FORGUES
FORTSAS
FOUGUES (Emile) [Paul Dauraxd].
La plupart de ses ouvrages et de ses articles de journaux ont paru sous le pseudonyme ae Old Nick.
FOR1S (de), nom altéré (J.-Ennemond Deforis].
Pour la liste de ses ouvrages, voyez la a France littéraire », à Deforis.
FORLIS (Isidore), p*. [Claude Breghot du Lut, auiourdlhui conseiller à la Cour royale de Lyon], auteur d'imitations, en vers,de Martial, imprimées dans les Almanachs des Muses et ailleurs.
FORMOND (Denis de), théologien bourguignon, ps. [lo P. G r ati en. de Montfort, capucin].
La Tarantule de Guenard, de Genève, ci-devant nommé Léandre, et à présent Constance Guénard, hérétique, apostat dévovo- de la vraie foi. S. Michel, François du Roi, 16:20, in-8.
FORTF1SC11ER (M. de) aut. su pp. [Nicolas Lasson , gentilhomme de Normandie].
Le Courrier de Traverse, ou le Tricomète observé à Oxford ; trad. de l'angl. de — . (Composé en français.) Paris, Jacques Bouillerot, 1665, in-4, 8 pag.
FORTSAS (Jean- Népomucène - Auguste PiciiAULD (1), comte de), ps. [Renier- Hubert-Ghislain Chalon, de Mons (2)].
i. Catalogue d'une très-riche mais pou nombreuse collection de livres prov. de la bibl. de feu M. le C* J.-N.-A. de Fortsas, dont la vente se fera a Binche, le 10 août 18i0, à onze heures du matin, en l'étude et par le ministère de Me Mourlon,' notaire, rue.de l'Eglise, n. 9. Mons, typogr. d'Em. Hoyois, 18i0,. in-8, 12 pages, avec une courte notice biographique.
Pages 02-63 du Catalogue de M. Alphonse Polain, libraire très -distingué de Liège, 1842, in-8, on trouve une* Réclamation posthume de M. de Villenfagne. au sujet de l'imprimerie à Liège »,dans laquelle nous avons lu le passage suivant :
ff II y a aujourd'hui dans les environs de Bruxelles * un facétieux Monlois , grand lecteur de Rabelais , v homme d'esprit et de science, dépourvu, à la vérité,
(4) Sous le pseudonyme d'Anatole Pichauld, l'adroit mystificateur dont nous nous occupons avait déjà publié, en 4842, dans le « Messager des sciences historiques de la Belgique », un morceau intitulé : * Une Exécution révolutionnaire à Mons », dont il y a eu des exemplaires tirés a part.
(1) M. Chalon, de Mons, n'a point d'article dans le livre de MM. Louandre et Bourquelot. et pourtant il a beaucoup écrit : ces messieurs trouveront peut-être une excuse en ce que jamais la Bibliographie de la France ne l'a cité.
« de toutes les brillantes qualités qu'on se plaît à re- « connaître dans la plupart de mes collègues i l'Acadé- « mie, mais qui s'en venge en leur préparant de temps r à autre quelque odieuse mystification. Tantôt c'est « une médaille qu'il découvre sur la famille des Boni- « colli (lisez Goe thaïs), et qui soulève les discussions « archéologiques les plus remarquables ; taulôt c'est une
* charte authentique qu'il compose sur le même sujet,
* et que la section de paléographie déchiffrera lors de
* sa prochaine séame; aujourd'hui c'est une édition « princeps et inconnue qu'il annonce avec an art vrai- « ment admirable. »
La « Réclamation » est datée du 6 mai 4 940. et signée de Villenfague d'Engihoul, qui mourut le 23 janvier 4820; c'est donc, comme on le voit, une nouvelle facétie bibliophilique ; mais «ce qui est réellement sérieux dans cette « Réclamation », c'est l'accusation contre le spirituel et savant Montois.
De toutes les mystifications préparées par M. Chalon, la plus habilement combinée et la plus traîtreusement exécutée est celle du Catalogue que nous venons de citer, et sur lequel nous insisterons un peu à cause de la rareté du fait.
Une courte notice biographique précède le Catalogne , en question, et en voici la substance :
Jean-Népomuci-ne- Auguste Pichauld, comte de Fortsas, fut le hibliomane le plus exclusif et le plus fanatique, s'il est permis d'accoler cette épithète i la passion des livres rares, ordinairement si innocente, que les Pays-Bas aient produit. Né le 34 octobre 1770, i son château de Fortsas, près de Binche, en Haiaaut, il est décédé, au lieu même de sa naissance, dans la chambre où il avait reçu le jour soixante-neuf ans auparavant, le 1er septembre 4839. Sa fin fut accélérée par la publication des « Nouvelles Recherches » de Brunct, qui lui fît perdre d'un coup le tiers de sa chère bibliothèque !
Qui n'eût cru a la véracité d'une telle biographie* et pourtant, le comfe de Fortsas a été reconnu pour le fils de l'imagina' ion de M. Chalon, aussi bien que les livres qui composaient la bibliothèque du prétendu défunt n'étaient que le récit de visions fantastiques d'un bibliophile passionné.
Dans un jour de désœuvrement, l'adroit mystificateur avait créé le comte de Fortsas à son image. Feu Voisin fut dupe avec quantité d'honnéles gens, et des plus habiles , d'une plaisanterie prolongée avec un art infini. 11 eut ensuite le tort de rougir de s* candeur, Ini que des personnes malicieuses appelaient Y enfant de chœur de la bibliographie, tandis qu'au contraire cette ingénieuse tromperie réjouit fort Charles Nodier.
Quels sont ceux qui n'y furent pas pris ? M. le biron de Reiffeuberg, ce savant si multiple, eut luimême confiance dans cette annonce. Des amateurs de raretés bibliologiques se rendirent à Binche avec empressement ; des commissions arrivèrent de France, d'Angleterre et d'Allemagne ; la princesse de Ligne écrivit même a M. Voisin, bibliothécaire de l'université de Gand : « Achetez , je vous en conjure, à tout prix, les sottises de. notre polisson de grand-père. ■ lu crédit fut demandé au gouvernement, dans la vue. d'enrichir la bibliothèque de l'Etal des articles les pins singuliers. M. le président de Ce r lâche, consulté sur ce point, prétendait que le catalogue indiquait à tort comme uniques des ouvrages dont il possédait un exemplaire, et ces ouvrages, notez-le bien, étaient fabuleux. Bref, la mystification fut générale. M. de Reiffenberg, l'une des nombreuses victimes, en a raconté l'histoire dans l'un des « Annuaires de la Bibliothèque
FORTUNÀT