a fait oublier toutes les traductions antérieures. Dans cette édition, Le Sage avait purgé « l'Histoire de Guzman d'Alfarache » des moralisai superflues qu'y avait laissées, en 1696, Gabriel Bremond, second traducteur de cet ouvrage. L'infatigable Allets a encore abrégé, en 1777, le travail de Le Sage, et l'a publié sous le ûtre de : « les Aventures plaisantes de Guzman d'Alfarache, tirées de l'histoire de sa vie , et revues sur l'ancienne traduction de l'original espagnol, par Le Sage », Paris, veuve Duchesnc, 1777, 2 vol. in-12.

On a quelquefois contesté à Le Sage d'antres ouvrages que * l'Histoire de Guzman d'Alfarache », et qui, comme ce dernier, ne seraient que tirés et imités de l'espagnol; ainsi, le c Diable boiteux », 1707. ne serait qu'une imitation de l'ouvrage qui a pour titre : * El Diablo cojuelo, novela de la otra vida, traduzida a esta por Luis Vêles de Guevara *.En Madrid, 1641. in-8. Lenglet du Fresnoy affirmait que le premier volume, publié en 1707, par Le Sage, valait mieux que le second, qui est de 1 726 ; et cela parce que le premier est traduit de l'espagnol, et que le second a été composé par Le Sage (1). « L'Histoire d'Estevanille Gonzalès », 1734, 2 vol. in-12, est, de l'aven de Le Sage, une imitation de l'espagnol, d'après la « Vie de l'écuyer Obrégon », par Vinc. Bspinel.

-f- On sait que l'originalité des romans à sujets espagnols publiés par cet écrivain célèbre a été contestée.

La t Correspondance littéraire », 1856-57, t. I,

-f- (1) Voir, au sujet du « Diable boiteux » , an de M. Boissonade, inséré dans le « Journal de l'Esapire », 25 octobre 1812, et reproduit dans le Recueil choisi des articles de ce savant publié en 1864 sous le titre de c Critique littéraire sous l'Empire », t. H, p. 271. L'ouvrage français n'est point une traduction ; Le Sage a pris l'idée principale et le cadre de son roman dans le livre espagnol, mais presque tons les détails sont de lui, et le dénouement lui appartient.

-f- On trouvera dans l'édition du c Diable boiteux », publiée par M. P. Jannet, Paru, Picard, 1867. 2 voL ln-16, toutes les pièces du procès. An texte de l'édition définitive de 1726, contenant quatre-vingt-dixneuf historiettes qui paraissaient alors pour la première fois et qui sont indiquées avec soin, M. Jannet ea a joint trente-neuf, qui figuraient dans les éditions précédentes, et qui lurent retranchées en 1726. 11 a donné aussi l'analyse du * Diablo cojuelo », en signalant les emprunts peu nombreux faits à oe livre par Le Sage.

-f (2) Il n'est pas jusqu'à son célèbre roman de t l'Histoire de Gil Blas » que Bruzen de la Martinière et Voltaire ont prétendu être tiré aussi de celui de Vînt* Espinel que nous venons de citer. Le P. Isla l'attribuait a un antre auteur espagnol. La fausseté de ces allégations a été démontrée péremptoirement pour le « Diable boiteux » et plus particulièrement pour c Gêl Blas », par François (de Neufchateau) dans une sertation qu'il a lue à l'Institut, en 1818, sur la tion de savoir si Le Sage est l'auteur de « Gil Blas • , on s'il l'a pris dans l'espagnol.

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