‹ Les Supercheries Litteraires Devoilees (volume 5)Chapitre 4 sur 205 · XI. Recherches pour rexhumation du corps de Louis XVII · texte numérisé non relu

XI. Recherches pour rexhumation du corps de Louis XVII

Ou¥rage posthume de Peuchet,

Impc. diins le tome ii des « Mémoires de tous, > 183S.

XII. Remarques sur un écrit posthume de Peuchet, intitulé : Recherches pour l'exhumation du corps de Louis XVI L On y joint, comme preuve historique, un portrait de ce prince ; par M. Eckard.

Paris, Delaunay, 1835, in-B de 2U pages, avec un portr. Tirées à 100 exemplaires.

XIII. Histoire du véritable Louis XVII, suivie de preuves morales et historiques de la mort de Louis XVIÏ ; par A.-F-.K. ThomaSf ex-inspecteur de l'approvisionnement des combustibles de la

ville de Paris, etc. 1827.

Imprimées pages 25 à 56 de l'ouvrage de l'auteur, intitulé : « Naûndorfr

A>n Mémoire à consulter »

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U CHARLES-LOUJS

L'auteur déroule, devant les yeux de ses lecteurs, celte longue suite de preuves qui établissent d'une manière irrécusable que Louis XYII est uiort au Temple.

XIV. Mensouges (les) politiques, ou Révélation des mystères du Masque de fer et de Louis XVIÏ ; par Paul Lecointe. Paris, de rimpr. de Frey 1847, in-8 de 120 pages.

XV. Procès-verbal de rouverlure du corps du fils du défunt Louis Capet, dressé à la tour du Temple, à onze heures du matin. Signé : Dumangin^ Pelletan, Lassus et Jeanroy, — Impr. dans ft le Moniteur », du 23 prairial an m (11 juin 1795).

L'histoire de Tinfortuné Louis XVII se résume toute entière par ces paroles d'une admirable simplicité : Né à Versailles, mort om Temple. Le dauphin est bieu mort au Temple. Si quelque incertitude, quelques contradictions ont pu naître à ce sujet, elles viennent de ce que les hommes de 1795 étaient plus aptes aux promptes et terribles exécutions qu'aux choses régulières et aux formalités. On n'en était pas encore venu, comme après février 1848, à tenter de faire de l'ordre avec du désordre : en tout et partout régnait alors le désordre.

D'ailleurs, supposé même la vérité de l'existence de Louis XVII, conte absurbe s'il en fut jamais, ce jeune prince ne devait-il pas se montrer et se présenter en 1814, époque où les puissances réunies dans Paris, s'occupaient de doTmer ou de faire nommer un roi pour la France 7 Or, dans une occasion si décisive pour le maintien de ses droits, Louis XVII n'a donné ni de près, ni de loin, le moindre signe qui ait pu faire croire à son existence. £n 1815, quand les mêmes puissances sont entrées de nouveau dans notre capitale, il n'est venu dans l'esprit de personne de s'occuper d'un prince qui, loin d'élever une réclamation, ne se montrait pas plus (]u'il n'avait fait en 1814. Donc la mort de Louis XVII n'est que trop certaine, donc son existence n'a pas pu, comme l'ont avancé les partisans de Louis XVII, être l'objet du secret que Martin, ce cultivateur de la Beauce, a révélé à Louis XVIII, en 1816 ; et c'est ainsi une fin de non-recevoir qui ne souffre pas de réplique. Si néanmoins l'on s'obstinait à prétendre que l'objet direct, le but principal de la mission de Martin était de reconnaître les droits d'un prince invisible à nos yeux, disons vrai, d'un être chimérique, bon tout au plus à faire un héros de roman après trente-sept ans de disparition, il en ré-

suKerait une conséquence bien peu honorable pour Martin ; car il a écrit et signé un acte authentique de ce qu'il avait répété au roi : isa mission était toute spirituelle et nullement politique (1).

Quoi qu*il en soit, cette faible incertitude, ces quelques contradictions apparentes expliquent l'apparition de ces nombreux prétendants venant réclamer, devant la Cour d'assises, la couronne de France ; on eu a fait le compte, et depuis Hervagault leur nombre is'est élevé jusqu'à quatorze ou quinze.

Outre les écrits que nous venons de rappeler tout-à-rheure, il existe encore des attestations de contemporains sur la mort du dauphin de haïUe importance : celle de La»ie, devant la justice criminelle de la Seine, le 3 octobre 183/i, et celle faite par Barras ^ M. P. Grand.

On ne saurait maintenant , sans une grain de folie, ou du moins ^ns faire preuve d'ignorance, mettre en doute la mort de Louis XVII dans les murs du Temple. Ce n'est donc pas pour confirmer cette opinion, pour attester un fait incontestable, que nous reproduisons la pièce suivante ; mais elle nous semble contenir des détails susceptibles d'intéresser les personnes qui ne l'auraient point' encore

lue (2).

Mézières, 11 novembre 183/i.

« Monsieftir le rédacteur. Je voyageais dans le midi de la France, ^ lorsque commençaient à «la Cour d'assises de Paris, les curieux « débats de l'affaire du baron de Richement, se disant Louis XYII; < aussi ce n'est que tout récemment que je viens de les lire dans « votre jonrnal. Je m'empresse aussitôt de vous communiquer sur « la mort du véritable Louis XVII un document qui aura tout l'in- « térêt de l'Histoire, et qui contribuera sans doute à dessiller les <i yeux de la crédulité même la plus opiniâtre.

« Tout le monde sait que, comme ami et avocat de l'ex directeur « Barras, j'ai été en position de recevoir de cet ancien gouvernant « des renseignements intéressants sur beaucoup de faits qui appar-' « tiennent à l'époque de la Révolution. Or, la mort de Louis XYII ^ est l'un de ces faits dont il m'a souvent parlé. Ce qu'il m'en a dit et n les paragraphes qu'il m'a dictés à cet égard sont en harmonie par-

(i) M. S** (Silty), ancien magistrat, à l*auteur de l'écrit intitulé : le Passé -cl l'Avenir, etc. (Paris, 1832, in-8), p. 5. X2) GisQDET, Mémoires (i8Ao), t. m, ctiap it.

« failc avec ia déposition du sieur Lasnes, qui fut chargé de garder « au Temple le Dauphin, fils de Louis XVI et entre les bras du- « quel cet enfant a rendu le dernier soupir.

« Ainsi que M. Lasnes, qui en a fait la déposition à Taudience « de la Cour d'assises de la Seine, le 30 octobre dtrnier, Barras « était bien convaincu que le véritable Louis XYII était mort au « Temple, et que des intrigants seuls pouvaient se parer de son « nom. Voici sur quelles circonstances était basée Topinion de Tex- « directeur.

« En l*an viii, Barras, alors membre de la Convention, reçut du « gouvernement la mission de visiter Louis XVII détenu au Temple, « et de veiller à ce qu'il fût traité avec humanité. Aussitôt que <t Barras le vit, il le reconnut parfaitement pour être le jeune Dau- « phin qu'il avait vu autrefois aux Tuileries. Personne ne s'étonc nera que Barras, qui appartenait à la noblesse la plus ancienne, « puisque, suivant un vieux dicton bien connu dans le midi, la fac mille Barras était réputée aussi ancienne que les rochers de la « Frovence ; personne, dis-je^ ne s'étonnera que Barras ait vu sou- « vent le Dauphin, antérieurement aux graves événements qui se c passaient alors. Barras interrogea le jeune ecfant avec beaucoup « de douceur sur l'état de sa santé. Celui-ci se plaignit d'éprouver a de très vives douleurs au genou, et de ne pouvoir pluB le plier... « Barras reconnut en effet qu'une tumeur y avait produit de très « grands ravages, et que la situation de l'enfant était réellement « désespérée. Il ne se trompait pas, car, malgré les soins les plus « empressés, le jeune Dauphin mourut bientôt.

« M. Lasnes, comme on le voit par ce court exposé, n'est donc « pas le seul qui puisse établir l'identité de l'enfant mort au Temple tf et du dauphin Louis XVII.

« J'ai été frappé de la coïncidence parfaite qui existe entre la dé- « position circonstanciée de l'ancien gardien du jeune Louis XVII a et les souvenirs historiques de Barras ; et c'est afin que chacun « puisse l'apprécier comme moi^ que je vous prie de vouloir bien c publier cette lettre dans votre intéressant journal (1).

«.Agréez, etc.,

« P. Grand, c Substitut du Procureur du Roi de Charleville ».

(i) Gazette des tribunaux.

CHAllLSS-LOUIS 37

Les atteslaiions que nous venons de rappeler n'existeraient-elles ^c* <, qu'il reste toujours l'acte officiel du décès du prince, du 24 prairial an iil (12 jum 1795). C'est une pièce sur laquelle on ne peut re^ venir et que pourtant les nouveaux fourbes qui ont surgi depuis Hervagaull, en 1802, jusqu'à Henri Hébert^ le prétendant actuel^ ont essayé d'arguer de faux. '

Tous ces imposteurs n'ont donc pas eu connaissance d'une affaire célèbre dans les- fastes judiciaires, à l'occasion d'un faux acte de décès, et qui prouve qu'il n'est point aussi facile que les plus impudents l'ont pensé, de faire annuler un acte de cette nature.

Avant la Révolution, vivait une marquise très riche. Sa fortune était convoitée par des collatéraux pressés d'en jouir. Ils s'ingénièrent à trouver un moyen de réussir au plus vite. Un breuvage narcoti(tue, d'un effet prolongé, fut administré à la marquise. Pendant son Iung. sommeil, ils firent entrer sous son nom, dans un hospice d'Orléans, une femme qu'ils savaient n'avoir plus que quelques jours à vivre, et qui ne tarda pas à mourir : son acte de décès fut fait aux nom et qualités de la marquise. Cette dernière, revenue de sa longue léthargie, fut singulièrement surprise d'être traitée chez elle en intruse. L'acte de décès à la main, non seulement on la traita de folle, la marquise était morte, mais encore les collatéraux criminels eurent le crédit de la faire enfermer à ce titre à la Salpétrière, malgré ses vives réclamations, et la claire démonstration de son identité. Ceci se passait en 1788. Plusieurs fois pendant la révolution, elle réclama et perdit. Sous l'Empire, elle réclama et son nom et revendication d'état : la Cour de Bourges fut saisie de cette affaire en 1808; la marquise perdit. Ënfin^ peu de mois après l'avènement de Louis- Philippe, un noble avocat, qui était au monde le seul appui de cette marquise, tenta un nouvel essai, qui fut tout aussi infructueux que les précédents. L'acte de décès de cette infortunée fut consi-» déré comme réel. Et ceci n'est point un conte, comme en ont tant brodé les prétendus fils de Louis XVL L'infortunée victime de celte étrange spoliation était Adélaïde- Marie Rogres-Lusignan de Champignelles, veuve de Louis-Joseph, marquis de Douhault, née à Champignelles, le 7 octobre 17Zilf supposée morte à Orléans, ou le 17, ou le 18, ou le 19 janvier 1788, le doute sur le décès naît de la déclaration des trois témoins qui eu ont indiqué Tépoque, mais morte en réalité, à Paris, le 1& février 1832, UU ans après sa mort supposée i

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Quand cette malheureuse marquise est morte, sans avofr prcr recouvrer son nom, quatre de nos pseudo-dauphins, ces saltimbanques politiques, n*ont-ils pas eu bonne grâce à venir demander aux tribunaux des revendications d'état auxquelles nul d'eux n'avait le droit de prétendre l

La magistrature française est trop haut placée dansTestimede l'Evrope pour craindre qu'elle prenne jamais au sérieux les audacieuse» prétentions de l'un ou de l'autre de ces hnposteurs. Le Dauphin est; bien mort, ne le fût-il pas, et ce serait un malheur pour lui, la magistrature ne doit voir que l'acte authentique du décès du jeune prince, comme elle n'a vu précédemment que celui de la marquise de Douhauh, et avec d'autant plus de raison que Louis XVI n'a laissé qu'un seul fils, et que quinze individus se sont successivement présentés pour réclamer ce titre : en les repoussant tous et en faisant condamner quelques-uns, les tribunaux n'ont commis légalement aucune de ces déplorables erreurs qui se sont commises de loin en loin. Que fût-il arrivé si les tribunaux, moins prudents, eussent reconnu Hervs^ault, le premier pseudo-dauf hin qui s'est présenté î Quatorze autres eussent pu successivement protester et crier à l'usurpation.

Hervagault et le sabotier L\lathurin Bruneau avaient réclamé de» reconnaissances d'état comme l'a fait depuis Thorloger Naiindorff; c'est aujourd'hui le tour de Henri Hébert, plus connu sous lo nom de baron de Richemont, et pourtant on vient de découvrir en Amérique un nouveau Dauphin, qui, lui, peut-être, est le véritable; et s'il lui prenait un jour la fantaisie de venir en France, pour revendiquer aussi ses droits? L'acte du 12 juin 1795 est article qui fait loi et qui ne peut être annulé. La famille ùu malheureux Lesurques a-t-elle pu réussir, malgré ses nombreuses démarches, à faire supprimer le jugement portant condamnation à la peine capitale contre son chef; et pourtant, il est mieux établi que la con-^ damnation du courrier de la malle fut une erreur de justice qu'on ne pourra jamais établir l'identité des dauphins présents et à venir*

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