‹ Les supercheries littéraires dévoilées (volume 2)Chapitre 738 sur 1082 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

§ I. De quelques imposteurs politiques de ce siècle.

« Tous les peuples ont vu des imposteurs revendiquant l'honneur d'une illustre origine, et les droits qui pouvaient y être attachés. Un grand nombre s'éteint rarement sans devenir l'objet d'une spéculation pour quelque ambitieux obscur. Combien de fourbes n'ont pas réclamé la succession d'un conquérant mort sans postérité !

Combien n ont pas essayé de faire revivre à leur profit l'héritier d'un empire ! »

Avant le xixe siècle, on n'avait pas heureusement vu en France de ces hommes audacieux qui, profitant de quelque ressemblance avec un prince enlevé par une mort tragique, se soient présentés comme y ayant échappé, et favorisés par des mécontents et par l'amour des peuples pour la nouveauté, prolonger les troubles qui les avaient vus naître, ensanglanter la terre et expier sur l'échafaud leurs tentatives criminelles.

Toutefois, en 1596, on arrêta un jeune homme de 22 à 23 ans, qui se disait fils de Charles IX et qui était allé à Reims pour être sacré roi. Il faisait beaucoup valoir certaines révélations que lui et un laboureur de Vaux, en Champagne, prétendaient avoir eues, circonstances que Thomas Martin et le nouveau prophète Pierre-Michel ont fait revivre en faveur d'un imposteur récent. Quelques seigneurs donnaient ou feignaient de donner dans ces chimères, et fournissaient libéralement, par compassion, disaient-ils, à son entretien, ainsi que cela est arrivé plus particulièrement pour deux autres imposteurs de ce siècle. Dans les conjonctures critiques où se trouvait l'Etat, le parlement de Paris confirma la sentence du juge royal de Reims par laquelle Laramée, c'était le nom de cet imposteur, avait été condamné

(4) L'un de ces imposteurs, ne connaissant pas bien Tordre des noms de baptême dn fils de Loois XVI, siit diarlea-Lonis.

à être pendu. D fut exécuté sur la place de Grève.

Pendant plus de deux siècles, aucune fourberie de ce genre n'avait eu l'occasion de se produire. Mais notre siècle nous en réservait toute une série.

A côté des mémorables événements, si divers, des grands faits et des folies qui, en France, ont marqué la première moitié du xrxe siècle, il faut donc placer, comme une autre teinte du tableau, les tentatives, parfois criminelles, le plus souvent insensées, d'hommes qui, par imposture, ont voulu s'approprier a illustres noms et les plus hautes positions qui ne leur appartenaient point. La France, terre classique des choses extraordinaires et incroyables, devait voir naître le plus grand nombre de ces excentricités, qui n'ont pour résultat que de semer le trouble dans la Société ou d'exploiter la crédulité publique au profit des monomanes et des charlatans qui se rendent coupables d'impostures. Aussi la France, seulement depuis le commencement de ce siècle, a-t-elle vu surgir un assez bon nombre de ces prétendants fous ou fripons .

Le premier fourbe dans l'ordre des aates. qui a paru, est un personnage qui se faisait appeler Louis-Joseph Xavier (Voy. ce nom). Il prétendait être le duc de Bourgogne, fils aîné du Dauphin, père do Louis XYI. Sa mère, disait-il, ayant consacré son premier né à Dieu, l'avait fait sortir secrètement de France, pendant qu'il était encore au maillot, avant même qu'il eût reçu le baptême. Ceux qui avaient été chargés de cette mission l'avaient amené au village de Frapecu, près de Namur, où ils l'avaient abandonné. Heureusement pour la réputation de la Dauphine, les documents plus officiels que la parole du sieur d'Aché ou Dachet, ainsi se nommait ce personnage, prouvent au'il était né à Namur, en 1748. Ce prétendant se fit religieux. C'est alors que sa folie paraît avoir commencé. Ce que voulait le sieur d'Aché, c'était moins le trône de France encore que le baptême ; il demandait le baptême à tous ceux qu'il rencontrait, et on ne sait comment il s'est fait que personne n'ait entrepris de le guérir en feignant de le lui administrer. D'Aché doit être mort dans un hôpital d'insensés. De tous les princes oui disparurent dans une tourmente révolutionnaire, aucun n'eut autant de sosies que le fils de Louis XVI. On en compte jusqu'à quatorze ou quinze i et c'est d'eux plus particulièrement que nous allons avoir à nous occuper, tout en signalant néanmoins plusieurs

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autres fourbes, d'espèces différentes, appartenant à notre époque.

En 1800, un écrivain, M. Regnault- Warin, s'empare d'événements récents, il y entremôle des aventures romanesques, et l'ouvrage est lu avec intérêt parce qu'on y retrouve quelques traits des hautes infortunes de Louis XVI et de la famille royale. Bientôt ce roman « le Cimetière de la Madeleine » devient la source à laquelle une foule de personnages puisent, le plus grand nombre, des connaissances historiques, et les autres, les moyens d'abuser et d'exploiter à leur profit les esprits faibles et crédules, en s'emparant, à leur tour, d'un prétendu enlèvement et en affirmant l'existence de Louis XVII.

Le premier faux Dauphin qui parut remonte au temps du Consulat. Ce fut Jean-Marie Hervagault, fils d'un tailleur à Saint-Lô (Manche), en 1802. Il était âgé d'environ vingt ans; doué d'une figure intéressante, d'un son de voix persuasif, il joua son rôle avec assez d'intelligence. Convaincu de s'être, à l'aide de faux noms, procuré de l'argent, des vêtements et des égards qui ne lui appartenaient pas, Hervagault fut condamné par jugement du tribunal criminel séant à Melun, le 3 avril 1802, à quatre années d'emprisonnement. Il est mort à Bicêtre, le 8 mai 1812.

Dans un autre ordre de fourbes, nous trouvons le forçat évadé Cogniard, transformé en comte Pontis de Sainte-Hélène, qui faisait le whist de Louis XVIII et

Î>renait les empreintes des serrures. Ce' ieu tenant-colonel, de si haut nom, avait eu le malheur d'habiter un peu le bagne dans sa jeunesse, et là on voit, en général, assez mauvaise compagnie. On se trouve lié avec des personnes dont la moralité n'est pas touiours irréprochable; on est souvent attaché à quelqu'un qui vous rappelle plus tard cette intimité, souvent fort gênante. Voilà précisément ce qui perdit M. le comte de Sainte-Hélène. Il avait quitté le bagne sans dire adieu à personne, pas même à MM. les directeurs et greffiers de l'établissement. C'était un homme ingénieux pour ces sortes de choses, que M. Pontis de Sainte-Hélène. Il était sorti en costume d'abbé, donnant sa bénédiction à tout le monde. Le garde-chiourme, qui n'est jamais béni par personne , môme par ses pensionnaires, baissait la tête devant l'homme évangélique qui lui imposait les mains. Or , un garde chiourme qui baisse sa tête ne regarde pas, et l'œil vaut autant que le bras pour cette profession ; enfin, bénissant, bénis-

sant toujours et partout, M. Cogniard prit la clef des champs, et, toujours abbé, trouva le moyen ae s'embarquer pour une sainte mission. Arrivé à la Martinique, il devint le directeur spirituel de la cuisinière de M. le comte de Pontis de Sainte- Hélène. La condition était bonne. Il vivait comme un chanoine. Une cuisinière qui a des velléités pieuses et qui ne sépare pas la créature au Créateur, a toujours des consommés et autres fortifiants au service de son directeur. Cogniard était donc comme Tartuffe,

Gros et gras, le teinl frais et la bouche vermeille,

quand arriva presque subitement la mort de M. le comte de Pontis de Sainte-Hélène. La pieuse cuisinière et son respectacle directeur firent main basse sur tout ce qu'il y avait de valeurs empochables, et même sur les titres de famille du comte. La justice vint ensuite: il ne restait plus que ce qu'on n'avait pu prendre.

Par un singulier hasard, l'ancien forçat ressemblait à peu près à M. le comte de Sainte-Hélène; il revint en France, où avait servi celui dont il portait le nom; il fut admis dans un régiment en Espagne, s'y conduisit avec une sorte d'énergie, et obtint le grade de lieutenant-colonel. La Restauration le trouva dans cette position. C'était un adroit personnage, qui se mit bien en Cour en trouvant beaucoup d'esprit à Louis XVIII ; il répétait ses mots et lui attribuait tous ceux qu'on disait alors, et on en disait beaucoup. C'était là un temps spirituel ; on s'occupait peu d'affaires publiques ; l'opposition se bornait à quelques traits malins ; on n'en était pas arrivé à faire, de la conversation des salons devant les femmes, une déclamation de lieux communs politiques. Avec cinq ou six idées qui forment le fond des choses aujourd'hui, on parle, pendant six heures, depuis l'Assemblée nationale jusqu'aux boudoirs des lorettes. Enfin il parait que nous sommes des hommes sérieux ! A la bonne heure !

Tant est que Louis XVHI, qui aimait u'on le trouvât l'homme le pins piquant c son royaume, prit beaucoup de goût pour le comte Pontis de Sainte-Hélène, qui fut admis au jeu de Sa Majesté. Tout allait pour le mieux du monde : honneurs, argent, réception à la Cour et à la Ville ; c'était pour l'ancien forçat un rêve doré qui devait pourtant bientôt s'évanouir.

Dans les revues, "dans les visites officielles, il avait été reconnu par d'anciens camarades de Toulon. On vint chez lui ; il donna d'abord quelques secours. Des exigences,

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accompagnées de grossières menaces, survinrent ensuite. Le comte était dans l'enfer. Enfin, par une transaction qui

Ï>rouve qu'il y avait encore du sang de voeur mêlé aux habitudes aristocratiques, Cogniard consentit à faire une société en participation pour l'exploitation des serrures du faubourg Saint-Germain, et, comme disent ces messieurs, il préparait les affaires.

Cn ancien ami, qui n'était pas entré dans l'association et qui trouvait la chose injuste, dénonça cette commandite à M. le préfet de police. A une revue de la place Vendôme, où défilaient des condamnés, on arrêta M. le comte de Sainte-Hélène, qui fut confronté avec ses dénonciateurs. 11 fut bien démontré qu'on avait affaire à Cogniard, qui s'était évadé du bagne de Toulon. Lui seul n'en voulut pas convenir. A Toulon, il était encore dans l'impénitence, et ses nouveaux camarades l'appelaient ironiquement M. le comte (i).

Au commencement du règne de Louis- Philippe, une aberration d'esprit fit descendre dans l'arène des imposteurs jusqu'à une noble dame. Nous voulons parler do la dame que nous avons connue en Franco sous le nom de Maria Stella, née de joinville (voy. Maria Stella), presou'aussitôt après la Révolution de juillet. On a fait justice de la fable ridicule de lady Maria Stella Newborough, baronne de Steinberg, sur la substitution du fils d'un geôlier de la petite ville de Modigliana, nommé Chiap-

§iu (depuis Louis-Philippe), à la fille du uc et ae la duchesse de Chartres. Le procès d'Affenaer, iugé en 1845, a fourni la preuve que les bons Pères jésuites faisaient leurs délices de cette Maria Stella. Le parti prêtre, les grands et petits séminaires, ennemis nés du gouvernement de Juillet, recherchaient beaucoup la lecture de ce roman.

Un autre imposteur, dont le nom se rattache à l'histoire militaire de la France par la lutte qu'il voulut soutenir contre nos

(1) C'est atec cette singulière existence d'homme que le théâtre de la Gaîté a fait nn drame représenté pour la première fois le 24 mars 4849, et imprimé sous le titre de « le Comte de Sainte-Hélène », drame en ciuq actes et sept tableaux, par MM. Charles Desnoyer et Eugène Nus. Les auteurs ont illustré cette di'jà vieille anecdote de tout ce que le mélodrame a de plus usuel en combinaisons, depuis le « Faux Martin Guerre » , que l'on jouait îl y a quelque trente ans, jusqu'au « Manoir de MonUonvier », ainsi que « Fualdès », qu'on joue encore quelquefois. Il nous semble qu'on devrait chercher ailleurs que dans les greffes de la Cour d'assises pour divertir et intéresser le public, dans un ternes comme celui oh nous vivons.

armes victorieuses en Afrique, est un Arabe. Tandis que le véritable Bou-Maza expiait au Hara, comme prisonnier de guerre, la faute de s'être fait chef de fanatiques qui avaient proclamé la guerre sainte contre les Français, un autre Bou-Maza, un faux Bou-Maza, surgissait pour continuer l'œuvre commencée par celui dont il usurpait le nom. Le chérif Si-Boucif commençait à acquérir sous ce surnom une énorme influence parmi les tribus du Jurjura. Mais ses succès ne furent pas de longue durée. Le mardi 2 octobre 1849, cet imposteur, étant descendu dans la vallée de TOued-Sahel, à la tête de quatre à cinq mille Kabyles, fut attaqué, mis en déroute et tué par M. Beauprêtre, souslieutenant de Zouaves, adjoint au bureau arabe d'Aumale, gui n'avait avec lui qu'environ mille cavaliers indigènes.

D'après le calcul des probabilités, l'avenir nous tient en réserve plus d'un visionnaire qui se prétendra le duc de Reichstadt, échappé au joug de l'Autriche, à la surveillance de ses gardiens, au moment où l'on faisait pour lui le simulacre d'un enterrement. Les journaux de Paris, du lundi 23 et mardi 24 juillet 1849 (1), ne nous ont-ils pas déjà fait connaître que le 23, à midi et demi, un individu en uniforme de lieutenant-général, avec le grand cordon de la Légion d'honneur, s'est présenté chez M. le général ChangarnierJ La figure de ce général étant inconnue aux officiers d'état-major de service, on l'a prié de vouloir bien écrire le motif de sa visite pour qu'on pût le transmettre à M. le général Changarnier, qui était occupé dans ce moment, a Annoncez S. M. l'empereur des Français, roi de Rome, protecteur de la Confédération germanique. »A ces titres pompeux, on a bientôt reconnu qu'on n'avait affaire qu'à un fou. 11 a été arrêté et mis à la disposition de M. le préfet de police. Si le duc de Bordeaux mourait jeune, nous aurions à choisir entre une douzaine de Henri V, rançonnant les âmes charitables en attendant la vacance, la restitution ou la restauration du trône de ses aïeux.

Les races d'imposteurs et de conspirateurs ne peuvent, hélas ! s'éteindre tant que les mauvaises passions parleront à l'ambition de certains hommes.

Nous nous apercevons que nous nous sommes éloigné de notre sujet principal, qui est de passer en revue les imposteurs qui ont prjs les titres de duc de Norman-

(i) Voyez particulièrement le journal « le Droit de? <?3 p» ** juillet 1«*0.

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die et de dauphin de frange ; mais c'est que tous les fourbes dont nous venons de parler se rattachent à notre histoire d'une manière très-directe. Pourtant, nous allons rentrer dans notre sujet.

Lors de la chute du glorieux empire de Napoléon, il surgit tout à coup plusieurs Louis XVII; il en parut encore avant la mort de Louis XVIII, comme au temps de Charles X, et personne n'a encore oublié le sabotier Mathurin Bruneau (né à Vézins, Maine-etrLoire, le 10 mai 1784). Les fauteurs et les dupes de ce grossier personnage, auquel la malignité affecta de donner de l'éclat, publièrent des a Mémoires, » dignes d eux et de lui . Il fut condamné à cinq années d'emprisonnement, etc., par le tribunal de police correctionnelle, à Rouen, le 19 février 1818, pour avoir, en faisant usage de faux noms et de fausses qualités, escroqué des effets et des sommes considérables (1).

D'autres individus, à force de songer sans doute que le Dauphin existait, se sont détraqué le cerveau au point de se considérer eux-mêmes comme étant ce prince.

Le 18 février 1818, un homme se présente aux Tuileries, et demande à parler au roi, qui, disait-il, le reconnaîtrait pour Charles ae Navarre à une marque particulière, à une cicatrice qu'il lui montrerait. On le conduit à l'état-major du maréchal de service, où se rend M. le comte de Montsoreau, grand-prévôt de la maison du roi, et l'on découvre que le prétendu Louis XVII est Jean-François Dufresne, le neveu de M. Dufresne de Saint-Léon, sujet à des accès d'aliénation mentale.

Deux ans après, et encore dans le mois de février, un sieur R..., huissier de la

(1) Sur les deux premiers faux Dauphins, Hervagault et Mathurin Bruneau, il existe :

1° < Le Faux Dauphin (Jean-Marie Hervagaut), actuellement en France » (rédigé sur pièces officielles), par Alpb. de Beauchamp. Paris, Lerouge, an XI (1803), 2 vol. in-42, avec nn portrait.

2° « Histoire et procès complet du faux Dauphin Mathurin Bruneau; prévenu de vagabondage, d'escroquerie et d'usurpation de nom ». Paris, PilUt, 1818, in-8°, 128 p., avec le portr. de Math. Bruneau, représenté devant la Cour de Rouen, coiffé d'un bonnet de coton en pain de sucre, et un bras allongé.

3° « Histoire des deux Taux Dauphins (Hervagault et Math. Bruneau) », par M. Alphonse de Beauchamp. Paris, Germ. Mathiot, 1818, 2 vol. in-12 ou 1 vol. in-8. 546 p.

4<> « Notices sur Hervagault, sous le Consulat, et sur Math. Bruneau, sous la Restauration, par A.-F.-V. Thomas.

Imprimées dans le livre de l'auteur intitulé : « Naiindorff, ou Mémoire à consulter sur l'intrigue du dernier faux Louis XV11 ». Paris, 1837, in-8, p. 259 à 300.

ville d'Uzès, se trouvant à Paris, fut de même arrêté aux Tuileries. Cet autre fou se disait aussi le fils de Louis XVI; mais il prétendait être envoyé du firmament pour se faire reconnaître. Il avait demandé dans quelle partie du château était logé son oncle Louis XVIII, et il débitait mille extravagances.

En 1824, on vit paraître aux État-Unis Victor Persat, ancien militaire (1). Une balle reçue à la tête, d'autres blessures et le froid excessif dans la retraite de Moscou avaient causé un dérangement sensible dans les facultés de ce brave. Il lança des proclamations répétées dans quelques journaux français et promettait ses a Mémoires. » Sa respectable famille s'empressa d'éclairer le public.

Un des plus récents prétendants, juge compétent en matière d'imposture, le soidisant baron de Richemont, dans les Mémoires qu'il a fait paraître en juillet 1831, nous révèle le nom d'un nouveau fourbe nommé Fontolive, qui surgit à Lyon vers 1830. Ce doit être le personnage dont parle l'ancien préfet de police de la Seine, M. Gisquct, dans les piquants Mémoires qu'il a publiés sur la bohème politique an temps de son administration.

« Un sixième Dauphin arrive fort à propos pour nous tirer d'embarras; quel bonheur si c'était le véritable frère de la duchesse d'Angoulême! Voyons! Nous sommes à la fin d'octobre 1831; nous assistons à une audience du tribunal de police correctionnelle de Pontarlier; on amène Louis XVII; mais ô abomination des abominations ! on le condamne à quatre mois de prison pour a vagabondage, » et l'on prouve qu'il a été tour à tour dragon, maçon et garçon de salle à l'hospice de Bicêtre. Si ce pauvre homme était chargé d'un service quelconque dans le quartier des fous, là sans doute il aura gagné leur maladie. »

« Nous voilà retombés dans le doute. «

Il faut qu'un voile longtemps impénétrable ait caché l'origine du comte Diebitsch Sabalkanski, feld-maréchal des armées russes, puisque la politique a cm Eossible d'accréditer l'opinion qu'il était ouis XVII; croyance que des gazettes étrangères ont répandue et que des rêveurs en France ont accueillie. 11 était du Imême âge que le prince, puisqu'il naquit le 13 mai 1785, au village de Gross-Lews

(4) Sur cet autre faux Dauphin, voyei dans * révolutionnaire », édition in-8, t. IV, le chapitre iatitulé : < les Proscrits de la Restauration », par M. Vrèà.

' Degeorge.

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(SUésie), d'une des plus anciennes familles àe cette province.

Vraiment, il vient autant de ducs de Normandie que de véritables chapons du Maine... il en pleut des Louis XVII depuis trente ans. .. Nous nous croyions délivrés de ces apprentis qui arrivent trop tard, et quand la place est occupée. Mais pas du tout ! en voici encore un qui ne sera peutêtre pas le dernier; celui-ci est le bon, le véritable duc de Normandie. Il a bien soin de vous prévenir qu'il ne faut pas le prendre comme ses confrères ou prédécesseurs pour un faussaire, un charlatan ou une bête. Allons donc !

A la suite de la révolution de juillet, qui substituait sur le trône un prince de la branche cadette à un roi de la branche aînée, nons pouvions du moins croire que les prétendus fils du roi martyr renonceraient à leurs espérances. Il en fut autrement.

Louis-Philippe était à peine parvenu au trône, que surgissaient à la fois deux nouveaux fourbes réclamant, au même titre que le sabotier Mathurin Bruneau, le nom et l'héritage du père qu'ils s'étaient choisi : l'horloger allemand Nàundorff et le soidisant baron de Richemont. Ces nouveaux prétendants publièrent leurs « Mémoires » avant d'oser se mettre eux-mêmes en évidence, et des journaux annoncèrent qu'en France et en Allemagne, d'autres étaient sous presse. Chacun d'eux avait eu le temps d'étudier son rôle, de s'approprier les événements et de prévoir les objections des incrédules.

N'allez pas croire que les personnages dont nous venons de parler soieit les derniers candidats à la royauté ! Ce serait une grave erreur. La France est assurée contre cette disparition. Il n'est pas une de nos provinces qui ne soit assez heureuse pour posséder une apparence quelconque de rejeton de l'ancienne famille de nos rois. Marseille en possède deux pour son compte qui, en attendant que la providence veuille bien leur mettre le trône sous le nez, daignent extorquer à la crédulité des femmes des marchés de cette ville des moyens d'existence. Lyon en possède un autre. Enfin, Paris, où la place est assez grande pour contenir au moins un autre

§ rétendant à côté du trop remuant baron e Richemont, le possède effectivement; moins ambitieux que son confrère de la capitale, ce dernier est au demeurant bon {nince, ne demandant à son peuple que de ui laisser la liberté de se croire le véritable fils de Louis XVI. Cet homme.long, manchot, à face enluminée, et qui est l'effroi de

toutes les belles promeneuses du jardin du Luxembourg, à cause de l'expression luxurieuse de son regard, est un ancien professeur du nom de Varney, et qui demeure rue de Seine, n. 60 (1).

Jusqu'alors la France et l'Allemagne avaient joui du triste privilège de nous fournir Je ces pauvres fous et ae ces dangereux saltimbanques politiques ; mais voici que l'Amérique veut avoir son tour dans l'exhibition des pseudo-dauphins. Quelques journaux de Paris, de la première huitaine de février 1850, nous ont donné la traduction d'un article d'un journal paraissant à Philadelphie, qui annonce la découverte d'un nouveau fils de Louis XVI. Que va devenir le remuant Richemont à cette nouvelle, lui qui avait poussé ses affaires assez loin, jusqu'à l'impudence de faire assigner la duchesse d'Angoulême devant les tribunaux du département de la Seine, pour que la princesse eût à le reconnaître pour son frère I Evidemment, aux yeux de Richemont, le prétendant d'Amérique ne peut être qu'un imposteur 1 Mais au moins ce dernier a un nom unique qu'il avoue, et une belle position qui nous rassure contre les démarches qu'il pourrait faire en France, pour la revendication, au moyen d'intrigues, du trône de son père. Voici la traduction de l'article du journal de Philadelphie, que nous empruntons au « Constitutionnel » du 8 février, colonnes 9 et 10 :

Philadelphie. — Il paraît ici un journal quaker intitulé : < The Friend » (l'Ami). Ce journal a rendu compte, dans ses derniers numéros, d'une visite faite par quelques quakers aux Indiens ménomines, chez lesquels ils ont trouvé, disent-ils, le fils de Louis XVI, chef indien et missionnaire. M. T. Wistar avait été chargé, par le Président, de tenir conseil avec les Indiens ménomines sur le mode le plus équitable de distribution d'une somme d'argent entre leurs cousins les ménomines mélangés. M. A. Cope, négociant estimé à Philadelphie, obtint la permission d'accompagner M. Wistar. Ses amis eurent à cette occasion une entrevue avec un personnage mystérieux qu'on suppose, par divers motifs, être le Dauphin de France. Il est dépeint comme un homme petit et fort, ayant l'air franc et ouvert, annonçant beaucoup d'intelligence et de bonté, avec cette affabilité oui caractérise le prêtre catholique européen. On lui donnait le nom

(1) Auteur de deux articles de critique philosophique

dans la « Revue encyclopédique » : 1° sur les Etudes

de l'Homme, par Bonstetten (t. X1I1), et sur le Rapport

Ide la Nature a l'Homme, par le baron Massias (t. XV1U).

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d'Eliezer Williams, et ce qui était plus étonnant, le titre de chef des Indiens Saint-Régis et de ministre de l'église épiscopale. On disait nue c'était un homme très- versé dans les lettres et les sciences, qu'il avait formé une bibliothèque précieuse contenant beaucoup de volumes des missionnaires jésuites et des voyageurs qui ont les premiers visité la contrée du Lac. 11 avait fait longtemps des recherches se rattachant à l'histoire ancienne des nations indiennes du N.-O., et confia à ses amis qu'il avait formé le projet de composer un ouvrage historique sur cette matière. Il avait déjà publié quelques essais; des journaux les avaient imprimés, et l'on ne pouvait plus se les procurer.

Quelques circonstances nouvelles augmentent l'intérêt qui s'attache à ce personnage remarquable, sans lever le mystère qui plane sur sa vie. Cette entrevue inspira le plus vif intérêt aux deux quakers. Le journal ajoute qu'il y a quelques années, un Français âgé mourut à la Nouvelle-Orléans et fit, en présence de témoins dignes de foi, la déclaration singulière qui suit : a J'étais en France à l'époque de la première révolution, et en rapport avec quelques chefs éminents du parti populaire. On n'a jamais pu savoir positivement ce qu'était devenu le Dauphin de France : on croyait généralement qu'il était mort; mais des personnes, indignées du traitement cruel qu'éprouvait le malheureux enfant, l'arrachèrent des mains de Simon et le lui confièrent à lui, sous la promesse solennelle de le conduire hors de France, de l'établir dans un pays où l'on n'entendrait plus parler de lui et de garder le secret. En conséquence, il avait conduit le Dauphin en Amérique et l'avait remisa une tribu d'Indiens, en le confiant à la sollicitude spéciale d'un chef, qui l'avait adopté pour fils. L'enfant était devenu homme, et était alors missionnaire chez les Indiens Oneida . Il se nomme Elîezer Williams. »

Voici une autre version : « Un Français M. Bélanger, récemment décédé à la Nouvelle-Orléans, a déclaré au moment de sa mort que dans l'année 1795 il conduisit de Paris le Dauphin de France, fils de Louis XVI, par la Hollande et l'Angleterre, aux Etats-Unis, et le confia aux soins d'un chef iroquois nommé Thomas Williams, du Canada. Eliezer Williams parait avoir maintenant de soixante-trois a soixantecinq ans; il a cinq pieds neuf pouces (cinq pieds trois pouces français), et parait pencher vers l'embonpoint. Il a le teint brun, mais pas autant que beaucoup d'Amérj-r

a) cains et surtout d'Européens du continent; ses yeux sont d'une couleur foncée, mais non pas noirs ; au-dessus du sourcil gauche il a une cicatrice. Il a le nez aquilin et la lèvre supérieure saillante : c'est le caractère distinctif de la maison d'Autriche. • « C'est remplir un devoir d'honnête homme en faisant voir clair une fois pour toutes dans les manœuvres de ces prétendus Dauphins de France, qui abusent des souvenirs les plus sacrés et insultent les noms les plus respectables. La morale publique ne peut souffrir plus longtemps la coupable industrie de quelques spéculateurs qui se livrent impunément a une fourberie qui cherche encore à multiplier le nombre des personnes abusées, parce

Qu'elle vit de leur crédulité; à un genre 'escroquerie politique que les lois ont prévue et que le pouvoir devrait réprimer. Puisque l'autorité, dans cette circonstance, est restée inactive, puisqu'elle n'a pas «ru qu'il lui appartenait de faire cesser le scandale, il est bon qu'à son défaut, on puisse s'adresser à la presse. »

a On s'est trop fié jusqu'ici au ridicule pour faire justice do cette œuvre de mensonge. Sans doute l'intrigue des faux Louis XVII ne peut s'étendre à de vastes

f)roportions, ni devenir un danger pour 'Etat, parce que de semblables manœuvres sont un danger pour les intérêts particuliers et une insulte pour la conscience publique. Quand le nombre des personnes abusées serait encore plus restreint, quand il n'y aurait qu'un seul individu en France qui pût croire à l'existence d'un fils .de Louis XVI, méconnu pas les siens, repoussé par ceux qui devraient l'accueillir, ce serait trop encore. 11 faut, sur ce

e point, ne laisser aucun refuge à l'erreur, aucun prétexte à l'incertitude et au doute pour les esprits prévenus. »

« On est indigné en lisant les mensonges que les pamphlétaires de ces intrigues ont fait circuler parmi ceux qu'ils trompent, et ont cherché à accréditer dans les classes populaires. Telle est, en effet, la triste condition de ces imposteurs, qui, pour soutenir leur fable, sont obligés d at-

r taquer tous les princes de la branche aînée, dont la loyauté est respectée par les plus ardents ennemis de la maison de Bourbon, et de calomnier dans la personne de la fille de Louis XVI la vertu ellemême. Certes les noms que nous venons de prononcer sont trop haut placés pour être atteints par des allégations qui partent de si bas, et ces princes sont assez défendus, par la vénération qui les entoure, contre les libelles clandestins de semblables

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aventuriers.... Pour croire que Louis XVII existe, il faut oser croire que la fille de Louis XVI est une sœur dénaturée. Or, c'est un horrible malheur, presque une impiété, que de soupçonner madame la Dauphine (1). »

Louis XVIII et Charles X étaient, aux yeux de tous ces Dauphins, des usurpateurs. La France, disaient-ils, avait détrôné celui-ci pour rétablir la ligne dcr Louis XVI. Aussi le prince Louis-Charles de Bourbon, Dauphin de France (le soidisant baron de Richemont), - se hâte-t-il de protester contre l'élection du roi Louis- Philippe. Un autre prince qui signe Charles- Louis de Bourbon, dauphin de France (Xaûndorff), et dont les droits ne sont pas moins incontestables, protesta à son tour contre la monstruosité de la séance du 7 août 1830; puis on nous fait distribuer une proclamation signée par le duc de Normandie, autre Dauphin, datée de Bruxelles, 25 mars 1831, accompagnée d'une précédente imprimée à Luxembourg, le 6 janvier 1830.

Enfin, l'on adresse aux fidèles sujets de Louis XVH vingt mille exemplaires d'une constitution libérale qu'il daigne octroyer à la nation française. Ce dernier document est précédé d'un colloque entre deux personnes, dans lequel l'un des interlocuteurs démontre l'existence de Louis XVII, et raconte comment il s'était évadé du Temple. On colporte ces imprimés dans nos départements, on en dépose secrètement despacruets aux bureaux des journalistes pour leur satisfaction personnelle, et pour qu'ils ne manquent pas d'éclairer leurs concitoyens.

Si les prétendants au titre de Dauphin s'étaient bornés à leurs innocentes protestations; s'ils se fussent du moins contentés de publier des chartes, des proclamations ; s'ils n'avaient pas voulu nous apporter le trouble, l'anarchie, ils auraient pu jouir paisiblement de leur succès auprès des crédules et se complaire dans leurs illusions. Mais en attendant le vote d'un budget légal, tous ces Louis XVII se composaient une espèce de liste civile à laide d'escroqueries. C'était lever par anticipation des impôts avec une irrégularité que l'administration et la justice ne pouvaient tolérer.

En outre, ils employaient fort mal l'argent de leurs contribuables : un de ces Louis XVII (Nalindorff) se trouvait mêlé

(1) A. F. V. Thomas. « Naiindorff, ou Mémoire à consulter, t. * Pari*, 1837, in-8, p. 2 et suit.

quelquefois aux mouvements du parti carliste et soudoyait un journal de cette couleur, tandis 'qu'un autre (Richemont) se faisait successivement légitimiste et républicain, suivant l'intérêt qu'il pouvait trouver à prendre tel ou tel masque pour fomenter La discorde.

Dans plusieurs circonstances où les désordres avaient pris un caractère sérieux, la coopération mystérieuse de ces personnages compliquait la difficulté de remonter à la cause première.

Les instruments qu'ils faisaient agir n'étaient ni franchement républicains, ni ouvertement légitimistes; l'on ne pouvait expliquer leur conduite en prenant comme point de départ des opinions indéterminées; il y avait là du louche, des doutes bien difficiles à résoudre. 11 restait toujours une lacune dans les investigations de la justice, comme dans l'ensemble des propres connaissances du préfet de police sur les éléments constitutifs des parties.

Les manœuvres de ces conspirations amphibies étaient parvenues à créer une coterie incolore qui prétait son appui à toutes les factions, et salariait la révolte sous toutes les formes (1).

§ II. Du Dauphin et des Pseudo-Dauphins (2).

Le Dauphin est-il mort au Temple, ou bien est-il parvenu à s'en évader? C'est là une question qui ne sera probablement jamais tranchée et qui pourra servir de pendant au mystère impénétrable du Masque de fer. En effet, d'un côté on trouve un acte de décès, un procès-verbal d'autopsie signé par MM. les docteurs Pelletan et Dumangin; en outre, le geôlier du Temple, Lasne, a déclaré devant la justice, le 30 octobre 1834, qu'il avait conduit au cimetière et vu de ses veux mettre en terre le cadavre du Dauphin (3). M. le

(1) Gisquet, ses Mémoires, t. III, ch. h, p. 90 i 59 (1840).

-f- (2) Louis XVII a été le sujet de divers ouvrages qu'on trouvera énumérés à la suite de l'article que lui a consacré la « Nouvelle Biographie générale » , t. XXXI.

(3) Un fait jusqu'à ce jour inconnu, c'est que le prêtre chargé de l'inhumation était un génovéfain du nom de Renard, qui ne tarda pas à quitter les ordres et à se marier. Renard établit une maison de librairie dans la rue Caumartin, et parvint par son esprit et ses manières à se former la plus belle clientèle que jamais libraire de Paris ail possédée. Non-seulement il fournissait tous les membres de la famille impériale, mais encore les ministres de Napoléon et les seigneurs de la cour. La première Restauration lui fit perdre celte belle clientèle, mais ce qui le désespéra davantage et qui lui nt perdre presque la raison, ce fut la crainte qu'on ne découvrit que c'était lui qui avait inhumé le Dauphin : il redou-

LOUIS-CHARLES

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docteur Pelletan a fait plus, il a conservé le cœur du fils de Louis XVI, Ta mis dans l'esprit-de-vin, et après la restauration il en a fait hommage à madame la duchesse d'Ançoulême. La mort du duc de Normandie serait donc indubitable.

Mais les partisans de Louis XVII répondent que le Dauphin serait mort le 8 prairial et que cependant on trouve à la date du 14 au môme mois, dans les actes de la Convention, un décret qui ordonne de

1>oursuivre, sur toutes les routes de France, e fils de Capet; ils montrent un discours adressé, sous les murs des Sables d'Olonne, parCharetteà son armée; le général vendéen dit à ses soldats : « Voulezvous laisser périr l'enfant miraculeusement sauvé du Temple comme ont péri ses augustes parents?» Enfin le procès- verbal d'autopsie dressé par MM. Pelletan et Dumangin contient cette phrase : « On nous a représenté un cadavre qu'oN nous a dit être celui de Charles-Louis, duc de Normandie. » Ainsi les médecins ont bien réellement fait au Temple l'autopsie d'un enfant, mais ils ne constatent nullement l'identité de cet enfant avec le Dauphin, et de plus une discussion fort vive, et qui a amené la publication de plusieurs brochures, s'est engagée entre MM. Pelletan et Dumangin. M. Pelletan, qui conservait le cœur de Louis XVII dans f'esprit-de-vîn et qui devait l'offrir un jour à madame la duchesse d'Angoulême, soutenait naturellement l'identité ; M. Dumangin la niait énergiquement. Un enfant d'une dizaine d'années aurait donc été substitué au Dau~

Êhin, et c'est le cadavre substitué que [. Lasne, gardien du Temple, aurait accompagné a sa dernière demeure.

Voici les principaux arguments donnés à l'appui de chaque opinion ; nous le répétons, que faudrait-il donc penser ? Dans ce monde tout est possible ; mais quelque intérêt qui puisse s'attacher à la question considérée au point de vue historique, les lecteurs des « Supercheries » pensent bien que nous ne voulons pas la traiter (1J. Des écrivains honorables et bien informés ont éclairci ce qu'il y a d'obscur sur la fin du malheureux fils de l'infortuné Louis XVI, et nous croyons devoir rappeler ici les écrits qu'ils ont publiés afin que l'on puisse bien étudier cette page de nos néfastes annales.

tait les persécutions des Bourbons. Si Renard avait cm n'avoir mis en terre qu'un simulacre de Dauphin, il n'eût pas été aussi tourmenté. Sa veuve vit encore. (1) Illustration, numéro du 30 août 4845.

NOTICE DBS OUVRAGES

où les preuves de la mort de Louis XVII sont démontrées.

I. Les Derniers régicides, ou Madame Elisabeth et Louis XVII. Londres, 1796, in-8.

v II. Vie du jeune Louis XVII, par À. Antoine (de Saint-Gervais). Paris, Blanchard et Chanson, 1815, in-18. — UTédit, Paris, les mêmes, 1824, in-18 orné d'un portr. et d'un frontispice gravé.

III. Louis XVII, roi de France, sa vie et ses infortunes, par M. Ch. Paris, Tiger, 1816, in-18 de 60 pages.

IV. Louis XVII. Ouvrage fait sur des arrêtés originaux, des procès-verbaux, et les dépositions des témoins oculaires, par Simien Despréaux, ancien professeur de belles-lettres au collège royal de Louis-le- Grand, et auteur des «Annales historiques de la maison de France. » Paris, Lamault. Rousseau, 1846, in-12.

V. Mémoires historiques sur Louis XVII, roi de France et de Navarre, avec des Notes et des Pièces justificatives, par M. Eckard, ancien avocat, chevalier de l'Ordre royal de la Légion d'honneur. Paris, Nir coUe, 1816, 1817, in-8 de xvj et 343 pages, avec portrait d'après Kucharsk gravé parManceau, et sur pap. vélin, portrait double au bistre et en noir.

Il existe un second portrait du jeune prince peint par le même artiste, et gravé par C. Hourdain; on les trouve souvent tous deux en tête de l'ouvrage de M. Eckard.

VI. L'Ange des prisons (Louis XVII), élégide. par M. Regnault de Warin, avec le portrait du jeune roi, dessiné sur le buste du cabinet de Madame, et des romances en musique. Paris, L'Huillier , Delaunay , Pillet, 1817, in-12, xxj et 249 pages, avec 4 romances gravées.

Dans treize des pages préliminaires, l'auteur a défini : Qu'ett-ce que l'élégie* ; vient ensuite : l'Ange de* prison*, divisé en Vingt chapitres qu'il nomme nocturne*. Le volume est terminé par de nombreuses Note* hi*loriquet qui remplissent les pages 172 à 249.

VIL L'Enlèvement et l'existence actuelle de Louis XVII démontrés* chimériques, par M. Eckard, auteur des « Mémoires historiques sur ce prince ». Paris, Ducolltt, 1831, in-8, 60 pages.

Il faut Joindre à celte brochure deux antres petits écrits qui y font suite : « Sur une honnêteté littéraire * (novembre 4831), in-8, 3 p.; et « Réplique à «ne réponse évasive * (décembre 1831).

VIII. Preuves authentiques de la mort du jeune Louis XVII; détails sursesder-

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niers moments, pièces justificatives, documents inédits, et Réfutation des Mémoires du soi-disant duc de Normandie, fils de Louis XVI, par A. Antoine (de SaintGervais). Paris, L.-F. Hivert, 1831, in-8, 48 pages. — Seconde édition, revue et augmentée de documents nouveaux. Paris, le même; novembre 1831 , in-8 de 66 pages.

Le soi-disant doc de Normandie, fils de Louis XVI, que M. Antoine réfute par cet écrit, est l'imposteur soidisant baron de Richemont, dont les Mémoires avaient été publiés en juillet 1831.

Les fauteurs ou dupes de Naûndorff ont essayé de réfuter ces deux derniers écrits, sous le litre de : » l'Existence de Louis XVII prouvée par les faits et par les prophéties... »

IX. Un dernier mot sur Louis XVII, et Observations, en ce qui concerne ce prince, sur un ouvrage intitulé «le Passé et l'Avenir, »'par M. Eckard. Paris, Ducollet, 1832, in-8, 64 pages.

« Le Passé et l'Avenir »,* etc., que réfute cet écrit, n'est autre que la « Relation des événements arrivés à Thomas Martin, laboureur a Gaillardon, en Beauce, en 4816 i, mais considérablement augmentée par les soins de pauvres dupes pour appuyer les prétentions de l'autre imposteur, l'horloger Naûndorff.

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