LE LYS D'EVREUX
Tragédie en cinq actes de M. Loyau de Lacy.
« H. Loyau de Lacy est ce même auteur tragique qui a rempli longtemps la « Gazette des Tribunaux « du bruit de ses querelles avec l'Odéon, et le « Lys d'Evreux est cette même tragédie, ballottée d'audiences ea audiences et d'assignations en assignations, qui a fin par trouver un allié dans le Tribunal de commerce, sur s'ouvrir les portes du second Théâtre-Français, et par s'y faire un passage à grands coups d'un jugement ea bonne forme, redoutable bélier. Nous aimions cette himeur tenace et belliqueuse de M. Loyau de Lacy, et nous en aurions volontiers fait l'essai pour nonimêmes ; c'était dans cette intention guerroyante que nous avions écrit ces lignes, lundi dernier, en forme de manifeste : « J'ai bien encore là une tragédie en cîaq actes, le « Lys d'Evreux », qui me sollicite ; maû cette tragédie vient d'être joues par arrêt da Tribunal de commerce, et je me défie des tragédies judiciaire»; je ne parlerai donc pu du « Lys d'Evreux, à amas que l'auteur ne m'assigne à comparoir pardevaat àtàl. les président et juges, et que, de méaw qu'il a fait représenter sa pièce, il ne m'oblige à la voir par autorité de justice.
c La déclaration était positive; M. Loyau de Lacy ne pouvait pas s'y tromper; quanta moi, le passé de M. Loyau de Lacy m'annonçait suffisamment ce que je devais attendre, pour le présent, de ses goûts militaires ; je me préparais donc à voir ma citadelle vigoareutement attaquée par le corps d'armée de II. Loyau de Lacy, commandé par un huissier, et je comptais sur ua bombardement de papier timbré : mes mesures étaient bien prises ; mon portier, — sentinelle avancée. — était sur le qui -vive, et devait faire feu à rapproche de l'ennemi; mes magasins se trouvaient en boa état; j'avais des vivres et des munitions pour plus d'un au ; mes portes étaient crénelées, barricadées, casematées, et mon escalier miné. Que vous dirai -je? J'étais résota à organiser une défense désespérée, et à me mire sauter moi et les miens, à la dernière extrémité, après les prodiges inonis d'une lutte héroïque, plutôt que d'assister volontairement à la représentation du t Lys d'Evreux » ; on ne m'aurait porté à l'Odéon qu'en lambeaux, tout sanglant, à l'agonie, et j'ose croire que Dieu, qui a quelquefois pitié des pauvres mortels, m'aurait permis de ne pu arriver vivant au second Théâtre- Français, et de mourir en route de mes larges blessure*. Il y a des malheurs qu'on ne peut ê\iter que par la mort. Plutôt la mort que l'Odéon ! c'est la devise des Français.
Mais M. Loyau de Lacy n'est pu seulement an grand homme de guerre, c'est encore un fin diplomate ; et noaseulement l'Odéon sonne la charge et descend dans la mêlée, mais il exerce aussi l'art subtil de la phas insidieuse politique. Je m'attendais à trouver deux dans mes deux adversaires ; je n'y ai trouvé que Talleyrand. Je comptais sur des lions, ce sont des serpents que j'ai eu à combattre. Convaincus qu'ils n'auraient pu bon marché de ma personne par la fane, ils
LOYAU DE LACY
LOYAU DE LACY
ont eu recours à l'adresse ; désespérant de vaincre, ils ont séduit. Séduit qui, quand, comment? Je l'ignore. Toujours est-il qu'un des miens m'a trahi, et a laissé l'ennemi pénétrer dans la place, sans que j'en fusse averti, sans qu'il me fat possible de me mettre en garde ! — Un matin, — l'avenir tressaillera an récit de cette douloureuse histoire, — je goûtais les douceurs d'une sécurité parfaite : mille pensées riantes voltigeaient devant moi, il me semblait que le ciel m'inondait de délices et me libérait de l'Odéon pour toujours, quand tout à coup mon regard, poursuivant joyeusement un plie rayon de soleil qui perçait les nuages sombres, — inestimable trésor dans l'hiver indigent, — mon regard charmé s'attrista soudainement; il venait de rencontrer, dans sa course errante, un obstacle inattendu. C'était un corps quelconque, revêtu d'an habit couleur café au lait, et qui s'était placé devant lui. En examinant de plus près, je reconnus que j'avais affaire à une brochure de la couleur que je vous ai dite, s*étalant fièrement sur papier satiné. Une forte odeur d'Odéon, mêlée à une odeur de tragédie, s'en exhalait. Joignez-y le parfum du lys.... d'Evreux. C'était bien le « Lys d'Evreux », en effet : il n'y avait pas a s'y tromper. M. Loyau de Lacy lui-même, qui l'a planté et l'a vu naître, ne l'eût pas renié. Ainsi, ce produit végétal, ce lys, que l'Odéon cultive depuis huit jours, et qui semblait n'avoir poussé et fleuri que pour l'Odéon, est arrivé jusque sur ma terre, et y a pris racine malgré moi. Quel vent m'en a envoyé la graine?
« Mon premier mouremenL je ne le dissimulerai pas, fut un mouvement de désespoir : d'abord mon amour-propre de César fut horriblement blessé de voir l'année ennemie entrer si facilement dans mes redoutes, malgré l'appareil menaçant d'une formidable résistance ; je fus effrayé ensuite de ces secrètes intelligences que l'Odéon entretenait parmi mes serviteurs les pins dévoués, et je me considérai comme un homme perdu et qui n'en réchapperait pas ; peu s'en fallut donc que, dans le premier entraînement de ma rancune, je ne misse le feu à la brochure café au lait, m'ensevelissant, comme une veuve du Malabar, dans la cendre et dans la flamme du c Lys d'Evreux ».
c Cependant, avant d'accomplir ce double sacrifice, — on renonce difficilement à la vie, même à la plos amère, — l'idée me vint de (aire connaissance avec le m Lys d'Evrenx », et de me rendre par là l'existence plus insupportable et la mort plus nécessaire. Soulevant alors du doigt la couverture café au lait, je plongeai courageusement le regard dans les profondeurs de la tragédie de M. Loyau de Lacy, comme une victime sur le point de se précipiter mesure de l'œil les replis de l'abîme. Mais, — ô prodige ! — peu a peu le nuage sombre qui obscurcissait mon visage se dissipa : mon sourcil olympien adoucit son froncement terrible ; mon œil perdit sa mélancolie ; ma lèvre rigide sourit agréablement; ma rate se dilata, et j'éprouvai une émotion de joie indicible qni m'enleva toute idée de suicide, et me procura un chatouillement intérieur que je veox te faire partager, A mon cher et bien-aimé lecteur, en te conviant à ton tour aux délassements du « Lys d'E- Treux ».
Ici le feuilletoniste commence une série de citations de la tragédie du « Lys d'Evreux ». Ces citations étant reproduites avec les rectifications de M. Loyau de Lacy dans la réponse insérée dans la c Revue et Gaxette des Théâtres », nous en produisons quelques-unes. Leur rapprochement du texte fera mieux comprendre la diffé-
T. II
H | Les citations relevées par M. Loyau de Lacy étaient I précédées, dans sa réponse, de ce préambule : 1 « A Monsieur le feuilletoniste du « Constitutionnel », l'auteur du « Lys d'Evreux ». *
« Vous me rendes fier, Monsieur, moi, pauvre débutant dans la carrière des lettres dramatiques : obtenir du premier, du plus austère de nos critiques, une attention
aussi bienveillante un feuilleton de huit colonnes,
et quel feuilleton! J'en ai gravé dans ma mémoire
jusqu'au dernier mot. Il recevra de moi l'honneur qu'Horace veut que nous fassions aux écrits des maîtres :
Noeturnd vertate manu, venait diurnd.
■ Mais, tout remarquable que soit cet article, vous l'aves écrit trop vite. U est besoin de porter la lime sur quelques passages. Je m'adresse à un homme qui sait ce qu'il vaut, qui a le sentiment de son mérite et de a gloire. Corrigez ce feuilleton. Monsieur ; élevez à la dignité de chef-d'œuvre ces pages qui seront votre premier titre à l'estime. Vous me permettrez d'être votre guide ; j'ai votre feuilleton sous les yeux, et j'en entame l'examen.
« Le préambule pétille d'esprit ; c'est un défaut : la vérité n'aurait pas autant de malice. Pourquoi ces fables? Je suis allé vous voir, et ne me suis point aperçu que votre Olympe fût inaccessible. Je n'eus point affaire à un Jupiter, mais à un homme fort simple, fort terrestre, qui accepta de ma part une loge, avec la condition de venir à l'Odéon entendre ma pièce, qui n'y vint pas, qui disposa de la loge en faveur de ses amis, qui fit sa critique sans connaître l'œuvre
— « Sans connaître l'oeuvre , vous m'aviez présenté votre pièce. » — En vous prévenant, Monsieur, que le t Lys d'Evreux » imprimé ressemblait fort peu au « Lys d'Evreux représenté », j'avais fait tirer, pendant la répétition, une vingtaine d'exemplaires de ma tragédie. On m'indiqua des fautes, des longueurs ; de là, des corrections. Vous les auriez appréciées, s'il vous eût été possible de vaincre votre répugnance pour un voyage à l'Odéon. D'ailleurs, un Aristarque aussi instruit peut-il ignorer qu'une pièce se juge à la scène, et non dans un livret
— « Dans un livre, répondez-vous, les vers paraissent tels qu'ils sont, et la déclamation est un prestige dont je me défie. » — Tels qu'ils sont 1 je pouvais le croire jusqu'ici; mais en lisant votre feuilleton. Monsieur, je vois au contraire que les vers dans un livre paraissent ce qu'ils ne sont pas. Allons aux preuves.
* Je suis l'auteur de ces vers :
Mon cœur comprend le voire et s'unit à vo$ larmes ; Mais au livre du sort l'instinct de no$ alarmes Ne sait pas toujours lire, et souvent notre esprit S'accable d'un malheur qui n'y fut pas écrit.
« Et voici ceux que vous m'imputez :
Mais au livre du sort l'instinct de nos alarmes Ne sait pas toujours lire, et souvent votre esprit S'accable d'un malheur qui n'y fut pas écrit.
c Remarquez ce changement d'un N en V, changement qni transforme une maxime au moins passable en ce qu'il y a de plus inepte comme pensée, de plus déplorable comme poésie.
— * Tant de bruit pour une couronne 1 c'est une faute d'attention ». — Je suis heureux que vous me fournissiez ce terme ; j'aurais été on ne peut plut embarrassé pour caractériser ce genre d'erreurs.
c Passons outre et calculons ;
LOYAU DE LACY
LOYAU DE LACY
Seconde faute d'attention. — Vous ave* lu :
La mère a survécu, mais en rentrait les yeux, De les rouvrir, hélas ! elle accusait les cieux.
« La mère a survécu. C'est le style d'une portière. Aussi avais-je écrit ces vers :
Sa mère survécut, mais en rouvrant les yeux, etc.
TROISIÈME FAUTE D' ATTENTION. — Celle-ci est plus
sérieuse; et je pense même qu'elle paraîtrait difficilement digne d'indulgence. Mais pour en faire comprendre la gravité, je suis forcé de citer plus de vers que votre plume n'en défigure.
ROGER
Rollon, ce conducteur de pirates farouches, Rollon, dont l'anatheroe est dans toutes les bouches, Persécuteur de Dieu, fléau du genre humain, Rollon, aimer ma sœur, et demander sa main !
HAROLD
Qu'entends-je ?
ROGER
Il me rendra raison de" cette insulte.
HAROLD
De tes esprits, jeune homme, apaise le tumulte. Songe...
ROGER
Chasses d'ici cet importun frelon.
HAROLD
0 rage!
ROGER
Va porter ma réponse à Rollon ;
Va d'un défi mortel lui présenter ce gage.
{Il jette son gantelet.)
Demain nous nous verrons.
c Or, Monsieur, voici comment vous rendez compte de ce passage, que le public a eu la settise de trouver
tort à son goût :
* L'orgueil d'Harold gâte tout. L'offre conjugale de Rollon est Tejetée par le comte et par son fils. Chassez I s'écrie Roger, en désignant Harold,
Chassez, chassez d'ici cet importun frelon. Va porter de ce pas ma réponse à Rollon. 0 ragel — réplique Harold.
« Admirons ces trois chasse%, le de ce pas! II font bien des ressources dans l'esprit pour faire le métier de critique. Ces deux vers sont parfaitement ridicules, je suis de votre avis ; mais c'est vous, Monsieur, qui en êtes le père.
QUATRIÈME FAUTE D' ATTENTION. — Harold dit à Roger :
Vois des Français combien nous différons I Le titre de hérault, toujours nous l'honorons ; Vous, dont la nation inscrit sur ses bannières î « J'ai le sceptre des mœurs et celui des lumières... »
« Lisons votre version :
« Eux dont la nation inscrit sur ses bannières « J'ai le sceptre, etc,
Comme cet eux est aimable !
CINQUIEME FAUTE D' ATTENTION. — En «tant Sï
ment ces vers, que le comte adresse à sa fille :
De tes charmes tu sais quel éloge on publie? Par ta pudeur encor ces charmes embellis, T'ont jusqu'ici d'ÉvTeux lait surnommer le lys.
vous n'auriez déridé le front de pas un de tt* abonnés; or, il faut que l'abonné s'égaye ; done celte citatk»;
c Vous êtes impatient de voir Gyselle, et je le prends, Gyselle que :
c Ses charmes embellis
« Ont jusqu'ici d'Evreux fait surnommer le lys. »
c On ne saurait vous rendre trop de grâces pour k délicatesse de cette réticence. *
L'auteur, dans sa réponse, signale encore sept au* fautes d'attention, et termine ainsi :
* Vous avez, il faut l'avouer, d'étranges confrères. Le jour même où paraissait votre article, plusieurs jsurnaux à grand format (je sais que vous tenez fort peu de compte des sentiments de la petite presse) parlaient fc « Lys d'Evreux » comme d'une œuvre sérieuse . ea frisaient l'examen, employaient, pour blâmer, un ton este* et digne, et plaçaient l'éloge à coté du blâme. Voilà bw des gens qui vont s'accuser de ne pas s'y connaître. Hais quel embarras pour le public î comment s'y prendra+il pour concilier leur approbation et vos Tailleries? Fi dsncl Vous l'avez habitué à ne jamais douter ni de votre impartialité, ni de l'équité de vos décisions. Je ToaarÀi voir que vos paroles ne fussent pas reçues avec le awmi respect que des oracles !
c Est-ce que je ne donne pas l'exemple? Sur vetta affirmation, je me considère déjà comme un crétin littéraire; j'ai honte d'avoir écrit une pièce qu'on a applaudie, mais par pitié, par ignorance ; je me crois iadigne de prétendre ara lauriers poétiqnes ; je me caadamne au simple labeur de la prose, et, renonçant a feuilleter Corneille et Racine, je me bornerai à êtata vos ouvrages... pourvu que vous consentiez à m'indiqua. Monsieur, chez quel libraire on se les procure.
« Agréez, Monsieur, l'assurance de ma parfaite considération. « LOTMJ de Lacï. ■
Après avoir donné lecture de ces deux pièces, ¥• Jobannet reprend :
En vérité, je ne puis comprendre le langage dn ftsflletoniste , et d'abord je proteste contre an nom de la vérilé. M. Loyau de Lacy est allé lui-même cte k feuilletoniste du « Constitutionnel »; il lui a offert une loge que celui-ci a acceptée, et, de pro>, il lui i rems un exemplaire de sa tragédie, en l'avertissant qu'ai grand nombre de changements importants avaient «i faits à la représentation...
Le feuilletoniste dn « Constitutionnel » était àm bien prévenu, et n'a pas péché par ignorance. (Te* avec toute connaissance de cause qu'il a ridiculisé dem héros, Gysèle et Rollon, lequel, à titre de quasH*m>nyme, aurait dû obtenir de lui pins d'éçards.
M. Loyau de Lacy ne s'est pas borné à couvrir s.« manuscrit d'un papier café au lait, dont la coaltw i tant déplu an feuilletoniste du • Constitutionnel • ; û t donné à son œuvre le nom de * Lys d'Evreux ».
Le Lyst... mais rien que cela a dû faire hurler le » Constitutionnel. » Le Lys et loi. c'est tout un mtraste : le feu et l'eau, le blanc et le noir. Donc la tragédie de M. de Lary a été jugée, que dis-jef née snr son seul titre.
Enfin, M. Loyau de Lacy est un jeune homme mœurs austères, aux convictions monarchiques et religieuses ; son œuvre est empreinte de tontes les
LOYAU DE LACY
IjOYAU DE LACY
et de tocs les sentiments que les bons principes peuvent inspirer. Or, il faut bien le reconnaître, le « Constitutionnel b n'a pas précisément été fondé pour soutenir cem qui, comme M. Loyau de Lacy, marchent invariables dans cette voie.
Une tragédie en cinq actes et en vers, dn genre dn * Lys d'Evreux », est une œuvre qvi, certes, méritait an moins d'être jugée après une représentation, ainsi qu'elle Ta été par les critiques les plus distingués, entre autres MM. Merle, Hipporyte Lucas, qui se sont pin à y reconnaître de grandes beautés et à donner i l'auteur d'excellents conseils dont il profitera.
Le « Constitutionnel * avoue qu'il a commis des tintes d'attention ! Mais son orgueil, son autorité, auraient mieux aimé donner le prix de cinq cents de ses lecteurs à M. Loyan de Lacy, si ce dernier eût pu accepter un pareil marché I
En indemnisant, par votre arrêt, M. Loyan de Lacy des tribulations dont il a été assailli, vous comprendrez la situation que je viens de vous signaler, et vous donnerez à certains feuilletonistes une utile leçon. Vous leur prouvera que la justice est là pour délimiter les pouvoirs qu'ils s'arrogent, et les forcer, quand ils s'écartent des bornes, à leur dire : « Vous n'irez pas plus loin I » à réparer le tort de leur coupable conduite.
Vous condamnerez donc le « Constitutionnel » non pas à aller voir le c Lys d'Evreux », car cela lui donnerait des remords qui ressembleraient trop aux dommages auxquels M. Loyau de Lacy renonce, mais à insérer la réponse que des l'origine il anait dû s'empresser d'accueillir.
La parole est donnée à Me Philippe Dupin, défenseur de M. Charles Merruau, gérant du « Constitutionnel * . Messieurs, dit le défenseur, le « Constitutionnel » devait s'attendre à ce qui lui arrive ; M. Loyau de Lacy est un poète infatigable, mais c'est en même temps un infatigable plaideur ; il a trouvé le secret d'allier deux choses bien opposées, la poésie et la prose ; il a fait de a justice une annexe à la poésie ; il passe avec une licence très-peu poétique du papier libre au papier timbré, du rhythme sonore et majestueux de l'alexandrin a la prose lourde et diffuse de l'exploit ; il a fait une première pièce dont le dénoument a été un procès avec le théâtre Beaumarchais, et c'est par autorité de justice que son * Lys d'Evreux » a vu le jour de la rampe de l'Odéon.
M. Rolle, qui savait te mode d'éclosion du > Lys d'Evreux ». qui n'aime pas ces fleurs dn Parnasse, mûries par la froide chaleur d'un jugement, M. Rolle ne voulait pas savourer les premiers parfums du « Lys d'Evreux »; il ne voulait pas aller à l'Odéon; il ne le voulait pas, et voilà que M. Loyan de Lacy le cherche, le guette, l'appréhende, et lui plonge un billet dans le sein. La blessure ne fat pas mortelle, M. Rolle n'en alla pas pins à l'Odéon. On ne lui tint pas compte de sa mauvaise grâce : il n'a pas vu le c Lys d'Evreux », il le lira, et on lui fait remettre à domicile, dans sa chambre, sur sa table de nuit, un exemplaire de la tragédie. M. Rolle la lut, car les gens d'esprit ne tiennent pas longtemps rigueur ; il la lut, et en fit la critique. Il dit qu'il n'a pas parodié, qu'il n'a fait que l'analyse de l'ouvrage, qu'il a cité sans vouloir commettre d'erreurs, et, ce qui le prouve, c'est que, sur 86 vers cités, il y eu a 74 déclarés irréprochables ♦ innocentés par M. Loyau de Lacy, qui les reconnaît comme ses fils, les enfants de son sang le plus pur.
Le défenseur passe en revue les douze vers rétablis dans In réponse, 1rs met en comparaison de ceux du feniUetoo, et soutient que, s'il y a eu des interpositions,
quelques légers changements, d'une syllabe, d'une lettre, d'un jambage, cela doit être attribué à des mutes d'im pression. C'est ainsi, dit l'avocat, qu'on a vu sans malveillance aucune, dans des ouvrages bien connus, un chakû remplacer le chaos, et un poulet à la mari§oul mis à la place de Desaix mort à Mtrengo.
Abordant la question de principes , M* Philippe Dupin soutient que, pour des erreurs très-légères de typographie, le t Constitutionnel » ne pouvait admettre la réponse de M. Loyau de Lacy, réponse beaucoup plus longue que le feuilleton entier. H a dû résister, et il a pour appui de sa résistance l'article il lui-même de la loi de 18M qu'on invoque contre lui. Toute personne, dit-on, nommée dans un article de journal, a le droit d'y répondre. Dans un feuilleton, on a le droit de parler de tous ceux qui concourent à la représentation dramatique, des auteurs, des musiciens, des machinistes, des comparses, des décorateurs, du souffleur : et parce que le feuilleton aura nommé toute cette armée, généraux, soldats et tambours, il faudra qu'il subisse les réclamations de tous ! Cela ne peut être admis : autant proclamer la mort des journaux.
M. de Lacy, en faisant jouer sa pièce, l'a livrée à la critique ; il n'a pas plus le droit d'attaquer l'écrivain qui l'a critiquée, qu'il n'aurait celui d'attaquer les spectateurs qui auraient sifflé sa pièce. Ce n'est pas lui qu'on a critiqué, c'est son œuvre, œuvre publiquement représentée, abandonnée au jugement de tous, qu'ils aient à la main un sifflet on une plume. C'est donc un mauvais procès que nous a mit M. de Lacy, et le tribunal, je suis loin d'en douter, se hâtera de le lui prouver.
M. de Royer, avocat du roi : Messieurs, ce procès a son importance ; il n'est pas indifférent pour l'homme de lettres, qui vit de sa renommée, de savoir jusqu'où va la limite de la critique et où s'arrête ce qu'on appelle des fautes d'attention dans la reproduction, par courts fragments, d'une œuvre littéraire. On vous a lu le feuilleton; on vous a lu la réponse. Vous avez à décider si, aux yeux de la loi, l'un a justement provoqué l'autre.
M. l'avocat du roi se livre à l'appréciation des citations incriminées. Quelques-unes des variantes lui paraissent légères et cependant peu capables soit de défigurer l'œuvre, soit de provoquer la susceptibilité de l'auteur; mais d'autres lui semblent plus graves, et ne pouvoir être mises sur le compte de l'erreur ou d'un défaut d'attention. Il faut ajouter que, dans son fenilleton, l'auteur a le soin de dire lui-même, avec son esprit habituel, qu'il a lu la pièce, mais qu'il ne l'a pas vu représenter, ce qui exclut l'idée que son oreille ait pu prendre un mot pour un autre.
Il mut tout de suite, dit M. l'avocat du roi, faire à la cause la part qui lui appartient. La pièce a été reçue, elle a été jouée. Les feuilletonistes ont eu le droit de l'apprécier, mais à leurs risques et périls. La critique peut être sévère, amère même, mais elle ne peut devenir tellement cruelle qu'elle entame la vie privée. Alors l'auteur a le droit de recourir à la loi sur la diffamation ; mais il ne s'agit pas, dans la cause, de diffamation, il s'agit d'un autre droit écrit dans l'article il de la loi de 1822, étendu dans la loi du 9 septembre 1835. D'après ces lois, il faut avoir été nommé, désigné, pour avoir le droit de réponse. En conclura-t-on que ce droit doit s'appliquer aveuglément, d'une manière absolue? Non, il faut un lien entre l'article et la réponse, et ce lien se trouve lorsque l'article a dépassé certaines bornes.
Or, lorsqu'un homme a été nommé, apprécié, discuté dans son œuvre, comment pourrait-on dire, quand il a à signaler des erreurs, des fautes volontaires, des actes
LOYAU DE LACY
LOYÀU DB LACY
de mauvais vouloir, qu'il n'a pas intérêt à répondre?
Dans l'espèce, nous disons que M. de Lacy avait intérêt à répondre. C'est l'homme attaqué qui peut seul apprécier le degré d'intérêt qu'il doit attacher à sa réponse. Vous, Messieurs, vons n'êtes pas juges de ce point, mais vons êtes Jnges de la question de savoir si cette réponse ne contient rien d'injnrienx pour la personne à qui elle s'adresse ni pour des tiers, et si elle se lie essentiellement à l'article dont on se plaint.
M. l'avocat du roi invoque à l'appui de sa doctrine l'opinion de M. Ghassan, et conclut contre M. Charles Merruau, gérant du « Constitutionnel » , à l'application de l'article 11 de la loi du 15 mars 1822, et de l'article 17 de la loi du 9 septembre 1835.
Après une réplique de M« Dupin, le tribunal remet i huitaine pour prononcer le jugement (1). Le 13 mars, le tribunal condamna le c Constitutiounel » à insérer la réponse de M. Loyau. Un nouveau feuilleton du 17 donna naissance à nne nouvelle lettre, qui fut aussi refusée, et fut le sujet d'une nouvelle instance de la part dn processif auteur dn i Lys d'Evreux >.
XI. Lettre de Fauteur du «Lys d'Evreux» au gérant du «Constitutionnel».
— Imprimée dans la « Revue et Gazette des Théâtres», du 16 février 1845.
XII. Le Lys d'Evreux contre les tempêtes de M. Roi le. Paris, de l'imprimerie de Maulde et Renou, 1845, in-8, 36 pages.
Le t Constitutionnel » ayant rappelé du jugement du 13 mars près de la cour de cassation, l'affaire fut renvoyée devant la cour d'Orléans, qui confirma la singulière juridiction de celle de Paris. Quelques jours après le prononcé de ce jugement, le c National » , dans le feuilleton de son numéro du 1 5 juin, donnait la critique suivante sur les conséquences des arrêts des deux tribunaux, qui parut sous le titre de la « Jurisprudence Loyau ».
« Nous voici morts ou à peu près : la justice de province nous immole décidément à nos mortels ennemis, les auteurs siffles, et vous allez voir s'exercer d'affreuses représailles...
La cour, considérant qu'aux termes de la loi toute personne nommée dans un journal a le droit de répondre dans les termes et de la façon qu'il lui plaît, considérant encore qn'il n'y a point lieu de faire une exception pour la critique littéraire, et que, s'il éh était ainsi, c les auteurs pourraient être livrés sans défense suffisante aux appréciations d'une critique qui ne blesserait pas seulement leur amour-propre, mais qui pourrait nuire à leur considération et aux avantage* matériels de la propriété littéraire ou scientifique. . , » accorde à tout auteur critiqué par un journal le droit de répondre à cette critique, et dans ce journal même, — le laissant seul « juge de l'opportunité , de la nécessité et de la forme de sa réponse, »
On savait, depuis qu'il est de méchants écrivains, que la critique a toujours causé à ces gens-là une foule de préjudices et de chagrins domestiques, prêtant des armes contre eux à la malice de leurs voisins, les empêchant de marier leurs filles, nuisant à la location de leurs maisons, etc. — Vraiment donc il est bien juste que les tribunaux interviennent pour réparer un peu tous ces dommages, et que désormais les auteurs de mauvais vers ou de détestable prose ne soient plus troublés dans la jouissance de leurs œuvres.
(1) Gazette des Tribunaux, n° do 7 mars 1845.
Nous respectons fort ce qu'on appelle la chose jugée; mais le bon sens aussi a bien quelque droit i nos respects. Avec la permission de messieurs de la aw 1 d'Orléans, voici une petite suite de raisonnements «ni nous semble découler de l'arrêt qu'ils viennent de rendre : — Plus une pièce est mauvaise, pins la crilifse doit la traiter sévèrement, plus alors l'auteur se trouve lésé dans sa considération ou dans sa fortune, et ntos fort est son droit de réponse. Or, la critique étant ainsi sous le coup de la jurisprudence Loyau, pins nne pièce sera mauvaise, plus il faudra prendre de précautions peur en parler, plus il faudra ménager ses termes, adoucir son Mime, — de peur de s'exposer à la réponse ; — donc, quand sera jouée une mauvaise pièce, la critique 6e verra dans l'alternative fâcheuse ou de dire le bien au lieu du mal, ou de ne rien dire dn tout, — auquel cas il n'est pu bien sûr encore que les Loyau de demain n'intentent un procès an silence même de la critique, comme en recevant préjudice dans leur considérât** ou dans les avantages matériels de leur propriété littéraire t
Que les choses suivent leur cours naturel, et le pusfic lui-même perdra, vous le verrez, le droit, qu'il achète à la porte, de siffler et de huer les mauvais ouvrages. — M. Loyau est bien homme à obtenir de la covr royale du Loiret l'autorisation de siffler à son tour les siffleurs.
La question pourtant serait de savoir si l'œuvre fart n'est rien autre chose qu'une propriété privée, coasse la pièce de drap appartient au drapier, ou bien si. dès que l'auteur l'a mise au jour, elle ne fait pas aussitôt partie de la chose publique, justiciable de tous parce qu'elle est possédée par tous. On aura beau mire, ù s'attachera toujours aux productions de l'esprit je ne stu quoi d'impersonnel que l'égoisme jaloux des auteurs se pourra détruire : un mauvais livre, I notre sens, est presque une sottise publique, de même qu'une belle oeuvre semble faite de ce que chacun de nous a de meilleur dans l'esprit et dans le cœur ; et voila pourquoi la critique n'est pas seulement un droit, mais une faculté même de l'esprit, nn sens intellectuel pour ainsi dire.
Jusqu'ici du moins cela ne faisait point de Pendant les deux siècles qui nous ont précédés, le respect de la communauté ne fut certainement pas poussé aussi loin qu'il l'est aujourd'hui, on ignorait ces mots étrangement personnels de propriété littérwt : surtout il ne pouvait tomber dans l'esprit de personne qu'une pièce de théâtre, qu'un livre, qu'un tableau, appartinssent si proprement, si exclusivement à Tanteer, qu'en faire la critique, ce fût porter atteinte i cette propriété. On sifflait , on bernait les grimauds Barbouilleurs de papier, les gredins reliés en veau. «*— dit Molière ; on exécutait sans pitié les Trissotins et les Vadius. — Et c'était vraiment une des gloires de l'esprit français que cette belle façon dont il faisait justice lui-même de ces méchantes productions. La criueue alors semblait être comme la lumière du goût paouc , et aussi comme la part de possession que cl diquait à bon droit sur l'œuvre individuelle.
Où en sommes-nous aujourd'hui ? Une
se produit devant le public, et n'appartient pas blic, et vos sifflets vont être considérés par les , comme une dépréciation de la marchandise de vetrr
sin 1 Et le plat écrivain aura le droit de monter à
fenêtre, pour chanter de là son éloge à la foule et se moquer de vous chez vous-même? Alors, pourquoi des Vadius ridiculisés à la scène ne seraient-ils nus au- J torisés à faire le lendemain représenter sur le ■*—
LOYAU DE LACY
LOYAU DE LACY
théâtre une pièce de leur façon ou ils joueraient leer propre puégyriqnet Pourquoi les Cotin, les Pradon. trésors de le satire, ne eontraiiidraieni-ils pas le satirique à faire «ne nouvelle édition de son livre et à y placer leurs récriminations en vers on en prose? Faut-il donc à présent que Ions aient à sonffrir de la vanité et de la sottise d'nn seul? Si la critique porte atteinte à l'oeuvre, l'œuvre elle-même n'est-eUe pas nne pire atteinte portée an plaisir et an bon font dn publier
De quel droit enfin cette tyrannie de la médiocrité, cette inviolabilité de la sottise, cette intmsion triomphante dn ridicule et de l'insipide*... Je ne dis pas cela ponr M. Loyan.
Espérons que, le cas échéant, la conr suprême réformera cette jurisprudence mortelle, et ne voudra pas donner la presse en proie aux vaudevillistes siffles, aux poètes pour rire, aux écrivains que la boutique réclame. L'art se plaint souvent de la critique; mais si on la rend muette , — et le moyen est infaillible, — l'art n'est-il pas privé de son plus vif aiguillon?...
Orléans nous condamne... Nous ne demandons qu'une chose an ciel, c'est que désormais M. Loyan de Lacy aille faire représenter à Orléans ses autres tragédies, sœurs cadettes du « Lys d'Evreux ».
Le « Constitutionnel » avait fait aussi ses réflexions sur l'issue de son procès, mais en des termes qui piquèrent de nouveau la vanité si irritable de M. Loyau : nouvelles poursuites de sa part. Le « Constitutionnel » publia alors cette note :
* Nous avons rendu un compte parfaitement sincère et fidèle des débats du procès que nous avons soutenu devant la cour royale d'Orléans contre M. Loyau de Lacy. Noos avons dit notre avis sur le droit et sur le fait en peu de mots, en distinguant chez M. Loyau de Lacy « l'homme d'honneur » du poète, en persistant à trouver sa tragédie mauvaise et la nouvelle jurisprudence contraire à la raison. Or, voici que M. Loyau de Lacy nous adresse à ce propos la plus plaisante assignation pour comparaître devant la 6* chambre, afin de nous voir condamner à trouver ses vers excellents par autorité de justice. D nous demande 50,000 francs en réparation du tort que nous avons fait à sa tragédie et à sa renommée littéraire. 50,000 francs! quelle ressource que les tribunaux pour un auteur malheureux ! Il n'y a pas de représentation qui vaille un bon procès. •
C'était en juin 1846 que cette nouvelle poursuite eut lieu. Le 94 dn même mois, le * Charivari » donnait un article intitulé : t Cinquante mille francs, s'il vous plaît t » dans lequel il s'amuse de la prétention ridicule du père dn « Lys d'Evreux. * Nous reproduisons cet article :
« Hier, un monsieur que je qualifierais de jeune homme s'il n'était pas auteur tragique, se présentait dans les bureaux du « Constitutionnel », et, parlant an caissier, le priait de vouloir bien lui payer la somme de cinquante mille francs.
« Cet auteur n'était pas M. Eugène Sue, attendu que M. Eugène Sue ne procède que par cent mille francs, ce qui est un compte infiniment plus rond on dn moins qui arrondit parfaitement nn homme.
Le personnage aux cinquante mille francs était M. Loyan de Lacy, qui aspire décidément à prendre vis-à-vis dn « Constitutionnel » la position prise à In Chambre des pairs par M. de Boissy vis-à-vis de M. Puqnier.
C'est-à-dire qu'il semble avoir juré de le faire mourir à coups d'épingle. — 11 est vrai que cette fois nn coup d'épingle de cinquante mille francs équivaut à un coup de poignard.
On ne sait pas dans le public que ce brave c Constitutionnel » n'avait déménagé que pour éviter les visites de son éternel ennemi. En allant me de Valois, il avait bien recommandé au portier de la me Montmartre de ne pu donner sa nouvelle adresse, et voici que huit jours se sont à peine écoulés, et déjà M. Loyan de Lacy vient recommencer sa même plaisanterie.
* Notes que M. Loyan ne se borne pas à harceler ce malheureux « Constitutionnel ». en lui répétant invariablement: c Constitutionnel, je veux de les cheveux I »
< n lui crie : c Constitutionnel ■ , je veux de tes écus 1 » ce qui est bien autrement terrible.
c II est vrai que demander cinquante mille francs au * Constitutionnel », c'est aussi lui demander ses cheveux, car il est impossible qu'il ne se les arrache pas tous de désespoir en recevant nne pareille assignation.
« J'oubliais de vous dire à quel titre M. Loyan réclame celte légère somme.
t II ne s'agit plus de l'insertion de sa fameuse lettre; l'affaire arrivera en cour de cassation, — pois quand la cour de cassation aura prononcé, en eu de condamnation, le c Constitutionnel > est décidé à avoir recours à l'appel au peuple.
c Ainsi les abonnés du c Constitutionnel » peuvent se tranquilliser, ils ne seront pu encore exposés de sitôt à la prose de l'auteur du «Lys d'Evreux ».
* H. Loyau qui, avant de se faire auteur tragique, a du travailler longtemps chea un avoué, réclame cinquante mille francs au i Constitutionnel » pour le tort que lui a causé la critique de sa pièce.
* Sans le « Constitutionnel » le « Lys d'Evreux » aurait obtenu un immense succès, et aurait valu à son auteur de superbes droits, du moins telle est l'opinion consciencieuse de M. Loyau, qui estime lesdits droits à la somme de cinquante mille francs.
c II parait qne c'est la moyenne de ce que rapporte à son auteur une tragédie représentée an théâtre de l'Odéon.
« J'ai consulté plusieurs tragiques de ce théâtre qui m'ont certifié qu'effectivement les droits d'auteur rapportaient, à l'Odéon, de cinquante mille à deux cent vingt-sept francs.
c Comme ce n'est pu le « Constitutionnel » seul qui a critiqué le c Lys d'Evreux » et que, par conséquent, M. Loyau a le même procès à intenter à qulnxe ou vingt autres journaux de Paris, il s'ensuit que le « Lys d'Evreux » rapportera bien de six à sept cent mille francs à son auteur.
c En admettant toutefois que le tribunal ait absolument la même manière de voir que M. Loyan.
c Si l'auteur du « Lys d'Evreux » empoche les cinquante mille francs de ce pauvre c Constitutionnel », il ne se doute guère de ce qui le menace, et l'argent qui viendra de la flûte s'en retournera au.... sifflet.
c Je connais un des habitués (l'Odéon a quelques habitués, parole d'honneur), et cet indigène du pays latin a un plan que j'oserai appeler satanique.
c Cet homme, fort honorable du reste, parfaitement placé dans la société, puisqu'il est électeur, vacciné et voltigeur dans la 1 1* légion, a dépensé trois francs pour assister à la première représentation du ■ Lys d'Evreux ».
* En donnant ses trois francs pour voir la pièce de M. Loyau, c'était à condition que ladite pièce allait lui procurer de l'agrément pendant toute une soirée.
« Personne, psi même un Anglais, n'aurait des idées
971 LOYAU DE LACY
me baroque s pour inw.tr trois francs pou Mille
> Or, le i Lys d'Évreux • «ysiii prvdLgieuitUKn ennuyé noue homme, ce qu'il peut prouver fur témoin il se propose d'intenter ub procès à L'auteur et c!c Lu demander trois mille francs de dommages et intéiils P-n soirée perdu et midwire. démantibulée.
■ Ç> taai bien ceLts somme, surtout an prix oli son
- Pour ped qu'il j lit cinq oa tii cents spectateur
de Lie? m
ri les huissi
X1D. Petite Chronique sur «le Lys d'E
vreux». A M. le comte de Monlalembert Paru, de l'imprimerie de Maulde et Bewu a. d., gr. in-8, 16 pages.
Cet opuscule, paginé eo efliffres romains, a été imprimé pour être miaa la télé J a ■ Lji d'Érreux ■, qu
talent du poète, par 1
vrage digne
a ma-
scéne? Le oublie, dont le sens est ordiilroit (chaque fois lin moins qu'il ut rassemblé), ne sertit-il pas reconnaissant de cette sollieitode éclairée pour la cause des lettres? N'aurail-il pis quelque plaisir i voir l' humiliation de mes , déliacleura, et la leçon que recevraient les journalistes qui
les imitent ne profilera i I- elle pas i la presse* J'ai
recours! tous, Monsieur; c'est vous que Je conjuri de tendre a mes espérances nue main amie. N'oublie! pas qu'en chereUant a User ■ le Lys d'Évreux •, le i Constitutionnel i ■ voulu tuer un avenir. — Le ■ Constitutionnel • avait reconnu en frémissant qu'an poêle religieux osait aborder la scène, et dose inconcevable! osait s'y faire applaudir. Le t Constitutionnel > pouvait-il décemment supporter un Ici scandale, en plein xix' siècle et sou le régime de h
Charte! a.
L'on a ici on échantillon de La coulante modestie
XIV. Le Sous-Diacre. Impr. de Saillot, uix Andelys. — A Paris, ekez taux les libraire*. 1849, in-8.
Le rédacteur du Catalogue de la Bibliothèque dramatique de H. de Soleinnea attribué i M. Loyan deux ouvrages qui oui été imprimés sous le nom do Léon n'Amboisa : 1° (Avec M, A. Deeomberousse) • le Cheval deCréqui », comédie en deux actes et trois parties, mélt'S de chants. Représentée sur le théâtre du Vaudeville, le 4H octobre 1839; S* Il Physiologie du parterre, types du spectateur... (Paris, 1841, in- 33) , mais nous pensons qu'il y a erreur dans celte attribution, et qu l'on doit rendre ces deux ouvrages i M. Léon Guillemiu, leur auteur.
H. Luian ■ dû écrire dans des journaux de religion M do pédagogie.
+ LOVS QDI NE SE .HEURT POINT [Louis Vivant].
Pseudonyme adopté par cet éditeanr, 1 Tiares, dan une édition dea quatre premiers livres de Rabelais, publiée en 1-56, a vol , in-16. Le • tonne! du libraire ., t. iv, p. 1055; la qualifie d'aise* jolie et Iris-peu commune. Une autre édition, datée de 161. . pei.il in» 13, porte le «sème uns jeppoaé.
LOYSEAU (Charles) , apoer. [Baissos, couseiller au Parlement de Paris].
Œuvres de Charles Loyseau. Genht, 1636, 2 vol. in-fol.
rnLére édition est la quatrième (!' 11 existe sur le deguerpissenjent
« de cet auteur. Cependant , dit
iris), qui périt au milieu dea foreurs delà Ligue. Sa
uve se réfugia cbei al. Loyseau. qui était son vois», inquel elle mafia ces beaux manuscrits que H. Loj-
ir vu des écritures de si . Lorsear
fort lu-dessous de ses traités i. A. A- B-i
+ LOYSEAU (Jacq.) [Colon, de Plan-
Lia des pseudonymes di fécond Cotliu de PUntr. q» pris aussi ceux de barou d* Nilense, Jeu de Sept bénes, etc. Q 1 publié SOIS celui-ci quelques petits ilama ln-33 : < Légende du blupbèue >, MM;
Légende du dimanche >, 18*9 ; de.
-f- LOYSEAU (Jean) [l'abbé Paut-Àleundre Geslin de Kersolou, missionnaire, né
i Bretagne, eu 1817].
L Lettres sur la vie d'un nommé) Jésus, selon M. Renan. Parti, 1864, in-12.
Cet ta
LOZET.tw. [Jules Vernrt, frère de l'artiste dramatique des Variétés].
On le dit auteur d'une pièce imprimée sous ce pseudonyme.
■+■ L. P. (M. l'abbé de) [l'abbé Jos. m Lapoutb].
Esprit de Bourdaloue, tiré de ses sermons. Paru, 17(12, in-12.
-+- L. P. [L. Pour].
Fanchon, ou la Vielleuse du boulevard du Temple, par — . Pari*, an 11 (1(03), |in-18. V.T.
-+ L. P. [Prudhojjme].
I. Voyage descriptif et historique de l'ancien et du nouveau Paris, etc., par — . | Pont, 1814, 1821, 1823, 2 vol. in-18.
H. L'Enfer des hommes d'Etat et le Purgatoire des peuples, par — . Paris, 1815, in-12.
Barbier, n° 5100, dit qu'il y a deux volumes, mais, selon Quérard, (< Table des Supercheries », p. 327), c'est une erreur, il n'y en a qu'au.
III. L'Europe tourmentée parla révolution en France, ébranlée par dix-huit années des promenades meurtrières de Napoléon... Paris, 1816, 2 vol. in-12.
-f- L. P. [Hyac. AzaïsJ.
Inspirations religieuses, par — . Paris, Eymery, 1822, in-18.
-f- L. P. (Hilaire) [Hilaire de Sazerac]. Mes loisirs, opuscules en vers, par — . Paris, Pelkier. Ï823, in-8.
-+- L. P. [J.-B. LEVRAT-PEaROTON].
Courte note sur la doctrine dite physiologique et sur l'abus des sangsues.
Inséré dans les c Tablettes historiques et littéraires de Lyon, en 1823 on 4824. (Sîrand, « Bibliogr. de l'Ain ».)
-+- L. P. [Alphonse Le Roy, professeur à l'Université de Liège, et Adolphe Picard, conseiller à la Cour d'appel de Liège].
Mélanges, par — . Liège, Carmantie, 1839, in-8 de 16 p.
-h L. P.. [Léon Puiseux, professeur d'histoire au Lycée de Caen, archéologue, littérateur].
De nombreux articles signés de ces initiales dans les journaux de Caen et partiT culièrement dans le « Moniteur du Calvados ». **• D. L. S.
-+- L. P*** [Loui3 Pissot].
Les véritables prophéties de Michel Nostradamus en -concordance avec les événements de la révolution, pendant les années 1789, 1 790 et suivantes, jusques etycom-
?ris le retour de S. M. Louis XVIII, par—, >aris, Lesné jeune, 1816, 2 vol. in-12. j L** p** ^ l'abbé) [Laurent Pbgtj-
Décision faite en Sorbonne, touchant la comédie, avec une réfutation des sentiments relâchés d'un nouveau théologien ?e P. Caffaro, théatin] sur ce sujet, par—. ans, Coignard. 169f, in-12.