MALHERBE
« II est donc jusqu'à présent plus que vraisemblable :
r 4° Que le manuscrit qui m'avait été prêté mystérieusement en 1721 était le manuscrit ou une copie du manuscrit du P. Malebranche ;
« 2° Qu'il en avait confié le dépôt au P. Constantin, soit pour y donner la perfection dont il le croirait susceptible (et en effet, cet ouvrage parait plus étendu dans une copie qu'il ne Test dans cet original imprimé), soit à la condition de tenir le dépôt secret, parce que le P. Ifalebrancbe ne voulut pas qu'il devint public pour éviter les clameurs des préjugés si souvent contraires à la nouveauté qui tend à en abuser ;
« 3° Que, par quelque motif que ce lût, le P. Constantin n'aura point jugé à propos de faire imprimer cet ouvrage, mais qu'il s'en sera échappé (soit après sa mort ou même dès après celle du P. Malebrancne, arri- Yée en 4715) quelques copies qui seront tombées dans des mains moins scrupuleuses que les miennes, et qui en auront (ait faire en 47Ô9 la présente édition.
« Enfin, l'opinion que l'auteur de cet^ouvrage est le P. Malebranche se change en certitude par les raisons qu'en donne l'auteur du * Journal Encyclopédique » dans les extraits ci-après copiés de ce journal, du mois de janvier 1770, p. 447 et 448, et dans celui du mois de mars de la même année, depuis la page 480 jusqu'à la page 494, où il reconnaît, dit le journaliste, en parlant-de cet ouvrage, l'éloquence du style et la sublimité des idées du P. Halebranche.
* On peut encore ajouter à ce témoignage celui des auteurs du ■ Nouveau Dictionnaire historique », etc., qui (t. IV, à l'article Halebranche, p. 309 [et suivante de l'édition de 4772) finissent par mettre au nombre des ouvrages dn P. Malebrancne ce « Traité de l'Infini créé 1 , imprimé en 4769, qu'ils disent être un ouvrage pos- Umme ». (Note de M. M a thon.)
c Dans une longue lettre insérée au « Journal de Verdun », juin 4772, p. 43, on prouve que ce Traité n'est point et ne peut être du P. Malebrancne. On assure qu'on a découvert qu'il était du sieur Pierre Paydit. La lettre est datée de Marseille, le 28 mars 4772.
c Je ne reconnais cependant point le style de Faydit dans cet ouvrage, que j'attribuerais plutôt à un autre auteur que je ne nomme point, n'ayant pas de preuves suffisantes pour l'assurer. ( Note communiquée par M. Adry, ancien bibliothécaire de l'Oratoire.)
« Ce livre ne fut jamais du P. Malebranche. Pour peu qu'on soit familier avec ses ouvrages, on n'y reconnaîtra ni ses sentiments, ni son style.
* Ou s'y est trompé : 4° parce que ce système paraît d'abord n'être qu'une extension de l'opinion du P. Malebranche sur le meilleur des mondes possibles. Mais de ce qu'on homme aurait dit. par exemple, « Dieu est tout-puissant 1 , pourrait-on lui attribuer la conséquence extravagante, «donc il peut laire ce qui implique contradiction • , et».?
1 2° L'ouvrage renferme une métaphysique profonde, et cependant très-claire; mais qu'on y fasse attention, celte clarté n'est que dans la suite fort bien développée de corollaires tirés de plusieurs faux principes, et l'erreur peut très-bien se trouver avec cette clarté.
c Comment n'a-t-on pas plutôt reconnu ici la main dn comte de Boulainvilliers, grand métaphysicien, écrivant très-bien, d'abord élève du P. Malebranche. et ensuite voulant se donner lui-même pour maître, mais élevant des édifices dont certainement le P. Malebranche ne lui avait point donné le plan? Je ne parle pas d'expressions qui n'ont commencé à être connues en France que depuis la Régence. Le P. Malebranche, de pins,
n'aurait jamais cité à l'appui de ce qu'il disait un auteur très-moderne et très-inconnu, comme on le fait ici.
« Le P. Malebranche n'aurait jamais répondu à des objections de la manière dont on le fait dans ce livre : c On m'objectera », etc. ; et sa réponse consiste à apprendre un nouveau principe qui entre dans son système.
v Nouvelle objection.— Autre principe encore plus monstrueux » ; et ainsi de suite.
c J'atteste, de plus, qu'ayant lu tous les manuscrits du P. Malebranche, non-seulement je n'y ai point trouvé l'ouvrage de « l'Infini créé » , dont on dit pourtant qu'il y avait plusieurs copies, mais que je n'y ai rien trouvé qui approchât ni de près ni de loin d'un seul des principes qu'on y avance. Il est bien évident que les deux aubes Traités ne peuvent être de la même main.
c II y a bien des fautes dans la c Liste des ouvrages du P. Malebranche », placée à la suite de la c Vie de Malebranche . » Seconde note communiquée par M. Adry . »
» (Note de A. -A. Barbier).
-+- MALENÇON (F. P. A.) [Rétif de la Bretonne].
Zoé, ou les Mœurs de Paris, par — Paris, an VI, 2 vol. in-12.
C'est mot pour mot le même ouvrage que « Lucile, on les Progrès de la vertu», par an mousquetaire (Rétif de la Bretonne), Paris, 4768, in-12. Seulement les noms sont travestis. H y a la ou on plagiat effronté, ou une spéculation de Rétif.
MALFILATRE (de), twmseig. [Jacques- Charles-Louis Glinchamp de Malfilatre, poètel.
France littéraire » àMALFiLATRE.
MALHERBE (François), aul. supp.
L'importante édition de Malherbe publiée par M. L. Lalanne et faisant partie de la collection des « Grands écrivains de la France», dirigée par M. Ad. Régnier (Parie, Hachette et Compagnie), renferme (tome I, p. cxvi-ciixm) des détails sur quelques ouvrages attribués à ce poète.
Un Rondeau sur l'Immaculée Conception, publié par M. Mancel (Caen, 4855, in- 8, à 50 exempl.), d'après un manuscrit de la bibliothèque de Caen, est évidemment supposé. — Un opuscule c le Bouquet des fleurs deSénèque », Caen, 4590, in-4, a été attribué à Malherbe, par l'abbé De La Rue, qui Ta inséré en 4833, dans son c Essai historique sur les Bardes », et qui en a fait tirer quelques exemplaires à part (33 pages in-8). C'est un recueil de huit odes traitant de sujets philosophiques et ayant chacune une épigraphe tirée de l'écrivain latin. Aucun motif quelconque n'est donné à l'appui d'une attribution formulée avec une parfaite assurance ; les raisons les plus sérieuses s'élèvent pour refuser à Malherbe la paternité de ce livret.
Un critique judicieux, un habile investigateur, M. Ed. Fournier a reproduit» dans un article inséré dans «l'Artiste » (15 septembre 1850), un sonnet qu'il a trouvé dans un recueil de chansons daté de 4634 : c Le doux Entretien des bonnes compagnies »; mais le style de cette pièce est tel, il diffère si complètement de tout ce qu'on connaît de Malherbe, qu'on peut croire sans hésitation qu'il y a là erreur on supercherie du libraire.
Quelques pièces signées du nom de Malherbe qui se trouvent dans des recueils imprimés ou manuscrits, sont également d'une authenticité contestable.