‹ Les supercheries littéraires dévoiléesChapitre 111 sur 898 · I. Légendes namuroises. Namur, 1837, in · texte numérisé non relu

I. Légendes namuroises. Namur, 1837, in

(1) M. Ad. Borgnet était connu dans les lettres douze ans avant que le tome U de t la Littérature fran^ {aise contemporaine » parût (4846), et pourtant il n'a point d'article dans ce livre! Si nos continuateurs connaissent peu les littérateurs de leur pays, comment connaltraieni-ils ceux de l'étranger? M. Borgnet a publié, à partir de 4834 :

4» Lettres sur la révolution brabançonne. Bruxelles, 4834. 2 vol. in-42.

2» Six Lettres sur l'histoire de la Belgique pendant les années 4794 à 4795. — Impr. dans la « Revue Belge », t. IX-Xl. La dernière a paru dans le t. XI, p. 312 à 374.

Z^ Légendes namuroises. iVamur. 4837. in-48.80tts le pseudonyme de Jérôme Pimpumiaux.

4» Étude sur le règne de Cliarles-le-Simple. Mémoire présenté à l'Académie de Bruxelles dans la séance du 4 mars 4843. Bruxelles, 4843, in-4. 56 p. >-. Tiré à part à très-petit nombre.

5« Histoire des Beiges à la fin du xviii* siècle, avec une Introduction contenant la partie diplomatique de cette histoire, pendant les règnes de Charles VI et de Marie-Thérèse. Bruxelles, Vandale, 4844. 2 vol. grand in-8 dexij et 346 et 430 p.

6» Louis XIV et la Belgique. Bruxelles, Deeq, 4847. in-8. 52 p.

7» Philippe U et la Belgique. Résumé politique de l'histoire de la révolution belge du xvi* siècle (1555 à 4598). Bruxelles, MeUne, Cans et Comp,, 4850. in-8.

M. Ad. Borgnet a un frère, son cadet, M. Jules Borgnet, archiviste de Namur. qui écrit aussi, mais au su- 'jet duquel nous ne ferons pas & MM. Louandre et Bourqnelot le même reproche d'omission que pour l'article de son firère, attendu que M. Jules Borgnet n'a rien publié antérieurement à 4847 ; mais nous connaissons de lui :

4« Notice sur les corps de métiers et les serments de la ville de Namur, depuis leur origine jusqu'à l'avénement de Philippe-le-Bon, 4429. Cand, de l'impr. de Hebbeljinck, 4847. in-8, 63 p. — Extrait, vraisemblablement, du « Messager des Sciences historiques de la Belgique ».

2» Histoire du comté de Namur. Bruxelles, Jamar, 4847, in-8. 483 p. — Formant le t. XIV de la « Bibliothèque nationale belge », publiée par le mène libraire.

PIMPURNIAUX

PIMPURNIAUX

Ce petit folane d'historiettes namiiroises rst dû à la plume d'an de nos Jeunes littérateurs , qui s'est déji fait eonnalire par la publication des « Lettres sur la RéYolution braJuinconne ». M. Ad. Borgnet, juge à Namnr, s'est caché cette fois sous le voile du pseudonyme ; mais re voile est assez transparent pour qu'on ne nous accusa pas d'indiscrétion, nous qui, après VEmancipationt venoos divulguer ce petit secret littéraire.

Feu M. Jérôme Pimpurniaox, dont une lithographie de notre habile Laulers a reproduit les traits, naquit à Namur, le i«' avril 4741; il avait été procureur au conseil de Namur, mais depuis la suppression des anciens corps de justice, il avait entièrement abandonné le liarrean. Depuis lors, en vrai Belge, il s'est appliqué à l'étude de l'histoire de son pays ; il a recueilli un grand nombre de légendes fort curieuses. Il est mort le iO mars 1837, en chargeant un ami delà publication de ses manuscrits. Tel est le cadre de la biographie que l'auteur a su broder de délails curieux et intéressants, le tout avec une bonhomie et une simplicité qui auraient pu nous induire en erreur, si nous n'éliooi depuis longtemps en garde centre tons les pseudonymes du inonde.

Les historiettes de M. Borgnet on de M. Jérôme Pimpurniaux, comme on le voudra, sont pleines d'inlérôt ; c'est une lecture à la fois inslmctive et attachante. Tïintôt il raconte une vieille chronique du temps des croisades ou un conte de sorciers ; Uintôt quelques-uns de ces cnrieux épisodes de l'invasion française en 4703. Une autre fois, il nous dit l'histoire des anciens monuments et des antiquités du comté de Namur. en poursuivant de son indignation ces gens de la bande noire qui démolissent un & un tous les restes encore debout des travaux artistiques de nos ancêtres ; ou bien il décrit les beaux sites de re pays si pittoresque des bords de la Meuse, des vallées et des coteaux de l'entre-Sambre-et-Ueuse. Une légende est consacrée à retracer l'état des Juifs an moyen-Age dans le Namurois; une autre raconte, dans tous ses dramatiques détails, un procès en sortilège intenté en 1630 à Catherine Débouche, accoucheuse de profession, parce que des accouchements auquels elle avait assisté avaient eu des suites malheureuses ; pauvre fille qui, après avoir souffert d'incroyables tortures, fut brûlée vive le 20 juin 1630. La 9« légende, qui est une des plus curieuses, renferme l'histoire des échattet^ et des partis qui se formèrent à Namur entre les Èchamiers. partis qui avaient noms Melatu et Avresaes, représentant la ville et les faubourgs, et qui se livrèrent longtemps des combats acharnés. Le dernier combat d'échasses eut lieu le 26 septembre 1814, pour célébrer l'arrivée de Guillaume de Nattau. (Éveil).

C'est aussi sous ce pseudonyme de Jérôme Piippurnlanx que M. A. Borgnet a publié dans le n» du 15 août 1845 de«c la Revue de Liège >, la critique d'un s, publication récente du baron F. deReiffenberg.

La critique de M. le professeur Borgnet horripila le baron de Reiffenberg, qui proflta de l'annonce qu'il avait i faire dans son c Bulletin du Bibliophile belge » (t. Il, p. 407), du no de la Revue qui la contient, pour y répondre dans les termes suivants :

«Il y a. dans ce cahier comme dans les autres, de l'esprit, de la variété, une propice association de talents. On y remarque toutefois une innovation. Jus]u'ir.i la « Revue » n'avait pas l'habitude de frapper, elle se contentait d'avertir d'une voix caressante. Cette méthode a paru à un savant professeur contraire A la diS' cipline acadi^mique ; on conséquence, il a mis nnc férule dans la main de la pacifique et indulgente « Revue »

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qui, fidèle à ses instincts, a protesté en note contre quelques arrêts du rxi tique. Pour nous, doos ne protestons pas; au contraire, nous adoptons avec doâlilé quelques-unes de ses remarques ; nous lui remontreroDS en toute humilité que dans un recueil de diplômes, les ranger par fonds, cartulaires ou chartiers, comme cela se pratique dans les inventaires de nos archtvt», ce n'est peut-être pas une eonlimon aussi déplorable qu'il le dit, lorsqu'une table analytique et cbrooolosi* que rétablit l'ordre des temps et rend les rec^ercbes d'une extrême (kcilité. Nous oserons penser, à propos de la table onomastique, que parmi plnsiears millîen d'énigmes souvent indéchiffrables, il n'est donné a qoi que es soit de trouver le mot de toutes ; que d'aillears de légères méprises ne sont pas irréparables. Noos ajouterons que si cette table n'apprend rien denoitrea». au gré du docte censeur, il est quantité de persouics qui y ont trouvé des renseignements qu'elles a^aiesl demandés vainement ailleurs, témoin les articles Diest, Florennes, Mirewart, Salm, etc. Enfin, si nons comprenons combien il est utile et glorieux d'être du pari de M. Pimpurniaux, nous implorons merci pour ceax que le sort a fait naître dans d'autres lieux : c'est sa bel et grand avantage d'être de Namur. sans doate ; mais il ne faut pas en abuser. »

M. Pimpurniaux répliqua, à ce qu'il paraît, i cette note par un second écrit, et de nouvelles doléaDces fnrent adressées aux lecteurs du « Bulletin du Bibliophile belge ». On lit effectivement à la page 150 du t. III de u recueil cette autre note :

•r On prétend qu'un académicien récemment

choisi, en prenant possession de son fauteuil, a distribué aux membres de la compagnie, en guise de discours de réception, une satire violente déjà insérée dans un journal quotidien, et dirigée nominativement contre un de ses collègues qui avait le plus chaudement provoqué son élection (1). On ajoute que cette attaque était uniquement motivée par une réponse en deux mots et d'une politesse irréprochable (celle qui précède), & uue critique de la « Revue de Liège *, critique que la Revue mémo ou elle se trou\Jit imprimée avait jugée trop amère. Enfin on disait que, dans cette réponse, qoi avait précédé d'ailleurs les élections, le nom de Velu n'était point articulé, et que l'offensé s'était toujours exprimé sur le compte de celui-ci de la manière la plus amicale, en annonçant ses écrits (2). Voilà l'anecdote qu'on nous a contée. Nous n'y croyons pas pour notre part ; il doit y avoir là-dessous quelque puff ou quelque malentendu. Après tout, pourquoi se fâcher? la vie est courte, et nous pensons comme Candide, qu'au lieu de donner aux oisifs le triste spectacle de ces stériles querelles, il vaux mieux cultiver son jardin ou feuilleter ses livres ».

La preuve que le baron F. de Reiffenberg ne pardonna pas les deux critiques dirigées contre lui, c*est que quelques années après, il envoyait à l'auteur des « Supercheries » la note suivante, pour être placée sons le nom de Pimpurniaux.

« M. le professeur Borgnet a l'extérieur de Ménalque ; on le considérait comme une sorte de TUyre

(1 ) Nous ne connaissons ni le titre de l'article de la ff Revue de Liège, ni celui de la violente êotire de M. Pimpurniaux, et nous le regrettons.

(2) Sauf pour « l'Histoire des Belges à la fin du wiii* siècle >. dont il avait dit (Bulletin du Biblioph. belge, t. III, p. 00) : « Ouvrage honnête et sage qui ri'unirait tous les suffrages sans exception, s'il y avait plus de coloris et de mouvement dans le style > »

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