CHARLES-GUILLAUME NAUNDORFF
Les faux dauphins qui ont paru en France peuvent se classer en^ deux catégories : les fous et les exploiteurs de la crédulité.
Dans la première catégorie, on doit ranger : J.-F. Dufresne, l'huissier d'Uzès, Persat et Tancien professeur Varney.
Dans la secondé : le taillear Hervagault, le sabotier Bruneau, le vagabond Fontolive, Thorioger allemand Naûndorff, piiisenûn Henri Hébert, le soi-disant baron de Richemont.
Parmi ces derniers, Naûndorff, dont on a annoncé la mort à Delft, en 1845, et Henri Hébert sont les plus célèbres par leurs intrigues. Naûndorff eut des partisans dévoués, même dans les grai.des familles; des prophètes (Martin et Pierre- Michel), des écrivains, parmi lesquels beaucoup étaient de bonne foi, tant cet homme avait su les égarer.
La véritable biographie de ce fourbe est loin de ressembler à celle qu'il s'est fabriquée, laquelle lui a servi à se créer une si brillante clientèle de dupes.
Charles-Guillaume Naûndorff est signalé comme issu d'une famille de juifs établie dans la Prusse polonaise, et né à Postdam. 11 vint à Berlin en 1810, et y demeura deux ans; il logeait alorsdansla maison d'un tonnelier et gagnait son pain en colportant des horloges en bois. Il annonçait être marié ; cette déclaration fut reconnue mensongère. H faisait passer pour sa femme la nommée Christine Hasfert, veuve d'nn soldat. En 1812, il partit pour Spaudau. Il déclara devant le magistrat de cette ville, le 25 novembre, qu'il désirait s'y établir comme horloger et obtenir les droits de bourgeoisie. Mais pour jouir de ces droits en Prusse, il faut prêter serment de fidélité et de soumission à son souverain. Or, voici la formule du serment que prêta Naûndorff, le 10 décembre 1812, pardevant le magistrat de Spaudau : « Je, Charles-Guillaume Naûndorff, proteste et jure que j'ai « été reçu comme bourgeois de cette ville par le magistrat d'icelle^ « que je serai fidèle et soumis à S. M. le roi de Prusse, MON TBÈS « BIEN AIMÉ SEIGKEUR ET MiiÎTRE, et que je scrai obéissant à l'il- « lustre magistrat de cette ville ; je jure en outt^e de coopérer de « tout mon pouvoir au bien et h la prospérité de cette ville et de la « bourgeoisie, de remplir consciencieusement toutes les obligations < qui me sont imposées comme bourgeois, et particulièrement de « me soumettre sans restriction aucune aux articles de Tordonnance « générale ponr les villes, du 19 novembre 1807, de les maintenir, « et enfin de me conduire en toutes circonstances de la manière « coûYenable à un citoyen zélé et fidèle, aussi vrai que Dieu me • soit en aide par son fils Jésus-Christ ». Délivré pour lui servir
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«r de document authentique et scellé du sceau de la ville de Spair- « dau, le 10 décembre 1812. Le magistrat de la ville, signé: Koh- « fress D. En 1818, Naûndorff se maria avec la fiHe d'un nommé Einers, fabricant de pipes à Havelberg. Suivant les registres de Tétai civil, il aurait déclaré être protestant de la confession d*Augsbourg et avoir quarante-trois ans ; d'après cette déclaration, il serait né en 1775, c'est-à-dire dix ans avant le Dauphin, fils de Louis XVI^ De son mariage, il naquit à Spandau deux enfants qui furent baptisés par le pasteur luthérien Nicolas. En 1822, Naûndorff vendit soik atelier, et alla s'établir à Brandebourg. U y continua son métier et fit de mauvaises affaires. En 182^, il fut traduit devant les tribunaux sous l'accusation d'incendie. Il fut acquitté faute de preuves, £d septembre 182^, il fut accusé du crime de fausse monnaie. Â cette époque, pour donner le change sur ses antécédents, il imagina un roman d'après lequel il serait né à Paris et fils d'un prince. Convaincu de complicité de fabrication de fausse monnaie, il fut condamné à trois ans de travaux forcés dans une maison de détention, et il subit sa peine, de \S25 à 1828, dans l'établissement pénitentiaire de Brandebourg. Plus tard, se trouvant h Grossen, il publia qu'il était le fils de Louis XYI, se donna le titre de prkce^ et fit imprimer un gros livre à l'appui de cette fable. Pour échapper aax> poursuites des tribunaux, il se réfugia d'abord à Dresde, puis en Suisse, et ensuite à Paris (1).
Nous allons maintenant suivre ce fourbe obscur dans ses intrigues et jongleries depuis son arrivée à Paris jusqu'à son expulsion de France, et depuis son arrivée en Angleterre jusqu'à l'annonce de sa mort, à Delft, en Hollande, en 18^5. Pour notre récit nous suivrons, en grande partie, la notice sur Naûndorff imprimée dans le journal « l'Illustration » en 18i!i5.
« Dans les premiers jours du mois de mai 1832, vers la fin d'une journée dont la chaleur avait été étouffante, un homme paraissant âgé de quarante-huit ans à peu près, couvert de poussière, accablé de fatigue, à l'air noble et fier cependant, et portant la tête haute et
(i) Ces détails sont tirés d'un écrit intitulé «Cinq années d'Intrigues dévoilées, » par M. Morin de Guérivière père, 1 5 août i83g. Quoique aon auteur soit l'écrivain officiel du confrère Henri Hébert, on doit y ajouter foi, car Ils émanent du ministère de l'intérieur, direction de la police générale du royaume et sont signés : pour le ministre et par son autorisation, le conseiller d'État-, B. Dejean.
pour ainsi dire renversée en arrière, venait d'entrer à Paris par la barrière d*Itaiie ; il suivait d'un pas ferme le boulevard de THôpilai, et s'engagea bientôt sur le pont d'Austerlitz, qu'il traversa d'un bout à l'autre; mais, arrivé à l'extrémité, l'invalide de service courut après lui, et lui demanda la rétribution exigée. L'inconnu lui fit signe qu'il ne comprenait pas le français; l'invalide lui répondit par gestes; il tira un sou de sa poche, et compléta facilement sa démonstration. L'embarras de l'étranger devint visible; un profond soupir s'échappa de sa poitrine; enfin, après une longue hésitation), ii prit dans la poche de son habit un mouchoir de fine batiste, le jeta à son interlocuteur, et se mit à courir dans la direcMon du boulevard Bourdon. Bientôt il était arrivé à la place de la Bastille, qu'il tra¥ersa, et on put le voir s'enfoncer dans la rue de la Roquette. Quelques instans après, l'étranger entrait dans le cimetière du père La Chaise, peu de moments avant la fermeture des portes, il se perdait au milieu des ifs et des cyprès. Le soir, couché près d'une dalle de marbre, il échappait à la visite des gardiens. C'est ainsi qu'il passa sa première nuit au milieu des tombeaux.
« Le lendemain, le malheureux^ épuisé par la fatigue et par la laîm, était encore étendu sur la terre quand un promeneur s'approcha de luîr eut pitié de sa misère, lui procura quelques aliments et le conduisit rue Richer, 16^ chez madamr la comtesse de R... dont la générosité et la charité lui étaient connues.
a Cet homme était Naûndorff ; la dame généreuse et respectable chez laquelle le hasard l'avait conduit, c'était l'ancienne femme de chambre du fils de Louis XYL On demanda à l'inconnu qui il était; il répondit allemand : « Je suis Charles-Louis, duc de Normandie, fils de Louis XYI et de Marie-Antoinette ». Madame de R.,. avait conservé un attachement religieux pour ses anciens maîtres^ dont elle avait partagé les infortunes ; elle perdit connaissance à cette réponse inattendue. Quand elle revint à elle, ses yeux se fixèrent profondément sur l'étranger et elle s'écria : a Oh! mon Dieu, c'est tout le portrait de sa malheureuse mère » .
$ La bonne madame de R. .. était à moitié convaincue ; elle avait conservé un habit que le dauphin avait porté à Versailles : c'était un petit frac d'enfant, rn drap bleu, avec des boutons de métal. Elle alla le chercher : « Mon habit, »> s'écria Naundorff. La conviction de madame de R... devint complète; elle serait montée sur l'échafaud, elle aurait subi le martyre sans renier sa foi.
« Naiitulorff fut donc installé chez son ancienne fename de chambre. On doit penser si le fils de Louis XVI fut fêté I la maison de madame de R... devint la sienne. Madame de R... supplia le prince (c'est le seul nom qu'il fût permis de donner à Tincounu) d'accepter les débris de sa fortune^ il eut la loyauté ou l'esprit de refuser, et se borna à demander un tailleur qui l'équipa de la tête aux pieds.
« Sous ce nouveau costume, les traits naturellement nobles et fiers de l'inconnu se développèrent ; il prit une pose et des gestes véritablement empreints d'une dignité royale; on lui fit la surprise d'attacher un immense crachat sur le revers de son habit. Bientôt madame de R... parla de Tillustre revenant à ses amis. Quelques vieux royalistes s'émurent. M. S... de L... voulut voir le rejeton si miraculeusement sauvé de ses anciens maîtres, et il ne tarda pas à proclamer le miracle ; il proposa de partir pour Prague. L'horizon politique se dora à ses yeux des plus douces illusions. La révolution de Juillet ne lui apparut plus que comme une justice du ciel. La France avait chassé des maîtres illégitimes; mais elle devait s'incliner devant l'innocente victime du Temple, qui ne lui avait jamais fait aucun mal. Le roi Louis Philippe serait heureux de cette circonstance providentielle, qui lui permettait de se décharger du fardeau de la royauté sans trahir le vœu de la nation. On alla jusqu'à en parler h M. de Talleyrand, qui répondit : « Il y a des gens qui naissent avec deux mains gauches; ce pauvre S.. . est venu au monde avec deux mains gauches dans l'esprit ».
« Après M. S..., ce fut M. de Forbin Janson, le fougueux évêque de Nanci, qui se présenta ; ses illusions furent d'un autre ordre; il ne crut pas à la démission du roi Louis-Philippe ; il se borna à proposer au prince (textuel) de sVngager dans les ordres sacrés ; il fit luire à ses yeux, dans un avenir très prochain, la tiare du souverain pontife. Naiiiidorff, qui ne se sentait probablement pas une vocation suffisante, discuta longtemps et refusa un peu brutalement cette brillante perspective ; il ajouta, après (rbis jours de réflexion, qu'il était marié et père de six enfants.
« Cependant JNaiindorff avait pris un maître de français; en peu de temps il fit de notables progrès, et il arriva à parler d'une façon assez intelligible sa langue 'pai.ernelle et à l'écrire très suffisamment pour un prince de droit divin.
A cette époque, juillet 1832, vivuit au fond d'un villago de la Bcauce, à Gallardon, près Chartres, un cultivateur nommé Mar-
CfifARLES-LOCIS ûS
tin; le përe Martin passait dans tout le pays pour recevoir des révélations du ciel ; une circonstance curieuse avait servi à propager cette réputation de visionnaire dont jouissait Thumble paysan.
En 1816, un dimanche pendant la grand*messe, le père Martin , dont la dévotion était bien connue, vit le ciel s*entr'ouvrir devant ses yeux ; il aperçut un immense faisceau de gerbes ardentes do milieu desquelles sortit un ange qui lui ordonna d'aller à Paris et de voir le roi Louis XYIII ; des ordres ultérieurs devaient lui être donnés. Une heure après, Martin après avoir embrassé sa femme et ses enfants, endossa sa veste la plus neuve, prit son bâton et sa l)esace^ et suivit à pied la route de la capitale. Le cinquième jour, il arrivait aux Tuileries. Yers deux heures de l'après-midi, il entrait dans la cour du Carrousel, et arrivé sous le pavillon de Thorloge, il demandait à être Introduit auprès du roi.
 ce même instant, un des ministres de cette époque se rendait au conseil ; il fut témoin des explications échangées entre Martin et Tadjudant de service ; Martin s'adressa à lui, lui fit part de la mission céleste qu'il avait refue ; une heure après, le pauvre Martin était enfermé à Bicêtre, au milieu des fous.
Sa piété, son calme, la simplicité touchante de ses paroles, furent bientôt remarquées dans le triste asile où il était renfermé; Taumônier de la maison le prit en affection ; chaque soir il venait passer une heure avec le pauvre fou qui ne manquait ni d'esprit, ni de bon sens ; Martin lui raconta la vision qu'il avait eue et son triste résultat ; cependant les jours se passaient, Martin était toujours le même^ et sa confiance dans son guide céleste augmentait chaque jour ; le digne aumônier paria à tout le monde du pensionnaire qu'on lui avait donné ; l'affaire fit quelque bruit ; enfin, aprè» deux mois de détention, une voiture bourgeoise vint un matin prendre le paysan de Gallardon et le déposa à Ja porte des Tuileries ; cette fois les huissiers le laissèrent passer, on ie conduisit dans le cabinet du roi qui fit fermer les portes et resta enfermé pendant plus de trois heures avec le simple cultivateur de la Beauce.
Ce qui se passa dans cette longue entrevue, il n'en fut jamais question au château. A Gallardon, Martin raconta qu'à peine introduit dans le cabinet du roi, il avait eu de nouveau sa vision et que l'ange lui avait soufflé les paroles qu'il avait prononcées ; « J'ai dit au roi^ répétait souvent le père Martin, qu'il n'était pas le roi légitime de la France, que le fils de Louis XVf existait, que lui, le
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roi, le savait bien, qu'il reviendrait un jour, mais qu'en attendant it était interdit à Louis XVIII de se faire sacrer à Reims; que toute tentative à cet ^gard serait suivie des plus grands malheurs ; que la coupole de l'antique cathédrale s'écrouleraient sur les assistants et les écraserait... et le roi m'a répondu avec une vive émotion qu'il ne se ferait pas sacrer, qu'il en avait eu l'intention, mais qu'il y renonçait à tout jamais » (1).
« Cette version, vraie ou fausse, trouva dans la Beauce de nombreux incrédules ; l'entrevue de Martin et du vieux roi seule était incontestable ; les incrédulités ne devaient pas durer longtemps : on sut que, par ordre du roi, la maison que louait Martin venait d'être achetée et donnée au pauvre visionnaire; dans la campagne comme partout, l'argent est le seul argument sans réplique ; il il n'y eut plus de doutes, et le père Martin fut élevé à l'état de prophète ».
En 1832, Martin jouissait, à dix lieues à la ronde, d'une réputatatlon de sainteté ; on faisait des pèlerinages pour aller le consulter; une secte s'était sourdement formée, et ses membres avaient pris la dénomination des Marti nistes ; les amis de Naûndorff comprirent le parti qu'on pouvait tirer des visions du cultivateur de la Beauce ; on lui demanda une entrevue qui eut lieu en septembre au presbytère de Saint-Arnould, petit village près Dourdan.
Le prétendu fils de Louis XVI fut présenté à Martin, qui, disaiton, ne savait pas quel personnage devait paraître devant lui ; dès le commencement de l'entrevue, il reconnut le duc de Normandie , déclara qu'il était bien le dauphin, fils de Louis XVI et de Marie- Antoinette ; l'enthousiasme des affiliés n'eut plus de bornes ; on versait des larmes, on s'embrassait, et le soir, le prince, le prophète et tous les témoins communiaient dans la modeste église du village.
Une scène touchante vint augmenter encore la foi des séides du futur roi de France ; Martin déclara rfue son existence était terminée, qu'un ange venait de lui apparaître et de lui annoncer qu'il
(i) Celte version qui a taiil servi à l'iaiposture de Naûndorff, est entièrement fausse. Nous avons dit dans le chapitre sur le Dauphin et les pseudo-dauphins que Martin pendant son entrevue avec Louis XVIII.ne lui parla que de chose spirituelles ei non de politique, et que du reste, il a écrit et signé une pièce qui l'atteste. Voyez sur ses révélations à Louis XVIII deux écrits publiés pas. M . Silvy, ancien magistrat.
Ti*avait plus que hait jours à passer sur la terre ; et en effet fe prophète, de retour à Gallardon, assembla sa famile, (il ses dispositions testamentaires. Huit jours après l'entrevue, Martin alla à la messe, rentra chez lui, fit connaître à ses enfants qu'un envoyé céleste lui avait ordonné de se rendre à Chartres, mais qu*il n'di reviendrait pas vivant, et que son cadavre serait rapporté dans une charrette. A midi, le prophète partit^ et à huit heures du soir, comme il l'avait annoncé, on rapportait son cadavre dans une voiture de paysan ; une information sur cette mort étrange fut commencée par M. le procureur du roi. Mais elle ne produisit aucun résultat, et les médecins déclarèrent que Martin était mort d'un apoplexie foudroyante, comme un simple mortel ; les prêtres affirmèrent que son corps exhalait une excellente odeur de sainteté.
c Le bruit de ces faits se répandant dans toute la Beauce, l'existence et le retour du duc de Normandie s'y accréditèrent généralement ; des souscriptions s'organisèrent ; les curés de village mirent leurs noms en tête des listes et ils décidèrent que la moitié de leurs modestes appointements serait remise à l'innocente victime de la révolution française ; sous l'influence des curés, les fermiers, les dévotes apportèrent leur offrande à la quête, et on n'estime pas à moins de quatre millions les sommes qui en l'espace de quatre mois, furent remis^àNaûndorff! Ce fut un fermier de Saint-Arnould, nommé Noël Paquet, qui fut chargé d'apporter les fonds au dauphin si miraculeusement retrouvé; tous les samedis, Noël arrivait à Paris, avec un énorme panier couvert suspendu à son bras ; il en tirait les légumes les plus excellents, les fruits les plus beaux, et les doubles louis les plus vieux qu'il fât possible de trouver; un jour, il pliait sons le fardeau, sou vaste panier contenait plusieurs centaines de mille francs en or et en billets de banque.
Un honnête homme, qui de très bonne foi croyait en Naûndorff, et s'était constitué l'un de ses plus vigoureux soutiens, M. A. Gozzoli, que nous aurons occasion de citer plusieurs fois dans cette notice, a parfaitement expliqué l'engouement des légitimistes pour ce fourbe. Un homme, dit-il, se présente à des royalistes et leur dit : « J€ suis le martyr vivant que vous cherchez ; je suis ce dernier « descendant de soixante monarques, que la République déclara « mort en le voyant soustrait à ses fers ; je suis cette victime d'une « politique cruelle et d'une famille sans entrailles, qui erra depuis « quarante ans sans famille et sans patrie ; je suis ce paria que les
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* roi^ de l'Europe repoussent à l'enyi Tun de l'autre, moi leur « égal par la naissance, moi qu'ils devraient traiter comme frère ; « je suis cet infortuné à qui la providence semble n'avoir laissé pour « asile que la pitié de quelques Français généreux et pauvres ; je « suis le fils de Louis XVI et de Marie- Antoinette ».
Cet homme les intéressa, il les émut : il y avait quelque chose de 8i persuasif dans son accent, de si simple dans ses récits ; il savait si bien appeler les larmes à Tappui de sa véracité, qu'ils se sentirent disposés à l'écouter favorablement. Il les initia à une vie passée de douleurs et de misère ; il dévoila devant eux une longue et lamentable histoire. Le gouvernement prussien, qui connaissait son origine, l'avait persécuté d'une manière atroce ; ii l'avait fait trainer devant s^a justice criminelle, tantôt comme incendiaire, tantôt comme faux monnayeur, pour déshonorer le fils de Louis XVI dans sa personne.' lit lui> toujours innocent, toujours vertueux, il s'était vu condamner comme le dernier des malfaiteurs; il en avait subi la peine et forcément accepté l'opprobre.
D'anciens serviteurs du roi-martyr déclaièrent que ce nouveau venu n'était pas un fourbe comme ses prédécesseurs, ils se portèrent garants de son identité : leur conviction précéda et détermina les autres (1).
« Naiindorff alors prit maison, il eut des chevaux, une voiture de Thomas Baptiste,^ une livrée; sur les boutons dorés de ses vafèts on avait gra\ée une couronne brisée. Le dauphiu fit plus; grâte à son argent il eut une Cour, desaidesde camp, des officiers d'ordonnance; il se composa un ministère, et on remarqua qu'il distribuait gêné? reusement ses portefeuilles à des femmes jeunes et jolies; l'héritier de soixante rois de droit divin alla plus loin, il créa un journal (la Justice) chargé dé défendre ses intérêts. Par une étrange coïncidence, ie gérant responsable de cette feuille s'appelait Widerkeer ; « la Quotidienne » découvrit qu'en allemand lo mot Widei^keer signifiait revenant, et elle en conclut que ce gérant n'éiaiî autre que le duc de Normandie lui-même. La conséquence était fausse; car le daophin ayant oublié de verser le cautionnement exigé par la loi» le malheureux Widerkeer fut traduit à plusieurs reprises devant les tribunaux et v encourut des condamnations dont le résultat fut
(i) A. Gozzoli. Quelques mots aux anciens abonnés et lecteurs de « la Voix d*un Proscrit ». Londres, 12 février iS/ii.
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soixante quatre mois de prison qu*il subit à Sainte-Pélagie; il ne parvint même à recouvrer sa liberté qu'a Taide d'un cerliûcat d'indigeoce. Quand on parlait de cet infortuné, Louis XVFI avait coutume de répondre : c 11 est à la Bastille pour le service du roi ». ^ « Cependant la présence à Paris d'un prétendant à la couronne commençait à faire quelque bruit ; une circonstance que ses amis appellèrent providentielle vint mettre le comble à cette émotion. Un jour (c'était le 28 janvier 1834) (1), Naûndorff avait déclaré vouloir être seul; il avait poussé une reconnaissance dans plunieurs rues de sa capitale, et il avait daigné dîner chez Véfour, coninie un simple bourgeois. Le soir,. il revenait (rue de Bourgogne, n. 12), au fanboui^ Saint-Germain, où il avait établi sa demeure; il faisait nuit close; Naiiudorff venait de traverser la place du Carrousel, et il s'était engagé sous le guichet qui conduit au quai, et qui à cette époque, on peut s'en souvenir, n'était pas illustré d'un factionnaire. Tout à coup, un homme s'approche du représentant de la monarchie, lui pose la main gauche sur l'épaule, et de ta droite lui porte cinq coups de poignard dans la poitrine^ en lui disant : c Meurs, Gapet ! » Heureusement, Louis XVII, portait suspendue à un cordon de soie, une petite médaille représentant la Sainte-Vierge, qu'il tenait, disait-il, de la reine-mère ; la pointe du poignard frappa sur cette relique qu'elle perça ; mais, grâce à cet obstacle, elle ne put qu'effleurer les chairs, sans attaquer aucun organe essentiel. L'assassin prit la fuite ; Naiindorff, n'osant pas crier dans la crainte d'être arrêté et conduit au corps-de-garde^ où il aurait £allu décliner ses noms, prénoms et qualités^ parvint à grand'peine à regagner sa demeure, où il fut ubiigé de garder le lit pendant plusieurs semaines (2).
La confiance des fidèles prit de nouvelles forces ; le Meurs^ Capet I dissipa les derniers doutes, et, il faut le dire, les discours du prince étaient assez habilement arrangés pour capter la crédulité de gens qui ne demandaient qu'à être abusés.
Ydci comment il racontait lui-même ses infortunes.
(i) Et non au mois de novembre comme le dit par erreur l'auteur de la notice dans l'Illustration.
(a) C'était une première Jonglerie destinée à frapper des imaginations catholiques, aussi fut-elle signalée par des faits calculés pour atteindre ce but. A. Gozzou.
Je ne me suis pas évadé du Temple, disait-il, j'en su» sorU le plus naturellement du monde. Un comité royaliste s'était oi^nisé ; son but était de me sauver; M. de Frotté, un de ses membres, se présenta à AL Dussaiilt, mon médecin, devint son élève et eut ainsi ses entrées au Temple ; un jour il me prit, me conduisit dans un cabinet placé sous la flèche de la tour, et me recommanda le plus profond silence; on me substitua un enfant malade, condamné par la faculté ; deux jours après, cet enfant nnourut et on Tenterra comme le dauphin; après ma moit, il n*y avait plus de prisonniers au Temple ; toute surveillance cessa donc, et je sortis sans rencontrer le moindre municipal ; cependant le bruit de cette ruse se répandit dans un certain monde ; il fallait dépister les recherches de la police ; le comité royaliste imagina alors d'envoyer des faux dauphins sur toutes les routes du royaume, on prit une douzaine d'enfants de mon âge ; on leur confia une partie de mes secrets de famille, et on les expédia, Tun à Bordeaux, Tautre en Vendée, le troisième en Allemagne, etc. Ce sont ces enfants qui» devenus hommes plus tard, ont essayé de continuer le rôle qu'ils avaient été chargés de jouer; c'est là l'explication du nombre incroyable de faux dauphins.
L'histoire n'était pas mal trouvée ; NaûodoVff la complétait en disant qu'en I8IZ1, les rois alliés connaissaient parfaitement son existence et que les sacrifices imposés à la France furent d'autant plus grands» que Louis XYllI n'était pas l'héritier légitime de la couronne et qu'il avait étouffé les scrupules des souverains coalisent soos l'or de la nation.
Parlait-on du duc de Berry devant Naûndorff, il répondait intrépidement que ce prince avait voulu plusieurs fois lui faire rendre la couronne et qu'il était mort victime de sa loyauté.
Un jour, dans le journal qu'il publiait, en 1835, Naûndorff fit insérer une lettre adressée au roi Louis-Philippe et portant ces deux mots : MON COUSIN. Dans cette lettre, Natindorff disait que dans la nuit du 10 août» le roi 3on père avait caché des sommes considérables et des diamants d'un grand prix dans une des caves des Tuileries, et il se faisait fort de retrouver ce trésor. Sans contredit, le roi Louis-Philippe n'eut aucune connaissance de cette lettre et de cette offre ; mais le soir môme, M. Alexandre de Laborde, aide-de-camp du roi, vint trouver Naûndorff dans son hôtel, rue de Bourgogne, n. 12, resta plusieurs heures enfermé avec lui ; la conversation eut lieu en allemand, langue que M. de Laborde parlait fort bien ; ces messieurs
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paraissaient éîte parfaitemcot d'accord, ^t, au moment où ils se séfiiarèrent, on entendit J*aide de cbamp da château dire en bonfran-^ çais à Naûndorff qu'il viendrait très-incessamment le chercher pour le conduire aux Tuileries. «
Il est inutile de dire que M. de Laborde ne revit^lut Naûndorff.
 ces circonstances s'en joignirent d'autres, dont l'auteur de la Notice sur ce personnage dans « l'Illustration » a été le témoin, et qui méritent d'être rapporléevt
Naûndorff était à table ; il dînait en compagnie de plusieurs personnes ; une dame, la mère de l'un des convives^ qui arrivait de la province, et qui n'avait jamais vu le prétendu duc de Norn^indie, fut fort étonnée d'apprendre cpi'elle ii troiîvait en présence du roi légitime de France.
« Monsieur, lui dit-elle, je n^ai jamais Yti le dauphin ; mai^'une dame de me^ amies m'fpraconti qu'elle l^ait eu l'occasion d*approcKer plusieurs fois de lui, dans son enfance, et qu'elle.avait remarqué qui] avait, au milieu de la mâchoire inférieure, deut dents, deux incisives aussi étroites et aussi pR)intues que (Tes dents de lapin ».
Naiîfidorff if^aissa immédiatement sa lèvre inférieure, et montra ^ la société ébahie les cleux dents de lapin demandées.
 quelques jourS Àe là, une autre dame fort riche, madame la comtesse de ***t voulut voir le duc de Normandie ; elle lui fut présentée et lui dit qu'elle avait souvent joué, à nVersailles, avec le daqi^in; Naûndorff répondit aussitôt qu'il la reconnaissait ; mais cette reconnaissance fit peu dllmpression sur la visiteuse. « ^i vous êtes le fils de Marie-Antoinette, répliqua-t-elle, vous devez vous rappeler un petit nom d'amitié que vous me donniez dans nos jeox d'enfants ». Le royal rejeton hésita quelques minutes; madame^** riait de son embarras, c Ce petit nom, disait-elle, il est impossible que vous l'ayez oubliée
— Attendez, attendez, je me rappelle, je crois me rappeler.
— Vous croyei?...
7— Oh ! ma n^émoire, non ; je ne trouve rien.. . Ce nom !... mais voaB y tenez donc beaucoup I
— Oh! essentiellement...
— Que sais-je, moi I je vous appelais ma petite amie?...
— Non, ce n'est pas cela.
r>0 LDUIS-CHARLES
— Mon eœur ?. . . , •" ,
— Vous n'y êlespas, fil en riant la coiDteMe, tenez, Toulez-voos m'en croirc> changeons àe conversation » .
Igt en efi[pt, on parla de toute autre chose, de la pluie, du beau temps; cependant Naûndorff ne se mêlait pas àTentrelien; ordinairement il avait une paresse de vrai prince,' et on voyait ce soir-là que son esprit suait sang et eau ; sa bouche marmoliait des syllabes ininielligibies; ce fut une soirée très maussade ; enfin, madame la comtesse*** se leva, prlt^n chapeau et se disposa à partir; on entendit avancer sa voiture, déjà elle avait descendu quelques marches ; tout à coup Naiindojtff se précipite sur IVscalier, il arrête cavalièrement la dame par le bfas...^ Ce nyo, je le sais, t. lui dit-il.
Un sourire d'incrédulité effleura les lèvres de la comtesse.
« Rentrez un instante • dit avec autorité le prétendant.
Madame *** rentra ; pn ferm^ les pf^.rtes et on ouvrit les x)reilles,
« Voyions, j'écoute, dit-elle, ii est tard, dépêchez-vous ».
Alors le priiice, avec tout le flegme allemand^ articula quatre syllabes dont la réunion produisit un mot qui n'était pas (fans le dictionnaire^ mais qui traduisait très clairement une idée fort étrange. Ce mot,' nous regrettons de ne pouvoir le reproduire ici ; deux raisons s'y opposent : la première c'est ^'il qit devenu un secret que Naiiudorff neus fît jurer fle conserfcr ;*la seconde raison, je la tais, elle est d'ailleurs très clairement exprimée dans ni refrain célèbre de Mranger.
Cependant, à la prononciationr un peu accentuée, il e^ vrai, de ce nom, madame *** était tombée sur une chaise, elle suflbquait, il fallut couper les lacets de sa robe, il fallut lui faire respirer des sels ; \ii\Ci\)f après vingt minutes à peu près, elle reprit connaissance, plongea ses grands yeux fixes sur le prétendant, prit sa main qu'elle baisa, puis elle partit sans dire un mot.
Le lendemain, Naiindorff reçut une lettre qui contenait un bon de 150,000 francs sur un banquier; le soir, madame la comtesse*** était partie pour l'Allemagne ; NaundoriT ne la revit plus.
A la suite de ces divers incidents, Naiindorff prit un aplomb royal ; il écrivit à madame la duchesse de Berry qu'il avait découvert un moyen de sauver la dynastie exilée, et de rendre en même temps hommage à la vérité siiongtemps méconnue. Il s'agissait tout simplement d'un mariage solennellement contracté entre la prin-
cesse exilée et l'héritier légitime des rois de France. Naûudorff proposait donc sa maia à madanoie la duchesse de Berry, et il s'engageait à adopter le duc de Bordeaux et à le reconnaître pour le dauphin de France. On fit observer au prétendant que madame de Berry avait épousé, trois ans auparavant, M. de Lucchesi-Palli, et qu'il avait lui-même une femme légitime au fond de l'Allemagne. 11 répondit que Napoléon avait bien divorcé pour épouser Marie- Louise, et il envoya M. le marquis de S***, chargé de ses pleins pouvoirs, porter sa lettre à Madame.
« Le plénipotentiaire revint, mais ne rapporta pas l'ombre d'une réponse.
« Naundorff s'adressa alors à madame d' A ngoulème, en 183(i.
« Vous irez à Prague, dit-il à Tun de ses agents (M. A. Morel de Saint-Didîer), vous vermz ma sœur, vous luiidirez que j'existe et que je suis décidé à me faire reconnaître par elle ; vous lui di^- Xfiz que dans l€ voyage à Yarennes elle était habillée en petit garçon, et moi eu petite fille, qu£*je n'ai pas oubUé les faux noms que nous prîmes l'un et l'autre pendant le trajet; et que je suis prêt à lui faire connaître ces noms ; vous ajouterez qu'au*Temple, la reine notre mère et Madame royale n^re tante écrivirent quelques lignes sur un papier, que ce papier fut coupé en felton par le milieu, qu'une moitié ôb cette pi^ce lui fut donnée, et que l'autre me fut remise ; que celle-oî ne m'a jamais quitté, que je l'ai encore et que je «nia tout dispos^ à opérer un rapprochement ; et si tout cela ne suffit pas, vous ferez savoir à madame d'Angoulême que je porte un signe de ntissance, ui^ pigeon bleu formé par un bizarre assemblage déveines et de nerfs ; qu'elle porte, elle, un signe pareil sur la même partie du corps, mais à droite chez elle, et chez moi, à gauche.
a Le diplomate, porteur de ces étranges paroles, partit pour Prague; il affirma avoir complètement rempli sa délicate mission, mais n'avoir pu obtenir de réponse.
€ Cependant, les dépenses de Naiindorff, ses démarches, les visites trop fréquentes de ses partisans commençaient à faire quelque bruit. On sut que la police allait s'émouvoir; le roi de France courait le risque d'être jeté dans une prison et traduit devant une cour d'assises: il fallut le cacher. On loua secrètement un hôtel rue Saint- Guillaume, 34, dans le faubourg St-Germain, et l'on ne donna la * nouvelle adresse du prince qu'à ses amis les plus dévoués. On lem-
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livra on mémo temps les signes de reconnaissance à Taide desquels il était pos^ibIc de parvenir dans l'intérieur de Thôtel. Il fallait pour cela porter des habits couleur muraille et frapper d'une certaine façon à la loge du concierge. Le propriétaire de la maison, M. le comte de L... fut informé de ces précautions extraordinaires exigées pour être introduit auprès de son locataire. Il crut que Mgr de Quélen, archevêque de Paris, redoutant un désastre pareil à celui qui avait détruit en deux heures son palais archiépiscopal et sa villa de (^onflans^ s*était logé incognito (lans ses appartements. M. le comte de L... conçut des craintes fort vives pour la solidité de sa maison, et il donna ordre à son intendant de le débarrasser de son vénéré, mais trop dangereux locataire.
Naundoriï allait grand train; aussi commençait- il à avoir besoin d*une reconnai»ance d'état, et au plus vite, afin de refaire sa caisse. Conséquemment, il en forma la demande par devant les tribunaux, au commencement de 1836, bien que M. J\forel de Saint-Dîdier n'ait, en 1826, obtenu aucune réponse de la duchesse d'Ângoalême. Voilà comme la « Gazette de France », dans son numéro du 16 janvier apprécie celte impertinente demande.
Ce compétiteur au trône n'a pa& peur de hjusiicet lui. Au contraire il l'invoque %i bien et si haut, qu'il a fait paraître un journal sous ce nom, dans le seul but de mettre tous ses droks en lumière, d'appeler tous les témoignages, de lever tous les do«W..
Nous voulons être justes, nous qdl ne faisons pas h justice] en conséqnence, nous déclarons que si M. Naiindorff prétend aux titres et qualités de duc de Normandie^ cen*est*pas pour ratir lacouroonc de France à celui qui la possède,^ ne se sjucie pas d'ôtre Louis XYII* il se contente d'être Charles-Louis, duc de Normandie ; et c'est devant les tribunaux, qu'aux termes des art. 78, SU et autres du Code civil, il réclame purement et simplement la qualité de fils aîné de Louis XYL Excusez du peu...
Mais à la place du gouvernement, je ne me laisserais pas endormir par la feinte humilité du véritable duc de Normandie. Si une fois il avait repris judiciairement ce titre là, qui sait jusqu'où il mènerait les doctrinaires? à moins pourtant que la police ne se trouve derrière l'horloger prussien, et qu'elle fasse agir dans un intérêt s! absurde et si sale que nous ne voulons pas nous y arrêter un instant. Mais alors, et s'il n'en est rien, comment elle, celte police qui se montre si active, si prévoyante, si soupçonneuse, si brutale dans
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beaucoup croccasions, ne peiijse-t-elle pas aux conséquences du procès du véritable duc de Normandie, lequel avec tous les moyens de séductions imaginables de Générés «l de Rambaud^ pourrait finir par faire un parti politique dans le royaume des Français? Nous n'y concevons rien, et nous disons comme le Léandre des Plaideurs: « Ma foi, horloger, police, séducteurs, doctrinaires, il faudrait tout lier ». ^
L» gouvernement, ainsi que Ton va le voir^ ne fut point la dupe de Naûndorff. •
Dans les piquants Mémoires que 31. Gisquet a publiés sur le temps de sou administration à la police, il y a un chapitre particulier aux deux pseudo-daupnins qui se paTtageaient alors les sympathies des royalistes; Henri Hébert et Naiindorff : il renferme des détails très curieux sur les dernières aftnées d'intrigues dfi fourbe qui nous occupe.
' Hébert avait été condamné le 5 novembre 1834, à douze années de détention. Débarrassé de ce dangereux compétiteur, Tautre Louis XYII ^nt M. Morel de Saint-Didier nous révéla l'existence, lors du procès d'Hébert, audje&ce du 31 octobre 183Zi, devient plus entreprenant : le voilà seul maître du terrain, il l'exploite de son mieux. Entouré de quelques légitimistes, qui font confidence à leurs amis de 1» miraculeuse conservation du dauphin, II ne tarda pas à se voir l'objet des a#eniépns, des respects d'un grand nombre de fidèles.
C'est Joas échappé au poignard d'Atbalie. On, s'impose des sacrifices péibuniaires pour lui rendre la vie aussi douce que possible; son entourage veille jour et Huit sur le précieux dépôt de sa personne, et ne permet qu'à fort peu d'élus d'arriver jusqu'à leur auguste maître. '
Jusque-là le pouvoir se bornait à lever les épaules, et je présume que le nouveau duc de Normandie eût été bien aise lui-même de prolonger la durée de ce rôlf , sans lui donner un caractère plus décidé; mais ses amis ne veulent pas le laisser croupir dans cette honteuse obscurité. On commence à compromettre les succès de son agréable industrie, à troubler le repos de son heureuse position en lançant, peutrêtre malgré lui, notre prince débonnaire dans quelques machinations qui ne pouvaient pas manquer de le compromettre.
Telle est la destinée des grands ; ils deviennent quelquefois les
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jouets de leurs courtisans. Ceux-ci, pour servir leur ambition per-* sonnelle, leur créent des embarras imprévus et peuvent les conduire à leur perte squs une apparence de zèle et de dévoûment.
L'autorité est donc encore obligée de sévir contre cet héritier du trône. On apprend qu'il s'appelle Naûndorff^ qu'il est d'origine allemande; ce qui, d'ailleurs, ne pouvait pas être douteux quand on avait l'honneur de l'entendre parler ; car l'éducation du prince n'avait point corrigé un accent germanique des plus prononcée
Pendant sa courte détention ah dépôt de la préfecture de police, M. Dutilleul, avoué, et M. Garnier, huissier, agissant an nom du duc de Normandie, font signifier à^la duchesse d'Angoulême et déposent au parquet du procureur du roi des actes -par lesquels leur client faisait sommation à sa sœur (ma(]ame la duchesse d'Angouléme) de lui rendre bon et fidèle compte de la moitié de tout ce qu'elle a recueilli de la fortune paternelle et maternelle.
£n même temps M. le garde-des-sceaux était saisi d'une réclamation adressée par les membres du conseil judiciaire de M. le duc de Normandie, savoir : iMM. Gruau, ancien procureur dii roi; Briquet, avocat à la Cour royale, tt Bourbon -Leblanc, avocat consultant.
Ces trois messieurs vinrent me voir pour obtenir la permission de communiquer avec leur illustre mandant, et je me rappelle leur foi inébranlable dans l'origine et les droits de celui qu'ils éclairaient de leurs lumières. A leurs yeux, M. Naûndorff, malgré son baragouin franco-allemand, était sans aucun doute monseigneur le dnc de Normandie. Je ne sais vraiment si l'effront^ie des imposteurs doit plus étonner que la faciHté avec laquelle des hommes éclairés et honorables deviennent les dupes de leurs mensonges.
Pour couper court aux erreurs ou aux mystifications, l'on fit partir Naûndorff pour Calais, accompagné de quelques agents de police qui le déposèrent à bord d'un paquebot anglais. Avant l'époque de cette expulsion qui eut lieu le 16 juillet 1836, la Gazette d'État de Prusse, avait annoncé que ce Naiindorff était un horloger fort connu à Berlin, lequel avait été plusieurs fois entre les mains de la justice, et avait subi un emprisonnement d^s la maison correctionnelle de Brandebourg.
Par cette expulsion, le gouvernement mit un terme aux escroqueries de Naûndorff et à ses manœuvres, quoique plus ridicules en-
core que dangereuses, en usant des pouvoirs que la loi lui accorde de faire sortir dê^ France tout étranger qui trouble l'ordre.
Mais cette expulsion opérée sur l'ordre* du ministère français indigna les croyants en iVaundorlT. À l'aspect de cet 'acte illégal et violemment hostile en apparence, on s'écria : « Oh ! c'est bien le « fils de Louis XVf ! A quel autre que lui oserait-on interdire i'en- « trée du sanctuaire de la justice par la force ? Pourquoi Texpnl- « gerait-on s'il n'était pas celui qu'il affirme être ? » Voilà ce qvi fut dit, un peu légèrement peut-être; il ne \int à l'esprit de personne que ce coup d'état administratif qu'on prenait pour une mesure dictée (ttr*la crainte et pour avCii d'identité, pourrait bien^ n'être au fomi qu'une adroite rouerie pqlitique concertée entre les^ersécoteurs et la victime, un brandon de discorde à l'adresse d'un parti, un drapeau jeté dans son camp pour diviser ses forces.
Ce noaveay Joas, éprouvé par tant d'adversités, sauvé miraculeusement deux fois, ne parut pas avoir été conservé sans un but providentiel. Égarés par son artificieaBe hypo^isie, ses amis l'avaient doué sur sa parole des qualités les plus touchantes et du cœur ]#plus noble. Qui ne comprendra pas c^ illusions que se font des âmes généreuses ? Il s'était oflEert à eux ceint de la double auréole du malheur et dl^la vertu ; bientôt il en wint à leur tenir ce langage : — « Vous yoyez eu moi l'instrument choisi par la Provi- « deace pour^ pacifier la France divisée {^r les factions, et pour c coDSolider là paix de l'Europe. Vous voyez le Messi^ que l'Uni- • vers attend, que les oracles stnnoncent comme devatlt rétablir la « \érité et la justice de Dieu sur terre. Telle est la grande mission « politique et religféÉse que- le Tout-Puî^sant a réservée au fils de « Louis Xfl». Voilà ce qu'il a dit à ceux qui ^l'avaient reconnu, et presque tous les crurent (1).
Les yeux des fidèles de Naundorffélaient loin d'être dessillés iors*
(t) Go sait que des prophéties plus ou moins autiientlques (et particulièrement celles du laboureur Martin et de l'ouvrier Pierpe-MIclicI Viniras), furent exploitées par ce jongleur sacré, et l^idèrent puissamment à jouer son rôle. J*ignore, dit M. GozzoH, s'il dojt apparaître prochainement un grand monarque destiné par la Providence à pacifier TEuropo et à faire refleurir la religion et la morale. Mais ce qtie je ne crois pas du tout, ce que personne ne croira, c'est que Dieu, pour préparer un homme à reniptir cette haute mission, commence par le flétrir aux yeux du monde, eu permettant qu'il foule aux pieds tous les préceptes de la morale et toutes les lois de l'honneur.
qu'advint l'expulsion de ce fourbe. Aussi vit-on encore paraître di" vers écrits pour le soutien de sa cause, et un jonrilal qui- succéda k « la Justice > : il était intitulé « la Voix d'un Proscrit ». Le fondateur et le prioctpal rédacteur de ce nouveau journal Nadbdorffiste, était M. A. Gozzoli, alors encore l'un des croyants les plus fermesde l'imposteur, mais qui depuis, en février I8Z1I, a noblement reconnu son* erreur, dans son opuscule intitulé : c Quelques mots aux anciens abonnés «t lecteurs de la Voix d'un Proscrit » : « Il est des « devoirs, clit l'auteur de cet opuscule, dont l'accomplissement est (( on ne peut plus pénible à ceux auxquels ils sont imposés. Mais « quand on a contribué à entraîner dans une voie de mensonge des tt geoside bonne foi qu'on croyait conduire à la vérité ; quand on a* 0 provoqué l'intérêt, «l'estime, les synrpathies les plus généreuses, « les dévoûments et les sacrifices les plus touchants en faveur d'uD « personnage méprisable et d'une cause abjecte, il ]^ amait plus a que de la faiblesse, il y aurait complicité morale à ne pas avouer « tout haut son erreur. Ce devoir qu'une probité sévère impose, 6 je viens le reoiplir au grand jour de la presse •. Et il l'a rempli de façon à démasquer .complètement l'imposture de NaiindoMT. Disons-le en passant, la source de Terreur de M. Gozzoli est dans son opinion, que partagent encore quelques petsonnes, que le fils de Louis XYI a été enlevé et que l'acte qui constitue son décès est faux. ^
En arrivant en Angleterre^ Naûndorff alla se fixer à CamberweU, ^ près de Londres et y continua son rOIe. Pour accroître le nombre de ses partisans, il imagina des communications avec les esprits célestes, à la suite desquelles il mit le comble à ses intrigues en se déclarant le chef d'une secte nouvelle», vraisemblablement de rOËuvre de la Miséricorde, dont l'ouvrier Yintras est. l'un des prophètes!
c Quant au personnage politique, dit M. Gozzoli, il s'est suicidé de gaîté de cœur. L'immoralité du messie de Gamberwell, les désordres de sa vie, ses habitudes et ses allures de faussaire, le mensonge évident de ses deux assassinats (nous parlerons du dernier tout à l'heure), autorisent à regarder comme plus que suspectes celles des preuves d'identité qu'on avait acceptées bénévolement sans autre témoignage que le sien. Or, ces preuves-là sont assez nombreuses pour justifier les défiances et l'incrédulité actuelles de la plupart de ses anciens amis. Ils se figuraient les tenir
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d'an honuêlc bomme; Thonnêtc homme s'est évanoui à leurs yeux, et leur conCauce a disparu avec lui. Oui, il faut que vous le sachiez, vous qui profanez un nom auquel vous n^avez peut-être aucun droit, vous qui fûtes aimé et honoré autant qu'on vous méprise aujourd'hui, si quelques-uns de ceux qui reconnurent votre identité avec l'orphelin du Temple la rejette comme impossible à cette heure, l'objection la plus décisive qu'ils lui opposent, c'est votre infâmio.
On se rarppelle la première jonglerie de Naiindorff: c'est l'assassinat supposé sous le guichet des Tuileries, le 28 janvier 183^. Une jonglerie semblable a eu lieu à Londres, le 16 novembre 1838» Lors de l'assassinat de Londres, les lieux et lés circonstances étaient changés; il y avait un ange qui insultnii. cette môm^ Vierge dont rintercession l'avait précédemment sauvé, et fulminait contre le catholitisme. Cet attentat avait été annoncé prophétiquement par le révélateur peu de jours auparavant, et donné comme une preuve de la vérité de sa mission et de la protection toute spéciale de Dieu. Or, pour apprécier la valeur de ce témoignage, il est important de savoir que, peu de moments après l'événement, le blessé envoyait secrètement sur le lieu de la scène son ûls aîné, pour y ramasser les pistolets et les faire disparaître. Cette circonstance, restée ignorée jusqu'à présent fut soigneusement soustraite à l'investigation des magistrats et à la connaissance des amis qui l'entouraient.
« La famille du nouveau JVlessie habitait Gamberwell ; mais dès avact 1840 son chef vivait séparé d'elle. Il venait la visiter une o\x deux fois par semaine pendant quelques heures, puis il disparaissait en prenant des précautions incroyables pour dérober la connaissance de sa retraite, et pour dépister ceux qui essaieraient de le suivre. Et où allaît-il de la sorte, ce père de sept enfants, ce mari presque sexagénaire, ce révélateur d'un nouvel Évangile? Où allait-il? Il fallait le demander à la réputation dont il jouissait. Je veux bien n'en pas pas dire davantage. Toujours habile à Couvrir ses désordres d'un manteau sacré, cet imposteur a imaginé de se faire ordonner la vie qu'il mène par le cieL — « Mon guide céleste, écrivait il le 5 février 18ZiO, m'a prescrit de sortir de ma maison et d'aller m'enfermer dans une retraite, afin d'y exécuter religieusement la sainte volonté du Tout-Puissant (1). »
(i) A. Go£ZOLi.« Quelques mots aux anciens abonnés cl lecteurs de « la Voix.
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Et voilà pourCaiU l'homme, dont un avocat de talent ^i un homme d'honneur devaient faire Fapologie devant le tribunal de première insstancede Caen, en 18/i2, à Toccasion du prophète de Vintras. Mais si son plaidoyer n*a pas été prononcé en entier, M, Bérard, de Pont- Lieue, a eu le triste courage de le faire imprimer^ et les Naûndorffistes n'ont rien perdu : ils ont pu pleurer sur les infortuné de leur fétiche.
Dans le mois d'oût 18/i5, les journaux de Paris publièreitf une note ainsi conçue :
Le soi-disant comte de Normandie, forcé de quitter l'Angleterre, s'était retiré à Delft, en Hollande; il y est mort le 10 de ce mois. Il était âgé de soixante-dii ans; sa ressemblance avec le roi Louis XYI était grande, et pouvait expliquer l'obstluation de quelques peiisonnes à le prendre pour le dauphin mo#t au Temple* Lui-même paraissait croire de bonne foi à son identité. •
Dans ces derniers temps, il s'était occupé d'expériences» pyrotechniques concernant l'art militaire^ et comme il lui était arrivé divers accidents dans ses expériences, ses partisans voukient y voir des complots tramés contre ses jours. On ne voit pas qui aurait eu intérêt à se débarrasser de ce personnage tout-à-fait inoffensif.
Cette nouvelle n'est-elle pas conlronvée? Il paraîtrait que les affiliés de l'œuvre de la miséricorde auraient obtenu de leur idole que, pour échapper aux réclamations de toute nature qui l'accablaient, il fît le mort pour un certain temps. L'instant convenable venu , il reparaîtrait plus glorieux que jamais. Dieu avait promis au prophète Vîntras qu'il ressusciterait des personnages de hautes qualités pour prouver aux plus incrédules l'identité de Noundorff avec le ftb de Louis XV r, le Messie que les royalistes attendent. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'un Français, M. Watripont, se trouvant au commencement de cette année à Londres, affirme y avoir rencontré Naûndorff.
Quelques jours après la publication de la note annonçant la mort
(l'un Proscrit. » — Je dois déclarer, dit M. Gozzoli, que je ne suis pas allé à Londres une seule fois pendant la durée de la publication de « la Voix d*uo Proscrit; » ce n'est qun longtemps après quej*ai pu juger par moi-même l'homme'de Camberwell. Si j'avais eu plus tôt l'expérience que j'acquis alors, le dégoût m'eût arraché la plume des mains bien avant l'époque où « la Voix d'un Proscrit » termina sa carrière.
de NaûndorfT, M. H^ert, ex-directeur des postes de rarmèe d'Italie, écrivait une lettre dans laquelle on lit : "
« Si le duc de Normandie est le mêine personnage que j'ai tu h Rome dans les premiers jours de mai 1810, en état d'arrestation» subissant un interrogatoire dons le cabinet de M. le général Radet, général de gendarmerie, il serait eiïectivemerit le ûtsde Louis XVI. Cette conviction je l'ai puisée dans celle de M. Radet qui venait d'interroger le prétendant, de lire les pièces dont il était porteur 9 .
Cette déclaration est extraordinaire; elle est grave, car, d'un côté, W. Hébert est loin d'être un légitimiste; en 1830, il a été décoré de la croix de juillet; il n'a pu, par conséquent, être poussé par aucune passion db parti; et de l'autre, IVI. le général Radet, dont M. Hubert cite l'opinion, est précisément une des cinqipersonnesqui arrêfèrent la voiture dans laquelle se trouvaient Louis XVI et ses enfants, lors de la fuite Varenncs.
Non Vaûndorff n'est point ce fils du vertueux Louis XVI. L'est-il? alors il est bon que Ton connaisse l'appréciation qu'en a faite un homme qui a été l'un de ses plus chauds partisans, M. Â. Gozzoii, dans récrit que nous avons déjà cité.
« J'avais cru me dévouer à une infortune sacrée, à une cause noble et sainte ; j'ai regardé de f)rès celui que mes respects lointains élevaient sur un piédestal, et bientôt il n# m'a inspiré qu'un dégoût inexprimable. Quel est-il, cet aventurier mystérieux, s'il n'e$t pas en effet le fils dégradé de Louis XVI ? Je l'ignore, et je n'ai pas besoin de connaître son origine p^ur l'estimer à sa juste valeur.. £st-il l'instrument d'une de ces sociétés souterraines qui attaquent TexislenCe des gouvernements dans l'ombre et minent ie sol sous leurs pas? Est-il l'agent de quelque police immonde? peu m'importe ! Ce que je ne sais que trop, c'est que cet homme est un fourbe aussi dangereux que fécond en ressources; c'est qu'il est familiarisé de longue main avec la perversité la plus profonde. De loyaux défenseurs ont uni leur voix à la fliienne pour le recommander à l'opinion ; nos écrits lui ont fait des partisans et des admirateurs : que ceux de nos concitoyens qui furent entraînés par nous dans cette cause qpus le pardonnent. Abusés nous-mêmes, égarés de bonne foi, il nous restait un devoir de conscience à remplir, celui de les éclairer, et nous prenons l'engagement de le remplir jusqu'au bout ».
L'écrit dont nous venons de donner un passage est terminé par une déclaration relative au personnage se prétendant duc de Nor-
mandie, fils de Louis XVI, connu sous le nom de Naûndorff^ rési^ dant à CamberwelC près de Londres, déclara lion, datée de Paris, le 16 fé?rier 18/il, et signée de sept légitimistes trompés par ce fourbe : M>L le chevalier A. de Gosson, Hugon Roydor, J.-B. Laprade, Gh. de Gosson, Ghabron de Jussac, Xav. Laprade^^ avocat, A. Gozzoli^ rédacteur-géraut du journal «la Voix du Proscrit ». Elle confirme entièrement Técrit particulier de M. Gozzoli Quelques mots, etc. et est ainsi terminée : Quant à l'auteur de cette vaste intrigue, nous n'entreprendrons pas, pour le moment, de rechercher ce qui se rapporte à ses mystérieux, antécédents et aux droits sur lesquels il fonde ses prétentions, qu'il soit le fils dégradé de Louis XYI ou bien un criminel obscur, comme l'ont codsidéré les tribunaux de PPusse, ou bien encore l'agent de quelque parti ténébreux, peu importe.
En résumé, tous les faits que nous avons été à même d'approfondir, ne nous ont découvert qu'une hypocrisie consommée jelnte à Tastuce et au mensonge le plus effronté. ^
Ge n'est qu'après un examen mûr et consciencieux et sur des preuves incontestables que nous nous somme» décidés à faire la présente déclaration. .,