‹ Les Supercheries Litteraires Devoilees (volume 5)Chapitre 104 sur 205 · S6 NOBODY · texte numérisé non relu

S6 NOBODY

la Constitution politique de l* Empire de Russie. Le Conseil de TEmpire, le Sénat, le Saint-Synode. 3 juin, p. 3 et 4. — Lettre 10«. De la Constitution politique de f Empire de Russie, Les Ministres. 19 juin, p. 3 et 4.— Lettre 11«. De la Constitution politique de l'Empire de Russie, Administration provinciale. 14 juillet, p. 3 et 4. — Lettre 12«. Des Conditions sociales en Russie. 28 juillet, p. 3 et 4.— Lettre 15®. Propriété littéraire, — Le Régime des prisons en Russie. 18 février 1840, p. 3 et 4. — Lettre 14«. La Cathédrale Saint- Isaae à Saint-Pétersbourg, 27 février, au feuilleton.

Tontes ces lettres sont signées soit N, T, ou Ni Tag,

M. Drue et d'autres écrivains ont été les teinturiers littéraires de M. A. Demidof.

N. J. B. Voy. MONTALAN.

N*. L*. F***, 'Pseudonyme [Dufour].

Alonzo, épisode d*un roman espagnol trouvé à la Bibliotbèqae impériale, dans le même carton que Gonaxa, et trad. par — . Paris, Germain Mathiot, 1812, in-8. [5U3}

N. L. P., auteur déguisé [N.-L. Pissot].

Histoire de plusieurs aventuriers fameux , depuis la plus haute antiquité jusque et y compris Buonaparte, etc. Paris, Mongie atné, 1814, 2 vol. in-12, 5 fr. [b\kk]

NOAILLES (le cardinal de] , archevêque de Paris. Ouvrages qtà lui sont faussement ati^^ihués :

I. Ordonnance et instruction pastorale de M. de Noailles (rédigée par M, J.'B» Bossuet), portant condamnation de V Exposition de la foi (par M. de Barcos), du 20 août 1696, in-16. [51ft5]

Voyez la préface des Œuvres posthumes de Bossuet, in-4, p. zzzv.

II. Réponse de Mgr. Tarchevêque do Paris aux quatre Lettres de Mgr. Tarchevêque de Cambray (attribuée communément à Jean Racine, de l'Académie française). 1697, in-12. [5146]

Note de la main du président Bouhier.

NOBEL (Jean), anagr. [Jean Le Bon]. Voy. HÉTROPOLI-

TAIN (l').

NOBLESSE DE FRANCE (LA), pseudonyme.

Protestations de — , émigrée dans les pays étrangers , contre la sanction donnée par le Roi à la prétendue Charte constitutionnelle. Coblentz, 1791. in-8 de 17 pages. [5147]

NOBODY (le cit.), pseudonyme [Griffet DE LA Baume]. Messe (la) de Gnidc, ouvrage posthume du — . Genève. (Paris),

1794, ia-24. — Nouv. édition, augm. Genève, 1797, in-24de 92 pages. [5148]

Cette pièce, qui est licencieuse, a été réimprimée à la suite de la 2« édit. des 0 Fragments des Vêpres, de Guide, et es Veillées de Vénus », ainsi que dans « les Fêtes et "Courtisanes de la Grèce », de Chaussard (Paris, 1801, 4 vol. in-8 et 4 vol. in-12).

Griffet, dans la préface de la première édition, donne quelques renseignements sur ce prétendu Nobody, jeune poète, né à Beauvais, en 1766, et qui se tua d*un coup de pistolet, le 11 juin 1787.

NODIER (Charles de), membre de T Académie française, bibliothécaire à TArsenal, mort le 25 janvier 1844. Ouvrages qui lui sont faussement attribués :

I. Dissertation sur i*usage des antennes dans les insectes , et sur l'organe de Tomedans ces mêmes animaux. Besançon, an vi (1798)4

în-4. [5149]

Tiré à 50 exemplaires.

Cb. Nodier avait quinze ans lorsque parut cette Dissertation : Est-ce un sujet k traiter par un jeune bomme de cet âge, et n'est-il pas plus vraisem^ blable de considérer M. F.-M.-J. Luczot, qu*on dit y avoir eu part, comme son véritable auteur, et Cb . Nodier, au plus, comme le blanchisseur; d'autant plus que quand jeune on s*est occupé d'histoire naturelle, cette science offre tant de charmes qu'on s'en occupe encore dans un âge plus avancé, et Gh. Nodier n'a rien fait imprimer depuis sur celte matière.

II. Archéologue, ou Système universel et raisonné des langues. Prolégomènes. Paris, de Timpr. de Didot aine, 1810, in-8. [5150]

Tiré k 25 exemplaires.

Gest un Prospectus ou Préface d'un grand et important ouvrage qui n*a jamais été publié.

Gh. Nodier s'est bien gardé de faire connaître que ces Prolégomènes appartenaient à des recherches sur l'universalité des langues, par J.-Jos.- Alex. David de Saint-Georges (ouvrage entrepris sur nn plan encore plus vaste que le grand dictionnaire proposé par de Brosses), et dont Ch. Nodier a eu longtemps le manuscrit en sa possession. David de Saint-Georges, mort en mars 1809, n'a pu réclamer contre cette semi -publication.

Ne pourrait-on inférer décela que les quelques feuilles d'un « Dictionnaire de la langue écrite », Paris, 1815, in-8, publié sous le nom de Nodier, sont aussi un fragment de l'ouvrage de David de Saint-Georges. On a dit que c'était un Spécimen savant et profond d'un travail immense $oas le rapport de l'érudition des étymologies, mais qui ne va que jusqu'à la syllabe Ace. Or, Ch. Nodier, né le 29 avril 1783, avait trente ans lorsque fut publié ce Spécimen savant et profond d'un travail immense. Pouvait-il avoir assez de maturité d'âge et d'érudition pour entreprendre un travail qui n*est que dans les capacités d'un homme vieilli dans l'étude. III 22

Qui pourrait arfirmer que le manuscrit de David de Saiot-Georges, que Cb. Nodier a eu longtemps en sa possession, ne lui a été très précieux pour les publications de linguistique qu'il a faites dans ses dernières années.

irr. Jean Sbogar. Paris, Gide fils, 1818, 2 vol. in.l2. [5151]

Souvent réimprimé, contrefait et traduit en langues étrangères.

Un véritable savant, qui a fait de la critique littéraire avec succès dans \e « Journal de TCmpire », de 1802 à 1813, nous a afGrmé que J^a» Sbogtr n'était qu'une traduction libre ou une beureuse imitation du Brigand et Venise, de Lewis, l'auteur du • Moine ».

lY. Lord Ruthwen, ou les Vampires. Paris, Ladvocat , 1820. —

Deuxième édition, augm. de noies. Paris, le même, 1820 , 2 voL

in 12. 5 fr. [5152]

Nous ne savons d'après quelle autorité nous avons été conduit à attribuer, dans notre « France littéraire », ce roman, qui a paru sous le voile de Tanonyme, à Charles Nodier. Il est reconnu aujourd'hui qu*il est dû à la plume de M. Gyprien Bérard , d'Arles , ancien directeur des théâtres di Vaudeville et des Nouveautés.

V. Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France,

par MM. Cb. Nodier, le baron J. Taylor et Âlph. de Gailleux. Paris,

Gide fils; Engelmann^ 1820 et ann. suiv. 12 vol. gr. iDrfoI.,aTee

un très grand uombre de planches liihogr. , tirées sur papier de

Chine. [5155]

Magniûque ouvrage, mais auquel les trois écrivains, que rappellent lei frontispices, ont eu peu (Je part : chacun a eu son faiseur. Quel était celii de Ch. Nodier, nous l'ignorons. Quant il celui de M. le baron Taylor, c'est M. Amédée de Césena , son secrétaire et son biographe , qui a fait, au compte du baron, la partie historique des provinces du Languedoc, da Dauphiné, de l'Auvergne, de la Picardie, de la Bourgogne, et revu celle de la Bretagne. Qu'on juge ce qu'a pu écrire Ch. Nodier pour cet ouvrage!

V(. Dictionnaire universel de la langue française » rédigé d*après

le Dictionnaire de T Académie et ceux de La veaux, Gattel , Boiste,

Mayeux, Wailly, Cormon, etc.; par MM. Ch. Nodier et V. Verger.

Paris, Belin-Mandar, 1822, 1827, 1829, 1832, 2 voL ln-8, IS fr.

Dans l'article de «Mélanges de liilcrature et de critique* consacréau

« Manuel du libraire», M.Nodier se moque, avecbeaucoup d'esprit, «d'une

» société célèbre qui s'est constituée tout exprès pour faire un bon dic-

» tionnaire de la langue française, et qui s'en occupe avec plus de patience

* que de bonheur depuis cent cinquante ans au moins. Cela n'empécbe

• pas, ajoute le critique, qu'elle ne puisse y parvenir un jour. Quand on a « rimmortalité pour devise et réternité devant soi, on peut bien prendre

« son temps ». tl faut le dire pour la justification de ^Académie, cl!â ignorait, sans doute, le procédé que M. Nodier n'a pas dédaigné pour la confection de son Dictionnaire.

Le Dictionnaire universel de la langue française publié sous les noms de MM. Ch. Nodier et V. Verger, est en entier do ce dernier. Les titres primitifs de ce Dictionnaire, stéréotypé, portaient aussi son seul nom.

Cb. Nodier n*a fait qu'y joindre une seconde préface , qui n*a même été cloutée que plusieurs mois après la publication de Touvrage.

Une circonstance assez singulière, c'est queCh. Nodier est arrivé à TAccadémie encore à temps pour revoir les deux ou trois dernières feuilles qui restaient à imprimer de son Dictionnaire, objet de ses plaisanteries : Il ne faut pourtant point en conclure qu'il ne se tût point terminé sans sa révision.

VII. Mémoires sur rancienne chevalerie; par La Curne de Sainte-

Palaye. Nouvelle édition , avec une Introduction et des notes, par

M. Ch. Nodier. Paris, Girard, 1826 , 2 vol. in^8, avec 2 planches

color. , 15 fr., et sur pap. vélin, 30 fr. [5155]

Nous avons imprimé dans notre « France littéraire ■ , du vivant de Cb. Nodier, et il n'a pas réclamé, que le travail tout entier de cette édition avait été fait par Alexandre Bàrginet, de Grenoble.

VIIî. Faust, drame en trois actes, imité de Gœthe, par M. An* tony Béiaud et ***. Représenté sur le théâtre de la Porte Saint- Martin, le 29 octobre 1828. Paris, Barba, 1828, in-8« [5156]

D'après une autre autorité, peu véridique, nous avons encore été conduit à voir dans le collaborateur anonyme d'Antony Béraud , Ch. Nodier ; aussi, avons-nous, dans notre « France littéraire », compris ce drame parmi les ouvrages de ce dernier écrivain. C'est une erreur qui a été reproduite par M* Leroux de Lincy dans sa Notice bibliographique sur Ch. Nodier. Des renseignements plus récents, puisés à de meilleures sources , nous ont appris que le collaborateur anonyme de A. Béraud n'est pas Ch. Nodier» mais an autre homme d'esprit, M. J.-T. Merle.

IX. Vocabulaire de la langue française, extrait de la dernière édition du c Dictionnaire de rAcadémie >, publié en 1835, par M. Ch. Nodier^ membre de TAcadémie française, et M. {Paul) Ackermann* Tous les mots donnés par TAcadémie ont été conservés : on y a ajouté les étymologies, la prononciation et un vocabalaire géographique. Paris, F. Didot; Hachette, 1836, in-8, 7 fr. 50. [5157]

Les xu pages d'introduction sont le seul travail que Ch. Nodier ait fourni pour ce Vocabulaire.

X. Paris historique : Prooienades dans les rues de Paris. Paris,

3/i0 NODTER

P. Bertrand; Poslel, 1837-/i0« 3 vol. iii-8, avec 200 vignettes et

gravures, 60 fr. [5158]

Cet ouvrage, publié sous le nom de Ch. Nodier, a été rédigé par M. Christian (PiTOis). Yoy. ce que nous en avons dit dans la note du n® 1069.

XI. Saôoe (la) et ses bords. Albam dessiné par BIM. Foussereaa

et Marville, gravé par M. Porrct, publiés par M. Alex. More» de

Pelanne. Paris» r. de Valois Batave, n^ 5 , 1835, in-8 de 60 pages

et 1^ gravures. [5159]

Ce petit ouvrage a été publié primitivement sans nom d*auteur pour k texte, mais il parait qu'on a fait après coup un nouveau frontispice qui porte le nom de Gh. Nodier , comme auteur de ce texte ; c*est au moins ce que nous apprennent MM. Ch. Louandre et F. Bourquelot dans leur « Littérature française contemporaine», t. II, page 356, article de M. Borel d'Haulerive, où nous lisons : « M. Borel est Tauleur de la Sa&ne et seskords^ qui a paru, en 1835, sous le nom de Charles Nodier, quoique cet écrinin en ait seulement revu l'introduction ».

XIJ. Seine (la) et ses bords, par C. Nodier; vignettes par MM» Marvilie et Fousserean , publiés par M. A. Mure , de Pelanne. Paris, rue Saint Honoré, n<> 245» 1836*37, in-8 de 192 pag., avec 48 vues, 7 fr. [5160]

Ouvrage publié en quatorze livraisons. : il n*est pas plus de Nodier qoe le précédent.

N'en déplaise aux fanatiques admirateurs de Ch. Nodier» voilà déjà douze fleurs que nous arrachons de sa couronne littéraire; mais elle reste encore bien fournie , si le temps n*en détache pas d'autres. Il serait pourtant possible d'ajouter à notre liste des ouvrages qui portent le nom de cet écrivain et qui ne sont pas de loi, et d'autres pour lesquels il n'a guère fait que prêter son nom, comme, par exemple, la «Bibliothèque dramatique» publiée chez W"* Dabo, qui porte aussi le nom de Ch. Nodier en première ligne ; des personnes biens instruites assurent que toute la part de coopération de Ch. Nodier dans celte belle et malheureuse entreprise s'est réduite à une Notice sur U. Raynouard et à l'Examen de TOmasis de M. Baour-Lormian. Ch. Nodier n'était là qu'éditeur honoraire; il n'en touchait pas moins le plus fort traitement.

Ch. de Nodier a été l'objet de tant de notices biographiques qu'il deviendrait superflu d'en donner une nouvelle , quand même le plan de notre livre comporterait de la biographie. Mais toutes ces notices, véritables éloges académiques, sont écrites par des mains

NODIER Uî

amies, él le littérateur qui en est le sujet y est tellement exalté, que l'on se prend, malgré soi , à douter de leur véracité.

Outre les Notices sur Ch. de Nodier , M. Techcner a recueilli dans son « Bulletin du Bibliophile » toutes les précieuses bribes , d'autres diraient reliques , qui ont été découvertes depuis la mort de l'illustre défunt. De son côté le baron de ReifTenberg a publié dans son « Bulletin du bibliophile belge ^, une série d'anecdotes qui ont rapport à ce littérateur , et qui ont paru successivement sous le titre collectif de Nodierana. Dès l'instant que les bibliographes ont cru devoir faire quelque chose pour la mémoire de Gb. de Nodier, pourquoi ne raconterions-nous pas aussi à nos lecteurs quelques anecdotes que ses biographes ont tués ou qu'ils n'ont pas connues.

Nous parlerons d'abord d'une appréciation de Nodier, moins louangeuse que celles qu'ont faites ses amis, mais plus juste.

Le baron F. Reiffenberg , ainsi que nous l'avons dit , a recueilli un Nodierana. C'est dans ce nouvel Ana imprimé, au t. IT, p. ^10, de l'estimable « Bulletin du bibliophile belge » (18^5)^ que nous empruntons cette appréciation.

fUn littérateur, dont une imagination vive, impatiente^ reproduit les Impressions les plus intimes, nous écrit, dit le bar. de Reiffenberg, nne lettre dans laquelle on remarque, ces aperçus sur Nodier; si l'aimable auteur n'est pas traité avec indulgence, il ne l'est pas non plus sans justesse ni justice. On va voir :

c Vous parlez de Nodier. Il me semble qu'il a tout aimé à contresens, de travers et à rebours, comme Bérauger, moins heureux ^ue lui peut-être , en renommée^ quoique plus grand , à mon avis, en mérite (1). Pour lui c'était un jeu que d'écrire; il se moquait de ses lecteurs comme Jauio, et de lui-même comme Bayle. Il y a en lui du Montaigne et du Cousin. Un peu normand, un peu gascon, et francomtois seulement par je ne sais quelle libre allure qui tenait du voisinage de la Suisse. Il sacrifia trop au singulier, au Dieu inconnu. Ses pages sont comme ces toiles de Tlnde , mousselines légères, finement tissées, et dont vingt aunes passeraient dans une bague de noces

« On disait de Nodier : c'est un grand essayeur. En effet il usa de tout, passa partout , se fit remarquer et lire partout, sans laisser

(i) Bien fausse appréciation de la part du critique. Bérangcr est supérieur 4 Nodier de tout sou talent et de la diguilé de son caractère.

Z!i2 NODIER

nulle part de traces profondes. Esprit de choix , juste, à reikts incertains ; couleor ^he, à nuances pâles; incisif ei dota, jamais naff, mais tendre ; se liant Tite» fuyant de même et toornant le dot de bonne foi , sans rancune , à des gens qn'il a? ait cro adorer , mais qui lui étaient tout à coup devenos insupportables, aotipatbiqun», odieux.

< Adieu, Monsieur, j'ai connu , aimé et perdu on peu d'amiées trois administra leurs de la Bibliothèque de l'arsenal : Grozier, Treneuil, Nodier. Tout tombe autour de moi. C*est bientôt moD toor. Nous périssons et mourons peu à peu dans nos amis« nos goûts, nos arbres. Les r^rets et les mines ne font que m'atirister, je rnoomi brûlant et fumant.... »

Qui a tracé ces lignes spirituelles et mélancoliques? C'est un secret qu'il ne nous appartient pas de ré?éler pour le moment (1). La même lettre en donne la raison. « Atcz-tous reçu mon paquet? nous dit l'ingénieux anonyme ; je tire tous mes ouvrages à 30, AO 50 exemplaires au plus , et je n'en donne point autour de moL Si on me lisait ici (2) , on me lapiderait Je suis de ceux qui doÎTCiU écrire en Suisse , en Hollande , à Londres, et se mettre un masque de fer, car je ne dis que des vérités et on ne les aime guères.

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