II. Discours de Louis XIV au Dauphin (rédigé par Pelisson
Imprimé dans un ■ Recueil d'opuscules littéraires » tirés d'un cabinet d'Orléans , et publiés par un anonyme (l'abbé d'Olivet). Amsterdam, Harrevelt, 1767, in-12.
III. Lettre de Louis XIV à Louis XV (par Claude-Guillaume-Robert d'Estecil).
1733, in-4.
Cet écrit, où l'on donne une juste idée des Jésuites, avait été faussement attribué aux appelants; il a été condamné par arrêt du parlement de Paris.
Il existe une volumineuse collection des « Œuvres de Louis XIV », publiée par le général Grimoard et G rouverte, Pari», 1806, 6 gros vol. in-8. Nous pensons que plus d'un écrit qu'elle renferme pourrait ttre contesté à Louis XIV. Si ce grand roi n'avait pas toujours le temps de gagner des batailles par lui-même, et se reposait sur ses généraux pour lui moissonner Je la gloire, comment ses nombreuses occupations de galanteries lui eussent-elles laissé le loisir d'écrire • les ministres célèbres, ainsi que les grands écrivains qu l'entouraient, ont dû faire pour sa réputation littéraire ce que les généraux ont fait pour illustrer ses armes.
LOUIS XVI, roi de France, apocr. [Fr.
Babié de Bercbnay et Sulpice Imbert.
comte de la Platière].
I. Correspondance politique et conûdentielle inédite de Louis XVI avec ses frères et plusieurs personnages célèbres
LOUIS XVI
LOUIS XVI
pendant les dernières années de son règne et jusqu'à sa mort (composée par F. Babié de Bercenay et Sulpice Imbert, comte de La Platière, avec des notes par MIie Hélène-Maria Williams). Paris, Debray, 1803, 2 vol. in-8.
II. Louis XVI peint par lui-môme, ou Correspondance et autres écrits de ce monarque, précédés d'une Notice sur la vie de ce prince, avec des Notes historiques sur sa Correspondance et ses autres écrits (par J.-B. Pujoulx). Paris, Gide fils, 1817, in-8.
Voici ce que A. A. Barbier, sous le n° 3033 de son « - Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes », 2e édit., nous apprend sur cette correspondance:
* En 1800, lorsque je faisais imprimer le troisième Tolnme de ce Dictionnaire, M. Babié m'a avoué qu'il avait composé le pins grand nombre de ces lettres en société avec M. de La Platière ; dans ces derniers temps, il a répété le même aven à M. Beuchot, qui l'a consigné dans le « Journal général de la librairie » , et à M. Eckart, auteur des « Mémoires historiques sur Louis XVII », lequel s'en est servi pour se justifier d'avoir avancé que la « Lettre à M. l'abbé.... sur l'éducation du Dauphin * était supposée. La fausse Correspondance de Louis XVI a trouvé quelques faibles défenseurs ; un ministre du roi Ta citée comme authentique dans la Chambre des députés en 1817. Un homme de lettres très-estîmé, M. Alexandre Soumet, dans son « Oraison funèbre de Louis XVI », Toulouse, 1817, in-8, p. 39, l'a aussi alléguée en faveur de cet infortuné monarque. Les preuves de supposition n'en sont pas moins convaincantes ».
■ On les trouve réunies dans l'opuscule de M. Eckart, intitulé : « Une Lettre sur l'éducation du Dauphin, attribuée à Louis XVI, est-elle authentique? Et Observations sur les recueils de Lettres publiées en 1803 et en 1817, sous le nom de ce prince ». Parti, I NicolU, 1819, in-8 de 50 p. Le faux-titre porte : « Lettres attribuées à Louis XVI ».
La publication, en 1817, de « Louis XVI peint par lui-même » , détermina M. Beuchot a donner à la « Bibliographie de la France » des éclaircissements sur un point d'histoire littéraire d'un haut intérêt pour nous. Ils furent révoqués en doute, et il en résulta une discussion qui fit gagner à M. Beuchot les plus crédules. Voici les trois articles qui furent publiés à cette occasion, et dans l'ordre oh il* ont paru dans la ■ Bibliographie de la France »:
Les deux volumes in-8, intitulés : * Correspondance de Louis XVI », avec des notes par mademoiselle Williams, Paris, G.- A. Debray, 1803, ont été fortement mis à contribution par l'auteur du livre ayant pour titre * Louis XVI peint par lui-même », ou * Cor- f respondance et autres écrits de ce monarque » . Paris, Gide fils, 1817, in-8. Les journaux ont fait un pompeux éloge des < Lettres de Louis XVI ». Des souverains même ont écrit a l'éditeur des lettres de félicitatien. Eh bien I toute la « Correspondance de Louis XVI » publiée par mademoiselle Williams et reproduite en partie dans < Louis XVI peint par lui-même » est ce qu'on appelle apocryphe ; les auteurs sont M. le comte Sulpice de La Platière, mort aux Iles il y a plusieurs années, et M. B..., qui existe encore, et de qui je liens las détails que voici : |
» J'étais un jour chez Sulpice de La Platière, me dit-il ; nous cherchions ensemble le titre ou le sujet d'un livre. L'idée nous vint de faire des ■ Lettres de Louis XVI »; et sur-le-champ nous nous mîmes à l'œuvre. Tous les matins, continua- t-il, je me rendais chez Sulpice de La Platière, et là, en prenant dn thé, et après l'avoir pris, nous fabriquions quelques lettres; quand nous en eûmes une quantité suffisante, nous vendîmes notre travail à M. L qui nous en donna
cent louis, que mon collaborateur partagea avec moi ».
Comment ce manuscrit est-il ensuite tombé entre les mains de mademoiselle Williams, qui a donné la première ces lettres comme authentiques? C'est ce que j'ignore (1).
Au surplus, le nom de H. B.... comme auteur de la « Correspondance de Louis XVI » n'était pas inconnu à M. Barbier. (Voy. le « Dictionnaire des ouvrages anonymes », etc.. n° 9352). (Beuchot).
(13 juin 1818.)
A MM. les rédacteurs de la « Bibliographie de la France ». Messieurs, permettez-moi quelques observations sur l'article relatif a la t Correspondance de Louis XVI » , inséré dans le » Journal de la librairie » du 13 de ce mois.
Je ne conteste point que M. B.... vous ait dit avoir composé une « Correspondance de Louis XVI », conjointement avec M. Sulpice de la Platière. Celui-ci est mort, comme vous l'observez fort-bien, et il n'est pas possible de l'appeler en témoignage ; mais ceux qui l'ont connu pourront bien attester qn'il était hors d'état de composer une seule des lettres de la collection de mademoiselle Williams. Reste ce mystérieux M. B.... Ne serait-il pas possible qu'il ait avancé un fait inexact? Quand on sait que c'est M. Bar (Bertrand Barère, de Vieuzac), membre de la Convention et du trop fameux comité de salut public, qui a vendu la * Correspondance de Louis XVI » à mademoiselle Williams; quand on pense qu'à l'époque où elle a paru pour la première fois, le gouvernement consulaire, au lieu d'en nier l'authenticité, préféra y faire ajouter des notes où respirent le flel et la mauvaise foi, pour en diminuer l'effet sur le public ; enfin, quand on réfléchit qu'un ministre du roi a cité ce recueil à la Chambre des députés en 1817, au sujet des administrations provinciales, on est convaincu qu'il faut des renseignements plus certains pour révoquer en doute l'authenticité de ces lettres, où respire d'ailleurs un si grand caractère de vérité.
Veuillez, Messieurs, agréer, etc. Gide.
Note du rédacteur. C'est avec plaisir que j'ai inséré cette lettre, qui contredit, sans détruire, ce que j'ai avancé p. 351-352. Mais en la publiant, je crois devoir mettre à la suite quelques observations.
Je remarquerai d'abord que la signature de cette lettre est celle du libraire qui a publié ■ Louis XVI peint par lui-même », etc., volume pour lequel on a, ainsi que je l'ai dit, mis à contribution la « Correspondance de Louis XVI » publiée par mademoiselle Williams ; et c'est cette « Correspondance » seule, et ce
(1) -f- Un fait curieux et qui ne paraît pas avoir été connu des historiens de cette pseudo-correspondance de Louis XVI, c'est que, lors de son apparition, Colli- I gnon, de Metz, en fit une contrefaçon. Mu' Williams fit poursuivre cet imprimeur, qui fut condamné à 6,000 fr. d'indemnité; voy. Dalloz, c Jurisprudence générale », dans une note de son article « Propriété littéraire ». .
LOUIS XVI
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qui en a été extrait que j'attaque. Or, peu de jours avant la mise en vente de « Louis XVI peint par luimême », ayant en occasion de voir M. Gide, et ayant appris de lui que l'on avait, pour ce volume, puisé dans la « Correspondance * publiée par mademoiselle Williams, je lui racontai ce que je savais; et ce fut d'après cet entretien que M. Gide fit ôter du frontispice de son livre les initiales des noms de l'homme de lettres qui y avait donné des soins. Gomment se faisait-il qu'après avoir cru ce que je lui disais chez moi, confidentiellement, sans témoins, conséquemment sans avoir à redouter aucune discussion, M. Gide révoque en doute ces mêmes faits quand je les fais imprimer dans on journal, au risque d'être convaincu d'imposture?
Je passe à l'examen de sa lettre.
1° Tous les gens qui ont connu M. Sulpice de La Platière peuvent attester qu'il était hors d'état de composer une seule de ces lettres. Dans ce cas tout l'honneur en reviendrait à son collaborateur. Mais sans faire la part de personne, sans rien prononcer sur le mérite de M. Sulpice de LaPIalière, je rappellerai qu'un homme dont la médiocrité est incontestée, le marquis de Garaccioli, fabriqua des * Lettres de* Ganganelli » (Clément XIV), publiées en 1775, et qui eurent une vogue extraordinaire. Tout le monde en fut longtemps la dupe.
2° Reste le mystérieux M. B... Il est vrai que M. B..., étant vivant, je n'ai pas voulu imprimer à son insu son nom dans ma note. Mais pour ne rien laisser à désirer aux curieux, j'ai dit que M. B... était nommé en toutes lettres dans le « Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes », par M. Barbier, au n° 9352 ; j'ai mis en cela de la discrétion, mais point de mystère.
3° On sait que c'est M. Bar..., membre de la Convention et dn trop fameux comité de salut public, qui a vendu la « Correspondance de Louis XVI » à mademoiselle Williams. C'est m'apprendre ce que j'ai dit ne pas savoir, comment ces lettres étaient tombées entre les mains de mademoiselle Williams. Mais comment étaient-elles parvenues dans celles de M. B....? J'avais donné l'historique jusqu'à M. L ; il y a toujours lacune entre M. L et M. Bar...; mais de ce
qu'elles ont passé par les mains de ce dernier, je ne vois pas comment on pourrait en conclure qu'elles sont de Lonis XVI.
4° A l'époque où elle (la « Correspondance » publiée par mademoiselle Williams) parut pour la première fois, le gouvernement consulaire, au lieu d'en nier l'authenticité, préféra y faire ajouter des notes pour en diminuer l'effet sur le public. Le gouvernement consulaire, que le gouvernement impérial a tant fait regretter, s'est contenté de laisser faire, et personne n'a fait attention au livre qui a été imprimé à la fois dans les formats in-12 et in-8, mais qui n'a point été réimprimé en France (voy. la note col. 826 /".). qu'on n'a exhumé ni à la première ni à la seconde restauration, et que la discussion même que j'ai élevée ne fera peut-être pas rechercher davantage.
5° Un ministre du roi a cité ce recueil à la Chambre des députés en 1817, au sujet des administrations provinciales. Il ne s'imaginait pas que ces lettres fussent apocryphes ; il ne s'est pas rendu garant de leur authenticité. M les a citées comme mademoiselle Williams les avait publiées, comme l'auteur de « Ixmis XVI peint par lui-même » les a employées, de bonne foi ; mais la bonne foi n'exclut pas l'erreur; et l'autorité d'an grand nom pouvant consacrer cette erreur, j'ai
d'autant mieux fait de la signaler : je devais dire la vérité qne je savais.
6° Il faut des renseignements plus certains pour révoquer en doute l'authenticité de ces lettres, où respire d'ailleurs un si grand caractère de vérité. Ce caractère de vérité ne parait pas évident, il s'en faut, et je ne suis pas le seul de cet avis. Lorsqu'à l'occasion dn volume publié chez M. Gide, la c Gazette de France » du 31 mai 1817, cita quelques phrases de lettres qui avaient été prises dans le recueil de mademoiselle Williams, M. Feydel écrivit au rédacteur dn « Journal de Paris » une lettre qui fut mise an rebut et cependant réfutée indirectement le 9 juin, mais qui vient d'être imprimée p. 34-35 de l'opuscule intitulé : * Un cahier d'histoire littéraire ». M. Feydel conclut avec raison, de l'emploi de quelques expressions, que ces lettres ne peuvent être de Louis XVI.
Les renseignements, au reste, qne j'ai donnés, sont certains, et cela est superflu dans la position avantageuse où je me trouve. Car les raisonnements (indépendamment de la vérité de mon récit), me suffiraient pour attaquer l'authenticité des lettres en question. Les raisonnements ne suffisent pas à mes adversaires pour l'établir; il faut qu'ils produisent leurs preuves. Us disent que ces lettres sont de Lonis XVI, je le nie. Et incumbit probatio qui dicit, non qui negat.
Mais comme je désire ne plus revenir sur cette question, quelque grave et intéressante qu'elle soit, j'ajouterai encore quelques mots.
Si ces lettres étaient vraies, on les aurait eaes eo minute ou en original. Dans l'un on l'autre cas, il est bien facile de m'éclairer, de me convaincre. Mais Louis XVI gardait-il, faisait-il des minutes de ses lettres t Quant aux originaux, ils ne pourraient, ce me semble, avoir été remis que par les personnes à qui ces lettres étaient adressées. Mais comment tant de personnes auraient-elles consenti à se dessaisir de papiers aussi précieux, et se seraient-elle entendues pour s'en dessaisir en faveur d'un même personnage qu'on peut bien cette fois appeler mystérieux? Mais si toutes celles de ces personnes auprès desquelles ont été pris des renseignements s'accordaient à dire qu'elles n'ont pas reçu ces lettres, elle ne pourraient les avoir remises. Voilà pourtant ce qui est.
Qu'une seule personne à qui les lettres (publiées par mademoiselle Williams) sont adressées, dise: Je le* ai reçues ; c'est ce que je ne crains fias ptas que de voir représenter les originaux, qui sont indispensables pour convaincre le public de leur authenticité.
Beuchot.
11 Juillet 1818.
Nouvelle note sur la t Correspondance (apocryphe) de Louis XVI », publiée par miss Williams.
Depuis ce que j'ai écrit en 1818, il a paru quelques écrits où l'on combat mon opinion, mais où l'on ne détruit pas mes raisonnements, et où l'on n'apporte aucune preuve de l'authenticité de ces lettres. On se cootente de dire qu'on y croit et qu'il faut y croire.
Ces écrits n'ont donc rien changé à l'état de la question, ai l'on pent faire une question de ce qui est hors de doute.
Trois choses, toutefois, m'ont frappé dans cet écrits.
1° Une grande attention à détourner l'attention da lecteur de ce qui est l'objet de la difficulté; une grande obscurité dans les explications qu'on croit donner. Pour mon compte, j'avoue n'y avoir rien compris.
2* Un singulier anachronisme qu'on lit à la page 60
LOUIS XVI
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de la brochure publiée cette année (1); on y lit textuellement : ■ Je baisai' ce dépôt sacré avec le respect religieux qu'an militaire éprouvera à la vue de l'épie de Dnguesclin qui accola François 1er en le faisant chevalier. »
Quand on prend Dnguesclin pour Bavard, on peut bien prendre l'œavTe de MM. Sulpice de La Platière et B... pour l'œuvre de Louis XVI.
Cependant, de la première méprise, qui n'est probablement qn'nn lapsus calami, ne dérive pas la seconde; je m'empresse de le déclarer, afin que l'on ne croie pas que je veuille raisonner sur de risibles inductions, et produire d'autres arguments que ceux qui sont clairs et forts. Dnguesclin etBayafd n'ont ici rien à faire ; et si j'ai indiqué le quiproquo, c'est pour prouver que j'ai In les écrits que j'ai dit ne pas comprendre.
3° Et, c'est ce qui ne me permet pas de me taire, on a bien voulu parler de moi dans plusieurs de ces érits. et l'on y dit du ton le plus afnrmatif m'avoir envoyé loyalement, par la poste et franches de port, des copies de pièces relatives à l'authenticité des lettres de Louis XVI.
Comme je n'ai fait aucune réponse à ces pièces qu'on dit m'avoir été envoyées, et qu'on pourrait un jour arguer de mon silence qus l'on m'a convaincu et converti, je dois expliquer ce silence; rien n'est pins facile. N'ayant rien reçu, je n'avais aucune réponse à dire :
On ne peut réfuter ce qu'on ne connaît pas.
Je déclare donc qu'aucun des paquets qu'on dit m'avoir été adressas au sujet des Lettres prétendues de Louis XVI, publiées par miss Williams, ne m'est parvenu.
L'auteur des * Mémoires historiques sur Louis XVII ». dont le nom se trouve sur la liste de ceux à qui l'on prétend avoir aussi envoyé des copies de pièces relatives à l'authenticité des lettres de Louis XVI, n'en a pas reçu plus que moi. C'est M. Eckard qui le dit lui-même, page 46 d'un opuscule qu'il vient de publier (2), et dont je ne puis faire l'éloge puisqu'on y fait le mien.
Je soutiens toujours que les lettres publiées sous le nom de Louis XVI par miss Williams sont apocryphes; que ces lettres sont l'ou\r..j;e de MM. Sulpice de La Platière et B...; et je le soutiendrai jusqu'à ce que le contraire m'ait été démontré.
Comme je n'ai dans tout ceci d'autre passion que celle de la vérité, que ce n'est pour moi affaire ni de vanité, ni de calcul, ni de fanatisme, je suis prêt à renoncer à mon opinion quand on m'aura prouvé qu'elle est une erreur. Mais ce sont des preuves que je veux ; et, je le répète, je ne crains pas qu'on en produise.
Qu'on ne s'imagine pas toutefois que je demande des preuves d'une espèce extraordinaire. Sans doute, le public (et j'en fais partie) a le droit, si l'on veut qu'il croie, d'exiger la représentation des autographes. Pour mon compte, je serai plus accommodant.
Plusieurs des personnes à qui sont adressées ces
(i) De l'authenticité des » Lettres de Louis XVI », par J.-B.-G. Drappeau. Des c Notices » du chevalier de Foulaines sur le duc de Penthièvre et sur lord Donner, par R. de Carondeley. » Correspondance du roi martyr », dédié à P.-P. Guelon-Marc, défenseur etolage «le Louis XVI; par J.-B. Bourcier (de Nantes). Paris, Migmret, 1819, in-8 de 44 pag.
(2) Une Lettre sur l'éducation du Dauphin, attribuée à Louis XVI... déjà citée dans une précédente note.
« Lettres » prétendues c de Louis XVI » existent encore. Eh bien 1 qu'nne seule dise avoir reçu l'une de celles que contient le recueil de miss Williams, voilà . tout ce qu'il me faut.
C'est faire de bien fortes concessions, je le sais. Peut-être même, en me les voyant faire, quelques personnes qui s'intéressent à la cause que je défends Ontelles conçu quelque inquiétude. Qu'elles se rassurent; ce que demande est bien, peu de chose, mais ce peu de chose est impossible. Beuchot.
31 Juillet 1819.
Une « Lettre secrète de Louis XVI à Frédéric-Guillaume, roi de Prusse », réimprimée en 1833, à la tète de » l'Opinion de Georges Couthon, membre de la Convention nationale, sur le jugement de Louis XVI ; précédée de quelques réflexions par A. Havard, et d'une lettre.... » {Paris, Prévost, Ollivier, Rouanet, Grimpelle, in-8 de 32 pag.), a été l'occasion d'un nouvel écrit de M. Eckard, intitulé : * Au nouvel éditeur d'une lettre attribuée à Louis XVI » (Versailles, de l'itnpr. de Du faute, 1834, in-8), qui établit la fausseté de la « Correspondance politique et confidentielle de Louis XVI » , publiée par mademoiselle Williams, et reproduit, ou cite les articles imprimés au sujet de cette Correspondance, dans la c Bibliographie de la France ».
-f- M. Feuillet de Couches , dans la préface de son livre v Louis XVI, Marie-Antoinette et Mm* Elizabeth » , 1864, 3 vol. in-8, entre dans des détails étendus au sujet de cette publication, qui a fait, qui fait encore des dupes. Un ministre illustre, M. Lalné, l'a citée comme authentique a la tribune de la Chambre des députas ; M. Alexandre Soumet l'a exaltée dans son « Oraison funèbre de Louis XVI » (Toulouse, 1817, p. 39). Elle porte cependant les caractères les plus frappants de la supposition. Louis XVI ne parlait pas dans ses correspondances les plus intimes la langue des clubs de 1793, il ne pouvait employer le barbarisme révolutionnaire de démoralisation, il ne connaissait pas l'expression barrière-pensée, sortie plus tard du cerveau de Sieyès. Il n'eût pas dit à Malesherbes : La nature vous a donné nne âme citoyenne, et il ne lui eût pas écrit : Mon cher Malesherbes. Il n'eût pas dit à Vergniaud, auquel à coup sûr il n'a jamais écrit : « Vous avez des idées grandes et libérales , » expression introduite par M°" de Staël dans l'apologie de son père.
Si miss Hélène Williams avait été dupe quand elle avait acheté le manuscrit apocryphe composé en des jours de misère par Babié (on a son aveu signé), il est bien douteux qu'elle n'eût pas cessé de l'être. Quand une polémique se fut ouverte et que le gendre de Malesherbes, M. de Rosambo, eut demandé à voir les lettres autographes, que lit-elle alors? Au lieu de reconnaître loyalement que ces originaux n'existaient pas et qu'on avait abusé de sa bonne foi, elle battit la campagne et allégua qu'ils avaient été confisqués par la police.
On pourrait croire la question de ces lettres apocryphes du roi martyr balayée du domaine historique. Elle a été incidemment revisée par un des sages historiens, un des esprits droits et fins de ce temps-ci, M. de Barante, dans un morceau d'histoire, un des meilleurs écrits de l'auteur, la vie politique d'uu des anciens ambassadeurs et ministres de Louis XVI, le comte de Saint-Priest. Tout en commençant par reconnaître le discrédit dans lequel la publication de miss Williams est tombée, tout en signalant une lettre désavouée par M. de Saint-Priest lui-même, a l'adresse duquel elle est portée, M. de Barante demande grâce pour deux
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louis xvin
autres qui sont tout aussi peu authentiques que les autres, tout aussi peu dans le style de Louis XVI, tout •aussi peu possibles. L'une est adressée au comte d'Estaiag, commandant la garde nationale de Versailles dans les journées des 5 et 6 octobre ; l'autre au Ministre des affaires étrangères, Montmorin. Du premier mot le faussaire se révèle dans la lettre à d'Estaing, en le faisant traiter de cousin par le roi... Dans ces pastiches on voit se heurter le faux avec lo vrai, et l'anachronisme do style saute constamment aux yeux.
Il s'est rencontré deux hommes assez courageux ou assez naïfs pour publier des éditions nouvelles de ces correspondances comme vraies et authentiques. L'un d'eux même les donne comme inédites. (« Lettres de Louis XVI, correspondance inédite, discours, pensées, etc., avec introduction et notes », par B. Chauvelot. Paris, C. DilUt, 1862, in-8. — t Œuvres de Louis XVI, précédées d'une histoire de ce monarque et d'une lettre de M. Berryerv Pari*, 1864 (1).
-+- III. Réflexions et Entretiens de Louis XVI avec le duc de La Vauguyon.
Cet ouvrage a déjà été publié en 1851, d'après un manuscrit, non de Louis XVI. mais de Louis XVIII. Le duc de La Vauguyon, arrivé par intrigue au poste de gouverneur des enfants de France, était un homme sans nulle valeur. (Feuillet de Conches, ouvrages cité, p. xvii). Ces entretiens étaient des cahiers de corrigés des devoirs donnés aux princes par leurs précepteurs.
LOUIS XVIII, roi de France, apocr.
[M. le baron de Lamothe-LangonJ.
Mémoires de Louis XVIII, recueillis et mis en ordre par M. le duc de D**\ Paris, Manw-Delaunay, Thoisnier-Desplaces, 1832- 33, 12 vol. in-8.
L'ouvrage ne devait former primitivement que six
volumes.
Ces Hémoires offrent une lecture intéressante. Les auteurs ont su reproduire, d'une manière assez fidèle, le style de Louis XVIII. Nous ignorons les noms des littérateurs qui ont refait le livre du baron de Lamolhe- Langon, comme cela est arrivé pour maintes publications de ce trop fécond écrivain.
Louis XVIII était un homme d'esprit. Non-seulement nous avons plusieurs opuscules qui portent justement son nom (voy. la « France littéraire », a Louis XVm), mais encore on lui a attribué la meilleure part dans quelques compositions dramatiques dont il a abandonné la paternité à d'autres. Nous ne connaissons d'ouvrages qui aient été faussement publiés sous son nom que les Mémoires que nous venons de citer, et encore plusieurs imitations d'Horace, imprimées, publiées et répétées dans les keepsakes et les almanachs littéraires de la Restauration, et qui sont dues au bibliophile Paul Lacroix.
Nous en reproduisons une ici, qui a été imprimée dans le numéro du 4 octobre 1839 du « Cabinet de lecture », paraissant alors in-folio.
Voici sous quel titre a été donnée cette pièce apocryphe : m Manuscrits, Ode d'Horace, avec cette épigraphe : Pastor cum traherel per fréta navibus. Ode XX,
(1) -f- M. G. du Fresne de Beaucourt a publié : t Une Supercherie littéraire. Us Lettres de Louis XVI. Paris, ZKwi/,1865, in-18, 19 p. » C'est un tirage à part, à 50 exempl., d'un article de la « Revue bibliogi-aphique et littéraire ». 01. B — r.
liv. 1. Traduction par Louis-Stanislaa-XaYier de France, décédé sous Louis XVIII ». (Extrait de la traduction sous presse.)
Quand, parjure à la foi de l'hospitalité. Le berger phrygien sur l'orageuse plaine Entraînait avec lui cette Hère beauté,
L'orgueil de Sparte et de Mycène, Des aquilons Nérée enchaînant la fureur, De ce terrible arrêt frappa le ravisseur.
Sous quel auspice affreux conduis-tu cette proie. Que les Grecs conjurés, sous les remparts de Troie, Viendront chercher armés du glaive et du flambeau. Résolus à briser de ton hymen infâme
Et du monarque de Pergame
Le trône antique et le berceau?
Dieux I quels flots de sueur coulent dans les batailles! Que de larmes de sang, combien de funéraiUes Va coûter aux Troyens ta criminelle erreur 1 Déjà, le cœur brûlant d'une joie homicide,
Pallas prépare son égide,
Son char, son casque et sa fureur.
L'intrépide Teucer et l'appelle et te presse; Au fort de ces périls, au fort de ta détresse. Tu connaîtras aussi le fougueux Mérion ; Vois-tu pas accourir, tout bouillant de colère.
Ce fils plus vaillant que son père,
Diomède, effroi d'il ion?
Et toi, comme à l'aspect d'un loup dans la prairie Fuit le cerf, oubliant l'herbe tendre et fleurie, On te verra, fuyant un farouche agresseur, Accourir éperdu, tout pâle, hors d'haleine.
Pour désabuser ton Hélène
Des serments de son défenseur.
L'inflexible courroux de la flotte d'Achille
Retardera la mort d'une superbe Tille
Et le deuil éternel des mères des Troyens.
Mais, les temps accomplis, par les mains de la Grecs
La flamme ardente et vengeresse
Détruira les murs phrygiens.
De l'appui de Vénus en vain tirant ta gloire. Sur tes cheveux dorés tu promènes l'ivoire ; Vainement, au milieu d'un essaim de beautés, Ta faveur tour à tour leur accorde un sourire.
Ou leur partage sur la lyre
Le plus doux chant des voluptés ;
Vainement, dans te couche à l'amour consacrée.
Tu fuiras les Cretois et leur flèche acérée,
Ou le rapide Ajax et son dard menaçant ;
Ton front (trop tard, hélas !) viendra baiser la terre.
Et ta chevelure adultère
Se parfumera dans le sang.
Tourne les yeux : voici les Aéau\ de ta race, Ulysse avec Nestor, son émule d'audace ; Pour te frapper, Ajax devance ces guerriers ; Près de lui Sthénélus, également habile
A lancer la flèche docile,
A modérer de fiers coursiers.
+ LOUIS XVD1.
Lettre du Roi — à son frère et cousin Ferdinand VII d'Espagne.
Cet écrit spirituel et malicieux est sorti de la pta«* acérée de Paul-Louis Courier.
LOUIS XVffl
L0U1S-€HARLE3
LOUIS XVUI (Charles Joli et].
Des articles dans le * Nain jaune » .
LOUIS-CHARLES, Dauphin de France, nom pris par deux des derniers imposteurs des plus remuants, se disant fils de Louis XVI (1).
C'est »o délit que d'obtenir, en ■sarput an fonx nom et une fausse qaalité, un intérêt qai s'exprime