‹ Les Supercheries Litteraires Devoilees (volume 5)Chapitre 71 sur 205 · MICHAUD · texte numérisé non relu

MICHAUD

trouve (Uns les maiiyais lieux, servent d'iilustralion's à ce livre «fue noas oc savons comment qualifier. - Bul. de censure^ vii» ^on., 3Q ^vril 1849.

Voilà pour rapprécialion du livre de M. Michaud ; il nous reste à jostilier l'épilhèle de plagiaire que nous donnons à Tauteur, et nous allons le faire d'après les journaux judiciaires.

TRIBUNAL CORRECTIONNEL DE LA SEINE (8- chambre}.

Auditrice du S9 décembre 4849,

Contrefaçon littéraire, — H. Auguste Ducoin contre Ai, Michaud aine, Cun des auteurs et éditeur de la Biographie universelle,

M. Auguste Ducoin a publié, en 1844, une Histoire de la Conspiraiiê» di Grenoble, en 1816. Ce triste épisode de la Restauration était digne d'ap? peler Taitention et de provoquer les recherches d*un historien. Quels fortot les fauteurs véritables de la conspiration? fut-elle entreprise dans l'intérêt de la dynastie oapoléonienne ou dans celui de la maison d^Orléans! Telles sont les questions que M. Ducoin s'était pqséeseï qa*il s*éuitapr pliqué à résoudre ; l'entreprise était ditlicile à tous égards, car la coob munication des documents officiels renfermés dans les archives judiciaires de la cour de Grenoble a toujours été refusée à ceux qui Tout demandée, et les papiers que Paul Didier avait confiés à l'un de ses pacenJts asutt de mourir, ont passé dans les mains d'un dépositaire resté ioconnu.

Cependant M. Ducoin est parvenu, à force de recherches et de labears» à faire un livre plein de révélations et non moins remarquable par la forme que par le fond. L'ouvrage a eu un succès réel, et Tauteur se disposait à en donner une nouvelle édition, lorsqu'il apprit que M. Michaud Tav/aLit réimprimé presque en entier à la suite d'une biographie du roi Louis-Philippe, qui a paru dans le courant de l'année 1849.

M. Ducoin a porté plainte en contrefaçon littéraire contre M. Michaud, et l'affaire a été plaidée à l'audience du 29 décembre.

M'' Félix Belloc, avocat da plaignant, s'est appliqué à établir, par U comparaison des textes, la matérialité du délit. Il fuit remarquer que la copie a été tellement servile, que M. Ducoin ayant imprimé à la troisième page de son livre: «Plusieurs fois annoncée, l'Histoire de la conspiration de Grenoble n'a jamais été écrite », le contrefacteur n'a pas craint de copier celte phrase et de se présenter ainsi au lecteur comme le premier et le seul historien de cet épisode mémorable de notre histoire contemporaine.

L'avocat fait ensuite ressortir la gravité du fait reproché à M. Michaud. Il y a trois espèces de contrefaçons : celle qui consiste à éditer le livre d'autrui et à le vendre comme l'édition originale n'est pas la plus coupable; elle ne cause à l'auteur qu'un préjudice pécuniaire. Mais celui qui ne craint pas de publier, comme le fruit de son travail et de son génie , un ouvrage qui ne lui aj)paitient pas, et en tôle duquel il a effacé le nom de l'auteur véritable pour y substituer lésion, celui-là commet une action beaucoup pjus houleuse: il atteint à la fois l'auteur et dans sa fortune et dans s^

Page 1