MICHAUD DE VILLETTE
réputation. Il existe cependant un autre mode de contrefaçon plus redoutable encore pour les hommes de lettres. G*est celle qui ne respecte pas *les textes, et qui tout en faisant main basse sur un livre, en altère complètement le caractère et Tharmonie par des coupures, des additions, et de prétendues corrections de style qai, la plupart du temps, produisent le même effet qu'un coup de pinceau donné par une main inhabile sur le tableau d'un maitre.
Les déplorables effets de ce genre de contrefaçon se font surtout remarquer dans le cas dont il s'agit. M. Michaud ne s'est pas borné k encastrer < l'Histoire de la conspiration de 1816 » par M. Ducoin dans un de ces livres sans nom comme on en voit tant apparaître et surgir au milieu de l'écume des révolutions, livre tout rempli de fiel, de mensonges et de calonmies, mais encore par des suppressions habilement calculées, pardes sul^titntions de mots et d*épithètes, et par quelques additions enfin, il est parvenu à faire d'un ouvrage grave, sérieux et empreint d'un désir ^ncère d'impartialité, un véritable pamphlet politique dans lequel la justice elle-même est gravement insultée.
L'avocat, cite, pour justifier ses reproches, le passage suivant qui appartient en propre à Mi Michaud, et qui se rapporte au procès intenté en 1842 par le général Donnadieu à M. Gretineau-Joly : «Dans cette alTaire, comme dans beaucoup d'autres, sous le règne essentiellement corrupteur et corrompu de Louis-Philippe, les tribunaux se sont montrés dans toutes les occasions les serviles complaisants du pouvoir. On sait que partout il y avait ordre de faire perdre les procès aux gens de l'opposition, quand ioéme cesprQcès n'avaient aucun rapport avec la politique, et ces ordres étaient toujours exécutés ».
L'avocat de M. Ducoin termine sa plaidoirie en demandant, en outre, des dommages-intérêts pour la quotité desquels il s'en rapporte à la sagesse des magistrats, l'insertion du jugement à intervenir dans plusieurs journaux de Paris, de Lyon et de Grenoble.
Après les conclusions du ministère public, qui a fait entendre de sévères paroles contre le prévenu et requis contre lui l'application de l'article 427 du Code pénal, M« Philippon de la Madeleine s'est levé pour présenter la défense de M. Michaud. 11 a cherché surtout à établir la bonne îçi de son client, qui prétend avoir été plagiaire de M. Ducoin sans le savoir, en copiant le livre de ce dernier sur une contrefaçon anglaise, dans lequel le nom de l'auteur avait été supprimé.
Le 49 janv. 1850, le même tribunal prononçait la confiscation du livre de M. Michaud, et condamnait celui-ci à 500 fr. d'amende, 1,500 fr. de dommages-intérêts et aux frais.
MICHAUD DE VILLETTE (1) , non anobli [L.-G. Michaud, libraire, le même que le précédent].
Tablciiu hi.storique et raisonné des premières guerres de Napo-
(0 Uu nom d'une propricU^ app^rlttuanl alors a M. ailcliauil.